Illisibles, redondants, décalés par rapport aux attentes des usagers... Le diagnostic de la Cour des comptes sur les services déconcentrés de l'Etat est éloquent, à la fois par sa précision chirurgicale et par l'ampleur des "dysfonctionnements" qu'il révèle. Dans
un rapport extrêmement riche de près de 300 pages, rendu public jeudi 11 juillet, la haute juridiction considère qu'il faut repenser l'architecture et les missions de ces
administrations.
Image may be NSFW. Clik here to view.De l'Egypteà la France...
Ses préconisations, formulées une semaine après un autre rapport sur la même thématique (Le Monde du 4 juillet), tombent à point nommé : le
gouvernement réunit, le 17 juillet, un comité interministériel à la modernisation de l'action publique (Cimap) à l'issue duquel pourraient être annoncées des mesures sur l'organisation
territoriale de l'Etat.
Par Prof Kuing: Il y a trop de sous-préfectures en France et le bourratif mille-feuille administratif pèse sur les finances publics mais les Français préfèrent payer
des impôts plutôt que faire la queue et quelques kilomètres.
C'est la première fois que la Cour des comptes se livre à une analyse transversale des services départementaux et
régionaux de l'Etat. De son enquête, conduite durant près d'une année en consultant environ un millier de personnes, il
ressort que les pouvoirs publics n'ont pas "pleinement suivi" les mutations de l'économie et de la société. De nombreuses réformes ont certes été engagées (redécoupage de la carte
judiciaire, création des agences régionales de santé...) mais sans vision d'ensemble.
L'intervention de l'Etat et celle des collectivités locales se télescopent sur plusieurs sujets : développement économique, aideà la création d'entreprise, culture, sport, action sociale... Dans certains domaines (commerce extérieur, tourisme), l'Etat joue un rôle "quasiment résiduel", ce qui"devrait l'inciter à renoncerà une présence qui accroît la
complexité". Mais il s'abstient de le faire.
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VINGT-SEPT PAGES SUR LES POULAILLERS
Au sein même de l'appareil d'Etat se nichent des incohérences. Le nombre de services et d'opérateurs est "excessif", par exemple
sur la politique de la ville ou la formation professionnelle. Les circonscriptions administratives de taille différente
s'enchevêtrent au point de compliquer la tâche des agents – notamment pour
les missions concourant à la sécurité (police judiciaire, gendarmerie et douane).
Pas étonnant, dans ce contexte, que la gouvernance de ce mille-feuille soit "mal assurée". Parfois, la chaîne de commandement est rompue,
constate la Cour en citant – entre autres – le cas des fonctionnaires de la répression des fraudes, qui "ne sont plus en ligne hiérarchique" avec leur administration centrale. Les
instructions, envoyées de Paris vers le terrain, sont beaucoup trop nombreuses : en 2012, chaque préfet "aurait reçu 80 000 pages de circulaires" ; le rapport en évoque une, de 27 pages,
sur "les prescriptions relatives aux poulaillers"... Ce déluge d'injonctions ne permet pas de hiérarchiser les priorités, déplorent les magistrats de la rue Cambon.
Enfin, l'Etat s'avère un piètre directeur des ressources humaines. "Les effectifs ne sont connus avec précision ni au niveau national ni au
niveau déconcentré", dit le rapport. Dans une même région ou dans une même administration peuvent coexister des situations de sureffectifs et de sous-effectifs.
Certaines unités, touchées de plein fouet par les réductions de postes, emploient si peu d'agents que la question de leur "viabilité" se
pose désormais. Et leurs difficultés risquent d'aller crescendo : le
gouvernement a prévu de maintenir jusqu'en 2017 le nombre global de
fonctionnaires tout en augmentant la main-d'oeuvre dans certains secteurs jugés prioritaires (éducation, justice, sécurité,
etc.), ce qui obligera les autres administrations à réduire d'autant leurs équipes. Ces nouvelles coupes "amèneront (...) nécessairement à revoir certaines composantes du maillage territorial de l'Etat",écrit pudiquement la Cour.
Image may be NSFW. Clik here to view.Groupir, restez groupir!!
L'ETAT DOIT SE "RESSERRER"
Pour améliorer l'"efficience" de ses services déconcentrés, l'Etat n'a pas d'autre choix que de "se moderniser, se simplifier, se resserrer", martèle le rapport, en avançant une quarantaine de
recommandations. Il convient notamment de mettre fin "aux chevauchements
de compétences" avec les collectivités locales dans les domaines concernés par la décentralisation (dépendance, formation professionnelle, petite enfance...).
L'échelon régional doit être renforcé dans sa vocation de "pivot" ; à ce titre, il serait judicieux de "reconnaître un véritable pouvoir hiérarchique des préfets de région sur les préfets de département".
Pour garantir "une répartition appropriée" des fonctionnaires sur l'Hexagone, la Cour des comptes explore plusieurs solutions dont
certaines risquent de déplaire aux syndicats. Elle suggère de majorer les primes pour les agents qui acceptent d'être mobiles. "Des moyens plus radicaux peuvent être
envisagés", ajoute-t-elle : suspendre les ouvertures de postes "dans les zones en sureffectifs aussi longtemps que les postes n'ont pasété pourvus dans les zones en sous-effectifs", ou recruter des
contractuels au lieu de titulaires sur certains emplois.
Par Bertrand Bissuel
La Cour des comptes critique la pesanteur de l'administration
L'Etat, comme la grenouille de Jean de la Fontaine
Et lire de source Reuters via les Echos
L'Etat français doit réformer en profondeur son organisation territoriale pour supprimer les doublons et devenir plus efficace, estime la Cour des comptes, qui suggère de réduire le nombre de sous-préfectures et de tribunaux de commerce.
Dans un rapport publié jeudi, elle juge que cette organisation est d'une "excessive complexité", d'autant qu'elle travaille parallèlement au
"millefeuille" des collectivités territoriales.
L'organisation déconcentrée de l'Etat comprend les préfectures et sous-préfectures, les directions départementales et régionales, les rectorats, les
tribunaux et les opérateurs exerçant les missions de l'Etat, pour un effectif total de près de 900.000 agents, hors enseignants.
Malgré le très important développement des collectivités locales depuis 30 ans, qui comptent aujourd'hui près de deux millions d'agents, "l'Etat a
continué à intervenir sur presque tout", a souligné le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, en présentant le rapport à des journalistes.
"Pour éliminer les doublons et les chevauchements, il devrait cesser d'intervenir dans les domaines de compétence que la loi a confiés aux
collectivités territoriales", a-t-il dit.
Selon la Cour, les réformes mises en oeuvre depuis 2007 comme la RGPP ou la révision de la carte judiciaire ont permis de nombreux progrès mais
"elles n'ont pas réglé des difficultés essentielles et, parfois, ont même ajouté de nouvelles".
Le rapport relève globalement des défauts de cohérence, une gouvernance mal assurée et une gestion des ressources humaines inadaptée, qui
fragilisent et handicapent l'action publique.
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RENFORCER L'ÉCHELON RÉGIONAL
"Les difficultés relevées par la Cour appellent une réforme d'ensemble. Elles résultent de l'absence de réflexion sur les missions et l'organisation
de l'Etat", estime la Cour.
"Le défaut de délimitation claire des interventions de l'Etat et de celles des collectivités territoriales dans des domaines de compétences
partagées nuit à la lisibilité de l'organisation, provoque des doublons, une complexité de gestion et une dilution des responsabilités", poursuit-elle.
Le rapport cite notamment le développement économique, l'aide à la création d'entreprise et le commerce extérieur, des domaines d'action
prioritaires du gouvernement, qui promet de simplifier tous les dispositifs, mais aussi l'action culturelle, le sport, ou le tourisme.
La question de la pertinence du maintien de la présence de l'Etat dans certaines de ces politiques se pose, selon la Cour, du fait d'interventions
limitées par rapport à celles des collectivités. Et dans des secteurs comme le handicap, l'enfance et la formation professionnelle, "les interventions des services de l'Etat et des collectivités
interfèrent", note-t-elle.
La Cour recommande de renforcer l'échelon régional pour en faire le pivot de l'organisation territoriale de l'Etat, et de restructurer l'échelon
départemental "en fusionnant directions régionales et départementales dans les départements chefs-lieux de région et en réduisant le nombre des sous-préfectures et des tribunaux de
commerce".
Pour accroître l'efficacité et rendre possibles ces réformes, elle suggère de lever les freins limitant la mobilité des agents, notamment en
assouplissant les règles de mutation entre corps, et d'améliorer les systèmes d'informations.
La France a perdu son dernier AAA auprès de l’agence de notation Fitch Ratings, vendredi 12 juillet, après avoir été rétrogradée
par Moody’s et Standard & Poor’s en 2012.
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Grrrrr!!! ou çà en Hollandie!
Fitch accorde un AA+ avec « perspective stable »…
Les raisons :
Fitch parle d’incertitudes qui planent sur les perspectives de croissance de la France. Elle cite les interrogations persistantes à
court et moyen terme sur l’évolution de la production, du chômage et du déficit de l’Etat et « en particulier un déclin de la compétitivité et de la rentabilité des entreprises,
ainsi que des rigidités persistantes dans le marché du travail et celui des biens et services », qui pèsent sur ses perspectives à moyen terme.
Un rappel par Prof Kuing: L'agence de notation Moody's sanctionne la politique de l'État français en dégradant la note de la France. De AAA, elle passe à AA1
assortie d'une perspective négative.
Quelle conséquences ?
C’est une mauvaise nouvelle pour l’économie française quoi qu’en dise France TV… Les notations font varier la côte de confiance des
banques envers l’Etat…
Résultat : nous allons emprunter à des taux + élevés et compte tenu des demandes incessantes d’argent de ce gouvernement, je vous
laisse en tirer la conclusion qui s’impose…
A ce propos…, quand les taux d’emprunt ont été négatifs, nous avons entendu l’information sur toutes les chaînes, dans tous les journaux… C’était
GRACE à « Saint » François…
Aujourd’hui, bien évidemment, pas un mot dans la presse d’Etat… Normal, le dernier taux a été de 2,32%… pas de quoi chanter sur les
toits… Lien vers France Trésor ici
Image may be NSFW. Clik here to view.Bah euh!!!!
Que répond Moscovici ?
Il a « pris acte » de la décision de l’agence et a réaffirmé « la détermination du gouvernement à poursuivre
la réduction des déficits publics, le rétablissement de la compétitivité et le redressement de l’économie française pour soutenir la croissance et l’emploi ».
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Bref… langue de bois et incapacité de changer de ligne de conduite… Pauvre France
La France est désormais rétrogradée à "AA+", soit la deuxième meilleure note dans l'échelle d'évaluation de la troisième agence de notation
mondiale. A cette note est assortie une perspective "stable", indiquant que Fitch n'envisage pas de la toucher dans "les deux années à venir", est-il précisé dans le texte.
En décembre 2012, Fitch avait maintenu le triple A de la France mais toujours
assortie d'une perspective négative, ce qui signifiait qu'elle pouvait être amenée à baisser sa note en 2013. La note de la France avait déjà été dégradée par Standard & Poor's en janvier
2012, puis par Moody's en novembre 2012 de la même année. La "vraie" perte du AAA français avait été enregistrée après Moody's, car il faut avoir le soutien de 2 agences sur les 3 pour être
identifié AAA sur les marchés.
À ce jour, seuls quatre pays européens bénéficient encore du AAA dans les trois agences de notation: l'Allemagne, la Finlande, le Luxembourg et
les Pays-Bas. Cette note maximale indique une solvabilité complète pour ces pays. Ainsi, ils peuvent continuer à emprunter à des taux faibles sur les marchés. Bien que la France ne soit plus
épinglée AAA depuis plusieurs mois, les taux sont toujours
restés bas, voire très bas. La maison France n'est donc pas en train de brûler: Fitch adresse surtout un avertissement pour l'avenir.
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Incertitudes et divergences avec le gouvernement français
L'agence explique sa décision par les incertitudes qui planent sur les perspectives de croissance du pays, ce qui ne donne pas beaucoup de
marges de manoeuvre au gouvernement pour atteindre ses objectifs de consolidation budgétaire. Elle cite les interrogations persistantes à court et moyen termes sur l'évolution de la
production, du chômage et du déficit de l'Etat. D'autant plus que l'agence souligne avoir des divergences avec le gouvernement sur les prévisions de croissance.
Fitch dit prévoir une contraction de l'économie française de 0,3% en 2013 puis une croissance de 0,7% en 2014 et de 1,2% en 2015, alors que le
gouvernement français s'attend lui à une croissance de 0,1% en 2013, 1,2% en 2014 et 2% en 2015 et 2016. "Cette divergence dans les prévisions explique la différence entre l'estimation du
ratio de dette sur PIB réalisée par l'agence et les chiffres officiels", souligne Fitch.
Fitch souligne aussi ses différences avec le gouvernement français sur les prévisions de déficit budgétaire. Elle prévoit un déficit au-dessus
de 3% du PIB jusqu'en 2014, avant de diminuer à 1% du PIB en 2017, à la fin du mandat de François Hollande. Le gouvernement prévoit, lui, un déficit de 2,9% du PIB diminuant à 0,7% à ces
mêmes dates.
Dans les sept années à venir, annonce la Commission européenne, celle-ci, les 28 Etats membres et
les entreprises de l'Union européenne investiront plus de 22 milliards d'euros "pour stimuler l'innovation dans les secteurs qui fournissent des emplois de grande
qualité".
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La majeure partie des fonds ira à cinq partenariats public-privé dans les domaines des médicaments innovants, de
l’industrie aéronautique, des bio-industries, des piles à combustible et de l’hydrogène, et de l’électronique. Ces secteurs totalisent déjà plus de 4 millions d'emplois, souligne la
Commission.
Dix milliards apportés par les entreprises
Le financement annoncé se composera de 8 milliards d’euros provenant du prochain programme de recherche et
d’innovationHorizon 2020, de 10 milliards d'euros des entreprises et de 4 milliards d’euros des États membres de l’UE.
Les cinq partenariats public-privé, appelés «initiatives technologiques conjointes» (ITC), sont les suivants:
- Médicaments innovants 2 (IMI2) : mettre au point la prochaine génération de vaccins, de médicaments et de traitements,
par exemple de nouveaux antibiotiques (3,4 milliards d'euros).
- Piles à combustible et Hydrogène 2 (FCH2) : développer l'utilisation de technologies propres et efficientes dans les
domaines des transports, de l'industrie et de l'énergie (1,4 milliard).
- Clean Sky 2 (CS2) : mise au point d'avions plus propres, moins bruyants et produisant nettement moins d'émissions de CO2
(4 milliards).
- Bio-industries (BBI) : utiliser des ressources naturelles renouvelables et des technologies innovantes pour fabriquer des
produits de consommation courante plus écologiques (3,8 milliards).
- Composants et systèmes électroniques (ECSEL) : donner un coup de fouet à la capacité manufacturière de l'Europe dans
le domaine de l'électronique (4,8 milliards).
Europe : 22 milliards d’eurosd’investissements dans la recherche
Les Smart Cities sont au cœur de la stratégie d’Orange. Cinq sujets de base ont été identifiés : la circulation
routière, les transports collectifs, les réseaux de distribution, les bâtiments intelligents et les services urbains.
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Nouvelle cible du groupe Orange (et par extension d’Orange Business Services), la ville intelligente (Smart City), avec
une série d’initiatives et d’annonces. L’accompagnement des villes vers le numérique est vu par la société comme un relai de croissance de ses activités historiques. « Nous avons la
conviction que les réseaux, la capacité à exploiter les données, à proposer des services dématérialisés et mobiles sont au cœur de la transformation des villes. Nous souhaitons
mettre notre expertise d’opérateur et d’intégrateur au service des collectivités et des acteurs de la ville, » explique Nathalie Leboucher, directrice Smart Cities d’Orange.
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Le programme Smart Cities d’Orange n’est pas seulement un ensemble d’offres de service. C’est également un écosystème
complet de partenaires que la société met à la disposition de ses clients. « La “ville intelligente” est un écosystème riche, mais très fragmenté. Les villes ont donc besoin de
s’appuyer sur un acteur capable de nouer des partenariats pour leur apporter une réponse globale, » constate Nathalie Leboucher.
5 axes d’action
Améliorer la circulation au travers de la voiture connectée, afin de rendre le trafic plus fluide. Ceci va des
systèmes d’alerte en cas de problèmes de circulation, aux offres de stationnement intelligent (un partenariat a été signé avec l’Américain Streetline dans ce but), en passant par
des études statistiques du trafic routier. L’objectif est ici de disposer de prévisions plus précises et de les diffuser au public plus rapidement.
Favoriser l’utilisation des transports collectifs via l’emploi de services de communication et d’information
modernisés. Une ligne d’autocars lancée par le Conseil Général de Loire Atlantique disposera prochainement d’un service Wifi s’appuyant sur le réseau 4G d’Orange. Autre exemple, la
Compagnie des Transports Strasbourgeois, qui permet l’achat et la validation des titres de transport par NFC.
Rendre les réseaux de distribution intelligents est un autre axe fort de l’action d’Orange. Les Smart Grids peuvent
s’appliquer aux réseaux de distribution d’électricité, de gaz ou d’eau. M2Ocity, coentreprise regroupant Orange et Veolia, gère ainsi près de 700.000 compteurs d’eau en France.
Dans le cadre de la distribution d’électricité, les gains apportés par les Smart Grids peuvent être encore supérieurs, avec la possibilité de transformer les consommateurs en
fournisseurs.
Rendre les bâtiments intelligents. Le concept de Smart Building n’est pas nouveau. Ainsi, les éclairages
intelligents sont devenus relativement courants dans les parties communes des immeubles. La communication à courte (NFC) ou longue (Internet) distance permet toutefois d’imaginer de
nouveaux scénarios comme un contrôle d’accès évolué, une gestion fine de la consommation énergétique, etc.
•Développer des services urbains grâce au numérique. Ceci passe
pour l’essentiel par les applications mobiles et le NFC. Exemple avec la ville de Bordeaux, qui a confié à Orange la mise au point de son application mobile. Idem avec Bouches du Rhône
Tourisme, mais ici pour exploiter des données statistiques liées à la fréquentation touristique. Dernier exemple avec le CEMER (Centre Euro Méditerranéen de l’Environnement et des Risques),
un portail de gestion des risques naturels créé en coopération avec Thales Alenia Space.
Orange veut faire de la villeintelligente un des piliers de sa croissance
Source, journal ou site Internet : silicon
Date : 10juillet 2013 Auteur : David Feugey
Les smart cities : qu’est-ce que c’est ?
Les smart cities, ou villes intelligentes, ce sont des villes connectées qui utilisent les technologies des télécommunications et des
systèmes d’information pour améliorer la vie des habitants. Cela passe par une meilleure gestion de la consommation d’énergie, des transports plus fluides et plus rapides ou un accès simplifié
aux différents services et administrations.
Dans un contexte d’urbanisation croissante, toutes les agglomérations cherchent à optimiser leur fonctionnement tout en réduisant les coûts. Les
transports, l’approvisionnement en énergie ou encore la gestion des déchets sont
concernés. Il en va du bien-être des citoyens mais aussi de l’attractivité des agglomérations.
Le programme smart cities répond à ces différents besoins : la ville intelligente est une ville connectée qui utilise les
télécommunications et les systèmes d’informations au bénéfice :
de ses habitants, pour améliorer leur qualité de vie,
des entreprises, pour accompagner le développement de leurs activités,
des collectivités locales elles-mêmes, pour qu’elles soient plus attractives.
Les technologies au service de la ville intelligente
Le programme smart cities d’Orange repose sur 5 domaines :
les transports intelligents
Dans un contexte global d’augmentation de la mobilité, les collectivités locales doivent optimiser la gestion de leurs territoires
en répondant aux attentes de leurs administrés et en aidant les entreprises dans leur développement économique.
Les technologies de l’information et de la communication permettent d’atteindre ces objectifs en optimisant les infrastructures et
les ressources existantes. Les transports gagnent en rapidité et en fluidité grâce aux solutions :
d’information de trafic routier utilisant la technologie Floating Mobile Data (FMD) : cette technologie
permet de couvrir l’ensemble des routes d’un territoire donné rapidement. Le système communique ensuite l’état du trafic, la vitesse du flux des véhicules, la localisation des
ralentissements… pour un réseau de transport optimisé,
d’information des voyageurs : grâce aux solutions de connectivité embarquée, les passagers restent connectés. Ils ont
accès au Web mais aussi à des informations sur l’état du trafic,
de géolocalisation des véhicules : vous savez en temps réel où sont les véhicules de votre flotte et vous gagnez ainsi en
réactivité,
d’échange de données sans contact : la technologie NFC(Near Field Communication) permet d'échanger des
données entre un lecteur et un terminal mobile (smartphone ou tablette) équipé d’une puce NFC. Cette technologie a des applications concrètes dans le domaine des
transports. Ainsi, il est possible d’acheter, de télécharger et d’utiliser des titres de transport directement depuis un mobile. A l’entrée du bus, du métro ou du tramway, les voyageurs
passent leur téléphone devant un lecteur. La technologie NFC permet aussi de développer des services d’information aux voyageurs. Grâce à des tags qui figurent sur
l’abribus par exemple, les voyageurs peuvent s’informer sur les horaires et le trafic.
le smart home ou smart building
Les nouvelles technologies ont également un impact sur les bâtiments et les quartiers. Une habitation intelligente relie toutes les
technologies présentes dans une maison en un réseau domestique intelligent. Le smart home permet de piloter son domicile à distance. Il est ainsi possible de
savoir combien d’électricité a été consommée, de verrouiller ses volets ou sa porte d’entrée à distance ou de gérer son chauffage depuis son smartphone. Les habitations sont plus
confortables et sécurisées, les consommations d’énergie sont réduites.
le smart metering
Le smart metering ou comptage intelligent est un système de compteurs d’eau ou d’énergie qui permet
:
le relevé à distance,
le suivi journalier des consommations,
l’alerte en cas de fuite.
Le smart metering aide l’utilisateur final à maîtriser sa consommation. En effet, celui-ci peut suivre en temps réel sa
consommation pour mieux l’ajuster. Du côté du fournisseur d’énergie, la télérelève est un service économique et innovant qu’il peut proposer à ses
clients : particuliers, entreprises ou collectivités locales. Cela permet également de mieux gérer l’approvisionnement et la distribution d’énergie en fonction des pics de consommation et
donc de réaliser des économies.
la voiture connectée
Avec l’augmentation constante de la mobilité, les transports, et notamment la
voiture, jouent un rôle de plus en plus important dans la vie des individus, des entreprises et des collectivités locales. La voiture connectée est une solution qui permet
d’améliorer les déplacements individuels. Le fait de connecter les voitures permet en effet d’améliorer les conditions de conduite :
en recueillant et en diffusant en temps réel des informations sur le trafic et les conditions de circulation,
en encourageant l’éco-conduite,
en améliorant la sécurité, par exemple avec l’appel d’urgence embarqué.
Cela permet également le développement de nouveaux services, comme l’infotainment ou l’auto-partage.L’infotainment fait de la voiture un prolongement de la maison : les passagers peuvent avoir accès à de la musique, à leurs photos, à des vidéos, etc. Avec
l’auto-partage, plusieurs personnes peuvent utiliser le même véhicule grâce à un système de clé virtuelle sans contact NFC (Near Field Communication). Cette clé est gérée en ligne : la personne reçoit la clé sur son
smartphone, et peut ensuite ouvrir la voiture et la démarrer grâce à celui-ci.
les services urbains innovants
De nouveaux services peuvent être mis en place pour simplifier la vie des citoyens : dématérialisation des documents administratifs,
cartes multiservices donnant accès à de nombreux services : piscine, bibliothèque, restauration scolaire ou transports.
L’idée est de centraliser la gestion des services urbains pour qu’ils soient plus efficaces et plus accessibles.
Google ne manque jamais de communiquer sur son action pour l'environnement, notamment par un recours croissant aux
énergies vertes dans l'alimentation de ses data centers et de ses bureaux. La firme a investi plus d'un milliard de dollars dans les énergies renouvelables, finançant ici du solaire en
Afrique du Sud, rachetant là de l'éolien au Texas à EDF.
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Mais le moteur de recherche ne se vante par contre pas de son soutien à James Inhofe, sénateur républicain de
l'Oklahoma, selon lequel le réchauffement climatique est "la plus grande intox" (hoax). Or Google accueille aujourd'hui à son bureau de Washington un déjeuner destiné à lever des fonds
(250 à 2.500 euros par convive) pour ce politicien élu d'un Etat où la firme a un grand centre de données, une contradiction relevée par plusieurs associations écologistes
américaines.
Un don supérieur à ceux de Facebook et Microsoft
Un article du San Francisco Chronicle qualifie cela comme "un acte honteux d'hypocrisie d'entreprise". Il souligne que
le sénateur est un des plus virulents détracteurs de l'existence du réchauffement climatique. Il a entre autres lancé des accusations à la McCarthy contre 17 scientifiques de haut
niveau en les menaçant de violer par leurs propos sur le réchauffement climatique une loi fédérale (Federal False Statements Act), et d'encourir 5 ans de prison.
C'est la seconde fois que Google est pris en flagrant délit de soutien à des climato-sceptiques: en juin, le
Washington Post a rapporté que l'entreprise a donné 50.000 dollars à un dîner de levée de fonds de l'ultra-conservateur Competitive Enterprise Institute (CEI) – ce qui a placé Google
en tête des donateurs, même devant les célèbres frères Koch, milliardaires qui financent le Tea Party et des mouvements similaires. Le CEI a lancé de nombreuses actions, comme des
accusations en justice de fraude, contre des scientifiques pour discréditer leurs thèses sur le changement climatique. Sans réussite à ce jour. Parmi les donateurs relevés par le
Washington Post, on trouve aussi Facebook, 25.000 dollars, et Microsoft, 5.000 dollars. Le grand écart entre les discours "verts" (Facebook s'est ainsi fait bien voir de Greenpeace après
avoir été plusieurs fois étrillé par l'ONG) et la pratique politicienne n'est donc pas l'apanage de Google. Mais celui-ci a mis les bouchées doubles depuis l'embauche l'an dernier
d'une ancienne représentante (députée) républicaine, Susan Molinari, dépensant en lobbying deux fois plus que Microsoft et huit fois plus qu'Apple. Du côté des firmes françaises,
elles aussi promptes au greenwashing, le site OpenSecrets a relevé les soutiens d'Areva, GDF
Suez, Sanofi, EADS et d'autres compagnies
tricolores aux candidats américains à même de bloquer toute réglementation relative à l'énergie ou au climat.
Google accusé d’hypocrisie pour sonsoutien à des climato-sceptiques
Chaque année, la Légion étrangère clôt le défilé du 14 juillet, remportant un franc succès à l’applaudimètre. Créée en 1831,
cette institution hors du
commun constitue un formidable exemple de réussite, en termes de savoir-faire militaire et
humain, pédagogie, management, tradition, recrutement, diversité sociale, mixage des cultures...
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Pour bien comprendre les ressorts de la Légion, qui fête cette année le 150e anniversaire du combat de Camerone, Jean-François Fiorina a
été reçu à Aubagne, la maison-mère de la Légion, par le Général Christophe de Saint Chamas,commandant la Légion
étrangère.
Il y aurait eu quelques arrestations. Mais, nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer l’information. Selon Le Point, au niveau du Grand Palais et de l’avenue
Franklin-Roosevelt, un homme a suivi à leur demande les policiers, sans opposer de résistance, selon un des journalistes. Ah, elle est belle leur démocratie !
La Légion étrangère est une institution unique en son genre à travers le monde. En ce sens, quelle est votre vision
de la géopolitique ?
La géopolitique de la Légion, c’est d’abord la géopolitique des hommes. Les 7 000 hommes qui la composent sont issus des 5 continents. Les
recrutements de la Légion évoluent au fil des ans, en fonction des bouleversements géopolitiques. Ainsi, depuis l’effondrement du « rideau de fer », on enregistre ces dernières années
une proportion importante des candidats des pays de l’Est, tendance qui ne se dément pas, malgré l’émergence du recrutement asiatique et américain du Sud. Ainsi, le re- crutement
provient aujourd’hui d’abord du monde slave, suivi du monde occidental (Amérique du nord, Europe de l’ouest, Australie et Nouvelle-Zélande), puis de l’Europe centrale et balkanique.
Viennent ensuite les zones France, Asie, Afrique noire, Amérique latine, et enfin le monde arabe. 85 % des engagés sont non-francophones. Cette dimension internationale est inscrite dans
les gènes mêmes de la Légion étrangère. Lorsqu’il fonde la Légion en 1831, le roi Louis-Philippe précise bien : « Il sera formé une légion composée d’étrangers. Cette légion
prendra la dénomination de Légion étrangère. Mais elle ne pourra être employée que hors du territoire continental du Royaume. » L’unique spécificité de la Légion étrangère repose
sur sa capacité à recruter, dès le temps de paix, des étrangers à qui l’on va confier les armes de la France (mission régalienne). Le statut à titre étranger a pour unique objet
d’encadrer cette extraordinaire capacité résultant d’un véritable choix politique, expression de la volonté nationale.
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La Légion est un mythe qui contribue au brassage géographique, mais également à la mixité sociale. Pour preuve,
au-delà des anonymes, la Légion a su attirer à elle nombre d’intellectuels, écrivains et artistes, et a constitué un objet de fascination pour le cinéma...
C’est le cas du jeune écrivain allemand Ernst Jünger, qui vient s’engager adolescent à la Légion avant la guerre de 1914-1918 et qui
livrera ses mémoires dans Jeux africains. Avant lui, Chartrand des Ecorres, d’origine canadienne, avait publié en 1892 Au pays des étapes, notes d’un légionnaire.
Blaise Cendrars avec La main coupée et le poète américain Alan Seeger s’imposent comme de magnifiques témoins légion- naires de la
Première Guerre mondiale. De même des artistes peintres ont servi comme engagés volontaires pour la durée de la guerre : Moïse Kisling et Ossip Zadkine entre 1914 et 1918 ou Hans
Hartung pendant la Seconde Guerre mondiale. Au cinéma, il en va de même. Le premier film tourné en France en 1906, La Légion, est dû à Ferdinand Zecca. Les Américains lui emboîtent
le pas : en
1912 Under Two Flags (Sous deux drapeaux) contribue à la naissance du mythe dans l’univers
cinématographique. L’âge d’or du cinéma muet est aussi celui de la vogue des thèmes légionnaires qui fascine le public d’outre-Atlantique. L’entre-deux-guerres confirme le succès
grandissant des films sur la Légion : en 1929 The Desert Song (Le chant du désert), voit John Wayne et Gary Cooper incarner à l’écran le légionnaire de l’épopée marocaine. Les diverses
versions du fameux film Beau geste (de 1926 à 1977...) confirmeront cet intérêt du cinéma américain pour la Légion. Avec la célébration du Centenaire de l’Algérie française (1930) et
l’Exposition coloniale (1931), le public français découvre la Légion dans une série de films à succès : Le grand jeu de Jacques Feyder (1933), La Bandera de Julien Duvivier (1935) sans
oublier Un de la Légion de Christian-Jaque (1936) avec Fernandel dans le rôle principal...
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Pour en revenir aux conflits géopolitiques d’aujourd’hui, les guerres ont changé, mais les Légionnaires ont-ils
changé ?
Sur la forme, le Légionnaire a bien sûr changé. Simultanément, dans l’esprit, il reste toujours le même. L’ordinateur a remplacé le
baluchon. Mais sa démarche de base demeure identique. C’est un homme qui quitte sa famille et son pays, pour venir frapper à une porte et chercher une deuxième chance en s’engageant au
service de la France. Cette démarche reste identique par-delà les siècles. Elle a sa noblesse, son abnégation, parfois son incohérence, qu’importe... Ce citoyen du monde arrive à la
Légion et s’engage pour une nouvelle vie. Cette démarche profondément humaine, avec toute la complexité qu’elle suppose, n’est pas affectée par la technique ou par des paramètres
purement cartésiens, elle obéit à une logique d’un autre ordre, elle est une alchimie subtile que nous avons sans doute parfois un peu de mal à cerner.
Pour en revenir aux guerres, il est clair que nous avons aujourd’hui du rôle des armées une appréhension différente de celle que l’on
avait hier. La perception médiatique peut rassurer le politique ou le diplomate. Les phrases apaisantes – guerre avec zéro mort, soldat de la paix, etc. – ne changent en fait rien à la
réalité. Car sur le terrain, le soldat qui saute sur une mine se moque de savoir s’il évolue dans un conflit de basse ou haute intensité ! Le risque est là et il implique un
engagement physique et mental de l’homme qui s’est engagé à accomplir sa mission. Bien sûr, grâce à ce travail d’explication et de communication, nous progressons dans la
légitimation de notre action. Dans une époque où priment les paramètres informationnel et communicationnel, il faut accoler des mots justes pour montrer que l’on est dans la défense
de la bonne cause. Mais derrière ces mots et cette dialectique, il y a l’impérieuse nécessité de coller aux réalités de terrain. C’est là où la qualité de la formation du soldat,
du sous- officier et de l’officier français est déterminante. On leur apprend un savoir-faire, à exécuter ou à décider, à charge ensuite pour lui de savoir faire preuve d’une
solide faculté d’adaptation, en fonction de multiples paramètres qui peuvent être d’ailleurs fort hétérogènes. Ce qui a changé, c’est la richesse des outils. Et leur combinaison
intelligente doit permettre d’aboutir au meilleur résultat. Mais ne surestimons pas la seule dimension technologique. La guerre n’est pas un jeu vidéo. Ne perdons jamais de vue que,
pour le soldat, la réalité du terrain au quotidien, c’est la fatigue, le froid, la chaleur, le manque de sommeil, la faim, le qui-vive permanent, etc. On l’a vu en Afghanistan ou lors
de l’opération Serval au Mali, la force du soldat français, c’est sa formidable aptitude à la rusticité. La rusticité, c’est l’ensemble des qualités fondamentales qui font que le
soldat est soldat. La technique ne détermine pas tout. L’homme – donc sa formation comme sa manière d’être – reste le facteur- clé. D’où l’importance d’un entraînement dur, au plus
près des réalités à affronter. D’où aussi la capacité à agir en mode dégradé. J’ai un GPS, très bien. Mais s’il ne marche plus, je peux fonctionner à la boussole.
L’hyper-technicité, c’est bien. Mais si un problème survient, je dois être en mesure de m’adapter pour poursuivre la mission. Bref, je
m’adapte aux circonstances, et pour ce faire, je me prépare à toutes les éventualités.
Image may be NSFW. Clik here to view.En Hollandie la Légion à H1coup au second je m'en vais!
Nous sommes là dans deux registres que connaissent bien les écoles de commerce : former au mieux des cadres pour
qu’ils puissent ensuite s’adapter aux réalités du terrain...
Dans le monde militaire, entre la perception politique au sommet, et ce quotidien, il y a toute une palette de paramètres à intégrer que,
in fine, le Légionnaire puisse disposer de règles simples et appliquer concrètement les ordres donnés. N’oublions jamais que l’officier, c’est celui qui donne du sens.
Que ce soit à l’entraînement, lors d’une prise d’armes pour la fête de Camerone, ou encore en opération. Donner du sens, c’est faire
comprendre au Légionnaire pourquoi il faut se lever et se raser, avoir un esprit sain dans un corps sain, puis ensuite lui inculquer les bases du métier. Ce qui implique de commencer de
la façon la plus simple pour aller ensuite au plus complexe, comme lui faire sentir qu’il appartient à une communauté héritière d’une tradition sans cesse renouvelée et
réactualisée, qu’il lui incombe d’incarner au quotidien et en toutes circonstances, dans la paix comme dans la guerre. En un mot, l’officier donne la profondeur opportune. L’officier
n’est pas un technicien, il doit rester un généraliste, avoir une vue synoptique de son environnement. Il lui appartient d’écouter les conseils, les avis, mais il ne doit pas être
prisonnier de la technique. La technique doit être une force et non une contrainte. La technologie s’est ajoutée au métier de soldat. Mais c’est d’abord l’esprit du soldat, sa manière
d’être, de penser et d’agir, qui compte. L’officier doit se servir de la technique et des ressources qu’elle offre, utiliser la gamme complète des moyens mis à disposition, et faire
preuve d’une juste appréhension des situations afin de prendre au mieux ses décisions et donner ses ordres pour que la mission soit remplie.
Image may be NSFW. Clik here to view.Oui c'est bien lui le H Normal de la Rose
Pour établir un parallèle avec le management, quelles sont les qualités du chef ? Certains jeunes n’aiment pas
être commandés et se révèlent être très individualistes. Comment faire accepter cette discipline qui nous apparaît, à nous civils, comme dure ?
Le style de commandement est propre à l’officier français et pas spécifique à la Légion étrangère. Ce qui est dérogatoire à la
Légion, c’est le statut, il est dans la loi. L’officier est responsable de ses faits et gestes. Il doit être exemplaire, il est le porteur de la loi pour ses Légionnaires qui sont
étrangers. Le jeune chef se trouve bien souvent associé à de vieux sous- officiers très expérimentés.
Or, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le rôle du chef n’est pas d’être omniscient, mais de se faire conseiller et surtout de
décider. Ce n’est pas dégradant d’écouter un conseil, de se fier à l’expérience des anciens. Ce n’est pas perdre son autorité que d’interroger ceux qui ont le savoir-faire technique
et le vécu pour eux, autrement dit le savoir-être et le savoir-agir. Bien au contraire. Mais il incombe au chef de décider. Il écoute, il analyse, il valide ou non la proposition qui
lui est faite, puis il prend la main et alors il décide. Pour ce qui est du style de commandement, à nos yeux, il repose sur cinq principes essentiels : exemplarité du chef, proximité
et disponibilité, bienveillante fermeté, discipline, confiance et contrôle. Pour ce qui est du rapport à la discipline, à la Légion, il y a un principe élémentaire, qui est que
l’on accepte la règle. Tout Légionnaire est volontaire. Ici, tout est cadré, y compris chaque détail vestimentaire. L’adhésion est logique et spontanée. Les règles sont expliquées
aux candidats qui peuvent ainsi décider de s’engager en pleine connaissance de cause. En fonction des habitudes culturelles et des conventions sociales des pays d’où viennent les
volontaires – et l’on en revient là à la géopolitique – cette adaptation se révèle être plus ou moins facile. Mais plutôt que le bras de fer, et cela vaut surtout dans l’univers
civil, il faut savoir faire démarrer le moteur de l’adhésion. D’abord de l’adhésion à l’objectif sur le fond (ici devenir Légionnaire, apprendre le métier des armes), que le chef va
ensuite pouvoir adapter dans la forme, en ramenant peu à peu son élève ou son soldat dans l’axe choisi.
En guise de conclusion, quels conseils donneriez-vous à de futurs cadres appelés demain à exercer de hautes fonctions de
direction et d’encadrement ?
De s’inspirer de règles simples pour conduire les hommes, en montrant soi-même toujours la voie. Pour mémoire, permettez-moi de vous rappeler
les sept points autour desquels s’articule le Code d’honneur du Légionnaire :
« 1/ Légionnaire, tu es un volontaire servant la France avec honneur et fidélité.
2/ Chaque légionnaire est ton frère d’arme, quelle que soit sa nationalité, sa race, sa religion. Tu lui manifestes toujours la solidarité
étroite qui doit unir les membres d’une même famille.
3/ Respectueux des traditions, attaché à tes chefs, la discipline et la camaraderie sont ta force, le courage et la loyauté tes vertus.
4/ Fier de ton état de légionnaire, tu le montres dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, ton
casernement toujours net.
5/ Soldat d’élite, tu t’entraînes avec rigueur, tu entretiens ton arme comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de ta forme
physique.
6/ La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie.
7/ Au combat tu agis sans passion et sans haine, tu respectes les ennemis vaincus, tu n’abandonnes jamais ni tes morts, ni tes blessés, ni tes
armes. »
Tout n’est bien sûr pas transposable au monde civil, mais l’on peut s’en inspirer. Donner l’exemple, avoir le souci du devoir accompli, être
proche de ses équipes et fier de son entreprise, bref agir en toutes circonstances sur le principe fondateur de la Légion – avec Honneur et Fidélité – me paraît être un bon fil d’Ariane
pour un cadre, un manager ou un décideur...
Géopolitique de la Légion étrangère
Source, journal ou site Internet : ESC Grenoble
Date : 11juillet 2013 Auteur :Jean-François Fiorina s’entretient avec le général de Saint Chamas
Quelles que soient votre origine, votre religion, votre nationalité, quels que soient vos diplômes et niveau scolaire, quelle que soit votre situation familiale ou professionnelle, la
Légion étrangère vous offre une nouvelle chance pour une nouvelle vie...
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Venez rejoindre les 7699 cadres et légionnaires issus de 136 pays différents dont la France pour bâtir un avenir d'exception où “honneur” et “fidélité” sont des valeurs fondamentales.
La Légion aujourd'hui
7699 hommes répartis en 413 officiers, 1741 sous-officiers et 5545 légionnaires dans 11 régiments.
L'aventure au quotidien
En rejoignant les rangs de la Légion étrangère, vous êtes sûr de connaître l'aventure au quotidien, en France métropolitaine (projections intérieures, manoeuvres, exercices) mais aussi dans
les départements et territoires d'outre-mer (Guyane, Nouvelle Calédonie, Mayotte, La Réunion, Antilles... ) ou encore en opérations extérieures.
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Opérations extérieures
Maintien ou rétablissement de la paix, interposition, contrôle de foules... les légionnaires s'adaptent à toutes les missions confiées ( 1990-1991 : Guerre du Golfe ; 1992-1993 : Cambodge,
Somalie ; 1994 : Rwanda ; 1993-2003 : Bosnie, Kosovo, Macédoine ; 1996 : République Centrafricaine...)
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Aujourd'hui, les légionnaires sont engagés en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, en Guyane, en Djibouti et partout où la France a besoin d'eux.
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46 000 euros à Neuilly-sur-Seine, 31 865 à Boulogne-Billancourt, 9 641 à Roubaix… Voici les revenus annuels médians des Français dans les
150 premières villes du pays, d’après l’étude Compas.
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Le revenu médian dans 8 grandes villes françaises en 2011*
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Neuilly-sur-Seine, Boulogne-Billancourt, Vincennes … les villes les plus riches
À Neuilly-sur-Seine, la moitié des 60 341 habitants (d’après le dernier recensement de l’Insee effectué en 2008) gagne plus de 46 087 euros, et l’autre
moitié moins. Ce qui en fait la commune la plus riche de France, d’après l’étude du bureau d’étude Compas, spécialisé dans les données locales, et publiées le 16 juillet.
Derrière elle, les autres villes de l’Ouest parisien : Boulogne–Billancourt et ses 31 865 euros de revenu médian, Vincennes (31 408 euros), Rueil-Malmaison (31 063 euros),
Levallois-Perret (30 761 euros), Versailles (30 577 euros) et Issy-les-Moulineaux (30 017 euros), notamment.
C’est dans ces villes ainsi que dans certaines communes du sud de la France que le revenu médian s’est le plus accru entre 2009 et 2011. À Aubagne, il a crû de
1 433 euros entre 2008 et 2011, soit une progression de 8,3 %. À Ajaccio, le revenu annuel média a pris 1 359 euros en trois ans, soit une hausse de 7,8 %. Mais les villes où en volume,
l’augmentation est la plus grande restent les plus riches : Annecy et Suresnes, où le revenu médian a augmenté de 4 100 euros, à Boulogne-Billancourt où la hausse avoisine les 4
500 euros et bien sûr, à Neuilly-sur-Seine où il a progressé de 7 200 euros.
« La crise n’a visiblement pas atteint ces communes, même si, pour partie (et notamment pour les communes du sud de la France), l’arrivée de
personnes âgées plus aisées que la médiane a joué un rôle », explique l’observatoire des inégalités, commanditaire de l’étude.
Roubaix, Aubervilliers, Bobigny… les villes les plus pauvres
Avec 9 641 euros de revenu annuel médian, les 94 713 habitants de Roubaix (Insee, 2010), sont les plus pauvres de France, d’après les chiffres de cette
étude. Pas loin des Albertivillariens, habitants d’Aubervilliers (10 846 euros de revenu médian), des Balbyniens, de Bobigny (11 623 euros) et des Dionysiens de Saint-Denis (12 113
euros).
Mais c’est dans des villes plus riches, comme Limoges, Le Mans ou Charleville-Mézières, que le revenu médian a le plus chuté. Dans ces villes, les pertes de revenus
peuvent atteindre les 1 000 euros.
« La cause principale, c'est le chômage, qui touche les plus jeunes et les plus défavorisés », estime Louis Maurin, consultant
du bureau d’étude Compas, interviewé par les Echos . Cependant, d'autres phénomènes ont pu jouer : la monoparentalité ou les jeunes qui vivent de plus en plus seuls.
Un renforcement des inégalités
Cette étude fait office de premier bilan sur l’impact de la crise sur les territoires. Le constat ? « La crise accroît les inégalités quasiment
partout, qu’il s’agisse de villes pauvres comme Mulhouse (13 300 euros de revenu médian) ou d’autres beaucoup plus aisées comme Clamart (25 100 euros de revenu médian) », note
l’Observatoire des inégalités. Sauf dans une vingtaine de communes, la plupart parmi les plus aisées de la banlieue ouest de Paris : Levallois-Perret, Puteaux et Suresnes. « Cet effet
peut être lié, partiellement, au départ de catégories les plus pauvres compte tenu du niveau des loyers », indique l’Observatoire des inégalités.
La crise a donc profondément changé l’évolution des inégalités de revenus. « Jusqu’à 2008, les inégalités augmentaient par le haut avec l’envolée des hauts
revenus. Désormais, elles s’étirent aussi par le bas avec une baisse des bas revenus. Ce phénomène était identifié au niveau global, mais il était en partie masqué par les moyennes
nationales : ce n’est plus le cas aujourd’hui », précise l’Observatoire.
Rennes en est l’exemple : les revenus des plus aisés ont augmenté de 55 % entre 2008 et 2011. Dans le même temps, ceux des plus pauvres ont
diminué de 11,8 %.
Des chiffres à modérer
« En ne prenant pas en compte la redistribution, l'étude tend à exagérer les inégalités », reconnaît cependant Louis Maurin, consultant auprès du
Compas, dans Les Echos. En outre, l’inflation n’est pas déduite des calculs. « L’évolution du pouvoir d’achat (le revenu moins la hausse des prix) est donc inférieure (de l’ordre de
3 %) », précise l’étude.
L’étude ne prend pas en compte les villes et départements d’outre-mer or « elles occuperaient l’ensemble des premières places en matière
d’inégalités et de bas revenus : les plus pauvres des DOM ont des revenus très faibles, alors que les plus riches ont des revenus comparables aux populations des villes aisées de
métropole », relativise l’étude.
Méthodologie :étude sur les 150 premières villes de France (soit un seuil d’environ 40 000 habitants), hors villes et départements
d’outre-mer. Elle est fondée sur les chiffres de l'Insee sur les revenus fiscaux déclarés pour l’équivalent d’une personne dans les communes entre 2008 et 2011, hors impôts et
prestations sociales.
* Le revenu médian dans 150 villes françaises, et son évolution entre 2008 et 2011
Alain Madelin : le Medef doit arrêter "de tendre sa sébile à l'État"
L'ex-ministre de Juppé est sévère sur les revendications du Medef. Fin des 35 heures, baisses de charges... Deux mauvaises idées, selon ce grand
libéral.
Image may be NSFW. Clik here to view.euh qu'est-ce qui dit le Madelin, il est gentil!
Être libéral ne revient pas à défendre le patronat. Pas pour Alain Madelin en tout cas. L'ancien ministre libéral, aujourd'hui à la tête
d'un fonds d'investissement, estime que le Medef a tout faux. La TVA sociale qu'il réclame, ou sa version gouvernementale - le crédit d'impôt compétitivité-emploi ,- revientà
faire "payer aux consommateurs une part de leurs salaires". Quant aux 35 heures, elles sont négociables dans chaque entreprise depuis 2008 ! Les vraies solutions libérales seraient
ailleurs.
Le Point : Deux candidats pour la présidence du Medef"à l'époque". Pierre Gattaz et Geoffroy Roux de Bézieux.
Mais pour vous, quel que soit le choix des chefs d'entreprise, cela ne changera pas l'ADN du patronat français...
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Alain Madelin : Chaque candidat a ses qualités, entre un Medef d'entreprise
familiale et patrimoniale - dont on a besoin (Pierre Gattaz, NDLR) - et un Medef d'entrepreneuriat (Roux de Bérieux, NDLR). La question est de savoir quelle est la doctrine de l'organisation.
Je suis un peu triste de la voir s'enfermer dans des revendications difficiles à défendre.
Par Prof Kuing: La France est le pays de l'OCDE qui se désinstrualise le plus violemment car l'État écrase les entreprises avec une fiscalité extrêmenent
agressive et une complexité administrative qui plombent leur compétitivité. Quand vous prenez trois Français remarquables et que vous les mettez hors de France, ils produisent quatre, vous les mettez en France, ils produisent
deux. Le rôle de l'État est de mettre en place une économie permettant aux entreprises de créer de la richesse mais ce n'est pas d'essayer de la créer à leur
place.
Casting : Christian Saint-Étienne, Élie Cohen et Guillaume Roquette.
Par exemple ?
Sur la compétitivité, il faut mettre l'accent sur celle de l'État qui doit gagner en productivité. La compétitivité des entreprises passe, elle
aussi, par des gains de productivité et donc l'investissement. Or le patronat - il est vrai écrasé par les impôts et les charges - essaie simplement d'obtenir une baisse du coût du
travail.
S'il est écrasé par les charges et l'impôt, cette demande est légitime, non ?
Si vous comparez à d'autres pays, dont l'Allemagne, le coût du travail a effectivement augmenté en France. Mais ce n'est pas sous le poids des
charges et de la fiscalité. Simplement, les salaires ont augmenté plus vite que les gains de productivité. Le patronat demande donc à l'État de reprendre de l'argent aux salariés via l'impôt
pour le redonner aux entreprises. Par exemple, sous la forme d'une TVA sociale, ce qui revient à faire payer aux consommateurs une part de leur salaire. Or, le surcoût du travail par rapport à
la productivité résulte d'un mauvais dialogue social. Il faut aborder le coût du travail avec beaucoup de prudence, car la situation n'est pas la même d'une entreprise à l'autre ni d'une
branche à l'autre. L'exemple de Toyota montre qu'on peut produire des voitures en France au coût du travail français tout en étant compétitif. Je ne vois pas en quoi le crédit d'impôt
compétitivité-emploi, qui fait surtout baisser le coût du travail à La Poste ou dans la grande distribution, est de nature à améliorer la compétitivité de la France. C'est pourquoi, à mes yeux,
le Medef ne devrait pas dire qu'il faut baisser les salaires pour être plus compétitif - ce qui a été fait, c'est vrai, en Grèce ou en Espagne -, car, à ce compte-là, on ne baissera jamais
assez le salaire des Français. La preuve, le gouvernement a eu beau faire un énorme cadeau de 20 milliards aux entreprises, certains réclament pas moins de 50 milliards de plus. Cela veut dire
qu'on n'en fera jamais assez.
Le Medef devrait défendre l'augmentation de la productivité pour que la France puisse s'offrir notre coût du travail. Il doit plaider pour une
politique de réinvestissement massif. Cela passe par une compétitivité de la fiscalité du capital.
Or lorsque même l'ancienne majorité s'est mise à dire qu'il fallait aligner la fiscalité du capital sur celle du travail, on n'a pas trop entendu
le patronat.
Image may be NSFW. Clik here to view.maintenant je veux être un libéral, bah de gauche!!
Vous dites en somme que le gouvernement a tout faux, qu'il faut faire exactement l'inverse de ce qu'il a entrepris...
Oui, les mauvais gouvernements suscitent de mauvais patronats. Pourquoi ?
Sachant que le Medef ne peut pas obtenir de réforme de fond, il se rabat sur des réformes beaucoup plus médiocres qu'il a des chances d'obtenir.
Je comprends que le Medef se dise "les réformes sont tellement difficiles à mener qu'il faut trouver tous les prétextes pour reprendre de l'argent. Récupérons de l'argent grâce à la TVA
sociale, grâce aux investissements d'avenir, par le crédit d'impôt compétitivité..." J'aimerais bien qu'il se réclame un peu plus du "laissez-nous faire" plutôt qu'il se tourne à chaque instant
vers l'État, dont il se plaint par ailleurs parce qu'il ne lui laisse pas assez de liberté.
L'accord intervenu avec les partenaires sociaux le 11 janvier sur le marché du travail est excellent de ce point de vue : non pas tant pour ses
acquis concrets que par la méthode : celle d'un vrai paritarisme.
Par Prof Kuing: 1,45 kg, c'est le poids du code du travail obèse en France ! En plus de la prolifération des mesures fiscales et des contraintes administrative, les entreprises sont confrontés à ce mastodonte qui les plombe. Il règne en France une défiance doublée d'une ignorance envers l'entreprise, notamment de la part de la sphère éducative (Ed Nat), de l'inspection du travail et du
conseil de prud'hommes. Bref, le monde du travail est France est rigide, figé, non réformable et baigne dans une tradition étatique très marquée.
Casting : Léonidas Kalogeropoulos, Gilles Le Gendre, Augustin Landier et Nicolas Doze
Une autre revendication des patrons, qui remonte beaucoup du terrain, c'est de mettre définitivement fin aux 35 heures...
D'abord je rappelle que les entreprises reçoivent plus de 22 milliards d'allègement de charges sociales (dont beaucoup au titre de la réduction du
temps de travail, NDLR) auxquels elles n'entendent pas renoncer ! Les entreprises à fort taux de main-d'oeuvre sont donc encouragées au détriment des entreprises plus capitalistiques, ce qui
n'est pas forcément bon pour la compétitivité. Deuxièmement, la loi de 2008 sur le temps de travail est exemplaire : elle privilégie l'accord d'entreprise sur l'accord de branche et l'accord de
branche sur la loi pour la fixation de la durée du travail. La souplesse contractuelle existe donc déjà, même si elle peut être perfectionnée. Tout abandon de la durée légale du travail serait
incompatible avec le droit européen et empêcherait de fixer le seuil au-delà duquel le salarié est payé en heures supplémentaires.
La vraie question est celle du fonctionnement du marché du travail qui ne permet pas une bonne allocation des talents ni une bonne formation
professionnelle. Ce fonctionnement fausse la formation du prix du travail via le smic et les effets de seuil liés aux allègements de charges sur les bas salaires.
Faut-il alors supprimer le smic et garantir le revenu des travailleurs modestes via une allocation du type du RSA ?
C'est à aborder avec beaucoup de prudence. Nous avons une vraie paupérisation en France, avec la "smicardisation" de la société et la baisse du
salaire moyen. Le nombre des familles qui vivent dans l'angoisse de la fin du mois ne cesse d'augmenter. Je déconseille donc de toucher au smic, même s'il peut effectivement constituer une
barrière à l'entrée sur le marché du travail pour les personnes à faible productivité. La logique voudrait qu'on réfléchisse, à terme, à une fixation du smic dans chaque profession et à sa
régionalisation, car le coût de la vie n'est pas le même à Paris ou en Moselle. En attendant, peut-être peut-on jouer avec le RSA comme l'avait esquissé Lionel Jospin. Personnellement, je
réfléchirais à l'utilité d'un vrai revenu familial minimum garanti en fusionnant les minimas sociaux, du RSA et de la prime pour l'emploi, ce qui serait un moyen, certes imparfait, de traiter
le cas des travailleurs pauvres.
Au final, vers qui irait votre préférence pour cette élection au Medef ?
Je n'ai pas encore regardé les programmes. Mais je me tournerais vers celui qui tendrait le moins sa sébile vers l'État et qui se réclamerait du
"laissez-nous faire, laissez-nous entreprendre". Malheureusement, le patronat français n'aime pas la concurrence. C'est pour cela qu'il faut un gouvernement fort pour l'imposer aux patrons. Si
vous n'aimez pas la richesse, que vous n'aimez pas les patrons, si vous pensez que ce sont des pilleurs, des profiteurs, etc., il existe un moyen très simple de leur faire rendre gorge, c'est
la concurrence.
Dans d'autres pays en Europe, des gouvernements de gauche sont les meilleurs défenseurs de la concurrence. En France, on défend d'abord les
monopoles d'État et les situations d'oligopole dans l'espoir de faire des grandes entreprises françaises des champions européens.
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Oui, mais trop de concurrence peut tuer l'emploi, en tirant les investissements vers le bas et en favorisant l'offre "low
cost"...
Le but d'une économie n'est pas de créer de l'emploi, mais de créer des richesses.
C'est la fameuse théorie d'Alfred Sauvy : des emplois se créent dans des secteurs à forte valeur ajoutée pendant que d'autres emplois coûteux à
faible valeur ajoutée disparaissent et que la richesse se déverse dans d'autres secteurs. La France subventionne les entreprises de main-d'oeuvre plutôt que de faire produire à meilleur marché
à l'étranger. Cela ne fait rien pour la compétitivité. Au contraire, cela gaspille des ressources. Il faut trouver le bon équilibre entre l'emploi et la compétitivité.
Officiellement ce que certains contribuables appellent le jour de libération fiscale tombe le 26 juillet. Mais sur quels critères établit-on cette date? Et ne
s'agit-il pas surtout d'un outil de propagande ?
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C'est un jour devenu symbolique qui mériterait presque une fête nationale. Aujourd'hui, vendredi 26 juillet 2013, les contribuables français peuvent
enfin se réjouir. C'est le "jour de libération fiscale", date à partir de laquelle chaque contribuable cesse de travailler pour financer les dépenses de l'Etat.
Problème: depuis son introduction en France en 1999 par l'association Contribuables associés, cette journée arrive chaque année un peu plus tard
dans le calendrier, contribuant ainsi à faire de la France, un des pays de l'Union européenne où les individus travaillent le plus longtemps pour l'Etat.
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Récemment encore, l'Institut économique Molinari publiait un comparatif européen dans lequel la France faisait bien mauvaise figure, quasiment placée dernière
dans le calendrier du jour de libération fiscale juste avant la Belgique. Stigmatisant ou véritable indicateur de la pression fiscale qui s'exerce dans chaque pays de l'Union Européenne, le jour
de libération fiscale a-t-il encore du sens?
Par Prof Kuing:
En 2014, les braises de l'enfer fiscal vont être encore plus chaudes et les fourches plus aiguisées à tel point que certains commencent à espérer un évènements de
crédit sur la dette de l'État français et la faillite de ce dernier pour en finir plus vite avec ce système.
Un indicateur efficace
"Le calcul du jour de libération fiscale peu paraître simpliste mais il a le mérite de donner la preuve qu'en Europe, les Français sont soumis à une
pression fiscale qui devient chaque année un peu plus insupportable", lâche Julien Lamon, responsable des études à Contribuables associés, cette association qui milite contre l'augmentation de la
dépense publique.
Selon ce dernier, l'indicateur de libération fiscale est "un outil très efficace" pour prouver que la France recule dans ce domaine. "En 1999, le
jour de libération fiscale tombait le 17 juillet, notre association estime que selon ses calculs, en 2013, il tombera le 29 juillet",
ajoute-t-il.
Plus nuancé, Julien Lamon précise:"Il ne s'agit pas de brandir cet indicateur aux contribuables pour leur faire peur mais simplement pour rappeler
que si cette journée s'éloigne chaque année un peu plus dans le calendrier, c'est pour financer une augmentation des dépenses publiques qui n'a plus de sens. Les Français ne savent plus ce qu'ils
payent". Sur son site internet, l'association propose un calculpersonnalisé qui permet à
chaque Français de calculer à quel date il pourra enfin travailler pour enrichir son compte en banque.
Par Prof Kuing: Aujourd'hui parmi ceux qui fuient l'enfer fiscal français on trouve de plus en plus de jeunes actifs moins riches que les gros patrimoines (qui
avaient déjà fui avant). Charles-Marie Jottras, PDG du groupe Daniel Féau et Belles Demeures de France.
La France stigmatisée
Efficace, le calcul du jour de libération fiscale n'en reste pas moins un outil qui peut faire débat dès lors qu'il est utilisé pour montré du doigt
la France comme un enfer fiscal. Le 25 juillet dernier, une étude publiée par le très libéral Institut économique Molinari et intitulée: "Fardeau social et fiscal de l'employé
moyen au sein de l'UE", montrait la France quasi bonne dernière dans le calendrier européen des "jours de libération fiscale et sociale 2013".
Nicolas Marquez, chercheur à l'Institut économique Molinari et co-auteur de l'étude se défend de toute prise de partie : "Notre méthodologie
est très sérieuse. Les critères pris en compte sont listés sur l'étude en toute transparence. Nous n'avons en aucun cas la volonté de montrer du doigt un pays plus qu'un autre. Libre à
chacun de faire son interprétation".
Pour Ludovic Ayrault, professeur spécialiste du droit fiscal à la Sorbonne, une telle comparaison au niveau européen doit tout de même être regardée
avec "méfiance" même si "elle donne une tendance de la pression fiscale dans les pays européens". "L'étude opère une comparaison sur la base des dépenses publiques sans prendre en compte la
différence de prestations offertes. Un Etat qui concentre son action sur les seules dépenses régaliennes n'a pas les mêmes besoins en recettes fiscales qu'un Etat-providence. Selon les pays, une
même prestation peut être financée par des crédits publics ou par des crédits privés", explique Ludovic Ayrault qui doute aussi de la prise en compte de la valeur TVA : "Comment peut-on
réellement savoir ce que payent les européens en TVA alors qu’aucune donnée n'existe sur ce que chaque individu consomme et donc sur la TVA acquittée, et ce d’autant plus, que pour chaque
produit il y a une TVA différente", s'interroge-t-il.
Une expression controversée
"C’est plus de la communication qu’autre chose", ironise Bernard Plagnet à propos de cette expression de "libération fiscale". Professeur à la
faculté de Droit de Toulouse, Bernard Plagnet reste "sceptique sur l'objectivité de l'outil" mais aussi sur l'étude de l'Institut économique Molinari " tant les mécanismes de taxes et les
pratiques administratives sont différentes dans chaque pays".
"La question qu'il faut se poser, ce n'est pas combien de temps les Français passent de temps à travailler pour l'Etat mais est-ce que ce dernier
fonctionne bien. Or, en France, nos services publics sont plutôt performants et c'est peut-être le prix à payer". Et l'auteur de "Fiscalité pour non-spécialistes", d'admettre malgré tout que
"la France devrait s'interroger sur comment continuer à maintenir ses services publics avec moins de moyens".
Un souhait partagé par Julien Lamon de Contribuables associés : "Il y a quelques années, la Suède, possédait un des jours de libération fiscale le
plus éloigné du 1er janvier de tous les pays européens, aujourd’hui cette date a largement avancé grâce à une modération de ses dépenses et tout en continuant à garder un bon
service public".
Mais, pour Bernard Plagnet, l'expression libération fiscale reste "innapropriée voire dangereuse". "A force d'employer ces mots là on va finir par
faire passer l'impôt pour totalement injustifié. En France, il faudrait réformer notre système pour que les gens comprennent que l'impôt est important, sachent exactement ce qu'ils payent et où
va l'argent comme c'est le cas pour les impôts locaux". "L'impôt est un outil essentiel de la citoyenneté", rappelle Bernard Plagnet.
Par Xavier Bonnehorgne
Vous ne travaillez plus pour le fisc à compter de ce week-end !
L'étatisme assigne à l'État le devoir de guider les citoyens et de les tenir en tutelle. Il aspire à restreindre la liberté d'action individuelle.
Il cherche à façonner sa destinée et à réserver toute initiative au seul État. Il arriva en Allemagne venant de l'ouest 2. Saint-Simon, Owen, Fourier, Pecqueur, Sismondi, Auguste Comte en ont posé les fondations. Lorentz
von Stein fut le premier auteur à fournir aux Allemands des renseignements étendus sur les nouvelles doctrines. La parution en 1842 de la première édition de son livre, Socialisme et
communisme dans la France actuelle, fut l'événement le plus important du socialisme allemand prémarxiste. Les éléments d'intervention étatique dans la vie économique, la législation sociale
et le syndicalisme 3 parvinrent aussi
en Allemagne en provenance de l'ouest. En Amérique, Frédéric List se familiarisa avec les idées protectionnistes d'Alexandre Hamilton.
Le libéralisme avait appris aux intellectuels allemands à assimiler les idées occidentales avec une crainte révérencielle. A ce moment, ils
pensèrent que le libéralisme était déjà dépassé ; l'intervention étatique dans la vie économique avait remplacé la vieille orthodoxie libérale ; elle aboutirait inexorablement au
socialisme. Celui qui ne voulait pas paraître rétrograde devait devenir social, c'est-à-dire ou interventionniste ou socialiste. Les idées nouvelles mettent quelques temps à
percer ; des années doivent passer avant qu'elles atteignent les larges couches d'intellectuels. Le système national d'Économie Politique de List fut publié en 1841, quelques mois
avant le livre de Stern. En 1847, Marx et Engels publièrent le manifeste communiste. Vers 1865, le prestige du libéralisme commença à disparaître. Rapidement les cours universitaires d'économie,
de philosophie, d'histoire et de droit tournèrent le libéralisme en caricature. Les spécialistes des sciences sociales se surpassèrent en critiques émotives du libre-échange et du laissez-faire
britanniques ; les philosophes s'acharnèrent sur l'éthique utilitariste à l'usage des courtiers en valeurs, le caractère superficiel des lumières et le côté négatif de la notion de
liberté ; les juristes démontrèrent le paradoxe des institutions démocratiques et parlementaires ; et les historiens traitèrent du déclin moral et politique de la France et de la
Grande-Bretagne. D'autre part, on apprenait aux étudiants à admirer le royaume social des Hohenzollern de Frédéric-Guillaume Tr, le socialisme nobleà la Guillaume Ier, le grand
Kaiser de la sécurité sociale et de la législation du travail. Les sociaux démocrates méprisaient la ploutodémocratie occidentale et la pseudo-liberté et ridiculisaient les
enseignements de l'économie bourgeoise.
L'ennuyeuse pédanterie des professeurs et la déclamation orgueilleuse des sociaux démocrates ne pouvaient impressionner les personnes douées
de sens critique. D'Angleterre pénétrèrent les idées de Carlyle, de Ruskin et des Fabien et de France, le solidarisme. Les églises de toutes croyances se joignirent au chœur. Nouvelles
et pièces de théâtre répandirent la nouvelle doctrine de l'État. Shaw et Wells, Spielhagen et Gerhart Hauptmann et d'autres écrivains moins doués contribuèrent à la popularité de
l'étatisme.
Mais tout appareil de contrainte et de coercition n'est pas appelé État. Ce n'est que lorsqu'il est assez puissant pour maintenir son existence, au moins quelque temps, par ses
seules forces qu'il est communément appelé un État. Une bande de brigands qui, en raison de la faiblesse relative de ses forces, n'a aucune chance de résister victorieusement à une autre
organisation, n'a pas le droit de s'appeler un État. Un État brisera ou tolérera un gang. Dans le premier cas, le gang n'est pas un État parce que son indépendance ne dure qu'un court
moment ; dans le second cas, ce n'est pas un État parce qu'il ne repose pas sur sa propre puissance. Les bandes qui faisaient des pogroms dans la Russie impériale ne constituaient pas un
État parce qu'elles ne pouvaient tuer ou piller que grâce à la complicité du gouvernement.
Cette restriction de la notion d'État conduit directement aux concepts du territoire et de la souveraineté de l'État. Reposer sur sa propre puissance implique qu'il y a un espace sur la surface
de la terre où le fonctionnement de l'appareil n'est pas restreint par l'intervention d'une autre organisation ; cet espace est le territoire étatique. La souveraineté (suprema
potestas, pouvoir suprême) signifie que l'organisation repose sur son propre fondement. Un État sans territoire est un concept vide. Un État sans souveraineté est une contradiction dans les
termes.
L'ensemble complexe des règles selon lesquelles les membres du gouvernement emploient contrainte et coercition s'appelle loi. Toutefois, le trait caractéristique de l'État n'est pas l'existence
de ces règles en tant que telles, mais l'emploi ou la menace de la violence. Un État dont les chefs ne reconnaissent qu'une règle, celle de faire ce qui sur le moment leur semble le plus
convenable, est un État sans loi. Que ces tyrans soient ou non bienveillants ne fait aucune différence.
Le mot loi est également utilisé dans un second sens. Nous appelons loi internationale l'ensemble des accords que les États souverains ont conclu de façon expresse ou tacite concernant leurs
relations mutuelles. Cependant il n'est pas essentiel, pour qu'une organisation ait la qualité d'État, que d'autres États reconnaissent son existence par la conclusion de tels accords.
L'essentiel est le fait de la souveraineté à l'intérieur d'un territoire, pas les formalités.
Les personnes qui ont la direction de la machinerie étatique peuvent assumer d'autres fonctions, devoirs, ou activités. Le gouvernement peut posséder ou gérer des écoles, des chemins de fer, des
hôpitaux, des asiles d'orphelins. De telles activités ne sont qu'accidentelles dans la conception de l'État. Quelles que soient les autres fonctions qu'il peut assumer, l'État est toujours
caractérisé par la contrainte et la coercition qu'il exerce.
Avec la nature humaine telle qu'elle est, l'État est une institution nécessaire et indispensable. Convenablement administrée, l'État est le fondement de la société, de la coopération
entre les hommes et de la civilisation. C'est l'instrument le plus bienfaisant et le plus utile dans les efforts des hommes pour promouvoir le bonheur et le bien-être. Mais c'est seulement un
instrument et un moyen, non la fin ultime. Ce n'est pas Dieu. C'est simplement un appareil de contrainte et de coercition, c'est le pouvoir de police.
Il a été nécessaire de s'attarder sur ces truismes parce que les mythologies et métaphysiques de l'étatisme ont réussi à les voiler de mystère. L'État est une institution humaine et non un être
surnaturel. Celui qui prononce le mot État, pense coercition et contrainte. Celui qui dit : Il devrait y avoir une loi sur cette question, pense : les forces du gouvernement
devraient forcer les gens à faire ce qu'ils ne veulent pas faire ou à ne pas faire ce qu'ils veulent faire. Celui qui dit : cette loi devrait être mieux respectée, pense : la police
devrait forcer le public à obéir à cette loi. Celui qui dit : l'État est u dieu, déifie les armes et la prison. Le culte de l'État est le culte de la force. Il n'y a pas de menace plus
dangereuse pour la civilisation qu'un gouvernement d'hommes incompétents, corrompus ou viles. Les pires maux que l'humanité a jamais endurés étaient infligés par de mauvais gouvernements. L'État
peut-être et a souvent été au cours de l'histoire la principale source de malheur et de désastre.
L'appareil de contrainte et de coercition est toujours aux mains d'hommes mortels. Il est parfois arrivé que les gouvernements aient surpassé leurs contemporains et leurs concitoyens à la fois en
compétence et en équité. Mais l'histoire nous fournit de nombreux exemples du contraire. La thèse de l'étatisme selon laquelle les membres du gouvernement et ses collaborateurs sont plus
intelligents que la population et savent mieux que l'individu ce qui lui est utile est une pure sottise. Les Führers et les Duces ne sont ni des dieux, ni des représentants de Dieu.
Les traits caractéristiques essentiels de l'État et du gouvernement ne dépendent pas de leur structure particulière, ni de leur constitution. Ces traits sont présents à la fois dans les
gouvernements despotiques et démocratiques. La démocratie n'est pas non plus divine. Nous traiterons ultérieurement des avantages tirés par la société d'un gouvernement
démocratique. Mais aussi grands que soient ces avantages, il ne faut jamais oublier que ces majorités sont aussi exposées que les rois et les dictateurs à l'erreur et à l'injustice. Qu'un fait
semble vrai à la majorité ne prouve pas sa véracité. Qu'une politique semble opportune à la majorité ne prouve pas son opportunité. Les individus formant une majorité ne sont pas des dieux et
leurs conclusions réunies ne sont pas nécessairement divines.
3. Les doctrines politiques et sociales du libéralisme
Il y a une école de penseurs qui enseigne que la coopération sociale entre les hommes peut être réalisée sans contrainte ni coercition. L'anarchisme
croit à la possibilité d'établir un ordre social dans lequel tous les hommes reconnaîtraient les avantages découlant de la coopération et où tous seraient prêts à faire volontairement tout ce
qu'exige le maintien de la société et à s'abstenir volontairement de ce qui est nuisible à la société. Mais les anarchistes oublient deux faits : Il y a des individus dont les capacités
mentales sont si limitées qu'ils ne peuvent comprendre tous les avantages que la société leur apporte. Et il y a des individus dont la chair est si faible qu'ils ne peuvent résister à la
tentation d'obtenir un avantage personnel par une action nuisible à la société. Une Société anarchiste serait à la merci de chaque individu. Nous pouvons admettre que tout adulte sain jouit de la
faculté de réaliser l'utilité d'une coopération sociale et d'agir en conséquence. Cependant il est hors de doute qu'il y a des mineurs, des vieillards et des fous. Nous pouvons admettre que
quiconque agit contre la société devrait être considéré comme malade mentalement et devant être soigné. Mais tant que tous ne sont pas guéris et tant qu'il y a des mineurs et des vieillards, des
dispositions doivent être prises pour qu'ils ne détruisent pas la société.
Le libéralisme diffère radicalement de l'anarchie. Il n'a rien de commun avec les illusions absurdes des anarchistes. Nous
devons donc souligner ce point parce que les étatistes essaient quelquefois de découvrir une similitude. Le libéralisme n'est pas assez fou pour vouloir la suppression de l'État. Les libéraux
reconnaissent pleinement qu'aucune coopération sociale ni aucune civilisation ne peuvent exister sans un certain degré de contrainte et de coercition. C'est la tâche du gouvernement de protéger
le système social contre les attaques de ceux dont les plans d'action sont nuisibles à sa conservation et à son fonctionnement.
La leçon essentielle du libéralisme est que la coopération sociale et la division du travail ne peuvent être réalisées que dans un système de
propriété privée des moyens de production, c'est-à-dire dans une société de marché ou capitalisme. Tous les autres principes du libéralisme — démocratie, liberté individuelle, liberté de parole
et de la presse, tolérance religieuse, paix entre les nations — sont des conséquences de ce postulat fondamental. Ils ne peuvent être appliqués que dans une société fondée sur la propriété
privée.
Partant de ce point de vue, le libéralisme assigne à l'État la tâche de protéger la vie, la santé, la liberté ou la propriété de ses sujets contre
toute agression violente ou perfide.
Le fait que le libéralisme veut la propriété privée des moyens de production implique le rejet de la propriété collective des moyens de production,
c'est-à-dire du socialisme. C'est pourquoi le libéralisme s'oppose à la socialisation des moyens de production. Il est illogique de dire, comme beaucoup d'étatistes, que le libéralisme a de
l'hostilité ou de la haine pour l'État, parce qu'il s'oppose au transfert à l'État de la propriété des chemins de fer ou des filatures de coton. Quand un homme dit que l'acide sulfurique ne fait
pas une bonne lotion pour les mains, il ne manifeste pas d'hostilité contre l'acide sulfurique comme tel ; il donne simplement son opinion sur la limitation de son usage.
Ce n'est pas la tâche de cette étude de déterminer si le programme du libéralisme ou du socialisme est plus adéquat pour atteindre les buts communs
à tous les efforts politiques et sociaux, c'est-à-dire la réalisation du bonheur et du bien-être de l'homme. Nous ne faisons que décrire le rôle joué par le libéralisme ou l'antilibéralisme —
qu‘il soit socialiste ou interventionniste — dans l'évolution qui a conduit à l'établissement du totalitarisme. C'est pourquoi nous pouvons nous limiter à une brève description des grandes lignes
du programme social et politique du libéralisme et de son fonctionnement.
Dans un ordre économique fondé sur la propriété privée des moyens de production, le marché est au centre du système. L'action du mécanisme du marché
force les capitalistes et les entrepreneurs à produire de façon à satisfaire les besoins des consommateurs aussi bien et aussi bon marché que la quantité et la qualité des ressources, la
main-d'œuvre disponible et l'état des connaissances techniques le permettent. S'ils ne sont pas à la hauteur de leur tâche, s'ils produisent des biens de mauvaise qualité ou trop chers, ou s'il s
ne produisent pas les marchandises dont la demande est la plus urgente, ils subissent des pertes. A moins qu'ils ne modifient leurs méthodes de façon à mieux satisfaire les besoins des
consommateurs, ils seront finalement classés de leur situation de capitalistes ou d'entrepreneurs. D'autres personnes sachant mieux servir le consommateur les remplaceront. Dans une économie de
marché, le mécanisme des prix assure la suprématie des consommateurs. Par les prix qu'ils paient et par le chiffre de leurs achats, ils déterminent à la fois la quantité et la qualité de la
production. Ils déterminent directement les prix des biens de consommation et par là même fixent indirectement les prix de tous les facteurs matériels de la production ou les salaires de la
main-d'œuvre employée.
Dans une société de marché, chacun sert ses concitoyens et est servi par eux. C'est un système d'échanges mutuels de services et de marchandises, de
dons et de prestations réciproques. Dans ce mécanisme qui tourne sans fin, les entrepreneurs et les capitalistes doivent adapter leurs investissements et leurs méthodes de production. Le marché
choisit les entrepreneurs et les capitalistes et les remplace aussitôt que des défaillances se révèlent. Le marché est une démocratie où chaque centime a un droit de vote et où le suffrage est
journalier.
En dehors du marché, il y a l'appareil social de contrainte et de coercition et ses détenteurs, le gouvernement. État et gouvernement ont le devoir
de maintenir la paix intérieure et extérieure. Car ce n'est que dans la paix que le système économique peut atteindre ses fins, la satisfaction la plus complète des besoins et désirs de
l'homme.
Mais qui doit commander l'appareil de contrainte et de coercition ? En d'autres termes qui doit gouverner ? C'est une des vues
fondamentales de la pensée libérale que le gouvernement est fondé sur l'opinion, et qu'il ne peut donc pas subsister à la longue si les hommes qui le composent et les méthodes qu'ils appliquent
ne sont pas acceptés par la majorité des gouvernés. Si la conduite des affaires politiques ne leur convient pas, les citoyens réussiront finalement à renverser le gouvernement par la violence et
à remplacer les gouvernants par des hommes qui leur semblent plus compétents. Les gouvernants sont toujours une minorité. Ils ne peuvent rester en fonction si la majorité est décidée à les
remplacer. Révolution et guerre civile sont le remède ultime d'un gouvernement impopulaire. Dans l'intérêt de la paix intérieure, le libéralisme est partisan d'un gouvernement démocratique. C'est
pourquoi la démocratie n'est pas une institution révolutionnaire, c'est au contraire le vrai moyen d'éviter des révolutions. La démocratie est un système assurant l'adaptation pacifique du
gouvernement à la volonté de la majorité. Quand les hommes en fonction et leurs méthodes ne plairont plus à la majorité de la nation, ils seront — à la prochaine élection — éliminés et remplacés
par d'autres hommes et un autre système. La démocratie aspire à sauvegarder la paix intérieure entre les citoyens.
Le but du libéralisme est la coopération pacifique de tous les hommes. Quand la propriété privée des moyens de production existe partout et
quand les lois, les tribunaux et l'administration traitent étrangers et citoyens sur un pied d'égalité, il est de peu d'importance de savoir où passe la frontière d'un pays. Personne ne
peut profiter de la conquête, mais beaucoup peuvent subir des pertes dans la lutte. Les guerres ne paient plus ; il n'y a plus de motif d'agression. La population de tout territoire est
libre de déterminer à quel état elle désire appartenir ou si elle préfère fonder elle-même un état. Toutes les nations peuvent coexister pacifiquement parce qu'aucune nation n'est intéressée à la
dimension de son état.
Évidemment, c'est là un plaidoyer froid et dénué de passion pour la paix et la démocratie. C'est le résultat d'une philosophie utilitaire. Aussi
éloigné de la mythologie mystique du droit divin des rois que de la métaphysique du droit naturel ou des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Il est fondé sur des considérations
d'utilité commune. Liberté, démocratie, paix et propriété privée semblent bienfaisantes parce que ce sont les meilleurs moyens d'atteindre le bonheur et le bien-être humains. Le libéralisme peut
assurer à l'homme une vie à l'abri de la crainte et du besoin, c'est tout.
Vers le milieu du XIXe siècle, les libéraux étaient convaincus qu'ils étaient à la veille de la réalisation de leurs plans. C'était une
illusion.
1. Hegel,Philosophie du Droit, Gallimard, 3eédition, p. 190.
2. Hayek, « The Counter Revolution of
Sciences », Economica, t. VIII, pp. 9-36, 119-150, 281-320.
3. Adolf Weber (Der Kampf zwischen Kapital und
Arbeit, 3e et 4eéd., Tübingen, 1921, p. 68), dit très justement en traitant du syndicalisme allemand : Forme et esprit... venaient de l’étranger.
ParLudwig von Mises traduit par M. de Hulster
Le Gouvernement omnipotent De l'État totalitaire à la guerre mondiale
Éditions politiques, économiques et sociales — Librairie de Médicis — Paris (1947) Deuxième partie — Le nationalisme
Moteur d’une mondialisation jugée tantôt vertueuse, tantôt responsable de la montée des inégalités entre nations, voire de la
crise et des politiques de rigueur, le néolibéralisme est pourtant mal connu. Deux ouvrages récents permettent de mieux cerner son histoire dans les soixante dernières
années.
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L’année 2012 a vu la publication aux États-Unis de deux livres aux ambitions proches, puisqu’il s’agit dans les deux cas de retracer l’histoire du
néo-libéralisme à partir de 1938, autour des figures incontournables de Friedrich Hayek et Milton Friedman.
Le titre comme le sous-titre de l’ouvrage de Daniel Stedman Jones (Masters of the Universe. Hayek, Friedman, and the birth of neoliberal
politics) suggèrent que l’accent sera porté vers les applications en politique, alors que le sous-titre choisi par Angus Burgin (Reinventing Free Markets since the Depression)
indique qu’il se concentre sur les idées elles-mêmes. Ces impressions initiales sont largement confirmées à la lecture des deux textes qui ont en effet adopté des points de vue différents,
quoique en aucune manière opposés. Tandis que Daniel Stedman Jones s’applique à retracer les chemins complexes que les idées néo-libérales ont empruntés pour trouver à s’exprimer dans des
programmes et des actions politiques, Burgin en reste quant à lui essentiellement à la conception initiale des idées économiques. Les deux livres ne sont donc pas des concurrents directs puisque
leurs finalités ne se recoupent pas totalement. Ils comportent néanmoins une très large part de préoccupations communes, et présentent tous deux des analyses de certains événements ou courants
essentiels comme la Société du Mont-Pèlerin, créée par Friedrich Hayek et l’école de Chicago, symbolisée par Milton Friedman.
Image may be NSFW. Clik here to view.Le livre de Stedman Jones ne considère les événements des années 1930 que comme une
ébauche de ce qui commencera vraiment dans l’immédiat après-guerre. Il prive ainsi le lecteur d’une analyse détaillée des bases que le colloque Lippmann — organisé à Paris en 1938 — a posées,
tant en termes d’idées qu’en termes de personnes, pour le décollage proprement dit du mouvement néo-libéral après la guerre [1]. Burgin de son côté entame sa narration avec la Grande dépression, et
montre de manière éclairante comment quelques groupes d’économistes orthodoxes (Robbins et Hayek à la London School of Economics, Knight et Viner puis Simons à Chicago, Mises à Genève) ont réagi
à la crise et aux nouvelles politiques qu’elle a suscitées, sous l’influence entre autres de Keynes, et comment le besoin s’est imposé pour eux de participer à un renouveau des idées
libérales.
C’est pourtant bien lors du colloque Lippmann que le terme de néo-libéralisme fut créé et adopté, sans pour autant que tous ses participants
s’accordent profondément sur ce qu’il recouvrait : s’agit-il d’amender plus ou moins sévèrement le concept « classique » (manchesterien [2]) du libéralisme comme laisser-faire en réintroduisant le rôle de l’État
comme responsable de la fixation des règles du jeu économique, ou devrait-on sortir le libéralisme de ses seuls déterminants économiques et en faire une philosophie de la vie en société avec tous
les éléments politiques et moraux que cela implique ? La question n’a été tranchée ni en 1938 ni depuis, mais a structuré l’histoire du néolibéralisme
De Friedrich Hayek à Milton Friedman
Une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, la reprise du combat idéologique que marque de plus en plus la division du monde décidée à Yalta va
reconfigurer les débats.
Dans ce contexte, la publication en 1944 de l’ouvrage de Hayek, La route de la servitude (la traduction française apparaît en 1945),
s’impose comme un tournant crucial. Stedman Jones et Burgin en font chacun une analyse précise.
Stedman Jones choisit dans son deuxième chapitre, consacré à l’immédiat après-guerre, de passer en revue trois livres puis de décrire la mise en
place de la Société du Mont Pèlerin (MPS). Ces trois livres, écrits par trois autrichiens, sont La société ouverte et ses ennemis(The Open Society and its Enemies) de Karl Popper publié
en 1945, La bureaucratie (Bureaucracy) de Ludwig von Mises, publié en 1944 et bien sûr La route de la servitude(The Road to Serfdom). Cette liste paraît quelque peu
artificielle, l’influence de ces livres ayant été, tant immédiatement que dans la durée, très inégale. Mises en particulier n’a peut-être pas sa place ici, d’autant qu’à cette époque il
travaillait à son magnum opus, Human Action qui devait paraître en 1949. L’information de l’auteur concernant Mises semble d’ailleurs lacunaire. En effet ce dernier, né dans une famille
juive de Lwow (dont le grand-père avait été anobli comme nombre de juifs de Galicie), est présenté comme étant « né dans une vieille famille aristocratique autrichienne » (p. 49). Le
livre de Popper, pour intéressant qu’il soit, n’a pas fortement marqué l’époque comme a pu le faire The Road to Serfdom.
Image may be NSFW. Clik here to view.Si Stedman Jones ne néglige, dans ce chapitre, ni la publication de The Road to
Serfdom ni la création de la Société du Mont Pèlerin, Burgin se montre beaucoup plus précis sur ces deux épisodes fondateurs. Du livre de 1944, il décrit en particulier la réception
triomphale aux États-Unis, marquée par une tournée de promotion qu’avait précédée une publication d’extraits par le Reader’s Digest, formule qui semble avoir laissé un goût amer à Hayek.
Concernant la Société du Mont Pèlerin, ce groupe d’intellectuels qui se réunirent pour la première fois en 1947 au Mont Pèlerin à l’initiative de Friedrich Hayek, en vue de promouvoir les idées
du libéralisme, on apprendra qu’elle est la seule initiative réussie parmi quelques autres, dont la tentative de lancement d’une revue par Wilhelm Röpke qui échoua faute de financement.
D’ailleurs, ainsi qu’on finit par s’en rendre compte, la Société du Mont Pèlerin est le véritable objet du livre de Burgin.
Dans la suite de son livre, Burgin décrit en effet les difficultés que la maturité a apportées à la Société, liées à ses objectifs et à son
organisation interne comme aux sempiternels problèmes de financement. Pour les objectifs de la Société, la question était de savoir si le plus important (mettre en contact des défenseurs des
idées libérales) n’avait pas été atteint dès la fin des années 1950, sinon plus tôt ; en ce cas, son existence se justifiait-elle encore ?
Burgin montre aussi comment Hayek a cherché à défendre la Société du Mont Pèlerin contre certaines formes de pensée conservatrice, nouvelles ou
récurrentes. Cette question devint clairement un risque majeur de dislocation entre 1958 et 1961 avec l’« affaire Hunold » bien et longuement décrite dans ce chapitre. Hunold était le
secrétaire de la Société et un élément indispensable de son fonctionnement, mais son rôle était purement administratif jusqu’au moment où il voulut se mêler de l’évolution idéologique de la
Société et écrivit un article clamant que cette dernière avait « perdu son âme ». Hayek en fut ulcéré et le conflit s’installa. L’affaire fut si grave qu’on fit appel en 1960 à
l’arbitrage de Ludwig Erhard, alors ministre de l’économie et vice-chancelier de la République Fédérale d’Allemagne sous Adenauer, sans que cela résolve la crise qui se termina par la démission
de Hunold.
Le début des années 1960 est aussi une période de transition marquée par le rôle croissant de Milton Friedman comme personnage central de la
défense et illustration des idées néo-libérales. Il est intéressant de noter que si Stedman Jones voit Friedman essentiellement comme l’inventeur du monétarisme — théorie économique de
la création de monnaie et de la politique monétaire —, Burgin considère de son côté que ses textes les plus significatifs sont son article de 1953 sur la méthodologie de l’économie et
Capitalism and Freedom (1962), ouvrage dans lequel il présente ses convictions en matière de libéralisme économique et politique. Tous deux sont pourtant d’accord pour le considérer
comme le successeur de Hayek en tant qu’animateur du mouvement libéral.
Cette divergence quant au rôle de Friedman est assez logique si l’on garde en mémoire que le livre de Stedman Jones porte sur la transmission vers
les applications en politique des idées néo-libérales, la politique monétaire étant un domaine privilégié de cette transmission, lors des grandes mutations monétaires des années 1960 et 70 :
la « grande inflation », la stagflation, l’abandon des parités fixes. Il semble pourtant que, dans cette direction, Stedman Jones va trop loin quand il identifie néo-libéralisme et
monétarisme dans la lutte contre le keynésianisme et consacre à cette opposition un chapitre entier (Keynesiansim and the Emergence of Monetarism. 1945-1971, p. 180-214). Cela nous
paraît excessivement réducteur (il n’y a rien par exemple sur le courant des anticipations rationnelles, qui a profondément qualifié ces débats). Il faut dire que les apports les plus
intéressants de Stedman Jones ne sont pas à chercher dans son expertise de l’économie mais bien dans la manière dont cette discipline se diffuse dans la pensée des partis et des dirigeants
politiques. Sa connaissance de l’évolution du Parti Conservateur britannique (avant et pendant l’ère Thatcher) est à cet égard précieuse et éclairante.
Il est assez frappant et aussi quelque peu frustrant que Stedman Jones consacre certains développements au grand mouvement de dérégulation associé
aux noms de Reagan et Thatcher, mais en évitant de parler des industries où ce mouvement a été si actif, celui des grands services publics comme le rail, l’électricité et le téléphone. Le nom de
Steven Littlechild qui inventa les « price-caps » (réglementation par plafonnement des prix) et fut le premier à les mettre en œuvre dans le secteur britannique privatisé des
télécommunications, n’apparaît même pas dans son livre. Stedman Jones consacre certes un chapitre à un secteur particulier de l’économie des deux côtés de l’Atlantique et à l’évolution de la
réglementation qui y est pratiquée, le secteur du logement. Je ne nie pas qu’il s’agit d’un secteur crucial à beaucoup d’égards, mais il me semble loin d’être le cas le plus significatif en ce
qui concerne la déréglementation, comparé aux grands monopoles naturels où la concurrence ne peut pas fonctionner de façon normale, comme la production d’électricité, les transports publics ou
les télécommunications. .
Un des atouts du livre de Stedman Jones est le chapitre qu’il consacre aux différents think tanks, aux États-Unis comme en Grande-Bretagne,
qui ont accompagné le néo-libéralisme. Les think tanks constituent, comme la presse, un élément important dans la chaîne de transmission des idées, depuis leur origine chez les
intellectuels jusqu’aux « utilisateurs finaux » que sont les milieux politiques et la population en général. La connaissance du fonctionnement de ce chaînon est clairement essentielle
dans toute étude en histoire des idées.
La thèse fondamentale de l’ouvrage de Burgin est que les différents promoteurs de l’idée néo-libérale n’ont jamais réussi à se mettre d’accord sur
le contenu réel de cette idée. Trois approches se sont côtoyées depuis 1938, ont cohabité et ont réussi à éviter (parfois de justesse) une confrontation qui aurait pu être fatale : le
néo-libéralisme pourrait être un libéralisme encadré par un État faisant — ou disant pour le moins — les lois nécessaires à son fonctionnement juste (Rougier, Lippmann, Hayek) ; il pourraitégalement être une théorie de la bonne civilisation (Roepke) ; il pourrait enfin se réduire à une pure doctrine de liberté économique (Friedman) et revenir plus ou moins au manchesterianisme
décrié lors du Colloque Lippmann. Il ne s’agit pas d’une thèse fondamentalement nouvelle, puisque Michel Foucault, ou plus récemment Serge Audier, ont mis en avant ces ambiguïtés ; Burgin en
donne sa propre version et pense que la vision friedmanienne semble l’avoir emporté mais peut-être pas de manière définitive, car les ambiguïtés n’ont pas disparu.
On pourra regretter que les « ultra-libéraux » soient totalement absents de ces deux ouvrages. Le nom de Robert Nozick n’y apparaît pas,
ceux d’Ayn Rand ou de Murray Rothbard ne surgissent qu’au hasard d’une citation ou d’une anecdote. Ces théoriciens n’entrent pas bien dans la classification de Burgin ; ils n’en ont pas
moins des positions bien marquées, justifiant par le droit naturel un rejet quasiment absolu des interventions étatiques, y compris dans la fonction d’élaboration des règles de fonctionnement de
l’économie de marché (c’est bien là leur jusnaturalisme). Au bout du compte, ces auteurs sont proches des positions du laisser-faire du XIXème siècle, mais à partir de bases philosophiques
élaborées mettant en avant la primauté absolue de l’individu. L’absence de ces acteurs qui n’ont pourtant pas manqué d’influencer la marche des idées aux États-Unis peut s’expliquer par les
objectifs particuliers de chacun des livres évoqués : la Société du Mont Pèlerin pas plus que la politique économique des gouvernements en place n’ont été touchées par l’ultralibéralisme (si
on fait l’impasse sur le cas d’Alan Greenspan, influencé dans sa jeunesse par Ayn Rand mais que les ultra-libéraux ont pu considérer comme passé à l’ennemi quand il acquis le pouvoir considérable
qu’il avait à la tête du Federal Reserve System). Cette absence n’en laisse pas moins une certaine impression d’inachèvement.
Les ouvrages de Stedman Jones et Burgin sont donc deux études sérieuses et pertinentes sur certains aspects de la marche des idées libérales depuis
80 ans, même si elles ne prétendent pas à en constituer un compte rendu définitif. Du fait d’objectifs plus limités, ils ne se comparent pas aux histoires à vocation encyclopédique comme celles
offertes par Philippe Nemo et Jean Petitot (Histoire du Libéralisme en Europe), Catherine Audard (Qu’est-ce-que le libéralisme ?) ou Serge Audier(Néolibéralisme(s)). Au lecteur intéressé par cette histoire, qu’il s’agisse du néo-libéralisme comme mouvement d’idées ou comme pratique politique, ils offrent des apports précieux à la
compréhension d’événements particuliers souvent négligés.
Aujourd’hui (horresco referens) certaines impasses économiques et politiques peuvent inciter à penser que des solutions vues comme
« libérales » — mais qu’il vaudrait mieux qualifier comme « orthodoxes » — constituent la seule politique possible, qu’il n’y a qu’une seule voie. La lecture de ces deux
livres nous rappelle des périodes encore assez proches où les débats d’idées étaient possibles et nous fait rêver à leur retour.
Recensés : Image may be NSFW. Clik here to view. Daniel Stedman Jones, Masters of the Universe. Hayek,
Friedman, and the birth of neoliberal politics. Princeton University Press, 2012, 424 p. Image may be NSFW. Clik here to view. Angus Burgin, The Great Persuasion. Reinventing Free
Markets since the Depression. Harvard University Press, 2012, 320 p.
Pour citer cet article :
Jean Magnan de Bornier, « Regards croisés sur l’histoire du néo-libéralisme », La Vie des idées, 19 juin 2013. ISSN : 2105-3030.
URL : http://www.laviedesidees.fr/Regards-croises-sur-l-histoire-du.html
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Jean Magnan de Bornier
De Wikiberal:
Jean Magnan de Bornier est professeur de Sciences Économiques à l'Université Aix Marseille III (Faculté
d'Économie Appliquée) depuis octobre 1990 et il est membre du centre de recherche du GREQAM (Groupement de Recherche en Economie
Quantitative d'Aix-Marseille) depuis 2001.
Jean Magnan de Bornier lit Friedrich Hayek, Carl Menger ou Ludwig von Mises et se
penche sur les thèmes de la propriété privée, de la concurrence, de la
théorie de la valeur ou de l'utilité marginale mais sans adhérer complètement au paradigme autrichien. Il a analysé l'oeuvre de certains libéraux comme Jean-Baptiste Say avec un esprit assez critique vis à vis de la méthode scientifique utilisée et présentée dans
les différents ouvrages de l'auteur libéral (Discours préliminaire, Discours d'ouverture des Cours à l'Athénée, Cours Complet). Les cours et les articles de Jean Magnan de Bornier s'inspirent
beaucoup plus des économistes mathématiciens français du 19ème siècle comme Augustin Cournot (1801-1877) ou des ingénieurs économistes de l'école polytechnique de Paris comme Joseph Bertrand (1822−1900) ou Jules Dupuit (1804-1866).
Une théorie évolutionniste basée sur un
contractualisme faible
Jean Magnan de Bornier a une lecture critique de la théorie de l'évolution culturelle chez Friedrich Hayek. Il reproche à ce dernier de ne pas avoir explicité suffisamment les mécanismes de transmission des règles de conduite. En adoptant la théorie des mèmes au cas des règles implicites, Jean Magnan de Bornier affirme que la transmission ne
peut pas s'effectuer simplement par imitation sans risque de variation dans le mécanisme de reproduction. Par conséquent des crises peuvent surgir dans les groupes qui les ont adoptées. Pour
contrevenir à ce dysfonctionnement, il en appel à un contractualisme faible.
L'idée du contractualisme faible se différencie d'un contractualisme fort (à la Buchanan) par deux éléments méthodologique et épistémologique. La théorie du
contractualisme faible ne repose pas sur l'hypothèse de rationalité du modèle du courant dominant et le contrat social n'est pas une métaphore du grand moment historique fondateur.
Jean Magnan de Bornier nie que des schèmes mentaux, qui ne seraient pas identiques,
puissent partager une similarité d'acceptation de règles abstraites. Friedrich Hayek, dans son ouvrage de1952, The Sensory Order, avait effectivement écrit :
"Les différentes cartes [mentales] qui seront ainsi formées dans les différents cerveaux seront déterminées par des facteurs qui sont suffisamment similaires
pour rendre ces cartes se ressemblant les unes aux autres. Mais, elles ne seront pas identiques. L'identité complète des cartes [mentales] supposerait non seulement une histoire identique
des différents individus, mais aussi l'identité complète de leur structure anatomique. (Friedrich Hayek,
The sensory order, 1952, p110).[2]
Au lieu de mettre un doute sur l'application stricte de la théorie
des mèmes sur la théorie de l'évolution des gènes, qu'elle soit Darwinienne ou Lamarckienne, Jean Magnan de Bornier en conclut en l'inexistence de règles complexes, si elles ne sont pas
renforcées, comme il l'indique, par des "rustines" d'un contractualisme faible, c'est à dire des règles qui sont imposées par le groupe sur les individus pour que ces règles se transmettent à
l'identique.
Dans une vidéo qui circule en ce moment sur internet (1) vous déclarez, je cite- :
« ... on ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique... »
. Cela vaut-il également des autres religions comme le laisse entendre la phrase suivante :
« ... Il faut inventer une religion républicaine... » ?
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Le socialisme est une religion "Il faut inventer une religion républicaine" ; du St-Just!! non?
Monsieur le Ministre, si les propos que vous tenez dans cette vidéo n'ont pas été
l'objet d'une manipulation, ils sont inacceptables.
Les soldats, qu'ils soient croyants ou pas, versent leur sang aujourd'hui comme leurs anciens hier pour la France, les Français et les
valeurs que porte notre pays : liberté, égalité et fraternité. Ils le font avec leur foi et leur conscience sans attendre la religion républicaine que vous semblez appeler de vos vœux.
A cet égard l'application exemplaire du principe de laïcité dans les armées fait de cette institution une référence pour la Nation. Ceci d'autant que le soldat qui côtoie la mort
pour défendre les valeurs de la République peut considérer que celle- ci n'est pas un absolu susceptible de se substituer au Dieu auquel il croit au plus profond de son être. Il y a un
mois, l'association de soutien à l'armée française (ASAF) que je préside recevait le prix Honoré d'Estienne d'Orves en hommage à la qualité de ses publications. Vous savez peut-être
que ce Français, chef de réseau de renseignement, héros de la Résistance, Compagnon de la Libération, fusillé par les Allemands en août 1941, fut un grand chrétien. Il inscrivait
son engagement au service de la France et offrait son sacrifice pour la liberté de la patrie, comme beaucoup d'autres, dans une perspective profondément chrétienne. Croyez- vous que les
centaines de milliers de soldats croyants qui sont morts au combat durant la Grande Guerre, dont nous allons célébrer le centenaire, n'associaient pas la liberté et les valeurs de la
France à leur foi religieuse ?
Croyez-vous que ces chrétiens, mais aussi juifs et musulmans, morts pour notre liberté
n'étaient pas des Français libres car ils ne portaient pas la religion républicaine que vous vous proposez d'inventer aujourd'hui?
Compte tenu de la gravité des propos tenus, je vous demande de bien vouloir me les confirmer. Une absence de réponse de votre part vaudrait
confirmation.
Veuillez agréer, monsieur le Ministre, la considération que je porte aux hommes et aux
femmes respectueux de l'autre dans ce qu'ils sont, dans ce en quoi ils croient et dans ce qu'ils font pour le bien commun au service de la France.
GEOPOLITIQUE DE LA CULTURE :
Lettre ouverte d’Henri Pinard-Legry,Président de l’ASAF à monsieur François Peillon, ministre de
l’éducation
Certes, les marins, comme leurs collègues aviateurs et terriens, auraient préféré éviter une nouvelle compression de leur format, tout comme une
énième réduction d’effectifs. Evidemment, certains problèmes ne sont pas solutionnés et des trous capacitaires sont à prévoir, alors que des composantes risquent de fonctionner à flux tendu
et qu’il va falloir réduire la voilure pour les opérations extérieures. Malgré tout, le projet de loi de programmation militaire adopté le 2 août en Conseil des ministres se révèle, dans le
contexte actuel, tout à fait acceptable pour la Marine nationale. Comme d’ailleurs pour les autres armées qui, à l’image de la flotte, conservent leurs grandes capacités et le maintien de
l’essentiel des programmes devant assurer la modernisation des équipements. On observe ceci dit un certain nombre de décalages dans les commandes et d’étalement de livraisons, ainsi que de
réelles coupes quantitatives dans le matériel. Moyennant quoi, au regard de la situation économique du pays et de l’impérieuse nécessité de réduire la dette publique, ce dénouement est
presque inespéré pour les militaires. Ceux-ci ont réellement évité le pire, c'est-à-dire l'abandon pur et simple de certaines grandes capacités et l'annulation de programmes majeurs. Cela,
grâce à un ministre proche du secteur et qui a su défendre son budget auprès du président de la République, tout en bénéficiant probablement de l’arrivée opportune de Bernard Cazeneuve
(ancien député-maire de Cherbourg) au ministère de Budget.
Un projet qui doit maintenant être acté par le parlement
Le projet de LPM va, cet automne, être examiné par le parlement, députés et sénateurs pouvant modifier le texte avant son vote, que le
gouvernement espère avant la fin de l’année. Le document présenté par Jean-Yves Le Drian le 2 août reste donc un projet, qui doit être pris comme tel, avec une relative prudence.
A priori, l’Assemblée nationale et le Sénat devraient entériner l’essentiel des propositions. Mais des surprises ne sont pas à exclure, d’autant que certains parlementaires n’ont guère
apprécié les annonces du ministre qui, avant même que le projet de LPM soit débattu par la représentation nationale, a fait plusieurs déclarations présentées sous forme de décisions gravées
dans le marbre. Un procédé peu conforme aux institutions de la Vème République, qui donnent au seul parlement le pouvoir de légiférer. Par conséquent, au sein notamment des Commissions
en charge de ce dossier à l’Assemblée et au Sénat, on compte bien prendre le temps qu’il faut pour examiner sérieusement le projet de loi et, si besoin, proposer des amendements pour le faire
évoluer. Avec au passage la ferme intention de rappeler au gouvernement que le parlement n’est pas une « caisse enregistreuse ».
Le projet de LPM prévoit pour la Défense un budget global de 190 milliards d’euros (en euros courant) entre 2014 et 2019, avec un maintien des
dépenses au niveau actuel (31.4 milliards d’euros) pour les années 2014 et 2015, puis une légère augmentation ensuite. Avec, en moyenne, plus de 17 milliards consacrés annuellement aux
équipements. Sur l’ensemble de la période, 6.1 milliards d’euros doivent provenir de « ressources exceptionnelles » constituées de cessions d’emprises immobilières, de crédits provenant
du programme des Investissements d’avenir, de la vente aux enchères de fréquences radio, comme des redevances versées par des opérateurs privés pour les fréquences déjà cédées. Pourront s’y
ajouter d’éventuelles cessions de participations dans les entreprises du secteur de la Défense dont l’Etat est actionnaire. Si ces fameuses recettes exceptionnelles ne furent pas
totalement au rendez-vous dans la précédente LPM, où elles étaient déjà présentes, Jean-Yves Le Drian assure que, cette fois-ci, ce sera le cas.
Concernant les effectifs, une nouvelle décrue est programmée afin de soutenir le redressement des comptes publics. En plus des 54.000
suppressions de postes déjà entérinées dans la précédente loi de programmation, le projet de LPM prévoit une réduction supplémentaire de 23.500 postes d’ici 2019. En 10 ans, le ministère de
la Défense devrait donc avoir supprimé 77.500 postes. On notera cependant que les recrutements vont se poursuivre, à un rythme moins soutenu toutefois, et que certaines capacités vont
voir leurs effectifs renforcés, comme les forces spéciales, où 1000 commandos supplémentaires sont prévus d'ici 2019. A cette date, l'objectif du ministère de la Défense est de ramener ses
effectifs à 242.279 hommes et femmes, contre environ 280.000 aujourd'hui. La diminution correspond aux 23.500 suppressions de postes prévues dans le projet de LPM, auxquels s’ajoute le
reliquat des 54.000 de la loi précédente qui n’ont pas encore été supprimés, soit 10.175 postes.
Le ministre a précisé le 2 août qu’il voulait un impact le plus faible possible sur les forces de combat, dont il souhaite qu’elles contribuent,
au maximum, à un tiers de l’effort global. Le reste sera gagné sur les fonctions de soutien et les services centraux (administration, états-majors…). Quant à la répartition pour chaque armée
des réductions d’effectifs, elle ne sera connue qu’en septembre. Idem pour les implantations appelées à être fermées à partir de 2014. Des mesures compensatoires et d’accompagnement sont
prévues et budgétées pour les personnels et les territoires touchés par ces mesures.
Traduction en termes de moyens du dernier Livre Blanc sur la Défense, approuvé par le président de la République en avril dernier, la LPM fixera
pour la période 2014-2019 les missions confiées aux forces armées françaises et les capacités dont elles disposeront afin d’y répondre. Au niveau du « contrat opérationnel », le
projet adopté le 2 août en Conseil des ministres prévoit un socle de cinq missions permanentes :
- La Connaissance et l’Anticipation, avec des capacités de veille stratégique et de
maîtrise de l’information, ainsi que des moyens de surveillance et d’interception électromagnétique renforcés.
- La Dissuasion, avec toujours deux composantes, la Force océanique stratégique (FOST) et
ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), ainsi que les forces aériennes stratégiques (FAS) et la Force aéronavale nucléaire (FANU) mise en œuvre depuis le porte-avions Charles de
Gaulle.
- La Protection, avec des postures permanentes de sûreté terrestre, aérienne et maritime
tenues « dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui » précise le projet de LPM, ainsi qu’un renfort des forces de sécurité intérieure comprenant jusqu’à 10.000 hommes de l’armée de
Terre, appuyés par des éléments aériens et maritimes adaptés au contexte.
- La Prévention, avec un déploiement naval permanent dans une à deux zones maritimes (au
lieu de deux à trois actuellement), le pré-positionnement outre-mer et à l’étranger de forces terrestres, ainsi que des moyens aériens et maritimes en fonction des circonstances.
- L’Intervention, avec capacité de réaction autonome aux crises. Un échelon national
d’urgence de 5000 hommes sera en alerte pour constituer une force interarmées de réaction immédiate (FIRI) de 2300 hommes.
Dans le même temps, le ministère de la Défense détaille ses objectifs quant aux opérations extérieures. D’abord, la gestion de crise, avec une
présence dans la durée de l’armée française sur deux ou trois théâtres distincts, dont un « en tant que contributeur majeur ». Les moyens prévus se composent de forces spéciales,
d’unités de soutien, de 6000 à 7000 hommes de l’armée de Terre (avec des engins blindés à roues, chars médians, moyens d’appui feu et d’organisation du terrain, hélicoptères d’attaque et de
manoeuvre), d’une frégate, d’un groupe amphibie articulé autour d’un bâtiment de projection et de commandement (BPC), d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) si nécessaire ; ainsi que d’une
douzaine d’avions de chasse, répartis sur les différents théâtres d’engagement.
Toujours capable d'entrer en premier sur un théâtre d'opération, l’armée devra également, sur une durée limitée, pouvoir soutenir une opération
majeure de coercition, prévue pour être menée au sein d’une coalition internationale sur un théâtre d’engagement unique et dans un contexte de combats de haute intensité. Cela, avec un
préavis évalué aujourd’hui à six mois environ, permettant de préparer le déploiement en incluant la possibilité de réarticuler les moyens affectés aux opérations déjà en cours. Côté
capacités, une intervention de ce type nécessite, selon le ministère de la Défense, de mobiliser environ 15.000 hommes des forces terrestres, les forces spéciales, jusqu’à 45 avions de chasse
(incluant l’aéronautique navale), le porte-avions, deux BPC, un SNA, des frégates, des avions de patrouille maritime, ainsi que les moyens permettant d’assurer les fonctions de commandement,
de renseignement et de logistique (transport, santé, essence, munitions, stocks de rechanges). Le contrat opérationnel pour les opérations majeures est donc, dans ce projet de loi,
significativement réduit par rapport à la précédente LPM. Celle-ci prévoyait, en six mois, que l’armée puisse mobiliser jusqu’à 30.000 hommes, 70 avions de combat, ainsi qu’une force
aéronavale et amphibie constituée de deux à trois groupes d’intervention. Cela pour une durée d’un an.
Concernant la Marine nationale, ses principales missions demeurent la dissuasion, la protection de l’espace maritime français et des
approvisionnements du pays, l’intervention à l’étranger en cas de crise et l’action de l’Etat en mer. Pour se faire, le projet de LPM prévoit, en 2020, une composante sous-marine forte de 4
SNLE du type Le Triomphant, ainsi que 6 SNA (5 Rubis et 1 Barracuda). La flotte de surface comprendrait, pour sa part, le porte-avions Charles de Gaulle, 3 BPC, 4 frégates de défense aérienne
(2 Horizon et 2 F70 AA), 5 frégates multi-missions (FREMM), les 2 dernières frégates anti-sous-marine du type F70 ASM, 5 frégates du type La Fayette (appelées de nouveau Frégates Légères
Furtives – FLF), 6 frégates de surveillance du type Floréal, ainsi que 10 chasseurs de mines tripartites (CMT) et 4 bâtiments de ravitaillement d’ancienne génération, dont un en réserve. S’y
ajouteraient les 3 nouveaux bâtiments multi-missions (B2M), 7 avisos, 6 patrouilleurs d’ancienne génération, 2 nouveaux patrouilleurs destinés à la Guyane (PLG), ainsi que 8 nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH).
L’aéronautique navale armerait, pour sa part, 40 avions de combat Rafale Marine, 3 avions de guet aérien Hawkeye, 18 avions de patrouille
maritime Atlantique 2 (dont 4 rénovés), 16 avions de surveillance maritime (7 Falcon 50, 5 Falcon 200 et 4 Atlantique 2 non rénovés), 24 hélicoptères Caïman Marine (NH90 NFH) et 40
hélicoptères légers (Panther, Dauphin, Alouette III).
Des renouvellements retardés et des programmes amputés
En termes de cibles, selon le projet de LPM, le nombre de FREMM est maintenu à 11, dont deux en version antiaérienne, mais le programme sera
étalé dans le temps. Seules 6 de ces frégates auront été livrées en 2019, contre 8 prévues jusqu’ici. Alors qu’il ne restera selon le projet que 2 F70 ASM en 2020, la marine devra donc
compter avec un déficit de 2 frégates en attendant l’arrivée de ses dernières FREMM au cours de la première moitié de la prochaine décennie (voir notre article sur l'évolution du programme FREMM).
Le projet de LPM entérine, par ailleurs, la suppression du quatrième BPC, signifiant le non remplacement du transport de chalands de
débarquement Siroco, que la France cherche à vendre (probablement au Chili, qui a déjà acquis la Foudre en 2011). Le programme FLOTLOG, portant sur le renouvellement des vieux ravitailleurs,
qui navigueront toujours en 2020, est quant à lui retardé, aucune livraison n’étant prévue sur la prochaine LPM. Il sera, de plus, réduit de quatre à trois bâtiments seulement (voir notre article détaillé sur FLOTLOG).
Par ailleurs, la modernisation des FLF (avec ajout d’un sonar notamment) doit débuter d’ici 2019, alors que les études de la nouvelle frégate de
taille intermédiaire (FTI) seront lancées. Sans surprise, il n’est pas fait mention d’un second porte-avions, mais la modernisation à mi-vie du Charles de Gaulle, vers 2016/2017 est
programmée.
Dans le domaine des patrouilleurs, la situation va demeurer délicate, malgré la mise en service des 3 B2M (le quatrième, qui devait faire
l’objet d’une option, étant donc officiellement abandonné) et des 2 PLG. Faute de crédits, le programme des bâtiments de surveillance et d’intervention maritime (BATSIMAR) est reporté à la
LPM suivante (2020 – 2025). La marine va donc être contrainte de maintenir en activité, autant que possible, ses vieux avisos et patrouilleurs, certains atteignant alors les 40 ans de service
au lieu de 25. Il n’est d’ailleurs pas certain que tous ces bateaux pourront durer aussi longtemps, ce qui augmente le risque, déjà existant avec des effectifs réduits, de ne plus être en
mesure d’assurer certaines missions.
Les chasseurs de mines vont eux aussi devoir jouer les prolongations, le programme SLAMF étant certes lancé d’ici 2019 (voir notre article sur SLAMF), mais les premières livraisons de ce nouveau
système basé sur des drones n’interviendront qu’après 2020. On notera à ce sujet que le projet de LPM évoque 10 CTM en flotte en 2020, contre 11 aujourd’hui.
Pour ce qui est des sous-marins, le programme de refonte des trois premiers SNLE du type Le Triomphant avec le M51 sera achevé, alors que le
nouveau missile balistique sera modernisé, d’abord dans sa version M51.2, puis dans sa version M51.3 dont les études seront lancées au cours de la LPM. Le développement de la troisième
génération de SNLE, prévue pour entrer en service en 2030, montera pour sa part en puissance (voir notre article sur la modernisation de la dissuasion). La cible de 6 SNA du type Barracuda
est maintenue, mais le programme va lui-aussi être retardé (voir notre article à ce
sujet). Seule la tête de série (Suffren) aura été livrée en 2019, la réception par la marine de son premier sistership, prévue initialement à cette date, étant repoussée d’au moins un an
(si ce n’est deux puisqu’il n’apparait pas dans l’inventaire de 2020).
L’aéronautique navale, enfin, va voir ses moyens réduits significativement dans le domaine des voilures fixes. Seuls 40 Rafale Marine sont
désormais prévus, au lieu de 58 jusqu’ici, la modernisation des Atlantique 2 ne concernant que 15 appareils sur les 27 actuellement en parc. Une partie de ceux-ci sera affectée à de simples
missions de surveillance maritime, permettant de compenser le retard pris par le programme des avions de surveillance et d’intervention maritime (AVISMAR) destiné à remplacer les Falcon 50 et
Falcon 200 (Gardian). Le lancement de ce programme est prévu à la fin de la LPM mais les livraisons n’interviendront qu’après 2020. Il s’agit d’un autre point délicat pour la marine, surtout
au niveau des Gardian (basés en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie) qui arrivent en fin de vie et dont le maintien jusqu’à l’arrivée des AVSIMAR n’est pas gagné.
Du côté des hélicoptères, le projet de LPM valide les 27 NH90 de la marine (avec des livraisons conformes aux prévisions) mais n’évoque pas le
remplacement des hélicoptères légers (Alouette III, Dauphin et Panther), qui doit faire l’objet d’un programme interarmées visant également à assurer la succession de machines comme la
Gazelle et le Fennec (voir notre article complet sur les conséquences
du projet de LPM sur l'aéronautique navale).
Malgré un format resserré, la flotte et l’aviation navale devraient donc sauvegarder l’essentiel, c'est-à-dire toutes leurs capacités, même si
dans certains cas ce sera avec des effectifs limités, voire très limités. L'Etat aurait pu décider, comme certains le proposaient, d'en sacrifier quelques unes pour renforcer les autres, mais
cela aurait constitué un pari risqué sur l'avenir. Mieux vaut, en effet, conserver le savoir-faire opérationnel et technologique sur l'ensemble du spectre car c'est le seul moyen de
disposer d'une base solide pour redévelopper facilement des capacités lorsque les conditions économiques sont meilleures ou que l'évolution du contexte stratégique l'impose. On notera, de
plus, que la réduction en quantité est dans certains cas largement compensée par la qualité et la polyvalence des nouveaux matériels. Un Rafale Marine est, ainsi, bien plus performant
qu’un Super Etendard Modernisé, tout comme un BPC par rapport à un TCD ou une FREMM visà vis d'une F70. De nouvelles capacités verront aussi le jour, comme la mise en service du missile de
croisière naval lancé à partir des FREMM et des Barracuda, élargissant le panel d’outils des marins au service du pouvoir exécutif. Il est néanmoins clair que le retard pris dans le
renouvellement de certains équipements ne sera pas sans poser des problèmes, les matériels vieillissants étant toujours difficiles et coûteux à entretenir. Sans compter qu’il y a des limites
techniques au-delà desquelles on ne peut aller. De ces contraintes découleront peut être la nécessité de faire des choix dans les missions si la marine ne compte pas assez de plateformes
opérationnelles.
Concernant l’entrainement, autre aspect crucial, Jean-Yves Le Drian assure que l’accent sera mis sur la préparation opérationnelle des forces
armées, qui doit voir ses crédits légèrement augmenter au cours de la LPM.
L’enjeu crucial de la recherche et du développement
Pour finir, on notera que le ministère de la Défense, en cette période de crise, marque sa volonté de maintenir l’effort en matière de recherche
et de développement. Il s’agit là d’un point fondamental car la capacité d’une armée tient non seulement à la valeur des hommes, mais aussi à la qualité du matériel, la technologie, qui
évolue rapidement et nécessite des investissements constants, étant à même de faire la différence face à un adversaire numériquement plus important. La France, qui est l’un des rares
pays à disposer d’une industrie de pointe dans tous les domaines militaires stratégiques (aéronautique, missiles, bâtiments de surface et sous-marins, armement terrestre,
renseignement/surveillance, communications/réseaux) se doit à tout prix de préserver et développer ces capacités afin de conserver une industrie de premier plan (qui compte 4000 entreprise et
représente 165.000 emplois directs), à même d’équiper ses forces armées des meilleurs outils, cela en toute autonomie. A cet effet, Jean-Yves Le Drian a annoncé son intention de
« sanctuariser » les crédits alloués aux plans d’études amont (PEA), avec en moyenne 730 millions d’euros par an prévus sur la période 2014 – 2019. Ces investissements
serviront notamment à financer la recherche dans le domaine du nucléaire (dont le SNLE 3G et le M51.3), de l’espace, de la lutte sous la mer, du renseignement, ou encore de la cyber-défense
(un secteur clé pour assurer la sécurité des réseaux informatiques face aux attaques extérieures ou intérieures). Pour l’aéronautique, par exemple, environ 1 milliard d’euros sera consacré à
la modernisation du Rafale (standard F3-R) qui sera doté de nouvelles équipements (missile air-air à longue portée, pod de désignation laser de nouvelle génération). Le projet de LPM prévoit
aussi 700 millions d’euros pour développer avec les Britanniques un drone de combat devant être opérationnel à l’horizon 2030. Un UCAV qui pourrait non seulement équiper les forces aériennes,
mais également le groupe aérien embarqué s’il est dès le début conçu pour pouvoir être navalisé. Une perspective particulièrement intéressante pour compléter dans une quinzaine d'années le
parc de Rafale Marine.
Voici le top ten des plus mauvais politiciens 2013 dans le monde...Bravo, nous avons français, gagné le jackpot, incarné par
notre super élégant Président "Pépère braguette ouverte et cravate de travers", Normal.
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10. Rob Anders Robert J. Rob Anders is a Canadian politician; he is a member of the Conservative Party of Canada. Anders sleeping habit in the House of Commons
went viral. Then he was accused of falling asleep again, this time during a Veterans Affairs committee meeting. Instead of apologizing to the veterans he’d greeted with a snore. Anders apologized
soon after, but he was booted from the committee.
9. ROD TAM Rod Tam is the former state legislator and Honolulu city councilman. He earned the nickname the “hungry councilman” by using his council expense
account and campaign funds to enjoy at local eateries with family, friends, and constituents. He was held guilty for 26 counts of third and fourth degree theft.
8. Ernest Bai Koroma Ernest Bai Koroma is a Sierre Leonean politician who has been President of Sierra Leone since 2007. President Koroma has clearly shown that he is a
tribalist; tribalism has promoted national poverty in the country. It is owing to this that he has not been able to effectively wipe out corruption in the country. It is forbidden for him to
expose or prosecute his fellow tribesmen for corrupt practices; noble democratic culture of good governance has been deliberately drowned in the pool of negative political scheming.
7. John Boehner John Andrew Boehner, a member of Republican Party, is the current Speaker of the United States House of Representatives. A poll was recently
released that showed just 6% of Americans think Congress is doing an “excellent” or “good” job; at the forefront of this embarrassment is Speaker of the House John Boehner. He has failed to even
control the members of his party in the House of Representatives, letting the clowns run the circus. Boehner has been one of the most vocal Republicans in trying to create fake conspiracy to
either bring down President Obama, or set up an attack plan against Hillary Clinton.
6. C C Patil C C Patil is an Indian politician; he is a member of the Karnataka Legislative Assembly, and had served as Minister for Women and Child Development
in the D. V. Sadananda Gowda Government. In 2012, News television cameramen covering the legislative assembly of the south Indian state of Karnataka caught and filmed him watching pornography on
a mobile phone while the House was in session! The public was totally outraged at this lack of judgment and the violation of the sanctity of the House. He was forced by his party immediately to
resign.
5. Julia Gillard Julia Eileen Gillard is the former Prime Minister of Australia and Leader of the Labor Party from 2010 to 2013. The failure of political leadership,
the sense of national drift, financial pressure, and deepening community suspicion were some reasons for regarding her a bad politician. She had been accused of promoting racism; she ignored
gender issues, going so far as to “forget” to allocate a status of women portfolio. The effect of growing mistrust in the country over a number setbacks and policy disasters, coupled with
pathetically low opinion polls, had finally destabilized Australia’s first female prime minister.
4. Lisa Hanna One of the youngest women to be elected to the Jamaican Parliament, Lisa Hanna who emerged as winner of Miss World 1993 has now emerged as Jamaica’s
worst performing cabinet minister. The Minister of Youth has not fulfilled her directive of protecting the youth of the nation and after one year in government has lost the confidence of not only
a majority of the youth-supporting groups but also civil society. Ryan Small, who works directly in the Office of the Minister, announced that the Minister failed to outline a clear vision for
youths; Children in Jamaica’s state care are committing suicide; moreover, she remained absolute silent on the issue of children in adult lock-ups and the treatment of children in state
care.
3. Altaf Hussain Altaf Hussain is a British Pakistani politician who founded and leads a political party known as Muttahida Quami Movement (MQM). Altaf Hussain and
his party have set up a record of using violence to gain power. He has long been accused of having an illegal armed wing involved in Karachi’s criminal activities of drugs, extortion, and land
theft. Hussain currently faces allegations of murder of his party leader Dr Imran Farooq, money laundering and hate speech; the case is under investigation by the Scotland Yard. BBC News has
called Hussain ‘Pakistans most divisive politician’.
2. Silvio Berlusconi Silvio Berlusconi is the Italian polotition who served three times as Prime Minister of Italy, from 1994 to 1995, 2001 to 2006 and 2008 to 2011.
Berlusconi is also the owner of the Italian football club A.C. Milan. He had been convicted to a year in prison for tax fraud while still on trial for paying an underage prostitute for sex.
Indeed, Silvio has been found guilty of tax avoidance of three previous occasions. He will have a chance to appeal the current conviction twice, which means it will be a long time before he sees
the inside of a jail cell. He has pushed Italy, which was once a G8 powerhouse, into nearly €2-trillion debt.
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Et le premier et gagnant est "Pépère"
1. Francois Hollande Francois Gerard Georges Nicolas Hollande is the current president of France and co-prince of Andorra. He was previously the first secretary of the
French Socialist Party from 1997 to 2008. According to the latest opinion polls, only 15 per cent of French people have a positive view about Francois Hollander as French president; Unemployment
has highly increased under Francois Hollande and is now at record level. He implemented changes in the tax code that have prompted many rich Frenchmen to leave the country. He is one of the most
powerful proponents of socialism in Europe at a time when what Europe needs is innovation, less government spending, entrepreneurship, and growth.
Petite traduc:
François GérardGeorgesNicolasHollandeest le présidentactuelde la France etco-princed'Andorre.Il était auparavantlepremier secrétairedu Parti
socialistefrançaisde 1997 à 2008. Selon lesderniers sondages, seulement 15 pour centdes Français ontune opinion positiveà propos deFrançoisHollandecommeprésident français, le chômage afortementaugmenté sousFrançois Hollandeet il est maintenantà un niveau record. Ila apporté des changementsdansle code des impôtsqui ont incitébeaucoup de
Françaisrichesàquitter le pays.Il est l'undes plus
puissantspartisans dusocialisme en Europeà un moment oùl'Europe a besoind'innovation, moins de dépenses publiques, d'entrepreneuriat et de la croissance.
Top 10 Worst Politicians in the World of 2013 by shuaib
A ceux qui FERAIENT MIEUX DE LA FERMERet en particulier à Monsieur Fischer, Sénateur communiste des Bouches-du-Rhône
François Hollande rend l'hommage qui lui est dû à la culture communiste qui a fait tant de bien à l'Humanité.
Il est désormais président de la République Française.
Lettre ouverte du Général F.CANN,àMonsieur Fischer,Sénateur
communiste
Nous venons enfin de donner une sépulture décente au généralBigeard, l’un des plus grands soldats que l’Armée française s’honore d’avoir eu dans ses rangs.
J’ai servi en Algérie comme lieutenant sous les ordres de ce grand chef que nous sommes des millions de
frères d’armes à admirer.
Je viens d’apprendre que vous vous étiez répandu en propos injurieux à l’encontre de ce chef
prestigieux.
Qui êtes-vousdonc pour vous permettre
de telles vilénies sur une personne que vous m’avez probablement jamais rencontrée... ?
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Vous êtes sénateur ? Et alors ? Communiste qui
plus est !
On croit rêver. Malheureusement, il s'agit d'un mauvais cauchemar de vous voir ainsi paraître en
moraliste innocent, vous qui avez soutenu et continuez de soutenir une idéologie qui, depuis 1917 et jusqu'à aujourd'hui, porte la responsabilité de cent millions de morts...
Au moment où éclate en 1957 ce qu'on appelle la " Bataille d'Alger " vos séides se sont déjà
tristement distingués. En avril 1956, l'aspirant Maillot, membre du parti communiste algérien détourne un camion militaire et livre au F.L.N. 263 armes en tous genres et leurs
munitions.
En août de la même année, Yveton, employé communiste de l'E.D.F.-G.D.F. locale, pose une bombe à
l'usine à gaz d'Alger. Il est fort justement guillotiné au mois de février suivant.
Et pendant ce temps-là en Europe les chars soviétiques dévastent Budapest et écrasent dans le sang
l'appel à la liberté des Hongrois.
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Vous souvenez-vous de l'été 1954 où l'Indochine nous rend des fantômes hagards,
exsangues, décharnés qui, pour nous rejoindre, doivent enjamber les milliers de tombes des leurs assassinés dans les camps de " ré-éducation " par lescommissaires politiques vietminh et français de vos amis... au motif de ce que vous appelez alors une guerre injuste.
Et les grèves de Berlin-Est et de Postdam qui laissent sur le pavé trois cents ouvriers hachés à la
mitrailleuse des chars T 34 pour avoir osé demander une augmentation de salaire ?
Oseriez-vous évoquer la mascarade des procès staliniens d'Europe Centrale - Lazlo Rajk en Hongrie,
Mazaryck et Benes à Prague - alors qu'au même moment plus de trois mille soldats de l'O.N.U., essentiellement Américains, prisonniers des Nord-Coréens, disparaissent dans les camps sans
avoir jamais laissé de traces ? Et les goulags en Sibérie devenus l'interminable cimetière de millions de prévenus politiques ? Et les purges de Staline où, les maires étaient tenus
de fournir un pourcentage de leurs concitoyens à fusiller ; comme nous, vous avez lu ces pauvres listes de victimes expiatoires offertes à un holocauste idéologique.
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Ne nous dîtes pas que vous ne le saviez pas !
Vous nous trouvez ringard de remonter ainsi dans le temps. Alors revenons à l'Algérie et dîtes-nous ce
que sont devenus nos harkis, ces braves volontaires qui avaient cru en la France et qui furent ébouillantés, empalés, déchiquetés...
Dîtes-nous ce que sont devenus les 2993 (chiffre officiel) Européens disparus sur leur terre algérienne
entre 1954 et 1963 et dont les familles resteront à jamais sans nouvelle.
Et 1968 ? Vous souvenez de cette année où vous jouez facilement aux " héros " dans les rues de Paris
pendant qu'en Tchécoslovaquie les chars russes écrasent le printemps de Prague et qu'en Chine la révolution culturelle élimine par centaine de milliers les " affreux bourgeois
".
Le Grand Bond en Avant de Mao Zedong, cité en référence par certains intellectuels en France, a fait des dizaines de millions de morts.
Citons parmi les fans de Mao: Gérard Miller, Jean-Claude Milner, Michel Field; Serge July, Philippe Sollers, André Glucksmann, Rony Brauman, José Manuel Barroso, etc.
Faut-il évoquer ce 30 avril 1975 qui voit le départ du Vietnam du dernier Américain, ce qui fait titrer à
l'un de vos journaux préférés " Saïgon libéré ". Quelle libération, dites-nous ! En avez-vous parlé aux boat people ? Vous auriez eu du mal, la plupart d'entre eux ayant disparu en mer
de Chine dans leur fuite éperdue vers la liberté... pour échapper au communisme.
La même année, vous avez indécemment applaudi à l'entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh. Quatre ans
plus tard, on ne vous a pas tellement entendus, lorsque le voile s'est levé sur une des pires abominations de l'humanité : un habitant sur six massacré parce qu'il savait lire, écrire et
compter un peu plus que les autres.
Il est facile dans l'absolu de condamner la torture, cette " souffrance physique que l'on fait subir à
quelqu'un " dit Larousse). Qui ne le ferait pas ? Seulement il se trouve que la guerre ne se fait jamais en théorie et dans l'absolu ; elle est contingente, par essence ; les décisions et les
actions qu'elle génère ont toujours des circonstances particulières, sans cesse renouvelées.
J'étais lieutenant au 3° R.P.C. du colonel Bigeard. Ce n'est pas de gaieté de cœur que nous
quittions le djebel pour venirà Alger suppléer une police défaillante.
Qui nous lançait dans cette galère ?
Le général Massu dîtes-vous ? Que je sache, il ne s'est pas approprié les pleins pouvoirs de police. Un
ministre les lui a donnés, le même, sans doute, qui avait suggéré l'engagement des forces armées dans les opérations de maintien de l'ordre, avant le rappel de nos réservistes en mai
1956 et le maintien pendant trente mois sous les drapeaux de ce brave contingent de la classe 54/2/b.
Cet été 1957, l'ambiance à Alger est éprouvante. Deux bombes viennent d'exploser, l'une en centre ville au
bar- restaurant le Coq Hardi et l'autre sur la corniche, au Casino, déchiquetant des dizaines de jeunes pieds-noirs. Une psychose de terreur frappe les Algérois. Où et quand explosera la
prochaine bombe ? Angoisse collective.
Par chance, une compagnie voisine met la main sur un suspect qui avoue appartenir au réseau des poseurs de
bombes et révèle que le stock en réserve comprend 52 engins dont quatre viennent d'être posés quelque part dans la ville et activés. Puis-je en vouloir à mes camarades d'avoir bousculé
cet assassin afin d'en obtenir des aveux précis ? Trois bombes ont pu être désamorcées, la quatrième explose au moment de l'arrivée des parachutistes tuant un caporal. Les 48 autres
engins de mort peuvent être récupérés, ce qui donne l'occasion au ministre de féliciter notre chef de corps, le colonel Bigeard.
Comme dit le père Cordier " il est des cas où le mal est nécessaire dès lors qu'il évite le pire ".
Combien d'innocents les 51 bombes restantes auraient-elles tués ?
Personne n'a le droit de demander à ces soldats de se repentir pour avoir accompli une action salutaire,
même si dans l'absolu elle était condamnable.
Personne, en tout cas pas vous, les communistes. Vous êtes disqualifiés depuis 1917, date de création de la
Tcheka, la sinistre police politique de Lénine qui, de façon industrielle, torturait des gens, non pas parce qu'ils posaient des bombes, mais parce qu'ils " ne pensaient pas comme eux
".
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L'un de vos inspirateurs, Jacques Duclos, pas très grand par la taille ni par l'esprit mais immense par la
haine, a dit en 1947 : " Notre devoir est de combattre l'Armée française partout où elle se bat ". Il a tenu parole.
Et vous, aujourd'hui, vous déterrez la hache de guerre ! Nous en prenons acte !
J’ai pris, pour vous écrire, l’attache de président des Anciens du8e R.P.I.Madont 395 des leurs ne sont pas revenus des geôles communistes du Tonkin où vos «
coreligionnaires » les avaient laissés mourir de faim et de manque desoins. La plupart de ces jeunes Français n’avaientpas vingt ans...
Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l’assurance des sentiments qui vous sont dus.... ceux du
mépris.
à : Monsieur Fischer
Sénateur des Bouches du Rhône
Pour information :
Monsieur Pastor
Sénateur du Tarn
Le directeur du CEBR (Douglas McWilliams), a livré l’analyse suivante:
« C’est un des changements majeurs de l’économie mondiale ». On voit que les pays qui produisent des biens de première nécessité, comme les aliments
et l’énergie, s’en sortent très bien et montent progressivement dans le classement économique mondial ».
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Et pourtant j'avais bien copié sa politique de 81, comprend pas!
La France pourrait être dépassée en 2016 par…le Royaume-Uni, et elle ne serait plus qu’à la 9e place des économies mondiales en 2020 !
Hollandissimo!!
La France est-elle si mal en point? Ce n’est pas l’argument avancé par le CEBR. Le recul d’un cran de la position de
la France s’explique par la faible croissance de son économie, le FMI visant une croissance de 0,4% en 2013, imputée à des effets économiques de la taxe à 75% sur les plus hauts revenus, qui ne
concerne qu’un millier de personnes (!) et surtout à la dépréciation de l'euro.
Image may be NSFW. Clik here to view.Oh la la, suis-je tombé si bas? "Oh Dieu" Mitterrand, grrrr!!
Comment expliquer cette remontée du Royaume-Uni dans ce classement? L’économie de sa royale Majesté se porte-t-elle si
bien? Même pas. Contrairement à la France, elle est en récession. En 2012, le PIB britannique reculera -de 0,1% selon Eurostat, de 0,2% selon le Fonds monétaire international (FMI), après trois
trimestres dans le rouge. Seule l’organisation des Jeux olympiques à Londres a permis à l’activité de se redresser au troisième trimestre. En revanche, la livre britannique s’est très nettement
appréciée face au dollar en 2012 sur les marchés des changes. Le «câble», c'est-à-dire le taux de change livre sterling /dollar s’élève actuellement à 1,61, contre 1,50 en janvier. Le CEBR
fonde-t-il ses prévisions sur celles du FMI qui table sur un rebond de l'économie britannique de 1,1% l'année prochaine? Peut-être. Si c'est le cas, on espère que le CEBR révisera son classement
à chaque fois que le FMI affine ses calculs.
Par Prof Kuing: Un pays qui a inscrit le principe de précaution dans sa constitution est un pays qui a renoncé à prendre toute espèce de risques et qui a renoncé à
l'innovation, c'est pour ça que nos chercheurs, nos scientifiques et nos jeunes se barrent à l'étranger. La France crève d'un carcan bureaucratique et administratif qui tue toute initiative et toute nouveauté. Les Français ont voulu un État obèse, il l'ont. Pascal Bruckner.
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Voilà une prévision qui ne plaira pas au gouvernement Ayrault. La France devrait perdre 4 places sur l'échiquier économique mondial au cours
des 10 prochaines années, pour tomber en 9ème position, selon une étude du Centre for Economics and Business Research (CEBR), un cabinet d'études
britannique.
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Le Produit intérieur brut (PIB) français devrait progresser de 22,2% d'ici 2022, de 2.607 à 3.185 milliards de dollars. Mais de nombreux pays
émergents verront leur activité augmenter bien plus rapidement, et doubleront ainsi l'Hexagone. L'Inde devrait grimper de la 10ème à la 4ème place, le Brésil de la 7ème à la 5ème, la Russie de la
9ème à la 7ème.
Le Royaume-Uni devrait aussi repasser devant notre pays, probablement dès 2013 ou 2014. "La politique fiscale du président Hollande, symbolisée par
la taxe à 75%, ainsi que les difficultés de l'euro vont tirer la France vers le bas", explique Douglas McWilliams, le patron du CEBR, dans un communiqué.
Le trio de tête devrait, lui, rester inchangé. Les Etats-Unis resteront la première puissance économique mondiale à l'horizon 2022, avec un PIB de
23.496 milliards de dollars, devant la Chine (19.516 milliards) et le Japon (7.375 milliards).
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Les 10 plus grandes économies mondiales en 2022 selon le CEBR :
1. Etats-Unis (PIB : 23.496 milliards de dollars ; rang en 2012 : 1er) 2. Chine (19.516 mds de $ ; 2ème) 3. Japon (7.375 mds de $ ; 3ème) 4. Inde (4.935 mds de $ ; 10ème) 5. Brésil (4.389 mds de $ ; 7ème) 6. Allemagne (4.275 mds de $ ; 6ème) 7. Russie (4.242 mds de $ ; 9ème) 8. Royaume-Uni (4.061 mds de $ ; 8ème) 9. France (3.185 mds de $ ; 5ème) 10. Indonésie (2.568 mds de $ ; 16ème)
Source: CEBR via Capital, la Tribune....
Cebr.com www.cebr.com Cebr est classé 1 288 712 en France. 'Centre for Economics and Business Research.'
no comment, lol
L'économie allemande est en pleine forme grâce à la méthode Schröder-Merkel pendant que Hollande et ses bras cassés tentent la méthode Coué sur les entreprises et
les ménages français. Les entreprises françaises souffrent de leur environnement économique, fiscal et législatif très défavorable mais en France, ce vieux pays jacobin, on pense toujours
que c'est l'État qui va donner l'impulsion alors qu'au contraire il détruit le tissu économique. Seuls 13% des patrons de petites entreprises font confiance au gouvernement, les autres ont compris que le politique nuit à l'économie.
Claude Weill, Philippe Dessertine, Nicolas Beytout et Hélène Pilichowski nous offrent un débat très constructif.
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Pour information, rappel: LE PAYS OU IL FAIT BON DE NAITRE
FRANCE
26ème....Cocoricommuniste
Mal classée, la France est devancée par la Belgique, le Chili ou Chypre... L'Hexagone tient toutefois son rang face au Royaume-Uni.
On ne choisit pas sa famille… Ni son pays. Cela n’empêche pas The Economist Intelligent Unit de publier une étude des pays où il fait bon naître. Cet observatoire lié au magazine britannique The
Economist a réalisé son classement en fonction de divers critères objectifs (espérance de vie, qualité des services de santé et éducatifs, taux de criminalité…) mais également plus subjectifs
comme des enquêtes de satisfaction de la population. Enfin, le magazine économique a pris en compte les perspectives de croissance des deux prochaines décennies.
C’est la Suisse qui est arrivée en tête de ce classement. L’Australie arrive en seconde position, suivie de la Norvège, la Suède et le Danemark. La France,
elle, n’arrive qu’à la 26e position, loin derrière l’Allemagne et les Etats-Unis (16e ex-æquo). Le Nigéria remporte, lui, la triste position de pire pays où il faut naître. Les
pays émergents ne sont pas bien classés non plus. La Russie arrive en 72e position sur 80 pays. La Chine est 49e, l’Inde 66e et le Brésil 37e.
Devant l’Hexagone, on retrouve des pays comme la Belgique (15e), le Chili (23e) ou Chypre pourtant détenteur de la plus mauvaise note de la zone euro après la Grèce. Les Français pourront
toutefois se réjouir d’être mieux positionnés que les Britanniques (27e).
(...) M. Joffrin se penche sur le cas du cinéma français qui, non content d'être le secteur le plus privilégié et le plus coûteux (en argent public)
de la culture - alors qu'il en est le moins intéressant et le moins utile (et le plus éloigné de l'art et de la culture) -, trouve encore à se plaindre, et d'une loi de gauche, qui pourtant le
privilégie encore davantage (en l'espèce, une convention collective encadrant un peu plus les conditions de travail des techniciens).
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Ce texte, qui a sur eux force contraignante, déplaît à certains réalisateurs prétendus petits, dont M. Guédiguian qui, comme le note Laurent
Joffrin, use des arguments du Medef pour manifester son mécontentement et obtenir - le gouvernement socialiste étant décidément sous le joug des bobos - le report de son application.
Par Prof Kuing: Lors d'une interview sur une radio suisse, Gérard Jugnot se lâche sur Hollande, Mélenchon, la gauche française et ses subventions qui vampirisent la
culture.
Quelques extraits:
"Je fais partie de ces gens qui morflent car je suis aisé..." "Mélenchon est un mec dangereux..." "France 3 a toujours été communiste, si on n'avait pas la carte du PC, on ne passait pas à France 3..." "On ne serre pas les budgets sur la bureaucratie..." "Je peux le dire en Suisse, pas en France..."
Robert Guédiguian, un bolchevique qui découvre le libéralisme
Ce membre éminent de la grande famille du cinéma est (Joffrin écrit cela comme s'il disait "c'est un homme bon qui ne fait que le bien") "engagé de
longue date à la gauche de la gauche", jusqu'à passer aujourd'hui pour "l'un des soutiens les plus affirmés du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon". Or que dit ce cinéaste bolchevique ? Que la
convention litigieuse, en augmentant les salaires des techniciens et les charges, va "rompre l'équilibre économique des films indépendants", faisant "disparaître" ceux-ci ou entraîner la
délocalisation de leur production. Il ajoute qu'il "fait travailler ses collaborateurs la nuit ou le dimanche sans augmenter leur rémunération". Je serais curieux de savoir quel accueil serait
réservé à M. Guédiguian s'il proférait un tel aveu dans un meeting de son parti.
Le meilleur, cependant, dans cette délicieuse rencontre entre la gauche et le réel - phénomène rare qu'il convient de saluer - c'est la conclusion
qu'en tire le directeur du Nouvel Obs. Je cite :
"Oui, il est des cas où l'excès des lois sociales menace la production et donc l'emploi ; il est des cas où la flexibilité est nécessaire à la
survie des entreprises ; il est des cas où l'application trop rigide du Code du travail se retourne contre les travailleurs eux-mêmes. Amère leçon ? C'est celle de la réalité."
Si ça c'est pas du Patrick Devedjian applaudi par Hervé Novelli aux universités d'été de l'UMP, je ne jure plus de rien.
Pour ce qui me concerne, je supprimerais son "il est des cas où". Oui, l'excès des lois sociales menace la production et
donc l'emploi. Oui, la flexibilité est nécessaire à la survie des entreprises. Oui, l'application trop rigide du Code du travail (mais peut-être est-ce le Code du travail qui est trop rigide) se
retourne contre les travailleurs eux-mêmes.
1,45 kg, c'est le poids du code du travail obèse en France ! En plus de la prolifération des mesures fiscales et des contraintes administrative, les entreprises sont confrontés à ce mastodonte qui les plombe. Il règne en France une défiance doublée d'une ignorance envers l'entreprise, notamment de la part de la sphère éducative (Ed Nat), de l'inspection du travail et du
conseil de prud'hommes. Bref, le monde du travail est France est rigide, figé, non réformable et baigne dans une tradition étatique très marquée.
Casting : Léonidas Kalogeropoulos, Gilles Le Gendre, Augustin Landier et Nicolas Doze
Patience, amis libéraux, il semble qu'à gauche on commence à voir ce qu'on voit.
Par CHARLES CONSIGNY
Source: Consigny : "L'excès des lois sociales menace la production et l'emploi"
Le Point.fr
LE RÉQUISITOIRE
Consigny : la liberté rime avec la discrimination
Consigny : "Ne cédons pas à la dissolution culturelle généralisée"
Consigny : "Quand la gauche sombre dans le négationnisme"
Consigny : "Hollande, capitaine du Titanic"
Les partis de droite ne différaient pas dans leur principe de ceux de gauche. Ils étaient seulement plus modérés dans leurs déclarations et désireux
de trouver un prétexte rationnel à la politique d'inactivité et d'indolence à laquelle la gauche acquiesçait de gaieté de cœur et sans penser à l'avenir. Ils se consolaient en espérant que
l'Allemagne ne se préparait pas à attaquer la France, mais seulement à combattre la Russie soviétique. C'étaient là des désirs qui refusaient de tenir compte des plans qu'Hitler avait exposés
dans Mein Kampf. La gauche s'irrita. Nos réactionnaires, criait-elle, aident Hitler parce qu'ils placent leurs intérêts de classe au-dessus du bien-être de la nation. Pourtant
l'encouragement qu'Hitler recevait d'Angleterre ne provenait pas tellement des sentiments antisoviétiques de quelques membres des classes supérieures, que de l'état des armements britanniques,
dont la gauche était encore plus responsable que la droite. La seule façon d'arrêter Hitler aurait été de consacrer des sommes considérables au réarmement et de retourner au service obligatoire.
Toute la nation britannique, et pas seulement l'aristocratie était fortement opposée à de telles mesures. Dans ces conditions, il n'était pas déraisonnable qu'un petit groupe de lords et de
riches bourgeois essaie d'améliorer les relations entre les deux pays. Évidemment c'était un plan sans espoir de succès. On ne pouvait détourner les nazis de leurs buts par des discours
réconfortants d'Anglais en vue. La répugnance populaire de l'Angleterre vis-à-vis des armements et du service obligatoire était un facteur important dans les plans nazis, mais la sympathie d'une
douzaine de lords ne jouait aucun rôle. Ce n'était pas un secret que l'Angleterre serait incapable, à la déclaration d'une nouvelle guerre, d'envoyer immédiatement en France un corps
expéditionnaire de sept divisions, comme elle l'avait fait en 1914 ; que la Royal Air Force était numériquement de beaucoup inférieure à la Luftwaffe, ou que même la marine britannique était
moins redoutable qu'en 1914-1918. Les nazis savaient très bien que beaucoup d'hommes politiques d'Afrique du Sud étaient opposés à ce que le dominion participe à une nouvelle guerre et ils
étaient en relations étroites avec les partis antibritanniques aux Indes, en Égypte et dans les pays arabes.
Le problème qui se posait à la Grande-Bretagne était simplement le suivant : est-il conforme à l'intérêt de la nation de permettre à
l'Allemagne de conquérir tout le continent européen ? Le grand dessein d'Hitler était de conserver l'Angleterre neutre à tout prix, jusqu'à ce que la conquête de la France, de la Pologne, de
la Tchécoslovaquie et de l'Ukraine soit achevée. La Grande-Bretagne lui rendrait-elle ce service ? Quiconque répondait à cette question par la négative ne devait pas parler, mais agir ;
mais les hommes politiques adoptèrent l'attitude de l'autruche.
Étant donné l'état de l'opinion publique britannique, la France aurait dû comprendre qu'elle était isolée et qu'elle devait parer par elle-même au
danger nazi. Les Français savent peu de choses de la mentalité et de la situation politique allemandes. Cependant, quand Hitler s'empara du pouvoir, tous les hommes politiques français auraient
dû se rendre compte que le point principal de ses plans était l'anéantissement de la France. Évidemment, les partis de gauche français partageaient les préjugés, illusions et erreurs de la gauche
britannique ; mais il y avait en France un groupe nationaliste influent qui s'était toujours méfié de l'Allemagne et avait soutenu une énergique politique anti-allemande. Si, en 1933 et dans
les années suivantes, les nationalistes français avaient sérieusement exigé des mesures destinées à empêcher le réarmement allemand, ils auraient eu l'appui de toute la nation, à l'exception des
communistes intransigeants. L'Allemagne avait commencé à se réarmer sous la République de Weimar. Néanmoins, ni en 1933, ni dans les années suivantes, elle n'était prête pour une guerre contre la
France. Elle eût été obligée de céder à une menace française ou de tenter une guerre sans chance de succès. A cette époque il était encore possible d'arrêter les nazis avec des menaces. Et même
si la guerre en était résultée, la France eût été assez forte pour gagner.
Mais alors se produisit quelque chose d'étonnant et d'inattendu. Ces nationalistes qui, depuis plus de soixante ans, avaient été fanatiquement
anti-allemands, qui avaient traité avec mépris tout ce qui était allemand et qui avaient toujours réclamé une politique énergique contre la République de Weimar, changèrent brusquement
d'attitude. Ceux qui avaient dénigré comme juifs tous les efforts faits pour améliorer les relations franco-allemandes, qui avaient attaqué comme des machinations juives les plans Dawes et Young
et l'accord de Locarno et qui avaient soupçonné la Société des Nations d'être une institution juive, se mirent soudain à sympathiser avec les nazis. Ils refusèrent de reconnaître qu'Hitler
voulaient détruire la France une fois pour toutes. Hitler, insinuaient-ils, est moins un ennemi de la France que des juifs ; comme ancien combattant, il sympathise avec les anciens
combattants français. En outre, disaient-ils, Hitler ne réarme que pour lutter contre le bolchevisme juif. Le nazisme est le bouclier de l'Europe contre l'assaut de la juiverie mondiale et de ses
principaux représentants, les bolchevistes. Les juifs veulent pousser la France dans une guerre contre les nazis ; mais la France est assez sage pour ne pas tirer les marrons du feu pour les
juifs. La France ne veut pas se sacrifier pour les juifs.
Ce n'était pas la première fois dans l'histoire de France que les nationalistes plaçaient leur antisémitisme au-dessus de leur patriotisme. Dans
l'affaire Dreyfus, ils combattirent avec acharnement pour laisser un officier traître échapper au châtiment, tandis qu'un juif innocent languissait en prison.
On a dit que les nazis avaient corrompus les nationalistes français. Peut-être quelques politiciens français touchèrent-ils réellement quelques
pots-de-vin ; mais cela a peu d'importance politique. Les journaux et périodiques antisémites avaient une vaste diffusion ; ils n'avaient pas besoin des subsides allemands. Hitler
quitta la Société des nations, annula les clauses de désarmement du traité de Versailles, il occupa la zone démilitarisée du Rhin ; il suscita des tendances antifrançaises en Afrique du
Nord. Pour la plus grande partie, les nationalistes français ne critiquèrent ces actes que pour en attribuer tout le blâme à leurs adversaires politiques en France ; c'étaient eux qui
étaient responsables, parce qu'ils avaient adoptés une attitude hostile au nazisme.
Hitler envahit alors l'Autriche. Sept ans plus tôt, la France s'était vigoureusement opposée à un plan d'union douanière austro-allemande ;
mais le gouvernement français s'empressa de reconnaître l'annexion violente de l'Autriche. A Munich — en coopération avec la Grande-Bretagne et l'Italie — elle força la Tchécoslovaquie à céder
aux prétentions allemandes. Quand Mussolini, poussé par Hitler, proclama les aspirations italiennes sur la Savoie, Nice, la Corse et Tunis, les objections nationalistes furent présentées avec
timidité. Aucun Démosthène ne se leva pour avertir la nation contre Philippe ; mais si un nouveau Démosthène s'était présenté, les nationalistes l'auraient dénoncé comme le fils d'un rabbin
ou un neveu de Rothschild.
Il est vrai que la gauche française ne s'est pas non plus opposée aux nazis et sous ce rapport, elle ne différa pas de ses amis
anglais ; mais cela n'est pas une excuse pour les nationalistes. Leur influence était assez grande pour imposer en France une énergique politique antinazie ; mais pour eux,
toute proposition de résister sérieusement à Hitler était une forme de trahison juive.
Il faut reconnaître que la nation française voulait la paix et était prête à éviter la guerre, même au prix d'un sacrifice, mais là n'était pas la
question.
L'Allemagne préparait ouvertement une guerre pour l'anéantissement complet de la France, il n'y a aucun doute que cela était dans les intentions des
nazis.
Dans ces conditions, la seule politique appropriée eût été de contrecarrer à tout prix les plans de Hitler. Quiconque introduisait les juifs dans la
discussion des relations franco-allemandes perdait de vue le salut de la nation. Qu'Hitler fût un ami ou un adversaire des juifs était sans rapport avec le problème. L'existence de la France
était en jeu. Cela seul devait entrer en considération et non le désir des commerçants ou des médecins français de se débarrasser de leurs concurrents juifs.
Ce fut la faute de l'antisémitisme si la France n'arrêta pas à temps les efforts de Hitler, si elle négligea longtemps ses préparatifs militaires et
si, finalement, quand la guerre ne pouvait plus être évitée, elle n'était pas prête au combat. Les antisémites français ont bien servi Hitler. Sans eux, la nouvelle guerre aurait pu être évitée
ou au moins livrée dans des conditions beaucoup plus favorables.
Quand la guerre survint, elle fut stigmatisée par la droite française comme une guerre pour les juifs et par les communistes français comme une
guerre pour le capitalisme. L'impopularité de la guerre paralysait les chefs militaires. Elle freina le travail dans les usines d'armement. D'un point de vue militaire les choses, en juin 1940,
n'étaient pas pires qu'au début septembre 1914 et moins défavorables qu'en septembre 1870. Gambetta, Clemenceau ou Briand n'auraient pas capitulé, Georges Mandel non plus ; mais Mandel était
un juif et ne pouvait donc être choisi comme chef politique. Alors l'incroyable arriva : la France désavoua son passé, qualifia de juifs les souvenirs les plus glorieux de son histoire et
salua la perte de son indépendance politique comme une révolution nationale et un retour à son véritable esprit.
Non seulement en France, mais dans le monde entier, l'antisémitisme fit de la propagande pour le nazisme. L'effet destructeur de l'interventionnisme
et de ses tendances vers la discrimination fut tel que beaucoup de personnes devinrent incapables d'apprécier des problèmes de politique étrangère sous un point de vue autre que leur désir de
discrimination contre des concurrents heureux. L'espoir d'être débarrassé d'un concurrent juif les fascinait au point de leur faire oublier tout le reste, l'indépendance de la nation, la liberté,
la religion, la civilisation. Il existait et il existe des partis pro-nazis dans le monde entier. Chaque pays d'Europe a ses Quislings. Des Quislings commandaient des armées dont le devoir était
de défendre leur pays. Ils capitulaient ignominieusement ; ils collaboraient avec les envahisseurs ; ils avaient l'audace d'appeler leur trahison pur patriotisme. Les nazis avaient un
allié dans chaque ville ou village où il y a un homme aspirant à se débarrasser d'un concurrent juif. L'arme secrète de Hitler est le penchant antijuif de nombreux millions de commerçants,
épiciers, juristes, professeurs, écrivains.
La guerre actuelle n'aurait jamais eu lieu sans l'antisémitisme. Seul l'antisémitisme permit aux nazis de ranimer la foi du peuple allemand dans
l'invincibilité de son armée et d'engager ainsi l'Allemagne de nouveau dans une politique d'agression et de lutte pour l'hégémonie. Seule la croyance antisémite d'une bonne partie de l'opinion
publique française empêcha la France d'arrêter Hitler quand il pouvait encore être arrêté sans guerre. Et ce fut l'antisémitisme qui aida les armées allemandes à trouver dans tous les pays
européens des hommes prêts à leur ouvrir les portes.
L'humanité a vraiment payé cher l'antisémitisme.
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Notes
17. Une manifestation étonnante de cette
mentalité est contenue dans le livre de Bertrand Russel, Which way to Peace, publié en 1936. Une critique destructrice de la politique étrangère du parti travailliste est fournie par
l'éditorial The Obscurantists, dans Nineteenth Century and After, n° 769 (mars 1941), p. 209-229.
par Ludwig von Mises
Source:
Le Gouvernement omnipotent
De l'État totalitaire à la guerre mondiale
Éditions politiques, économiques et sociales — Librairie de Médicis — Paris (1947)
L'antisémitisme n'est pas le monopole d'une catégorie politique et l'engagement contre l'antisémitisme dans l'histoire de la gauche n'est pas un
postulat qui va de soi. C'est sur cette constatation historique que Michel Dreyfus a réalisé cette étude synthétique – de 1830 à nos jours - sur les différentes formes d'antisémitismes
situées à gauche de l'échiquier politique français, au sein des courants socialiste, marxiste, anarchiste, communiste, syndicaliste, etc. L'homme à
gauche n'était pas plus immunisé contre l'antisémitisme qu'aujourd'hui.
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Le socialisme des imbéciles
Au dix-neuvième siècle, une certaine gauche reprit toute une série de poncifs antisémites existant dans des espaces politiques autres que le
sien tout en y intégrant des éléments spécifiques provenant de son champ particulier. Elle fut à la fois passive, en se laissant " imprégner par l'antisémitisme virulent de la droite et
de l'extrême-droite " , mais aussi active en produisant ce que Auguste Bebel a nommé " le
socialisme des imbéciles ", venant à son tour nourrir indifféremment les antisémitismes de tous bords.
Le discours antisémite a toujours ignoré les frontières politiques et sociales. Faut-il pour autant penser que l'homme de gauche (ou l'homme à gauche ) ait eu si peu d'intelligence et tant de préjugés, individuellement ou associé, pour qu'au moment où " les organisations ouvrières font leurs premiers pas :
leur faiblesse, leur inexpérience contribuent à expliquer que de nombreux militants, socialistes et anarchistes notamment, se laissent séduire par les arguments antisémites " et qu' " en l'absence de tradition, ayant tout à inventer, les premiers penseurs socialistes vont
souvent reprendre à leur compte les stéréotypes de l'époque et les intégrer à leurs analyses " ?
Cette relative et discutable immaturité n'a pas empêché que " cette hostilité innove aussi sur plusieurs points ". Faut-il vraiment penser que l'homme de gauche ait eu tant de haine de l'autre pour que " durant ces
années de formation, le socialisme utopique accaparé par l'analyse de la situation ouvrière se préoccupe peu de ces questions " ? Faut-il penser qu'il a été un idiot culturel pour être si " peu à même de s'interroger sur ces idéologies nouvelles que sont nationalisme,
xénophobie et antisémitisme " ? Un certain nombre de penseurs allaient préparer les esprits à
accepter et à intégrer l'antisémitisme - comme la xénophobie - à gauche.
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Le Juif moderne, révolutionnaire et capitaliste
Après l'antijudaïsme d'orientation religieuse et athée, l'apparition du monde moderne allait engendrer l'antisémitisme en même temps que se
développait le mouvement ouvrier avec son lot de prolétaires. A l'image moyenâgeuse du Juif comme peuple errant " déicide ", adepte de rituels morbides, fomenteur de révolutions
(dont la Révolution française), usurier et profiteur, parasite de la société, viendra s'ajouter l'étiquette de l'exploiteur de la classe ouvrière, du " gros " bourgeois capitaliste
et cosmopolite, maître de l'argent et des banques, avant de devenir celui de l'économie mondiale. A ce genre de stéréotypes, Michel Dreyfus démontre que ces Juifs " ne représentent
qu'une toute petite partie de la société juive ", les " banquiers juifs sont bien moins nombreux que leurs rivaux catholiques ou protestants et le rôle des Juifs dans
l'industrialisation de la France est faible ". Pourtant, "l'idée selon laquelle les Juifs sont les
principaux profiteurs du capitalisme industriel et bancaire sera ressassée sous de multiples formes par les antisémites, le plus souvent de droite et d'extrême droite, mais aussi par de
nombreux penseurs et militants de gauche et d'extrême gauche " . Ces penseurs porteront le nom de
Charles Fourrier, Pierre Leroux, Alphonse Toussenel, Auguste Blanqui, Gustave Tridon, Auguste Chirac, Pierre-Joseph Proudhon, etc.
Le cadre juridique du
renseignement évolue, avec notamment la création d'un fichier des passagers aériens. Les pouvoirs du Parlement seront accrus.
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Les faits
- Le projet de loi de programmation militaire, présentée vendredi 2 août en conseil des ministres, contient des
mesures particulières sur les services de renseignement. Ce texte devrait être examiné par le Parlement avant la fin de l'année.
Six services
La communauté française du renseignement se compose de six services. Trois dépendent du ministère de la Défense :
la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la Direction du renseignement militaire (DRM) et la Direction protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD). Un autre
est rattaché au ministère de l'Intérieur, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) issue de la fusion de la DST et d'une partie des RG et qui va être rebaptisée DGSI
(Direction centrale de la sécurité intérieure). Enfin, deux services dépendent du ministère des Finances, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED)
et Tracfin (Traitement du renseignement et de l'action contre les circuits financiers clandestins).
Les projets de loi sont comme les polices d'assurance : il faut les lire jusque dans les moindres détails. Ainsi, le
projet de loi de programmation militaire 2014-2019 contient toute une série de «dispositions relatives au renseignement» qui ont peu à voir avec l'objet du texte. Or, ces neuf articles
vont modifier de manière importante le cadre juridique dans lequel travaillent les six services français de renseignement, celui-ci étant élevé au rang de «priorité majeure». «Nous
voulions un équilibre entre l'accroissement des moyens mis à la disposition des services et leur contrôle démocratique par le Parlement», explique-t-on dans l'entourage du ministre de
la Défense Jean-Yves Le Drian. Principale mesure de ce projet de loi : l'accès à plusieurs fichiers, dont un nouveau qui va être créé sur le transport aérien, sera facilité. Il en
ira de même avec les données de géolocalisation, alors la protection de l'anonymat des agents sera renforcée. Le nouveau fichier, dit PNR (Passenger Name Record), sera mis à la
disposition des services et sera alimenté par les compagnies aériennes. Il contiendra les données recueillies au moment de la réservation du vol et permettra donc d'anticiper les
déplacements d'une personne surveillée. Tous les vols seront concernés, à l'exception de ceux en France métropolitaine. Les données de réservation contiennent une foule
d'informations, par exemple, l'itinéraire complet, le moyen de paiement, parfois les préférences alimentaires, etc. A cet égard, le PNR sera beaucoup plus performant que l'actuel
fichier des passagers aériens, qui ne contient que les données recueillies au moment de l'enregistrement et uniquement pour les vols extra-communautaires. Ce PNR a suscité de vifs
débats, tant entre les Etats-Unis et l'Union européenne qu'au sein de celle-ci. Après les attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis ont imposé à toutes les compagnies aériennes
de délivrer ces informations à leur Department of Homeland Security (ministère de l'Intérieur), mesure qui a été contestée en Europe où seul le Royaume-Uni a emboité le pas aux
Etats-Unis. Pourtant, ce système «semble avoir fait la preuve de son efficacité», estiment les deux députés Jean-Jacques Urvoas (PS) et Patrice Verchère (UMP) dans un rapport
récent, qui plaide en faveur de ce type de fichier. En principe, une telle mesure doit faire l'objet d'une directive européenne, mais le Parlement européen est très divisé sur la
question.
En avril, sa commission des libertés civiles a ainsi rejeté une proposition de la Commission allant dans ce sens,
alors qu'en séance plénière, le Parlement avait donné son accord de principe un an plus tôt. Ces atermoiements agacent à Paris où le gouvernement est décidé à passer outre,
comme le précise le projet de loi qui crée ce fichier «par anticipation de l'adoption d'un projet de directive» européenne... Il s'agit, explique-t-on de source gouvernementale, de
«démarrer» sans plus attendre «la préparation des traitements informatiques». Autre mesure importante, l'accès aux fichiers existants sera facilité et élargi. Ainsi, jusqu'à
présent, les services de renseignement ne pouvaient accéder à certaines bases de données - comme les fichiers voyageurs - qu'au nom de la lutte contre le terrorisme. Ils pourront
désormais le faire dans le cadre de la «prévention des atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation», une notion beaucoup plus large, définie par le code pénal, qui intègre
jusqu'à «l'équilibre du milieu naturel» de la France ou «des éléments essentiels de son potentiel scientifique et économique et de son patrimoine culturel». Par ailleurs, des
fichiers dont l'accès était réservé à la police ou à la gendarmerie seront désormais ouverts à l'ensemble de la communauté du renseignement.
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En matière de géolocalisation des téléphones ou des ordinateurs portables, le Code des
postes est précisé afin de garantir aux
policiers ou aux gendarmes enquêtant sur le terrorisme l'accès aux données en temps réel. Dernier point sensible, la protection de l'anonymat des agents. L'identité de plus de 10000
militaires et fonctionnaires civils, notamment ceux affectés dans les services de renseignement, ne peut être rendu publique, selon un arrêté adopté à l'origine pour la protection des
membres du Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). Si cette mesure s'impose aux médias, qu'en est-il de la Justice, lorsque ces personnels sont amenés à témoigner dans
le cadre d'une procédure judiciaire ? Le cas n'est pas théorique. En 2009, deux jeunes militaires du Service Action de la DGSE se tuent lors d'un exercice de fabrication d'explosifs. Leurs
camarades et leurs instructeurs sont convoqués par le procureur de Perpignan, mais tous ces personnels, formés pour des actions clandestines, servent sous des noms de couverture. Briefés par
leur hiérachie avant leur déposition, ils répondent tous : «Nom ? Durand. Prénom ? Paul...» Un compromis sera finalement trouvé. Si le projet de loi ne modifie pas ces règles d'anonymat, il
prévoit que «auditions se dérouleront dans un lieu garantissant la confidentialité lorsque le déplacement de l'agent au palais de justice comporte des risques». Ces "espions" juridiquement
renforcés seront, en contrepartie, soumis à un contrôle plus étroit de la part du gouvernement et du Parlement.
Le 10 juin, à la suite d'une réunion du Conseil national du renseignement sous la présidence de François Hollande,
l'Elysée a annoncé la création d'une Inspection des services de renseignement pour le compte du pouvoir exécutif. Parallèlement, le Parlement voit ses pouvoirs élargis. Une
Délégation, créée en 2007, assurait jusqu'à présent le «suivi» des services, elle sera désormais chargée de leur «contrôle», une première en droit français. Habilités au
secret-défense, les députés et sénateurs membres de la Délégation parlementaire au renseignement (DPR) verront leur pouvoir accru. Ils auront par exemple accès à des documents comme le
Plan d'orientation national, qui fixe les priorités des services et pourront auditionner certains de leurs membres. Un modèle qui se rapproche de celui des Etats-Unis ou de la
Grande-Bretagne.
ENJEUX DE LA DEFENSE - DOCTRINE - CONCEPTS - MISSIONS
Des espions français plus puissantsmais mieux contrôlés
Source, journal ou site Internet : L’Opinion
Date 11 août 2013
Auteurs : Jean-Dominique Merchet
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Les services de renseignements français sont nombreux dépendant chacun de trois ministères : le Ministère
de l'intérieur, le Ministère de la Défense et le Ministère de le l'économie et de la Défense. Nous allons vous en donner la liste la plus compléte mais seulement les agences les plus
puissantes seront détaillées
Sous la tutelle du Ministère de la défense :
la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), chargée de l'espionnage et du
contre-espionnage à l'extérieur du territoire national,
la Direction du renseignement militaire (DRM), chargée du renseignement tactique et stratégique
sur les théatres et les futurs théatres d'opérations de l'armée,
la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), chargée de la sécurité des
installations et des personnels militaires,
la Délégation aux affaires stratégiques (DAS), chargée de la stratégie de Défense.
Sous la tutelle du Ministère de l'Intérieur
la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), chargée du contre-espionnage et de la
lutte anti-terroriste,
l'Unité de coordination de la lutte anti-terroriste (UCLAT), chargée de coordonner la lutte
antiterroriste entre tous les services de l'État.
Sous la tutelle du Ministère de l'économie et des finances
la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), chargée des enquêtes
douanières et des mouvements de marchandises douteux,
Traitement du renseignement et de l'action contre les circuits financiers clandestins (TRACFIN),
chargée du renseignement sur les circuits financiers douteux et clandestins.
Direction générale de la sécurité extérieure
La Direction générale de la sécurité extérieure, couramment connue sous le sigle DGSE, qui
s’appelait Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) avant 1982, est le service de renseignement extérieur de la France.
Site d'écoute électronique de Domme, dans le Périgord.
Sa devise est « Partout où nécessité
fait loi », qui exprime l'impératif de la raison d'État
Sous l’autorité du ministre français de la Défense, elle est chargée, selon les termes de
l'article D. 3126-2 du code de la défense, « de rechercher et d’exploiter les renseignements intéressant la sécurité de la France, ainsi que de détecter et d'entraver, hors du
territoire national, les activités d’espionnage dirigées contre les intérêts français afin d’en prévenir les conséquences ».
Avant le décret du
2 avril 1982 qui a procédé à sa refondation, ce service s’appelait le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE).
La DGSE est membre de la Communauté française de renseignement.
La DGSE comprend les services
suivants :
la direction de l’administration ;
la direction des opérations (dont la Division action ou Service action (SA) est une composante),
chargée des opérations clandestines ;
la direction du renseignement ;
la direction de la stratégie ;
la direction technique, qui recherche et exploite les renseignements d’origine technique, propose
et met en œuvre les orientations de la DGSE dans les domaines techniques (cf. notamment Frenchelon sur le réseau d'interception géré par cette direction) ;
Alliance Base, service de contre-terrorisme mis en place par Jacques Chirac, alors président de la
République, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, qui s’occupe d’opérations conjointes avec la CIA et d’autres services étrangers.
Direction Centrale du Renseignement Interieur
La Direction centrale du renseignement intérieur
(DCRI) est le service de renseignements du ministère de l'Intérieur français, au sein de la Direction générale de la police nationale, né de la fusion de la Direction de la surveillance
du territoire (DST) et de la Direction centrale des Renseignements généraux (RG). Ce service est opérationnel depuis le 1er juillet 200. Selon le communiqué du ministère de
l'intérieur, « la DCRI se veut un "FBI à la française" en matière de renseignement ».
Son siège est situé dans l'immeuble
des services de renseignement, ultra-sécurisé, inauguré en mai 2007, au 84, rue de Villiers, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine.
Elle serait composée de plus de
3 600 fonctionnaires, soit la totalité des effectifs de la DST et la majorité de ceux de la Direction centrale des Renseignements généraux (RG), dont près de 3 000
policiers dits actifs et habilités Secret défense et 175 commissaires de police (soit 10 % de l'effectif de ces derniers). Ces policiers et commissaires habilités sont
implantés au siège de la direction et par zone dans chaque département[
Les missions de la DCRI sont inspirées de celles anciennement confiées à la DST et aux
RG :
prévention et lutte contre les ingérences et les menaces étrangères (contre-espionnage),
prévention et lutte contre le terrorisme et de tout acte « visant à porter atteinte à l'autorité
de l'État, au secret de la défense nationale ou au patrimoine économique du pays »,
surveillance des communications et lutte contre le cybercrime,
surveillance des mouvements, groupes ou organisations subversifs violents et des phénomènes de société
précurseurs de menaces
À l'exception de l'analyse des mouvements sociaux, les missions de la DCRI sont considérées comme relevant
du « Secret Défense ».
Lors d'un colloque de l'ANAJ-IHEDN, le mercredi 15 mai, Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des Lois de l'Assemblée nationale, a
présenté le rapport dont il est le co-auteur sur l'avenir des services de renseignement français. Il dresse un constat des activités de renseignement, en France, et décrit l'évolution qu'il
entend donner à ces activités, dans les années qui viennent.
« Béotien sur les questions de renseignement », Jean-Jacques Urvoas est convaincu que la France doit disposer de tous les outils pour
protéger sa population et préserver ses valeurs, le renseignement fait éminemment partie de ces outils. Depuis 1958, de nombreux projets de loi ont voulu réformer les services de
renseignement, plusieurs rapports budgétaires sur les services militaires de renseignement ont été rédigés, en particulier par Bernard Carayon. L’ambition du Président de la Commission des
Lois, lors de la rédaction de ce rapport, fut de comprendre la communauté du renseignement, pour évaluer les moyens des services. Urvoas a aussi voulu établir des préconisations pour
valoriser la communauté du renseignement. Les services doivent être évalués, conformément à l’article 24 de la Constitution qui prévoit l’évaluation de toutes les politiques publiques.
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Le rapporteur a observé les six services : trois dépendent du ministère de la Défense (Direction générale de la sécurité extérieure, DGSE ;
Direction de la protection et de la sécurité de la défense, DPSD ; Direction du renseignement militaire, DRM). Un du ministère de l'Intérieur (Direction centrale du renseignement intérieur,
DCRI). Et deux du ministère des Finances (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières, DNRED ; Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers
clandestins, Tracfin). Manuel Valls a défendu, pendant son audition, le contrôle du renseignement par le Parlement. La communauté militaire était plus réservée. Soixante-trois personnes ont
été auditionnées, à huis-clos. Des auditions qualifiées de « fructueuses, fécondes, passionnantes » avec Dominique de Villepin, le directeur de cabinet de François Fillon à
Matignon, les Ministres de la Défense et de l’Intérieur des dix dernières années, les directeurs des services, ceux qui les ont précédés, des universitaires. Une comparaison internationale a
été effectuée avec le Canada sur le contrôle de l’activité des services, l'ambassadeur de Grande-Bretagne, en France, ancien conseiller à la sécurité aurpès du Premier ministre a été
consulté. Des voyages en province, en Bouches-du-Rhône et en Loire-Atlantique ont complété les travaux des rapporteurs.
Les services de renseignement n’ont pas de pouvoir légal, disposent de modestes moyens et sont menacés
Les services n’ont pas de pouvoir légal, ce sont les décrets qui créent les organes de renseignement. En 1982 la DGSE est créée par décret,
publié, ce qui n’était pas le cas des précédents. Une condamnation de la Cour européenne des Droits de l'Homme est ainsi possible, les atteintes à la vie privée doivent être effectuées dans
le cadre de la loi. Ce fut le cas en 1990, sur les écoutes, la loi de 1991, fut une réponse à cette condamnation. En 2005, une nouvelle condamnation a été prononcée après la sonorisation d’un
appartement.
Les moyens des services sont maigres, (en termes d'interception de sécurité, de réquisition des données de connexion, des usages de fichiers)
les autres moyens sont interdits, ces moyens sont extrêmement contingentés, c’est le cas des écoutes, bornées par le législateur, et par décret du Premier ministre, seules 1840 cibles
peuventêtre suivies. Il y a 18 ans, 1180 cibles étaient suivies pour 280 000 téléphones mobiles, or aujourd'hui 63 millions de mobiles sont utilisés.
En raison de cette absence de législation, certaines menaces pèsent sur les services, en particulier sur l’anonymat des agents. Il y a très peu
de condamnation pour défendre l’anonymat des agents qui se sentent « fragiles », comme ont pu l’indiquer certains agents. Le journal Le Point a révélé le nom d’un agent, mais n’a
pas été attaqué.
Une loi sur les services de renseignement est nécessaire
Pour légitimer les services. Seule une loi peut définir les missions des services, qui permettront des missions en dehors du droit commun. Le
renseignement ne doit pas être vu comme sale (c’est le cas des affaires BenBarka et Rainbow warrior), il s’agit de protéger et valoriser les acteurs du renseignement.
Pour favoriser les moyens des services. Les services ont besoin de nouvelles ressources humaines, matérielles, technologiques et
financières, avec de nouveaux outils de sonorisation ou d’infiltration. Aujourd’hui, certaines officines privées ont plus de moyens que l’Etat.
Pour encadrer leurs actions. Un contrôle est nécessaire pour légitimer l’action des services par la délégation parlementaire au renseignement
(DPR), rassemblant des sénateurs et des députés, de la commission de Défense et de commission des Lois, créée en 2007, par Nicolas Sarkozy, qui aujourd’hui suit l’activité des services, mais
ne les contrôle pas. La DPR a eu le mérite de faire dialoguer les mondes politique et administratif. La DPR suit les actions déjà passées, peut s’intéresser aux activités des services mais
pas celles en cours selon le Conseil constitutionnel.
Trois types de contrôle doivent être prévus par la loi
Un contrôle interne avec une inspection générale du renseignement, un contrôleur général devrait être nommé.
Un contrôle de légalité et de proportionnalité sur les moyens de renseignement, les nouveaux outils doivent être contrôlés, sur les
interceptions de connexion. Le rapport propose de supprimer la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), absorbée par une nouvelle commission de contrôle du
renseignement, sous l’autorité du Premier ministre. La commission de contrôle serait composée de 4 membres du Conseil d’Etat, 4 de la Cour des comptes, 2 fonctionnaires choisis par le
gouvernement, pour 6 ans renouvelables, qui donnera son accord aux écoutes. Cette Commission disposerait d’un service d’enquête, pour fournir des avis sur la légalité des preuves, pour
traiter les plaintes des citoyens.
Un contrôle parlementaire avec un élargissement des compétences la délégation parlementaire au renseignement, en absorbant la commission sur les
fonds spéciaux. La délégation doit pouvoir auditionner les personnes qu’elle souhaite auditionner et pas seulement les directeurs des services. Les documents des services doivent être mis à
la disposition de la délégation.
Cette nouvelle organisation serait composée d’un « noyau dur » constitué par les trois services du ministère de la Défense (DGSE,
DPSD, DRM) et la seule DCRI. Un "deuxième cercle" serait composé de Tracfin, la DNRED, l'actuelle Sous-direction de l'information générale (SDIG), structure résiduelle ayant survécu au
démantèlement des renseignements généraux. La DCRI serait distincte de la Police pour créer une sorte de DGSI plus autonome, et pour recruter d’autres profils que de ceux des juristes. Cette
loi de réforme des services pourrait être associée à une loi vise à unifier les interceptions de connexions en fusionnant les législations de 1991 et 2006, cette fusion doit s’effectuer dans
les 3 ans qui viennent. Selon Jean-Urvoas, le Ministre de l’Intérieur pourrait élargir cette loi aux activités de renseignement.
L’avenir de l’intelligence économique.
La dernière partie du rapport évoque la nécessaire refondation de la stratégie d’intelligence économique de la France, les rapporteurs défendent
une révision des structures administratives dédiées à l’intelligence économique. Au niveau national, il est nécessaire que le Premier ministre redevienne un acteur clé dans ce domaine, le
futur délégué interministériel devrait s’entourer d’une équipe légère, connaissant parfaitement la sphère économique et industrielle, nationale et internationale, une équipe qui serait
capable tout à la fois d’œuvrer pour rendre notre système productif moins vulnérable (la sécurité économique) et de défendre la place de notre pays dans les organes (nationaux, européens et
internationaux) producteurs de norme (l’influence). Cette équipe pourrait aussi contribuer à identifier des marchés porteurs, à accompagner les entreprises dans la conquête de ces nouveaux
marchés, cette nouvelle D2IE pourrait s’appuyer sur une cheville ouvrière qui serait le service de coordination à l’intelligence économique de Bercy, en collaboration avec l’ADIT et ses
déclinaisons locales, avec UbiFrance, avec les chambres de commerce et d’industrie. Il serait souhaitable d’encourager l’émergence d’une véritable politique régionale d’intelligence
économique, avec un délégué régional à l’intelligence économique (DRIE), qui devrait animer et de fédérer, les compétences publiques et privées existantes ou d’en initier de nouvelles. La
mobilisation de l’opinion publique et des milieux universitaires doit aussi être engagée.
Les auteurs affirment pour conclure que « l’Etat stratège trouve donc dans l’intelligence économique une occasion de mettre en application
de développer le tissu économique du pays et d’assurer sa croissance ainsi que son internationalisation dans les meilleures conditions. En combinant et coordonnant les initiatives
nationales, locales, publiques et privées, la France pourrait conforter sa compétitivité dans le cadre d’une économie mondialisée en état de guerre permanente ». Ces intentions ne
doivent surtout pas rester lettre morte.
Plus de 850 sociétés françaises se sont installées en Suisse depuis le début de l'année, notamment pour réduire leur facture
d'impôts et de charges sociales, rapporte mercredi le «Tages-Anzeiger».
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«La chambre de commerce franco-suisse compte un peu plus de 850 entreprises avec un actionnariat français qui se sont faites enregistrer en Suisse
depuis le début de l'année»,
indique le quotidien suisse alémanique Tages-Anzeiger.
Par Prof Kuing:
Les biens "Made in France" plombent le pouvoir d'achat des Français et créent peu d'emplois, par contre les économies réalisées en achetant des produits importés à
faible coût de production permettent de consommer et donc de créer de nouveaux emplois : ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Les achats de produits 100% "Made in France" coûtent entre 100 à 300 euros de plus par mois et par ménage.
L'année précédente, ce chiffre se montait à 611, a-t-il précisé.
«Plus encore qu'une fiscalité des entreprises plus faible, ce sont les économies sur les charges sociales auxquelles s'intéressent les entreprises
françaises»,
pointe le Tages-Anzeiger.
Un pays qui a inscrit le principe de précaution dans sa constitution est un pays qui a renoncé à prendre toute espèce de risques et qui a renoncé à l'innovation,
c'est pour ça que nos chercheurs, nos scientifiques et nos jeunes se barrent à l'étranger. La France crève d'un carcan bureaucratique et administratif qui tue toute initiative et toute nouveauté. Les Français ont voulu un État obèse, il l'ont. Pascal Bruckner.
Sur les salaires mensuels de plus de 10'000 francs suisses (8000 euros), les charges sociales se montent à 32% en Suisse, contre 65% en France, a
souligné le journal suisse.
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Interrogée par le Tages-Anzeiger, Claudine Schmid, la députée française (UMP) représentant les Français vivant en Suisse et au Liechtenstein, a
estimé que cet afflux d'entreprises françaises dans le petit pays alpin vient confirmer ses observations récentes, sur le fait que les sociétés tendent à envoyer leurs cadres dirigeants bien
payés à l'étranger, y compris en Suisse, bien que la production reste en France.