1913-1948. Caisse d’amortissement en France, Réserve fédérale aux États-Unis, Bundesbank en Allemagne. Comment banquiers
centraux et banquiers privés ont construit les parades à l’explosion des dettes d’État.
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À partir du XIXe siècle, les États, dans lesquels les bourgeoisies ont pris le pouvoir, commencent à considérer que les dettes publiques doivent
être honorées en toutes circonstances. Dans ce but et afin de tenir les affaires monétaires à l’abri des ingérences politiques, les banquiers centraux obtinrent progressivement leur indépendance
par rapport au pouvoir politique.
Les deux derniers siècles ont connu environ 320 banqueroutes d’État, y compris de la part de pays comme le Royaume-Uni et l’Allemagne ; en France,
la dernière en date fut celle que proclama le Directoire, en 1797. Notre pays, si souvent accusé de légèreté dans le domaine monétaire et financier, fait plutôt meilleure figure sur le long terme
que l’Allemagne, qui a changé de monnaie deux fois au XXe siècle : en 1924 et en 1948. En 1924, le Mark avait disparu à la suite de l’hyperinflation provoquée par la Reichsbank pour faire échouer
l’occupation de la Ruhr, lancée en janvier 1923 par les Français, les Belges et les Italiens (ce qui est peu connu). Et aussi pour rendre le paiement des réparations prévues par le traité de
Versailles impossible. On passa donc au Reichsmark. Celui-ci, exsangue, fut remplacé en 1948 par le deutsche Mark. Cela permit (outre un coup d’arrêt au marché noir et à l’inflation) d’éponger
l’endettement de l’État (500 % du PIB de 1938).
Par deux fois, les porteurs de fonds de l’État allemand furent donc spoliés. Mais enfin, cet exemple montre que tout n’est pas négatif dans une
banqueroute d’État. Et l’Histoire nous apprend qu’il existe pour les États plusieurs moyens de camoufler une banqueroute. C’est ainsi que l’Europe de la bourgeoisie triomphante (qui avait gardé
un très mauvais souvenir des banqueroutes et manipulations de l’Ancien Régime) inventa, à la fin du XVIIIe siècle, le couple magique, “consolidation” et “amortissement”. On admirera le choix des
mots : la “consolidation” est en fait le “défaut partiel” du jargon actuel. Mais qui ne sent ce que ce mot comporte de rassurant, avec une nuance d’absolution pour les erreurs du passé et de
rédemption par l’effort et la vertu budgétaire et fiscale ? Alors que le défaut partiel d’aujourd’hui est désespérant et évoque la chute, le déshonneur… De même pour “amortissement” : cela sonne
mieux que “plan de rigueur” ou “programme du FMI”, c’est presque du cocooning budgétaire, même si cela revient au même, car cela exige du pays concerné rigueur et sacrifices.
Comme l’a montré Jean Tulard, tout a commencé en France avec le Directoire, qui proclama une banqueroute des deux tiers, mais inscrivit le tiers
restant de sa dette (dit “tiers consolidé”) sur le Grand Livre de la dette publique. Napoléon acheva l’oeuvre de consolidation et mit en place un système d’amortissement. Louis XVIII comprit la
leçon des mauvaises finances de la fin de l’Ancien Régime ; il perçut les aspirations des dynasties bourgeoises désormais installées et fut le premier à constitutionnaliser la dette de l’État ;
l’article 70 de la Charte constitutionnelle de juin 1814 proclamait :
« La dette publique est garantie. Toute espèce d’engagement pris par l’État avec des créanciers est inviolable. »
Assez comparable fut l’action de Poincaré, rappelé à la présidence du Conseil en juillet 1926, en pleine tourmente financière et monétaire : il
rééquilibra le budget, ce qui stoppa l’endettement rapide de l’État, et créa une Caisse d’amortissement, avec des ressources spéciales affectées de façon permanente, pour garantir le service de
la dette existante, considérablement accrue depuis la guerre. L’assainissement et le retour de la confiance se répercutèrent de façon favorable sur la tenue du franc face aux autres devises et
permirent sa stabilisation en 1928 (franc Poincaré). L’autonomie de la Caisse fut inscrite dans la Constitution le 10 août 1926, par un vote des deux Chambres réunies à Versailles… En
contrepartie, on supprimait l’émission de bons du Trésor à court terme (trois mois) défiscalisés, introduits pendant la guerre, appréciés des épargnants car souples et rémunérateurs, mais qui
étaient coûteux pour l’État et dont le taux de renouvellement par les porteurs était imprévisible, ce qui représentait une menace pour les finances publiques.
On a donc assisté à la combinaison exemplaire de trois séries de mesures : réduction, ou au moins restructuration, de la dette ; assainissement des
finances publiques ; affectation de certaines des ressources ainsi dégagées au service de la dette. En compensation de la perte d’une partie de leur créance, les porteurs de la dette
bénéficiaient d’une sécurité garantie pour le reste.
Les mêmes principes s’appliquèrent plus tard au niveau international, après que les États perdirent l’habitude de récupérer les créances de leurs
ressortissants auprès des pays débiteurs récalcitrants à coups de canon : l’Empire ottoman dut accepter, en échange d’une restructuration de sa dette, la création, en 1876, d’une Caisse de la
dette publique ottomane sous contrôle franco-britannique, chargée d’en garantir le service et qui disposait de ressources affectées. On procéda de même après 1919 avec l’Autriche et la Bulgarie
ruinées. Des accords internationaux, ici dans le cadre de la Société des nations, organisèrent un ensemble de mesures relativement équilibrées : restructuration de la dette, affectation de
ressources, surveillance internationale, prêts bancaires pour faciliter la phase de transition. Cela était rude pour les pays concernés, cela comportait une certaine mise sous tutelle, mais cela
fonctionna.
L’Histoire enseigne aussi la complexité des choses en ce qui concerne l’indépendance des banques centrales. On a tendance à considérer que ce dogme
fut proclamé en Allemagne lors de la création de la Bundesbank après la Seconde Guerre mondiale, en réaction contre les manipulations monétaires du IIIe Reich. Et l’on souligne que la Banque
centrale européenne a repris par la suite le statut et la philosophie de la “Buba”. En fait, la question remonte à la création du Système fédéral de réserve des États-Unis, en 1913, car, pour la
première fois, la création d’une banque centrale et son statut firent l’objet d’une discussion internationale, impliquant les banquiers centraux européens et les principaux banquiers privés de
l’époque. À la suite de la grave crise bancaire de 1907, deux projets de réforme s’affrontaient à Washington. L’un et l’autre s’accordaient sur la nécessité de centraliser le système de réserve
et d’émission monétaire (ce n’était pas le cas jusque-là), mais les républicains préconisaient la création d’une banque centrale indépendante du gouvernement (projet Aldrich) et les démocrates un
système étroitement soumis au Trésor (projet Glass). Finalement, le président Wilson fit voter en 1913 la création du Système fédéral de réserve, qui reposait sur le projet Glass, mais les
banquiers privés avaient obtenu un droit de regard important sur la gestion du système. Or, le banquier new-yorkais Paul Warburg, frère du banquier de Hambourg Max Warburg, avait joué un rôle clé
dans l’élaboration du compromis. Et il s’était appuyé sur les gouverneurs des grandes banques centrales et les principaux banquiers d’Europe, qui tous, afin d’éviter la répétition tous les dix
ans de crises parties des États-Unis, avaient recommandé la création d’une Réserve fédérale aussi centralisée que possible et indépendante du gouvernement, sur le modèle européen. Ainsi naquit
l’internationale des banquiers centraux.
Pendant et immédiatement après la Première Guerre mondiale, devant l’écroulement de la plupart des monnaies et la mise hors jeu du système monétaire
international à cause de l’arrêt des transferts d’or, devant l’explosion de l’inflation, de la dépense publique et des emprunts d’État, des banquiers centraux, en particulier Montagu Norman, à la
Banque d’Angleterre, et Thomas Lamont, au Conseil des gouverneurs du Système fédéral de réserve, estimèrent qu’il fallait soustraire la création monétaire à l’influence des gouvernements, pour
garantir la stabilité de la monnaie et les intérêts des investisseurs.
Ces banquiers centraux (en dehors bien sûr des Français ou des Belges !) s’opposèrent tant qu’ils purent aux réparations imposées à l’Allemagne par
le traité de Versailles. Selon eux, ces dettes politiques, qui conduisaient à l’immixtion permanente des gouvernements dans les questions monétaires, rendaient impossible le relèvement de
l’Europe. Leurs vues furent formalisées au sein de la Commission financière de la conférence internationale qui se tint à Gênes, en avril 1922, où, à côté des représentants des gouvernements,
siégeaient des banquiers à titre d’experts.
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Le processus d’autonomisation des banques centrales est engagé
Cette commission recommanda, d’une part, l’adoption de l’étalon de change-or (le dollar et la livre devenant instruments de réserve à l’instar de
l’or), d’autre part, la discipline et l’équilibre budgétaires et monétaires, et elle demanda la mise sur pied d’une coopération entre les ban ques centrales pour suivre et gérer les flux d’or et
les taux de change des monnaies. Le processus d’autonomisation des banques centrales était engagé : écartés de la gestion monétaire interne, les gouvernements devaient être le plus possible mis à
l’écart de la gestion du système monétaire international, dont ils avaient pris le contrôle pendant la guerre, leur immixtion (rendue inévitable par le conflit) ayant abouti à une série de
catastrophes.
Dans l’immédiat, il ne fut pas possible de mettre en place la coopération entre les banques centrales, mais ce fut fait à l’occasion de l’adoption
du plan Young, en 1929, lequel était censé régler la question des réparations allemandes : créée à Bâle, en 1931, pour gérer les versements dus au titre du plan Young, la Banque des règlements
internationaux regroupait les grandes banques centrales. Elle avait pour but de substituer à la Commission des réparations « une autorité extérieure financière et sans caractère politique
» ; mais elle avait aussi dans son cahier des charges « l’augmentation du commerce mondial en finançant certains projets, notamment dans des pays non encore développés » ; ce fut le
début d’une collaboration organisée des banques centrales.
Certes, l’indépendance de la finance internationale par rapport aux gouvernements ne rejoignit plus jamais le sommet atteint en 1931. Mais l’idée
qu’une banque centrale doit être indépendante du pouvoir politique pour éviter manipulations monétaires et risques de banqueroute fut évidemment réactivée, en particulier en Allemagne, à la suite
des expériences d’économie dirigée de la Seconde Guerre mondiale et des nouvelles catastrophes monétaires que celle-ci engendra.
Ainsi, la question de l’indépendance de la Banque centrale européenne, si discutée de nos jours, dépasse de beaucoup l’argument selon lequel cette
institution prolonge la Bundesbank et ne serait donc que la reproduction du “modèle allemand” : cette indépendance a ses lettres de noblesse, elle est tout autant le fruit d’un mouvement de
libéralisation et d’autonomisation d’une économie de plus en plus mondialisée que de la philosophie qui oriente ce mouvement. Elle est l’aboutissement d’un souci très ancien d’opposer une parade
à la si compréhensible mais désespérante tendance des États à faire banqueroute.
La Guerre froide, 1943-1990, de Georges-Henri Soutou, Fayard, coll. “Pluriel”, 1 120 pages, 12,20 €.
LA CREATION ET LE CONTROLE DE LA BANQUE CENTRALE AMERICAINE
Ce document est certainement connu de plusieurs d’entre vous, mais il sera de fait certainement utile à plusieurs visiteurs pour mieux comprendre
à la fois le pourquoi la crise évolue aujourd’hui dans le sens d’un chaos de la société occidentale, de la préparation des esprits, par Hollywood, d’une grave crise financière, économique et
sociale pour 2012, et de la fin du bail de la Réserve fédérale le 21 décembre 2012.
« En 1913 un groupe de banquiers internationaux se réunit d’urgence sur l’île de Jekyll (Géorgie, Etats-Unis). Pour cette réunion secrète,
tous les habitants de l’île avaient été évacués. Des gardes empêchèrent les non invités pour le temps que dura la Conférence. Par la suite on apprit que, à cette occasion, le
« Gouvernement Invisible » du monde occidental avait décidé l’institution du Federal Reserve Bank (l’actuelle Banque centrale américaine) qui devait enlever au gouvernement
américain et au Congrès leur pouvoir sur l’émission de la monnaie et du crédit ; en cette même occasion, l’orientation de la guerre déjà décidée (1914-1918) avait été aussi
arrêtée ». (Unité National de Montréal – Juin Juillet 1957)
Parmi les objectifs de cette guerre figurait, bien évidemment, la destruction de l’Autriche-Hongrie, puissance catholique, l’élimination de la dynastie
des Hohenzollern, mais aussi la création de nouveaux Etats en Europe centrale, ainsi que la révolution russe.
Des centaines de millions d’hommes allaient payer un lourd tribu humain et financier à la suite de cette réunion. Et ce n’est pas fini puisqu’après avoir
contraint les nations à s’engager dans deux guerres mondiales pour accaparer le Pouvoir mondial, les descendants de ces personnages, complotent aujourd’hui le chaos qui doit maintenant être
généré « à partir » de l’attentat du 11 septembre 2001, comme nous l’analysions dans l’ouvrage Attentats du 11 septembre 2001 – A qui profite le crime ? Mais, pour le
moment, revenons à ce qui s’est passé et voyons la portée de cette réunion sur les événements du XXème siècle. Et pour cela, nous citerons Edward Griffin, auteur d’un livre très intéressant
La créature de l’île de Jekyll.
« Le titre du livre, La créature de l’île Jekyll, en dit long sur le contenu de ma présentation. L’île Jekyll existe vraiment. Elle se situe au
large de la côte de la Géorgie. Le système de la Réserve fédérale fut conçu sur cette île, en 1910, lors d’une réunion ultra-secrète. Lorsqu’on opère en secret, on cache habituellement quelque
chose. Tout ce dont je vous entretiendrai fut mis par écrit. En 1910, un petit groupe de millionnaires de New-York, dont J.P. Morgan, William Rockefeller et leurs associés, possédait l’île
Jekyll en totalité. Leurs familles venaient y passer les mois d’hiver. L’île servait de lieu de vacances et on l’appelait le Club de l’île Jekyll. Depuis, l’Etat de la Géorgie
a acheté l’île. On y trouve un pavillon où se trouve une pièce spéciale. Sur la plaque de laiton fixée à la porte de cette salle, on peut lire : « le système de la Réserve
fédérale fut créé dans cette pièce ». On peut accéder à ces infomations dans les bibliothèques.
En novembre 1910, le sénateur Nelson Aldrich envoya son train privé à une station de chemin de fer du New-Jersey, tard le soir. Le train était prêt à le recevoir
ainsi que six autres hommes qui venaient à la condition ultime de n’en souffler mot à personne. […] Le train privé voyagea pendant deux nuits et une journée, parcourant mille milles, jusqu’à
une voie d’évitement située à Brunswick, Géorgie.
A partir de là, nos voyageurs prirent un traversier jusqu’à l’île Jekyll. Pendant neuf jours, ils restèrent autour de la table du pavillon et éclaircirent
tous les points importants de ce qui allait devenir le système de la Réserve fédérale. Lorsqu’ils eurent terminé, ils retournèrent à New York et nièrent une telle réunion pendant un
certain nombre d’années. […]
[…] Qui étaient ces hommes ? Le sénateur Nelson Aldrich, chef de file républicain du Sénat (membre de la Commission monétaire nationale -ce comité spécial du
Congrès, créé dans le but d’émettre des recommandations relatives à la réforme législative des opérations bancaires d’Amérique). Même à cette époque, les Américains s’inquiétaient de laisser
tout le pouvoir financier entre les mains d’un petit groupe de banques et de sociétés de placement new-yorkaises. Ils l’appelaient la Fiducie monétaire (le Money Trust). Les citoyens voulaient
mettre un terme à l’empire de cette dernière. […] Toutefois, le sénateur entretenait une relation commerciale avec l’homme d’affaires J.P. Morgan. Ce dernier était le beau-père de John
D. Rockefeller fils et devint par conséquent, le grand-père de Nelson Rockefeller, ancien vice-président des Etats-Unis.
Le deuxième homme présent à la réunion se nommait Abraham Piat Andrews, le secrétaire-assistant du Trésor américain. Plus tard, il devint un membre du Congrès et
fut, tout au long de sa carrière, un homme très influent au niveau des milieux bancaires.
Le troisième homme s’appelait Frank Vanderlip, le président de la National Bank de New York. Benjamin Strong, le directeur général de la J. P.
Morgan’s Bankers Trust Company, y assitait également. Il était probablement l’homme le plus important en ces lieux grâce à ses connaissances bancaires européennes. Allemand de souche, il
se fit naturaliser citoyen américain. En plus, il entretenait des liens étroits avec son frère Max, le directeur en chef du consortium bancaire Warburg en Allemagne et aux Pays-Bas. Paul
Warburg était l’un des hommes les plus riches du monde. Ces sept hommes qui se trouvaient sur l’île Jekyll, représentaient à eux seuls en ce temps, directement et indirectement,
approximative-ment un quart de la richesse planétaire globale.
Voici comment tout cela s’est vraiment déroulé. Frank Vanderlip affirma dans un article du Saturday Evening Post du 9 février 1935 : « Je ne
crois pas exagérer en considérant notre expédition secrète sur l’île Jekyll comme une occasion en or de créer ce qui devint le système de la Réserve fédérale, et ce, même si le mot d’ordre
voulait que l’on garde ce fait le plus secret possible. […] Nos noms réunis auraient pu à eux seuls donner une toute autre portée à notre expédition, tant à Washington, qu’à la Bourse de
New-York ou même à Londres. Il ne fallait tout simplement pas que l’on nous découvre. »
Pourquoi ?
Vanderlip donne une réponse à cette question dans le même article : « Eventer le secret du rassemblement de notre groupe en particulier et de nos
travaux, équivalait à anéantir toutes chances que le Congrès vote la Loi sur le comportement des banques. » Pourquoi ? Parce que le but de cette loi consistait à
mettre un terme à l’empire de la Fiducie monétaire et croyez-le ou non, cette loi avait été écrite par les membres mêmes de la Fiducie monétaire. C’est aussi simple que cela. Si le public avait
eu connaissance de cette réunion, le système de la Réserve fédérale n’aurait jamais vu le jour. […]
[…] Ici, nous avons les Morgan, les Rockefeller, les Warburg et ainsi de suite, tous assis à discuter autour d’une table.
[…] Cette transition se produisit à cette période de l’histoire. Pendant les quinze années qui ont précédé le rassemblement sur l’île Jekyll, les groupes
financiers de toutes les industries s’étaient progressivement associés en joint-ventures au lieu de se concurrencer mutuellement. Ils s’étaient rendu compte que cela fonctionnait. […] Nous
verrons d’ailleurs qu’il ne s’agit aucunement d’une organisation gouvernementale. Il s’agit d’un CARTEL !
Ils ont créé un CARTEL bancaire et l’ont rendu légal, conformément à la loi. Personne n’apprendra cela à l’école. Un troisième élément s’ajoute à
cette histoire : ce CARTEL s’est associé au gouvernement.
Lorsque l’on forme un partenariat, toutes les parties doivent profiter de certains avantages. Qu’est-ce que le gouvernement gagne avec tout cela ? Examinons
ensemble par quel mécanisme le gouvernement fédéral crée l’argent. Comment est-ce que l’argent voit le jour ? […]
[…] Le Congrès a besoin d’argent et en quantité beaucoup plus importante que ce qu’il perçoit en impôts. Les impôts représentent une fraction de ce que le Congrès
requiert pour fonctionner. Comment peut-il dépenser plus que ce qu’il touche en impôts ? Etudions son mode de fonctionnement… Supposons que le Congrès ait besoin d’un milliard de dollars
pour payer les dépenses du jour. […] Puis, le Congrès passe par l’imprimerie non pas pour faire imprimer de l’argent, mais plutôt des certificats. De beaux billets où apparaissent, dans la
partie supérieure, un aigle et la mention : Bon du Trésor des Etats-Unis (billet ou promesse, suivant la date d’échéance). En fait, ce sont des reconnaissances de dettes et le Congrès
espère qu’elles inciteront les gens à emprunter au gouvernement en retour. Plusieurs personnes le font parce qu’elles ont entendu dire qu’il s’agit de l’un des meilleurs investissements à
faire. […] Cela signifie que le gouvernement s’engage solennellement à vous rendre votre argent avec des intérêts, même s’il doit vous prendre tout ce que vous possédez en impôts pour y
arriver.
Puis, les représentants du Congrès et du Trésor se rendent ensemble jusqu’à l’immeuble de la Réserve fédérale. La Fed les attend. Elle rédige
immédiatement un chèque d’un milliard de dollars au Trésor des Etats-Unis. Qui a payé ce milliard de dollars ? La réponse : il n’existe pas. Il n’y a même pas de
compte de chèques, seulement un livret. De l’argent instantané. […] Le gouvernement peut ainsi accéder instantanément au montant d’argent qu’il désire et au moment qu’il le souhaite, sans avoir
besoin de demander l’approbation des contribuables sous forme d’impôt direct. […] Le gouvernement fait partie de ce partenariat pour cette raison. Toutefois, on peut se demander pourquoi le
CARTEL bancaire y participe également.
Le CARTEL bancaire est impliqué dans ce partenariat parce que le trésorier-payeur général prendra le chèque d’un milliard de dollars et le déposera dans
le compte de chèque du gouvernement qui se trouve à la Réserve fédérale. A ce moment, l’ordinateur indiquera que le compte du gouvernement contient un milliard de dollars instantanés.
Cela signifie qu’à partir de cet instant, le gouvernement peut émettre des chèques gouvernementaux d’un montant égal. Prenez l’exemple d’un chèque de 100$ libellé au nom d’un employé des
postes. Cette personne ne croirait pas que cet argent n’existait pas deux jours plus tôt. D’ailleurs, elle ne s’en soucierait pas puisqu’elle peut le dépenser. L’argent se trouve maintenant
ailleurs qu’à la Fed ou qu’entre les mains des partenaires du gouvernement, c’est-à-dire du côté bancaire commercial. Le banquier se dirige alors vers la fenêtre des prêts et
annonce : »Puis-je avoir votre attention s.v.p.? Nous avons de l’argent à prêter. » Maintenant, tout le monde est heureux et pourtant, chacun d’entre eux ressent de
l’inquiétude face au maigre montant de 100$. Alors, le banquier les rassure en disant de ne pas s’inquiéter parce qu’il peut leur prêter 900$. Comment est-ce possible?
Comment est-ce que les banques peuvent prêter un montant de 900$ alors que la somme déposée n’était que de 100$ ?
Voici la réponse.
Le système de la Réserve fédérale exige des banques qu’elles gardent en réserve au moins 10% des dépôts effectués. Elles doivent conserver $10 par tranche de 100$
et prêter la différence, soit 90$. Puis, dès qu’un citoyen emprunte ce 90$ et le dépose dans son compte de chèques, le même cercle vicieux recommence et ainsi de suite.
D’où venait tout cet argent ?
La réponse est la même : l’argent n’existait pas. Il est apparu au moment précis où quelqu’un fit l’emprunt. Rappelez-vous. L’argent créé à
partir de rien et remis au gouvernement, a été dépensé par ce dernier pour réaliser ses projets. D’autre part, les banques n’ont pas dépensé l’argent créé à partir de rien pour elles, elles
nous l’ont plutôt prêté afin que nous réalisions nos projets. Toutefois, elles perçoivent de l’intérêt sur les prêts ! C’est la raison pour laquelle le CARTEL bancaire est
partenaire dans cette affaire. Tout cela est légal. On charge de l’intérêt sur rien. Cependant, le processus ne s’arrête pas là.
Cet argent créé à partir de rien se retrouve dans le système économique et ces nouveaux dollars diminuent la valeur de ceux qui y circulent déjà. On peut comparer
ce phénomène au principe de délaiement de la soupe. Lorsqu’une soupe est trop épaisse, on y ajoute de l’eau pour la diluer. Les prix commencent alors à augmenter et l’inflation s’abat sur
l’économie. En fait, contre toute apparence, on a l’impression que les prix augmentent. Et le mot apparence est juste. En théorie, les prix n’augmentent pas. En réalité, la valeur des dollars
diminue. Si l’argent des Américains valait le prix de l’or, de l’argent ou d’un tout autre effet de commerce tangible et qu’il n’ait pas été créé à partir de rien, les prix resteraient fixes.
[…]
[…] Depuis la création de la Réserve fédérale, nous vivons dans un cycle économique en dents de scie. Si vous ne pouvez effectuer vos paiements, les banques vous
prennent tout. Ceux qui profitent de votre perte et qui achètent le pouvoir sont le gouvernement et les Cartels Bancaires.
Pour résumer la situation, voici la vérité au sujet de l’argent : soulignons et comprenons d’abord l’importance de certaines réalités fondamentales de notre
système bancaire et monétaire. Tout l’argent que les banques émettent et font circuler est produit sous forme de prêt. Cet argent comporte donc un coût, c’est-à-dire de l’intérêt. Lorsque les
gouvernements permettent aux banques d’émettre la masse monétaire d’un pays, ils doivent percevoir des taxes afin que les banques puissent récolter de l’intérêt sur l’argent qu’elles ont créé.
Cela dévalorise automatique-ment les citoyens puisque les banques ne créent jamais d’argent pour payer l’intérêt imposé par l’utilisation de leur argent, mais seulement le principal. En
conséquence, pour acquitter l’intérêt, on puise inévitablement dans l’actif du pays et des citoyens par des mécanismes tels que la création de dettes, les faillites et les
forclusions. On prélève, de surcroît, des taxes à la source pour accélérer les processus. Une société qui admet et qui accepte que l’on utilise l’argent des banques plutôt que
sa propre devise créée librement par elle expose inéluctablement ses citoyens au cycle économique des dépressions et au désarroi de la population.
[…] Ce modèle de partenariat fut conçu en Europe, au 16e siècle. On l’expérimenta et le perfectionna éventuellement avec la formation de la
Banque d’Angleterre en 1694. A partir de cette date, tous les gouvernements européens ont utilisé ce mode de fonctionnement. Bien entendu, ils ne l’ont pas appelé le mécanisme
de Mandragore, mais plutôt la Banque centrale. Amener ce mode de procédé en Amérique exigeait qu’on le nomme différemment. Alors, après un long débat, ses créateurs, qui commencèrent par lui
trouver le nom « Fédérale », parce que cela évoquait une opération gouvernementale, optèrent ensuite pour le mot « Réserve » afin que l’on croie à
l’existence de réserves en un certain endroit. Enfin, ils ajoutèrent le mot « Système » parce qu’il semblait beaucoup plus important qu’il en a l’air aujourd’hui.
Souvenez-vous de la première concentration new-yorkaise du pouvoir – ils devaient convaincre les Américains qu’ils créaient un système réunissant plusieurs banques et non une seule. Construire
d’énormes édifices bancaires à travers le pays. Nous savons maintenant que ce que nous avons obtenu n’a rien de fédéral, que les réserves n’existent pas, qu’en réalité, le système ne répartit
pas ses pouvoirs et que les Réserves fédérales ne sont pas des banques.
Ils ont monté cette brillante manipulation de toute pièce puis l’ont vendue aux Américains. La première ébauche du projet de loi sur la Réserve fédérale
s’appelait la Loi Aldrich (the Aldridge Bill) parce que le sénateur Aldrich lui accordait son appui. Paul Warburg lui déconseilla toutefois d’agir ainsi parce qu’à son avis, le Congrès voterait
contre ce projet de loi étant donné qu’on identifiait trop souvent Aldrich à des grandes entreprises. Toutefois, l’ego du sénateur Aldrich était tellement gonflé qu’il présenta tout de même le
projet de loi Aldrich au Congrès. Warburg avait raison. Le Congrès refusa de l’accepter. Ce fut un contre-temps mineur. Ils retirèrent alors le nom d’Aldrich du projet de loi et trouvèrent
quelques démocrates millionnaires (le parti ami des petits contribuables) afin que ceux-ci y apportent leur appui. Ces hommes s’appelaient Carter Glass, de la Chambre des représentants, et le
sénateur Owen, un banquier lui-même très respecté au sein du Sénat. Puis, on changea le nom du projet de loi pour le Glass-Owen (the Glass-Owen Bill). Aldrich et Vanderlip commencèrent
alors à répondre à des entrevues pour condamner le projet de loi… qu’ils avaient eux-mêmes écrit. Ils affirmaient que ce système ruinerait les banques et la nation. Le grand
public se dit alors : « si les grands banquiers ne sont pas en faveur de ce projet de loi, il doit alors s’agir d’un très bon système. » Une grande déception
planifiée ! Il va sans dire que l’on comprenait parfaitement le fonctionnement de la psychologie de masse. Pendant ce temps, les mêmes individus finançaient secrètement des
messages pour louanger le nouveau projet de loi sur la Réserve fédérale. Ils donnèrent de l’argent aux universités. Ils établirent de nouveaux départements d’économie. Ils sélectionnèrent les
professeurs et les directeurs de ces départements parmi leurs gens. Ces professeurs commencèrent à vanter les mérites de ce nouveau et merveilleux système. […]
(…) La Loi fut adoptée majoritairement le 22 décembre 1913, avec l’appui du Congrès et du public. La créature quitta finalement l’île
Jekyll pour s’installer dans le district fédéral de Washington.
[…] Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale affirme qu’ils font cela pour aider les gens, pour stabiliser l’économie, afin que le peuple américain n’ait
pas à subir une inflation démesurée ! Depuis sa création, la Réserve fédérale a présidé les Krachs de 1921 et 1929, la Grande dépression de 1929-1939, les récessions des années 53, 57, 69,
75 et 81 et le lundi noir de 1987, où 22% des valeurs totales de la Bourse chutèrent en une journée. Nous savons tous que la dette des entreprises monte en flèche, que les dettes personnelles
s’accroissent démesurément. Les faillites d’entreprises et personnelles n’ont jamais été si nombreuses. Les banques et les sociétés de crédit immobilier n’ont jamais essuyé un si grand nombre
d’échecs. L’intérêt sur la dette nationale ronge la moitié de nos dollars imposés. L’industrie lourde est maintenant presque entièrement remplacée par des compétiteurs outre-mer. Pour la
première fois dans l’histoire, nous faisons face à une balance commerciale internationale déficitaire. Des étrangers possèdent maintenant 75% du quartier centre de Los Angeles et des autres
régions métropolitaines. Plus de la moitié de la nation est officiellement en récession. Voici les résultats scolaires obtenus par le système de la Réserve fédérale après 80 années d’une
prétendue stabilisation de notre économie. La Fed n’a pas atteint ses objectifs.
Pourquoi ? Parce qu’à mon avis, ces derniers n’ont jamais été ses buts réels!
Quels sont les véritables objectifs de la Fed ?
Quels buts réels un CARTEL quelconque peut-il viser? Tous deux cherchent à accroître les marges bénéficiaires des membres et à stabiliser leur situation sur le
marché. En gardant cela à l’esprit, une image différente s’offre maintenant à nos yeux. Ils remportent un grand succès. Les banquiers de l’île Jekyll voulaient atteindre trois
objectifs :
1- Mettre un terme à l’éparpillement de leur pouvoir pour le concentrer à New-York. (…)
2- Renverser la tendance de ce qu’ils appelaient la formation du capital privé. Ils ne voulaient pas que les individus dépensent leur propre argent. Ils
désiraient que tout le monde aille à la Banque pour se procurer de l’argent. En début de siècle, la formation de capital privé tendait à s’établir et plus particulièrement en affaires.
Les entreprises investissaient certains de leurs profits dans un fonds. Ce capital prenait de la valeur, puis les dirigeants de ces entreprises utilisaient leur propre argent pour construire
des usines, organiser la recherche et le développement ou pour faire quoi que ce soit d’autre. Les banques n’appréciaient pas cette tendance. Elles voulaient inciter les entreprises à
recommencer à emprunter leur argent. […]
3- Transférer les pertes inévitables des banques aux contribuables au nom de la protection des gens. Ceux-ci sont les véritables objectifs de la
Réserve fédérale.
Quel fut le bilan de cette « opération » ?
1- Ont-ils réussi à garder le contrôle en ce qui a trait aux grandes banques new-yorkaises ? Oui !
2- A-t-elle réussi à renverser la tendance à former du capital privé ? Oui ! La réduction des taux d’intérêt durant certaines périodes allécha
les individus et les entreprises à un point tel qu’il eût été fou de ne pas en tirer profit. Pourquoi économi-ser votre argent ? C’est stupide ! Alors, ces derniers se ruèrent dans
les banques et empruntèrent considérablement. Puis, l’économie vacilla. Par conséquent, ils ne purent rembourser leurs dettes et durent déclarer faillite.(…) Une fois encore, la Réserve
fédérale obtient un « A » grâce à sa devise souple. Elle est parvenue à renverser la tendance de la capitalisation privée.
3- Transférer les pertes inévitables des banques aux contribuables au nom de la protection des gens.[…]Des entreprises
majeures telles la Penn Central Railroad and Lockheed Corporation en 1970, la Commonwealth Bank of Detroit en 1972, la ville de New York en 1975, la Chrysler
Corporation 1978, la First Pennsylvania Bank en 1980, la Continental Illinois, la plus importante banque à ce jour, en 1982 et de nombreux pays, qui n’arrivaient pas à
effectuer les paiements auparavant, les font maintenant grâce à l’argent prêté par le Fonds monétaire international et la World Bank. Ces derniers ont obtenu cet argent de la Réserve
fédérale qui l’a, elle, obtenu de vous et moi à travers le mécanisme de Mandragore.
Comme dernier sujet de ce chapitre, nous aborderons le thème de l’usure. Qu’est-ce que l’usure ? Un intérêt de taux excessif. Autrefois (au
temps biblique), on définissait l’usure comme un intérêt sur un prêt. Aujourd’hui, cela signifie intérêt excessif sur un prêt. Thomas Edison disait que les gens qui ne contribuaient en rien à
un projet, en récoltaient plus d’argent que ceux qui y investissaient tout le travail et les matériaux. Je me suis imaginé que sur le prix d’une maison de 100.000$, 30.000$ serviraient à payer
les frais de l’architecte, le terrain, les permis, etc. Le reste de l’argent, soit 70.000$, permettrait de payer les matériaux de construction et les travailleurs. J’ai supposé que l’acheteur
irait à la banque pour déposer 20% du montant total et faire un emprunt sur 30 ans à un taux d’intérêt de 10%. En calculant tout cela, vous arriverez à la même conclusion que moi :
l’acheteur payera plus de 172.741$ en intérêt à la banque, comparativement aux 70.000$ versés aux travailleurs. En d’autres termes, la banque gagnera 2,5 fois plus que les autres. Cet argent
fut créé à partir de rien. Charger 172.741$ d’intérêt sur rien est excessif. Il est temps de donner une nouvelle définition au mot usure : tout intérêt chargé sur tout prêt d’argent créé à
partir de rien. Cet exemple de maison de 100.000$ ne représente qu’un infime petit grain de sable dans le désert du Sahara. Vous devez multiplier ce procédé par toutes les maisons, tous les
hôtels et les gratte-ciel, tous les avions à réaction, les automobiles, les usines, tous les entrepôts et sur toutes les fermes et leurs équipements de l’Amérique pour obtenir le montant
récolté par les banques. On parle ici d’une rivière de richesses non gagnées et flottant continuellement à l’intérieur du CARTEL bancaire qui est tellement éparpillé qu’il nous est impossible à
imaginer. La somme totale dépasse tout entendement. Cet argent devrait revenir à ceux qui travaillent pour le produire et non à ceux qui ont monté un extraordinaire racket !
Où va cet argent?
Lorsqu’on possède tout l’argent nécessaire pour s’offrir tous les petits plaisirs de la vie, que reste-t-il à acquérir ? LePOUVOIR !
Les membres du CARTEL bancaire utilisent cette rivière de richesses pour se procurer le pouvoir à nos dépens. Ils achètent le monde avec cet argent. Ils
contrôlent les sociétés et les institutions qui offrent leurs directions et leurs orientations à des gens qui dépendent, vivent et agissent en fonction de ces dernières. Sur le plan technique
et en termes sociologiques, on les appelle des centres de pouvoirs. Ils achètent l’influence et le contrôle de leurs dirigeants. Ce qui signifie qu’ils achètent politiciens, partis
politiques, réseaux de télévision, réseaux câblés, journaux, magazines, agences de publicité, agences de presse, studios cinématographiques, universités, syndicats de travailleurs, organismes
religieux, associations commerciales, institutions à but non lucratif, sociétés multinationales, mouvements de scoutisme pour garçons et filles, et ainsi de suite. N’importe quel
groupe qui exerce une influence constitue une cible parfaite pour accroître ce contrôle. Et plus précisément, ceux qui s’opposent à eux. Ce phénomène existe dans la plupart des pays
industrialisés. Il est absolu dans plusieurs pays en voie de développement. Ils ont acheté ces pays. »
Voilà la cause profonde de la grande misère du monde… et l’une des raisons majeures pour laquelle l’attentat du 11 septembre 2001, à New York, devait servir
d’événement catalyseur pour une Troisième Guerre mondiale, comme il en fut de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, en juin 1914, pour la Première Guerre mondiale. Le système mis en
place à l’issue de cette réunion sur l’île de Jekyll est en train de s’écrouler littéralement, comme l’a annoncé David Rockefeller en 1994… 2012 verra donc bien cette « bonne crise
majeure ».
Mesdames, Messieurs les Parlementaires, Mesdames et Messieurs,
Lorsque le Président de la République m’a fait l’honneur de me confier la charge du ministère de la défense, je me
suis fait une promesse : celle de conduire ma mission avec un souci constant, celui de la vérité et de la sincérité que j’estime devoir aux hommes et aux femmes qui s’engagent au
service de leur pays ; avec aussi la volonté de respecter leur engagement, qui repose sur les valeurs de disponibilité, de courage, de sens de l’Etat et, pour les militaires, d’esprit
de sacrifice.
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Alors aujourd’hui, au moment où le chef de l’Etat, chef des armées, vient de rendre public le nouveau Livre blanc
sur la défense et la sécurité nationale, qui fixe un cap à nos armées pour les douze ans qui viennent, au moment de vous en exposer les principales conclusions, je souhaite vous
inviter à un exercice de vérité et d’ambition à la fois. Vérité sur une situation difficile, la vôtre, la nôtre, celle de ce ministère. Ambition pour un projet porteur d’espoir
et d’avenir, si nous savons et pouvons le mener à bien.
Le Président de la République, chef des armées, a donc rendu public le nouveau Livre blanc ce matin, après l’avoir
approuvé en conseil de défense. Il a remercié la commission et son président, Jean-Marie Guéhenno, et a acté les grandes priorités de notre politique de défense.
Ce sont ces priorités que je veux partager avec vous. Le Président prononcera lui-même un discours important sur la
politique de défense le 24 mai prochain.
J’ai souhaité vous réunir dès maintenant, alors que de grandes orientations viennent d’être arrêtées. D’autres
rendez-vous viendront, car nous n’avons pas encore, à ce jour, les réponses à toutes les questions. Et c’est bien normal. Ce Livre blanc est une première étape, il fixe un cadre
général. Dans trois mois, je vous réunirai à nouveau pour vous présenter la loi de programmation militaire pour les années 2014-2019, qui précédera elle-même le budget
2014.
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Notre défense est, à bien des égards, devant une situation difficile, mais nous avons un projet ambitieux,
élaboré ces derniers mois avec vos chefs, dans le double souci, qui nous rassemble, des intérêts de la France et de l’efficacité de sa défense. Ce projet, je suis fortement
déterminé à le réaliser avec vous.
Je voudrais partir de la question simple, essentielle, que nous avons pris le temps de nous poser, le
Président de la République et moi- même, il y a maintenant plus d’un an :Pourquoi un
nouveau Livre blanc ?Il faut rappeler ici plusieurs éléments de contexte.
Nous savons tous que la loi de programmation militaire 2009-2014, qui avait été conçue avant la crise, je dirais
même les crises, qui se sont succédées depuis l’été 2008 jusqu’à celle de la dette européenne, cette programmation, donc, n’était plus soutenable. Je rappelle que l’endettement de
notre pays pose en lui-même un grave problème de souveraineté : il y va de notre indépendance.
En prenant mes fonctions, j’ai trouvé un ministère dans une situation financière critique. En juillet 2012, la Cour
des comptes elle-même a relevé un écart d’au moins 3 milliards d’euros entre les prévisions et les réalisations. Cet écart ne pouvait que s’accroître encore de façon vertigineuse,
si de nouvelles orientations n’étaient pas prises.
Ce n’est pas, hélas, la seule illustration de cette situation. Le report de charges du ministère, c’est-à-dire le
montant des factures que nous ne sommes pas en mesure d’honorer en fin d’année, ce report de charge s’élève à plus de 3 milliards. Chacun sait par ailleurs que les coûts d’entretien
des matériels ont explosé ces dernières années. Or, leur dotation financière était insuffisante en programmation, ce qui affecte l’activité opérationnelle. Je
veux sortir du déni de réalité et vous
dire par exemple que les annuités d’investissement prévues par le modèle 2008 étaient irréalistes, parce que 40% supérieures aux capacités de financement réelles.
Donc, le modèle d’armée de 2008, sans doute trop optimiste, mis en œuvre avant les crises, était donc devenu
clairement inatteignable, au plan financier. Cela était aussi vrai au plan opérationnel. J’observe à cet égard, que les plus hauts responsables militaires ont souligné dès le début
de l’année 2011 – je sais que l’amiral Guillaud, qui a toute ma confiance, ne me contredira pas – que les contrats opérationnels prévus dans le précédent Livre blanc et la loi de
programmation en vigueur étaient déjà, en pratique, inaccessibles.
Le constat est aussi alarmant sur le plan de l’organisation. Je ne connais pas de ministère qui ait connu autant de
réformes depuis 1997, avec des réussites bien sûr, mais aussi avec des échecs. Il est vrai que la révision générale des politiques publiques, la RGPP, a donné lieu pour sa part à
des réformes appliquées de façon souvent trop brutales, surtout, à mon sens, sans validation préalable des améliorations à en attendre effectivement dans le fonctionnement de tous
les jours. Je pense, notamment, à la mise en place des bases de défense, qui a généré des difficultés parfois considérables dans la vie quotidienne des forces ; je pense aussi au
système des soldes, pourtant élémentaire, faut-il le redire, dans un ministère chargé des armées. Et vous
savez que cette situation inadmissible m’a conduit à prendre en main personnellement ce dossier.
Cet ensemble de difficultés justifiait à lui seul une remise à plat. Voilà pour le premier constat.
Au-delà, il fallait tirer les conséquences des bouleversements importants intervenus depuis 2008 dans notre
environnement, bouleversements qui sont pour certains économiques, et pour d’autres d’ordre géopolitique et géostratégique.
Il y a d’abord eu les crises économiques et financières, qui ont particulièrement frappé le monde occidental, à
plusieurs reprises, comme le montre la situation de plusieurs de nos partenaires européens et même des Etats-Unis. Cette situation, rare par sa gravité, nous plonge dans une crise qui
n’a que peu de précédents, où le modèle économique des pays occidentaux est remis en cause, où leur poids relatif dans l’équilibre des puissances est affaibli. Il s’agit là d’une
donnée nouvelle, qui peut toucher le cœur même de la souveraineté des Etats, avec une pression de la dette publique qui atteint des niveaux inconnus jusque-là. Une pression qui a
d’ailleurs conduit la quasi-totalité des grands Etats occidentaux à réduire leurs dépenses militaires, vous le savez bien. Il fallait en prendre acte et c’est aussi la démarche de ce
nouveau Livre blanc.
Mais les bouleversements ont aussi été d’un autre ordre, modifiant en peu de temps mais en profondeur notre
environnement géopolitique et géostratégique : je pense à la modification de la politique étrangère américaine, avec la fin des guerres en Irak et en Afghanistan, et le
rééquilibrage vers l’Asie ; je pense aux révolutions arabes, qui ont fait naître des espoirs mais qui aujourd’hui font redouter des situations d’instabilité grave, comme on le
constate chaque jour en Syrie ; je pense aussi aux nouveaux développements du terrorisme international, et notamment aux tentatives de prise de contrôle de la bande sahélienne par des
groupes se réclamant d’Al Qaida.
Sur ces bouleversements et sur les risques futurs pour la sécurité de la France, le Livre blanc de 2013 présente
une vision clarifiée et renouvelée, en distinguant trois catégories de dangers : les menaces de la force, les risques de la faiblesse, et l’impact de la mondialisation.
Les menaces dites de la forcerecouvrent les possibilités de résurgence de conflits entre Etats pouvant toucher la sécurité de l’Europe, la prolifération nucléaire,
balistique ou chimique, ou encore le développement des capacités informatiques offensives de certaines puissances.
Les risques de la faiblesse,quant à eux, rassemblent les conséquences négatives pour la stabilité et la sécurité internationale de la défaillance
de
certains Etats à exercer les
fonctions de base de la souveraineté, favorisant ainsi le terrorisme, les trafics ou les atteintes à nos voies d’approvisionnement par exemple.
La mondialisation,enfin, intensifie la puissance d’un certain nombre de menaces : prolifération; terrorisme d’inspiration djihadiste ; attaques dans le cyberespace
; ou encore agressions dans l’espace extra-atmosphérique.
Ce bref tableau suffit à montrer, comme le Président de la République le relevait dans son intervention
télévisée le 28 mars dernier, que les risques et les menaces qui pèsent sur la France et l’Europe sont loin d’avoir diminué depuis 2008.
Dans ce contexte sombre, et en dépit des difficultés de gestion croissantes dont j’ai parlé il y a un instant, nos
armées font tous les jours la preuve de leur valeur, de leur efficacité comme de leur capacité d’adaptation aux engagements qui leur sont demandés. Je veux le souligner.
Depuis ma prise de fonctions, le 17 mai dernier, j’ai moi-même pu vérifier régulièrement, sur le terrain, -et je
poursuivrai dans cette voie-, l’immense qualité de nos forces et le professionnalisme, le dévouement, le courage, des hommes et des femmes qui les composent.
Je pense à nos moyens aéroterrestres déployés en Afghanistan ou au Mali, où je me trouvais encore il y a 48
heures. Je pense à nos capacités navales et aéronavales, capables de rivaliser avec les meilleures, comme je l’ai constaté lors de l’exercice franco- britannique Corsica Lion. Je
pense encore à la crédibilité de notre force de dissuasion, sous la mer ou dans les airs.
Il est clair, et j’en ai conscience avec vous, que ces réussites opérationnelles sont le fruit de la formation, de
l’entraînement et d’un niveau d’activités qui doivent être ceux d’une armée professionnelle comme celle de la France. Tout cela implique aussi des investissements, un haut niveau
technique et une volonté d’ouverture internationale. Cela repose également sur l’existence d’une industrie de haute technologie autant que compétitive, capable de fournir à nos
armées une bonne partie des moyens dont elles ont besoin pour remplir leurs missions.
A côté de la situation critique sur le plan de la gestion et du financement, nous avons donc une défense dont nous
pouvons être fiers, qui est reconnue à travers le monde pour ses qualités opérationnelles, technologiques et humaines.
Tout le défi pour le Président de la République, le Gouvernement et moi-même, est bien là. Comment maintenir et
adapter cet outil
remarquable, devant des menaces qui ne vont pas baisser, dans uncontexte économique et financier qui exerce une
contrainte sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ?
A cette question, le Livre blanc apporte des premières réponses fortes. C’est un Livre blanc d’ajustement au réel
de notre programmation et de maintien de nos ambitions pour l’avenir. Compte-tenu de la situation que je viens de rappeler, une remise à plat s’imposait, un retour au réalisme, à la
cohérence et à la sincérité entre les prévisions, les objectifs et les moyens qui composent ensemble notre politique de défense.
Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale nous permet précisément de conjuguer ces deux impératifs
de souveraineté : la sauvegarde d’une défense à même de garantir la sécurité de la France et ses responsabilités dans le monde ; et le redressement de nos finances publiques, dont
la dégradation et la fragilité actuelle sont un autre enjeu de souveraineté pour la France.
Le Président de la République a décidé de concilier le respect de ces deux impératifs, à partir de quatre
orientations majeures.
Premièrement, le maintien dans le temps de l’effort consacré par la
Nation à sa défense,en dépit de la contrainte financière considérable qui s’exerce sur le budget de l’Etat.
Comme l’a indiqué le Président de la République, la France ne baissera pas la garde. Le modèle d’armée que nous
portons pour la période qui nous sépare de 2025 garde un haut niveau d’ambition, fondé sur la mobilisation d’un total de 364 milliards d’euros. Pour ce qui est de la loi de
programmation militaire, nous avons convenu d’un montant de 179,2 milliards en euros constants pour 2014-2019. Notre entrée en programmation est fixé à 31,4 milliards, soit le même
niveau qu’en 2012 et 2013 ; il nous appartiendra de préserver cette stabilité financière, réaffirmée avec force ce matin même par le Président de la République.
Cette stabilité même exigera des efforts importants, mais la France restera le deuxième budget militaire de l’Union
européenne. Elle consacrera à sa défense, en moyenne, 1,76% du PIB, en normes OTAN, d’ici 2020.
Pour certains, ce niveau apparaîtra comparativement faible, puisque la part de la défense dans le PIB cette année,
selon les mêmes critères, est de 1,9%. Pour d’autres, il sera jugé encore trop élevé au regard des sacrifices consentis dans plusieurs domaines de l’action publique. En ce qui me
concerne, j’y vois un effort équilibré, adapté à la situation de nos finances publiques et aux besoins du nouveau modèle que nous venons de décider. Au total, c’est à ce prix que
peuvent être maintenues l’autonomie stratégique de la France et sa capacité à assumer ses responsabilités internationales.
Deuxièmement, l’adoption d’un modèle d’armées efficient, reposant
sur une stratégie militaire renouvelée.Je vais bien évidemment m’y arrêter un instant, car c’est pour moi le cœur du Livre
blanc 2013.
Ce Livre blanc dessine une stratégie générale caractérisée par une articulation nouvelle detrois missions fondamentales: la protection de la
France et des Français, la dissuasion nucléaire, l’intervention extérieure. C’est une définition, je crois, simple et claire de nos priorités.
La protection du territoire et de la populationreste première dans notre stratégie, mais ne saurait être assurée sans la capacité de dissuasion et d’intervention.
La dissuasionconstitue
quant à elle la garantie ultime contre les agressions ou menaces d’agression d’origine étatique qui cibleraient nos intérêts vitaux – et que nous ne pouvons exclure, pour l’avenir
prévisible. Elle permet notamment d’écarter tout chantage qui voudrait paralyser la liberté d’appréciation, de décision et d’action de la France.
L’intervention des forces à l’extérieur du territoire
national,enfin, confère à la sécurité de la France la profondeur stratégique qui lui est indispensable, bien au-delà de
son territoire. Elle conforte par là- même la crédibilité de la dissuasion et assure la protection de nos intérêts de sécurité dans le monde.
Sur cette base, le Livre blanc prévoit une convergence accrue entre les fonctions stratégiques identifiées en 2008,
qu’il conforte et amplifie, marquant ainsi la continuité de notre politique de défense.
Aussi, pour assurer les trois missions que je viens d’évoquer, nous avons retenuquatre principespour définir les contrats opérationnels et le
modèle d’armée qui découlent de cette stratégie: l’autonomie
stratégique, la cohérence, la différenciation des forces, enfin la mutualisation des moyens.
Le principe d’autonomie stratégiquevient en premier. Le Président de la République l’a déjà indiqué, il s’agit pour la France de disposer à tout moment de sa liberté
d’appréciation, de décision et d’action, et d’être en mesure de prendre l’initiative d’opérations qu’elle estimerait nécessaires pour ses intérêts de sécurité. Il s’agit aussi,
lorsque nous engageons nos forces dans le cadre d’alliances ou de coalitions, de pouvoir y assumer, en toute souveraineté, un rôle conforme à nos objectifs politiques.
Le deuxième principe est celui dela cohérence du modèle avec la diversité des missionsdans
lesquelles la France est susceptible d’engager ses armées. Le spectre des missions est large, depuis la protection du territoire jusqu’aux opérations majeures de coercition, en passant
par toute la gamme de la gestion des crises. Les assumer toutes est indispensable dans un monde caractérisé par l’imprévisibilité des atteintes à la sécurité nationale et
internationale.
La différenciationest
le troisième principe. Il consiste à équiper et entraîner prioritairement les différentes forces en fonction des exigences propres à leur mission. La différenciation se traduira
notamment par l’existence de moyens lourds, médians et légers au sein de chaque armée. Il s’agit aussi d’appliquer un principe de réalité,
en ne finançant les capacités les plus onéreuses que là où elles sont indispensables. Je ne suis pas dans le tout
technologique. Je veux un bon matériel, au bon moment, avec des soldats bien entraînés pour leur mission, et non pas exclusivement des merveilles technologiques, échantillonnesques et
coûteuses, que l’on mettrait sous cocon faute de crédits et d’entraînement.
Le quatrième principe estla mutualisation,qui conditionne aussi la possibilité d’une
armée efficiente. Il s’agira, lorsque cela apparaît nécessaire, d’affecter un noyau de capacités polyvalentes et rares à plusieurs missions, d’encourager le partage de certaines
capacités entre pays européens comme le ravitaillement en vol, ou de mettre les mêmes plateformes techniques à la disposition de plusieurs services de renseignement.
J’observe que ces quatre grands principes traduisent un changement d’orientation important par rapport aux décisions
prises depuis 1996 pour notre appareil militaire. Le Livre blanc de 2008 retenait d’ailleurs un principe de polyvalence des forces, qui devaient toutes être capables de s’engager dans
l’ensemble des missions et toutes être également modernisées. Le Livre blanc de 2013 tire les conséquences des nouveaux défis de la diversité qui se posent à nous et organise nos
forces avec efficience pour chaque type de mission. Cette orientation doit notamment nous permettre d’éviter de sacrifier excessivement les ressources humaines ou les volumes de moyens
nécessaires à l’action,
pour prix d’une modernisation technologique tous azimuts qui ne serait pas atteignable. Elle préserve l’avenir et les
possibilités d’accroissement de moyens en cas de nécessité.
Sur la base de ces quatre principes, le Livre blanc définit d’une part les principaux contrats opérationnels de nos
armées, d’autre part le modèle d’armées lui-même.
Les nouveaux contrats opérationnelsdistinguent les missions permanentes et non permanentes d’une façon que je vous résume rapidement.
Les forces armées devront être aptes à poursuivre en permanence la mission de dissuasion, reposant sur deux
composantes, toutes les deux confortées par le programme de simulation.
La protection permanente du territoire et de la population impliquera des moyens pour la surveillance des approches
aériennes et maritimes, d’une part, pour l’intervention sur le territoire national d’autre part ; les forces terrestres devront pouvoir fournir jusqu'à 10 000 hommes en renfort des
forces de sécurité intérieure et de sécurité civile.
Pour les missions, cette fois non-permanentes, de stabilisation et de gestion des crises internationales, les armées
devront pouvoir engager jusqu’à 7 000 hommes au total, relevables, répartis sur trois théâtres
extérieurs, ainsi que des unités navales dont un groupe Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) et une
douzaine d'avions de combat.
Pour les opérations de guerre et de coercition d’importance majeure, nos armées conserveront la capacité d’entrée
en premier dans les trois milieux, terrestre, naval et aérien, et pourront projeter des forces spéciales significatives, jusqu'à deux brigades interarmes représentant environ 15 000
hommes des forces terrestres, 45 avions de combat et un groupe aéronaval.
C’est une définition souple et exigeante des contrats opérationnels, plus réaliste aussi que celle du précédent
Livre blanc. Elle distingue pour la première fois des objectifs, qualitatifs et quantitatifs, adaptés à chaque type d’intervention de nos armées.
Le nouveau modèle d'arméequi permettra la génération de telles forces s'appuie d'abord sur un ensemble de capacités de haut niveau susceptibles d'assurer nos moyens de
commandement, de planification et de décision. Sur ce plan, j’ai tenu à ce que les armées françaises conservent la capacité de mettre sur pied des commandements de composantes
terrestres, maritimes et aériennes d'un niveau de corps d'armée ou équivalent.
Les capacités de renseignement,ce n’est pas une surprise pour qui a suivi les déclarations du Président de la République ou les miennes depuis un an, seront développées de
façon prioritaire, avec un effort accru de modernisation des ressources humaines, de renforcement de nos moyens techniques d'imagerie et d'interception électromagnétique, d’origine
spatiale, aérienne, navale et terrestre.
Le modèle d'armée inclut pour la première fois descapacités de cyberdéfensemilitaires, en relation étroite avec
le renseignement et la planification défensive et offensive, préparant ou accompagnant les opérations.
Les forces spécialesseront renforcées dans leurs effectifs, leur commandement, leur articulation avec les services.
Les forces terrestresreposeront sur une Force Opérationnelle Terrestre de l'ordre de 66 000 hommes projetables, comportant sept brigades interarmes : deux brigades
aptes au combat de coercition, trois brigades multi rôles, deux brigades légères. Le général Ract- Madoux est chargé de mettre en œuvre cette nouvelle organisation des forces
terrestres, qu’il a fortement soutenue.
Les forces navalesreposeront sur la FOST, avec ses 4 SNLE, des capacités de combat de premier plan pour les opérations de haute intensité et de gestion des
crises majeures, des unités de combat moins
puissantes pour assurer la présence en mer dans des contextes moins exigeants et des unités plus légères aptes au
contrôle des espaces maritimes. Cet ensemble, amiral Rogel, comprendra donc en particulier le porte-avions, 6 SNA, 3 bâtiments de projection et de commandement, 15 frégates de premier
rang, 6 frégates de surveillance et une quinzaine de patrouilleurs.
Les forces aériennesdisposeront de 225 avions de chasse - air et marine -, d'une cinquantaine d'avions de transport tactique, d'une douzaine d'avions ravitailleurs
multi rôles, de 12 drones de surveillance de théâtre, ces deux dernières capacités étant attendues depuis trop longtemps. Outre la mission permanente de dissuasion, elles seront
organisées, comme l’a souhaité le général Mercier, en un modèle réparti entre des capacités d’entrée en premier en opération, de frappe de précision dans la profondeur et
d'appui de la manœuvre terrestre, des capacités de gestion de crise ou de protection de l'espace aérien national, des capacités de transport et des capacités de surveillance et de
renseignement dans les zones de crise ou d'engagement.
Ce modèle prévoit par ailleurs toute leur place pour les organismes interarmées qui conditionnent l’efficacité de
nos unités sur le territoire et les théâtres d’opérations extérieures. Parmi eux, le Service de Santé des Armées joue un rôle essentiel pour le soutien des soldats comme
pour notre capacité de répondre à des risques majeurs. Son rôle sera consolidé par une réforme
ambitieuse.
Le modèle intègre enfin, comme une composante à part entière, uneréserveconfortée et modernisée, dans son double volet
opérationnel, pour les trois armées et la gendarmerie, et citoyen.
Un tel modèle est cohérent avec les engagements futurs tels que les décrit le Livre blanc. Certains nous accuseront
sans doute de procéder sans raison valable à des révisions à la baisse. A ceux-là, je réponds que la qualité de ces moyens et leur volume ont été jugés suffisants pour les
menaces les plus probables dans les douze années à venir. C’est un principe de sincérité et de réalisme qui nous a guidés. J’ajoute qu’il comporte des inflexions nouvelles qui le
rendent particulièrement adapté aux menaces à venir.
A l’inverse, d’autres nous accuseront d’immobilisme et de ne procéder à aucune rupture majeure par rapport au
modèle existant. A ceux-là, je réponds que nous avons effectivement étudié des modèles qui auraient conduit à des ruptures importantes, dans chaque secteur, terrestre, naval ou
aérien, ou même dans les trois. Il y a eu, c’est vrai, des tentations radicales ; je m’y suis opposé fermement. Ces modèles-là, nous les avons définitivement écartés, dès lors
que le Président de la République choisissait de maintenir notre effort de défense à un niveau significatif, grâce à la stabilité financière qu’il a rappelée
aujourd’hui, dans le souci de préserver la capacité de la France à faire face à la diversité des situations
possibles.
La viabilité de ce modèle nécessite la prise en compte d’un impératif industriel, et c’est ici
la troisième grande orientation arrêtée par le Président.
Le choix a été fait de préserver l’essentiel des secteurs industriels critiques, qui font de
notrebase industrielle et technologiqueun
instrument de la souveraineté et de l’autonomie stratégique de la France.
Avec 4000 entreprises, près de 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires, une capacité d’exportation dynamique et
un emploi industriel concernant environ 165 000 personnes, dont une grande part hautement qualifiés, l’industrie de défense est aussi un acteur clé pour la compétitivité de
l’économie française et pour l’emploi. Elle est enfin et doit rester un acteur du développement de nos régions.
Pour toutes ces raisons, le Président de la République a décidé le maintien d’un volume significatif de crédits
publics pour l’équipement de nos forces à l’horizon 2025. Nous avons également intégré dans ce modèle une priorité continue, sur toute la période du Livre blanc, en faveur des
études amont et de la recherche : elles seront maintenues au niveau atteint en 2013.
Certes, la modernisation de nos équipements, dont beaucoup sont, je le sais, vieillissants, se fera à un rythme plus
lent que ce qui était prévu en 2008. Mais, tant le niveau de ressources choisi que les principes directeurs du modèle d’armées que j’ai énoncés, nous permettront d’assurer
progressivement le renouvellement de toutes les capacités critiques indispensables à nos armées. Ce cheminement devra respecter les priorités clairement retenues par le Président, en
faveur des capacités de dissuasion, de renseignement et de projection de puissance.
En préservant le tissu industriel, nous préservons notre autonomie stratégique et du même coup notre capacité à
dynamiser l’économie française. C’est pourquoi, également, j’engagerai moi-même une politique résolue de soutien à l’exportation de défense, en recherchant des partenariats,
spécialement avec les pays désireux de nouer des relations stratégiques avec la France. C’est pourquoi, aussi, nous entreprenons activement la préparation du Conseil européen de la
fin de cette année, qui comportera un volet ambitieux en matière d’industrie européenne de défense.
La France doit en effet tirer le meilleur parti, pour sa défense, de la construction européenne
et de son insertion au sein d’alliances. C’est la quatrième orientation.
Le Livre blanc de 2013 souligne l’engagement historique de la France avec ses partenaires européens
dans une communauté de destin. Laconstruction européenneest donc un axe important de notre stratégie, j’y consacre pour ma part beaucoup d’énergie depuis des mois. C’est un enjeu fort pour les
opérations, comme on le voit avec le Mali et la mission EUTM. De même dans les capacités à mettre en commun, comme je l’ai dit à propos du principe de mutualisation, et comme nous
entendons le faire dans le domaine du ravitaillement en vol, du transport aérien, de l’aéronavale, des drones ou de l’espace. Il y a là des champs importants de coopérations futures.
Enfin, dans le rapprochement de nos industries qui doit impérativement connaître un nouvel élan dans les années à venir.
La démarche franco-britannique, initiée par les traités de Lancaster House de novembre 2010, est un excellent
exemple, que d’autres suivront je l’espère. Je l’ai prolongée par les accords conclus dès juillet dernier dans le domaine des drones de combat futurs et dans celui des drones
tactiques, ou encore par l’inclusion, toute nouvelle, du missile anti-navire-léger dans notre programmation, pour accélérer l’intégration de nos industries missilières. Nous avons
tout à gagner des interdépendances librement consenties.
Comme vous le voyez, il ne s’agit pas de rechercher je ne sais quelle relance idéologique de l’Europe de la défense,
mais au contraire de proposer à nos partenaires de l’Union européenne une démarche
pragmatique, fondée à la fois sur des projets concrets, une démarche politique et un souci d’optimisation de la
gestion de nos ressources.
Cet engagement et cette recherche d’intérêts partagés entre Européens vont de pair avec un
engagement plein et, je dois le dire, sans complexe de la France dans les structures militaires de l’Organisation atlantique.
L’Alliance atlantique est une composante essentielle de la stratégie de défense et de sécurité nationale. Cette
affirmation est conforme aux conclusions de la mission confiée à M. Védrine par le Président de la République, déjà rendues publiques. Le Livre blanc de 2013 est le premier qui
tire toutes les conséquences de cette pleine participation de la France à l’OTAN. Elle entend y jouer un rôle actif, par les responsabilités qu’elle assumera à tous les niveaux du
commandement militaire, comme par sa contribution aux opérations, à la planification, à la doctrine, comme enfin par la vision qu’elle entend promouvoir du rôle de cette alliance
militaire.
J’ajoute que notre volonté de développer une véritable stratégie de défense et de sécurité nationale, et de
maintenir à cette fin un effort de défense significatif dans les années à venir, nous permet et nous impose de conserver au sein de l’Alliance atlantique notre identité et notre
autonomie. Cette vision de l’Alliance est articulée avec le projet
que nous souhaitons faire partager pour l’Europe. Ces deux engagements sont étroitement complémentaires dans notre
stratégie.
Dans le contexte critique que j’ai rappelé tout à l’heure, où nos marges de manœuvre entre ce que nous devons et ce
que nous pouvons faire se tendent, le modèle d’armée qui se dégage des grandes orientations données par le Président de la République est le plus équilibré possible. En disant
cela, je ne me dissimule pas, et je ne vous cache pas, qu’il s’agit d’un modèle exigeant, difficile. C’est pourquoi je souhaite, avec lucidité, -c’est ma marque de fabrique-, évoquer
les épreuves que nous pouvons rencontrer dans sa réalisation.
D’abord la contrainte financière. Elle appelle un effort considérable d’ajustement par rapport à la tendance sur
laquelle le ministère de la Défense était lancé depuis plusieurs années.
La reconduction en valeur, pendant plusieurs années, de nos ressources globales de 2013, sans diminution, est une
orientation forte prise par le Président de la République. Mais elle impliquera des mesures importantes de réduction des coûts et du fonctionnement du ministère, alors que, dans
nombre de domaines, ces coûts sont tendanciellement à la hausse, à structure inchangée. En outre, comme depuis 2009, l’origine d’une partie de nos ressources sera extrabudgétaire. Je
n’ignore pas que ce sera un défi de réussir leur mise en place et leur cadencement à temps, au bénéfice de la défense. Sur ce point, ma détermination est totale : les objectifs de
recettes devront être atteints. Nul doute que le Parlement examinera avec attention ce volet de la future loi de programmation militaire.
Par ailleurs, les objectifs opérationnels devront être revus à la baisse par rapport à 2008 – mais il convient ici
de se rappeler que les précédents étaient devenus inaccessibles et que les capacités prévues répondent à l’analyse des risques.
S’agissant de l’activité opérationnelle, proprement dite, le modèle financier retenu prévoit une hausse des
crédits bénéficiant à l’activité et l’entraînement, en termes réels, sur toute la période. Dès mon arrivée, j’ai insisté sur la nécessité de conserver ces capacités
d’entraînement, dont nous pouvons constater tous les jours les résultats sur le terrain, par exemple au Mali. Je lance donc un examen détaillé des moyens qui nous permettront de
maintenir l’activité opérationnelle à un niveau compatible, pour toutes les forces, avec les exigences d’une armée professionnelle. Je suivrai cette évolution personnellement.
En troisième lieu, la politique d’acquisition des équipements sera revue. Les cibles de nos parcs doivent encore
être définies avec précision. Ce sera la tâche de la nouvelle loi de programmation. Mais le niveau et le rythme des livraisons seront ralentis par rapport aux prévisions, ce qui nous
contraindra, même si l’ensemble des programmes sont préservés, à des négociations complexes avec les entreprises et certains de nos partenaires européens : je sais pouvoir compter
sur Laurent Collet-Billon pour les mener. Dans chaque domaine, j’ai veillé à éviter toute décision de rupture.
Pour les mêmes raisons, certaines capacités devront s’appuyer, plus longtemps que prévu, sur des équipements
anciens mais efficaces. Cette situation d’attente ne se résorbera qu’au fur et à mesure de la remontée en puissance de nos capacités de financement. Avec l’amiral Guillaud et les
chefs d’état-major, nous assumons cette prise de risque, inhérente au modèle choisi, car nous nous organisons pour préserver l’essentiel, en combinant le maintien de la
quasi-totalité des programmes de modernisation et la mise en œuvre du principe de différenciation des forces.
En quatrième lieu, et ce n’est pas le moindre de nos efforts, le format des forces et du ministère dans son ensemble
est revu. Chacun ici s’y attendait. Mais nous avons décidé, c’est un choix important et qui n’était pas acquis à l’avance, de toucher le moins possible le format des forces
opérationnelles.
Le modèle retenu suppose que la contraction des effectifs se poursuive. Elle sera cependant sensiblement moins
importante que celle décidée en 2009, avec la suppression de 55 000 postes sur la période 2009-2015. La prise en compte des nouveaux contrats opérationnels approuvés par le
Président, l’impératif de la réduction de la dépense publique et celui de la rationalisation de l’administration, ont conduit, ensemble, à définir sur la durée une nouvelle
réduction d’environ 24 000 postes. Cette diminution
affectera le moins possible les unités opérationnelles et portera en majorité tant sur les services que sur les
administrations. Il s’agit là d’un mouvement conséquent, d’autant qu’il vient s’ajouter à plusieurs années de réformes et de déflations, mais je redis qu’il sera singulièrement
moins important que l’effort demandé en 2009.
En cinquième lieu, ce modèle implique, par voie de conséquence, de prolonger le mouvement de restructurations
déjà engagé par l’actuelle loi de programmation. Je suis bien placé par mes fonctions antérieures pour connaître l’impact que de telles décisions peuvent avoir sur les personnes
touchées, sur les territoires, sur les collectivités. Il faudra les accompagner, en prenant toujours la mesure des situations concrètes. Nous devons préserver au maximum les liens
essentiels qui unissent les armées à nos territoires, et leur implication dans la vie locale du pays.
Ces objectifs impliquent enfin de nouvelles réformes du ministère. Celles-ci concerneront sa gouvernance et les
grandes fonctions de l’administration et des services : ressources humaines, finances, soutien en particulier. Jean-Paul Bodin et le général de Villiers travaillent déjà conjointement
et avec beaucoup de pertinence sur ces projets. Il s’agit pour moi de répondre à deux objectifs.
D’abord, corriger les effets d’évolutions récentes parfois trop brutales, trop précipitées, de l’organisation et
de la gestion du ministère. Elles
ont conduit à une moindre efficacité de son action. L’administration du ministère a un devoir d’efficacité et
d’adaptation, compte-tenu de la mission difficile et essentielle qui lui est confiée.
Ensuite, optimiser la dépense, rechercher toutes les sources de productivité sur ce qu’on a l’habitude d’appeler «
le socle » du ministère. Cette démarche est, à mes yeux, indispensable pour respecter la priorité que nous entendons accorder aux forces opérationnelles. Vous remarquerez sûrement
que nous n’avons pas encore déterminé les formats globaux du ministère et des armées. Ce sera la tâche de la loi de programmation, une fois prises l’ensemble des décisions
nécessaires.
Je n’ignore pas le poids et le prix de ces efforts, bien au contraire. J’entends conduire le changement avec
détermination, mais aussi avec discernement. Je prendrai le temps qu’il faudra.
Dans la même perspective, je demanderai que soient inscrites dans la loi de programmation militaire les mesures
d’accompagnement social et économique qui s’imposent, pour réaliser effectivement les restructurations nécessaires. Je sais que, sans ces mesures, nous ne pourrons mener à bien le
projet que je vous ai exposé.
J’agirai donc dans un triple souci. Celui du respect des droits individuels. Celui de l’équilibre à trouver entre
les exigences du
service et la garantie de justes compensations, parce que je sais les obligations qui s’imposent aux personnels civils
et militaires du ministère. Le souci, enfin, de la recherche de l’équité entre des personnels relevant des différents statuts, mais appartenant tous à la même communauté de la
défense.
Si ce modèle d’armée est donc, à bien des égards, un modèle en situation de crise, qui nous permet
de faire face à la situation critique de nos finances publiques et singulièrement celles de la défense, il n’en reste pas moins un modèle qui permet de préserver l’essentiel pour le
pays. Plus encore, nous avons souhaité ouvrir l’horizon, en rapprochant notre défense des grands défis de sécurité qui sont devant nous. Au contraire d’un modèle d’urgence ou bien
de pure attente, c’estun modèle d’avenir et de long terme.
Ce Livre blanc dessine d’abord avec netteté, en la clarifiant et en la renouvelant, la vision de la France sur un
monde en pleine évolution. J’attire particulièrement votre attention sur ses développements concernant l’Afrique, l’environnement de l’Europe et l’Asie.
Notre présence enAfriquerepose sur l’espoir que dessine le formidable potentiel de
croissance du continent, en même temps que sur la prise en compte des défis de sécurité qui s’y posent. Comme l’a indiqué le Président de la République à Dakar en octobre dernier,
nos implantations militaires doivent devenir autant d’instruments de coopération, mais aussi le point d’appui de capacités flexibles et réactives au service des vrais besoins de
sécurité du continent.
Le Livre blanc fait de la stabilisation de l’espace situé au voisinage de l’Europe, sur ses marches orientales et
méridionales, une priorité géostratégique. Je souhaite qu’il en résulte une approche commune et
équilibrée, partagée par tous les membres de l’Union européenne, de leurs intérêts de sécurité.
L’Asie,quant à elle, se
trouve clairement au croisement d’enjeux stratégiques, pour toute l’Europe. Elle appelle donc de notre part une politique de présence et un engagement fort auprès de grands partenaires
stratégiques, comme l’Inde, et des pays émergents.
Au-delà, le Livre blanc de 2013 prend en compte des dimensions nouvelles de notre stratégie de défense et de
sécurité nationale. Je voudrais, là encore, en citer trois : le cyberespace, la sécurité maritime, et le durcissement des capacités auxquelles nos forces sont confrontées dans les
zones de crise.
La cyberdéfenseest une
nouvelle donne stratégique à laquelle le Livre blanc accorde une place majeure. L’interconnexion des systèmes d’information a créé dans notre société des vulnérabilités
nouvelles, qui n’ont pas été accompagnées d’un effort simultané de protection. Or l’hypothèse d’attaques informatiques majeures s’est renforcée depuis 2008, et le cyberespace est
devenu un champ de confrontations à part entière. L’enjeu n’est plus seulement le risque de déni d’accès ou de pénétration des réseaux à des fins d’espionnage, réalités déjà
considérables et avérées ; ce qui est en cause désormais, c’est la capacité de prise de contrôle à distance
ou même de
destruction d’infrastructures vitales pour notre pays, reposant sur des réseaux numérisés.
En la matière, le Livre blanc s’engage dans la voie d’une politique ambitieuse pour identifier l’origine des attaques
et pour mettre en place une capacité robuste et résiliente de défense et de riposte adaptées. Y compris des capacités informatiques offensives, associées à une capacité de
renseignement. C’est bien un champ stratégique nouveau qui s’est ouvert pour la défense, avec plusieurs axes d’effort. J’en citerai quelques-uns, en me référant, notamment, à
l’action du SGDSN : accroissement des moyens humains, renforcement de la sécurité des systèmes d’information de l’Etat, développement des compétences scientifiques, technologiques et
industrielles, mise en place de capacités de cyberdéfense militaire, défensive et offensive, mise en place d’une chaîne opérationnelle centralisée à partir du CPCO, création de
réserves opérationnelles et citoyennes. La tâche, on le voit, est urgente et considérable !
Dans un autre domaine,la
sécurité maritimes’est affirmée comme un enjeu d’importance croissante depuis 2008. Il concerne les routes maritimes qui
supportent des voies d’approvisionnement stratégiques pour l’Europe. Il concerne la préservation des ressources naturelles et halieutiques, mais également la protection de nos
territoires outre-mer et l’affirmation de notre souveraineté nationale dans nos zones économiques exclusives. A ce titre, il implique donc des efforts pourmaintenir des moyens à la mer et permettre
la sécurisation de ces espaces. Il appelle enfin une réactivité de tout l’appareil d’Etat, associant l’Intérieur,
la Défense, les Outre-Mer et les Finances.
Troisième dimension militaire nouvelle, le Livre blanc de 2013 prend acte du durcissement croissant des menaces
auxquelles nos forces doivent faire face dans les zones où elles sont engagées en gestion de crise. Cette tendance va jusqu’à une forme d’ « hybridation » de ces menaces, lorsque des
adversaires irréguliers, par exemple mafieux ou fanatisés, font appel à des moyens et technologies relativement sophistiqués, qui s’apparentent en fait à des moyens étatiques. Il
faut prendre en compte ce durcissement dans notre stratégie militaire. C’est la raison pour laquelle le Livre blanc développe une analyse précise et une doctrine adaptée aux nouveaux
conflits.
J’en viens aurenseignement.Si ce n’est plus une dimension nouvelle, cela reste
un champ stratégique d’avenir : à travers ce Livre blanc, le Gouvernement confirme et amplifie la priorité qui lui est accordée dans notre stratégie de défense et de sécurité
nationale, qu’il s’agisse du renseignement humain ou technique.
Le renseignement est en effet l’une des clés de l’autonomie stratégique et de l’efficacité opérationnelle. Il
apporte un concours indispensable à nos capacités de protection, de dissuasion et d’intervention. Je le constate lors de chacun de mes déplacements surles lieux de crise.
C’est pourquoi, la France poursuivra les efforts qu’elle a entrepris, pour acquérir les capacités de recueil et
d’exploitation dont nous avons besoin pour notre autonomie d’appréciation, pour la planification militaire, pour le ciblage, pour l’action de nos forces spéciales, comme pour celle de
nos moyens militaires conventionnels et nucléaires.
En parallèle, le Livre blanc met l’accent sur la mutualisation des moyens techniques. Ce principe concerne aussi bien
les moyens gérés au plan interministériel que les moyens mis à la disposition des différents services de la défense, la DGSE – je tiens à saluer son nouveau directeur général,
Bernard Bajolet, qui prend ses fonctions aujourd’hui –, mais aussi la DRM et la DPSD, conduites avec talent par le général Bolelli et le général Bosser. Plusieurs programmes, trop
longtemps retardés, sont désormais acquis et amplifiés, qu’il s’agisse des satellites d’observation, des satellites d’écoute, des moyens embarqués sur les plateformes aériennes, des
drones de théâtre et des drones tactiques, ou des avions légers de surveillance et d’observation avec leurs capteurs.
En contrepartie de cet effort conséquent, le Président de la République a décidé de renforcer le contrôle et la
gouvernance des services de renseignement. Le Livre blanc conforte la place du coordonnateur national, créé en 2008, je m’en réjouis. Il prévoit l’accroissement du rôle du Parlement,
en dotant la délégation parlementaire aurenseignement de
compétences nouvelles, par exemple la capacité à suivre l’ensemble de la dépense publique ou de contrôler
l’activité gouvernementale dans ce domaine sensible. Enfin, un effort particulier concernera le renseignement intérieur, dans sa double dimension humaine et technique, tandis que les
moyens des services dans le cyberespace feront l’objet d’une haute priorité.
Toutes les crises de ces dernières années – l’Afghanistan, la Libye, la Côte d’Ivoire, le Sahel, la
Syrie... – ont par ailleurs montré l’importance cruciale desforces spéciales.Elles sont en effet particulièrement en phase avec le besoin des autorités, tant politiques que militaires. Elles permettent de réagir dans
l’urgence, souvent par surprise, souvent dans la profondeur de dispositifs hostiles ou complexes. Prenant acte de leurs qualités et en particulier de leur grande adaptabilité, le
nouveau modèle d’armée prévoit le renforcement de leurs capacités, de leurs moyens de commandement, en même temps qu’une meilleure intégration avec les services de
renseignement.
Un modèle ouvert sur l’avenir passe aussi par des priorités d’équipement qui sont fondamentales pour le futur et
pour notre souveraineté. Je pense aux investissements dans le domaine spatial, aussi bien pour les communications que pour l’observation et l’écoute.
Dans le même esprit, le Livre blanc prévoit de doter nos forces d’équipements qui leur manquaient ou étaient
terriblement lacunaires. C’est le cas des drones d’observation tactique et de théâtre, qui seront d’abord des achats sur étagères, et seront ensuite portés, je le souhaite, par des
programmes européens. C’est le cas des ravitailleurs en vol, qu’il est prévu d’acquérir enfin, parce qu’ils conditionnent des missions de la dissuasion et les missions d’intervention
aérienne.
Au-delà, l’effort de recherche que nous maintiendrons participe de cette même volonté de penser notre défense sur
le long terme, de préserver l’avenir et de garantir notre autonomie stratégique.
Les hommes et les femmes de la défense et de la sécurité nationale feront également l’objet
d’une attention nouvelle.
La gestion de leur carrière, la gestion de leurs droits, la gestion de leurs obligations sont autant de facteurs de
réussite pour notre politique de défense, et autant de clés qui nous permettront d’atteindre le modèle que nous venons de dessiner.
Il faudra garantir la cohérence d’ensemble des personnels. Il faudra piloter la politique d’équilibre et d’équité
dont je parlais tout à l’heure. C’est pourquoi l’association étroite de la hiérarchie civile et militaire, qui est dans sa cohésion garante de la mise en œuvre au quotidien de la
politique de ressources humaines, est plus que jamais requise.
Je sais que je peux compter sur chacun d’entre
eux. C’est pourquoi, aussi, la gouvernance de ce domaine de l’action publique sera rénovée, en favorisant toujours un dialogue respectueux et nourri avec tous les personnels.
Demain plus qu’hier, la concertation devra jouer tout son rôle au sein du ministère. Sa rénovation est d’ores et
déjà engagée. En ce qui concerne la concertation militaire, un dialogue permanent a été mis sur pied, avec la création d’un groupe de liaison qui sera institutionnalisé lors de la
90e session du CSFM.
De même, les instruments et les garanties d’une expression libre autant que respectueuse des personnels doivent être
développés. Dans le même esprit, les usagers de la défense seront pleinement associés à la conception des outils qui les concernent, et le cas échéant à la gestion des crises,
comme nous le faisons en ce moment avec Louvois.
Citoyens comme les autres, les militaires doivent enfin pouvoir élaborer des projets de vie professionnelle, qui
prennent en compte leur engagement familial. Il faut qu’ils puissent, le cas échéant, bénéficier de toutes les évolutions sociales qui permettent aujourd’hui, autant que possible, de
concilier engagement professionnel et vie personnelle.
En ce qui concerne le dialogue social avec les personnels civils de la défense, il est à développer dans le cadre
d’un agenda social clair et soutenu, conforme aux accords de Bercy, évidemment dans le respect des partenaires sociaux.
Autre aspect de la condition militaire,la judiciarisation,qui s’est tant développée ces dernières
années, est prise en compte, à ma demande, dans le Livre blanc.
Dans l’esprit du message que le Président a adressé aux armées le 19 mai dernier, regrettant la « judiciarisation
inutile » de l’action militaire, j’ai décidé avec la Garde des Sceaux d’une mission conjointe sur le sujet. Cette mission a identifié plusieurs pistes de réformes, y compris
législatives, portant aussi bien sur les modalités de saisine du juge que sur l’éventuelle adaptation des qualifications pénales aux spécificités de l’action de combat. Ces
propositions, auxquelles je tiens beaucoup, feront l’objet dans les prochaines semaines de discussions interministérielles.
Les résultats, qui impliquent des modifications du code de justice militaire et du code de la défense, devront être
intégrés dans la future loi de programmation militaire. Je m’étais engagé à faire progresser ce dossier. Je renouvelle aujourd’hui mon engagement déterminé en ce sens.
A mes yeux, notre défense traverse aujourd’hui une épreuve, avec le défi de l’adaptation et la nécessité de
trouver un nouvel équilibre, après une période d’ajustement inévitable. Mais elle en a vu d’autres, bien pires, souvent plus dangereuses, dans son histoire. Notre chance, c’est que
nous disposons d’une base solide pour conduire les changements qui s’imposent, pour traverser cette passe difficile.
C’est pourquoi, je souhaite aujourd’hui que nous engagions ensemble un combat, celui de l’adaptation et de la
pérennisation de nos capacités de défense. Ce combat passe par le modèle d’armée que je vous ai présenté. Dans notre situation, et avec l’engagement de stabilité financière
rappelée par le Président de la République, c’est le modèle le plus équilibré possible. Avec ce projet, nous créons une dynamique, fondée à la fois sur la crédibilité et
l’ambition. Il s’agit bien d’un projet nouveau, porteur de la continuité de notre politique de défense et de l’adaptation aux défis de demain.
Avec vos chefs et l’ensemble des responsables du ministère, nous avons élaboré ce projet en pensant à votre
engagement, votre énergie, votre dévouement, qui nous donnent confiance en votre capacité à le porter. Ministre depuis près d’un an, j’ai pris avec fierté, sur le terrain, la mesure
de vos qualités – militaires, professionnelles et humaines –. Ces qualités, je les ai retrouvées chez tous, civils et militaires. Elles m’ont impressionné plusieurs fois. Plus que
jamais, nous en avons besoin pour mettre en œuvre et faire vivre ce projet.
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L’heure est maintenant à la mobilisation. Toujours, vous me trouverez à vos côtés. Comme le Mali le rappelle avec
éclat, la Nation est unanime derrière celles et ceux qui ont fait le choix de la défendre. Dans le défi qui nous attend, vous êtes soutenus et attendus par les Français. Ils comptent sur
vous, pour que la France, demain, continue d’avoir une défense performante, des armées en qui elle se reconnaisse. Ministre de la Défense, sous l’autorité du Président de la République,
c’est le cap que je veux fixer. Et je compte sur l’engagement de chacun et la mobilisation de tous pour le tenir.
La République organise des funérailles nationales pour le “poète du peuple”. Le corbillard des pauvres est suivi par un cortège de plus d’un
million de personnes jusqu’au Panthéon. Qui se souvient alors du jeune écrivain chantre de la Restauration monarchiste ?
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La maison de Hauteville House reçoit des milliers de lettres d’anonymes, amis de la littérature et républicains convaincus. À la suite de la
publication de son roman les Misérables, Victor Hugo est submergé de témoignages de sympathie. Nous sommes en 1862, il a 60 ans. Exilé sur l’île anglo-normande de Guernesey, chassé du
territoire français par Napoléon III, l’écrivain est devenu peu à peu l’emblème de la résistance au tyran. « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là. » Il a dédaigné la main tendue
de l’empereur, refusant de pactiser avec “Napoléon le Petit” qu’il tente de couvrir de ridicule en le comparant à son oncle.
Autour de lui, Hugo voit pourtant fléchir ses amis, las de l’exil. Un à un, ils rentrent à Paris. Lui se veut comme un chêne dans la tempête ; il ne
cède pas. Bien au contraire, dans les Misérables, il raconte cette scène qui l’a tellement marqué lors du coup d’État de 1851: la mort d’un enfant, tué d’une balle perdue sur les
barricades. Le mythe de Gavroche est né.
Et pourtant, c’est bien tardivement que l’écrivain s’est rallié à la République. Lors de la Révolution de 1848, il a d’abord tenté de sauver la
monarchie de Juillet en proposant que la belle-fille de Louis- Philippe devienne régente au nom de son fils âgé de 10 ans, le comte de Paris. Mais il a essuyé un échec. Après la formation d’un
gouvernement républicain provisoire dont fait partie son ami Lamartine, Victor Hugo est élu in extremisà l’Assemblée constituante dans les rangs du parti de l’Ordre, situé à droite de
l’échiquier politique. S’il réprouve les émeutes populaires de juin 1848, il condamne tout autant le général Cavaignac qui les réprime dans le sang. Avec le coup d’État de Napoléon III va
s’opérer le virage décisif qui fera oublier à Victor Hugo ses anciennes prises de position en faveur de la monarchie.
Car ce n’est pas un hasard si, jeune homme, il s’est écrié : « Je veux être Chateaubriand ou rien ! » L’auteur du Génie du
christianisme, monarchiste et catholique, est alors pour lui un modèle en littérature comme en politique. À l’âge de 15 ans, Victor Hugo est nommé chevalier du Lys grâce à l’intervention de
sa mère. Ce titre honorifique lui est décerné par Louis XVIII. Madame Hugo et ses trois fils portent en bandoulière leur engagement aux côtés de la Restauration monarchique. « Oh que la
royauté, peuples, est douce et belle ! » Jeune, fougueux et déjà talentueux, Hugo fait partie des Ultras, les partisans du frère de Louis XVIII, plus royalistes que le roi. En 1819, il
compose une ode sur le Rétablissement de la statue de Henri IV. Ce poème obtient le Lys d’or de l’académie des Jeux floraux de Toulouse.
Dans l’ivresse du succès, il fonde avec ses frères un journal, le Conservateur littéraire. Les rédacteurs en sont ses proches, écrivains
monarchistes et catholiques comme lui, de Vigny à Lamennais. En 1820, Victor Hugo rédige deux odes très remarquées : la Mort du duc de Berry, assassiné par un homme qui voue une haine
aux Bourbons, et la Naissance du duc de Bordeaux, héritier du précédent, celui que l’on appelle l’« enfant du miracle », le futur comte de Chambord. Le 9 mars de la même année,
il se voit offrir par le roi une gratification de 500 francs. Victor Hugo ne fait pas mystère de ses opinions. « Quand on hait les tyrans, on doit aimer les rois », écrit-il dans sa
tragédie Irtamène. À partir de 1822, c’est une pension annuelle de 1 000 francs qui lui est allouée. En 1825, il est invité au sacre de Charles X à Reims, pour qui il compose une
nouvelle pièce. « L’oracle est enfin entendu / La royauté, longtemps veuve de ses couronnes / De la chaîne d’airain qui lie au ciel les trônes / A retrouvé l’anneau perdu. »
Mais à l’occasion des Trois Glorieuses de 1830, naufrage de CharlesX, il abandonne le parti légitimiste et se rallie aux Orléans qu’incarne
Louis-Philippe. En 1841, il est élu à l’Académie française. En tant qu’ homme de lettres reconnu mais aussi en tant qu’orateur de talent, il est chargé de l’oraison funèbre du duc d’Orléans, le
fils du roi, mort dans un accident de voiture à cheval. En 1845, il devient pair de France par ordonnance royale de Louis-Philippe dont il est l’un des familiers. La presse républicaine le couvre
de sarcasmes qui trouvent un nouvel écho lorsqu’il est arrêté quelques semaines plus tard en flagrant délit d’adultère. Le roi étouffe le scandale au nom du génie littéraire.
Malgré cette carrière politique, ses condisciples et ses contemporains ne manquent pas d’être frappés d’étonnement par certains aspects de son
oeuvre. En dehors des grandes disputes suscitées par ses pièces de théâtre au style très neuf – la bataille d’Hernani est demeurée célèbre – il a publié en 1827 l’Ode à la colonne de
la place Vendôme, monument littéraire à la mémoire de Napoléon. Dans plusieurs de ses pièces, il ridiculise les rois qu’il dépeint au mieux en bourgeois, au pire en dépravés. Ceux qui
connaissent son enfance sont mieux à même de comprendre les paradoxes intimes qui vont bientôt le pousser à qualifier ses écrits de jeunesse de « bégaiement royaliste ».
Fils d’un soldat de la Révolution devenu général d’Empire et d’une mère convertie au monarchisme par amour autant que par opportunisme, Victor Hugo
est un condensé de toutes les contradictions de son siècle. Surpris lui-même par ses hésitations et ses revirements, il travaillera à la réécriture de sa propre légende pendant ses dix-neuf
années d’exil.
Loin de la France, il vit avec les siens à Hauteville House depuis son expulsion de Jersey en 1855. Il propose à sa femme, Adèle, d’écrire le récit
de sa vie. Victor et Adèle se sont connus enfants et leur couple est passé par toutes sortes de vicissitudes, de la mort de leur fille Léopoldine , jeune mariée, à la cohabitation notoire d’Adèle
avec Juliette Drouet, maîtresse passionnée, logée à Guernesey non loin de la famille. C’est au cours des déjeuners qu’Adèle pose à son mari les questions propres à éclairer le passé du grand
homme. Puis elle retranscrit sa parole. Ce sera Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, publié en 1863 après avoir été fortement remanié. Hugo, déjà très célèbre, veille à élaborer
une légende familiale dont il sait qu’elle sera reprise par la postérité.
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Élevé dans le culte de la famille royale par une mère voltairienne ?
Son royalisme originel empreint de religiosité est qualifié de “religion de ma mère”. Abandonnée par son mari et amoureuse d’un conspirateur
monarchiste, parrain de Victor Hugo, sa mère, Sophie, aurait élevé ses enfants dans le culte de la famille royale. C’est oublier un peu vite qu’elle était voltairienne, ne voulait pas entendre
parler de religion au point que le petit Victor ne fut pas baptisé, et se rallia opportunément à Louis XVIII en 1814 en arguant de ses liens avec son “conspirateur” exécuté par la police de
Bonaparte. Napoléon était alors à l’île d’Elbe et cette mère de trois enfants recherchait la protection du nouveau prince.
Victor Hugo renforce cette image d’une enfance monarchiste en inventant une dissension politique qui aurait été la cause de la séparation de ses
parents : à la très royaliste Sophie – « Parce que ma mère, en Vendée, autrefois, sauva en un seul jour la vie à douze prêtres »– , Victor oppose Léopold Hugo, général d’Empire dévoué à
l’Aigle. Pourtant, lorsqu’ils ont fait connaissance en 1796, les deux jeunes gens partageaient bien les mêmes opinions. Sophie défendait la Révolution par la parole, Léopold par le sabre. En
réalité, Victor Hugo ne laisse pas d’être impressionné par son père, image vivante du géant Bonaparte – « Étant petit, j’ai vu quelqu’un de grand, mon père. » La rupture entre ses
parents ne l’a pas empêché de bénéficier d’une éducation très libre et très érudite du fait de la curiosité intellectuelle de sa mère. Parvenu dans la force de l’âge, l’écrivain tente de gauchir
son image. Entre ses pamphlets antibonapartistes et ses romans populaires, il se crée un nouveau personnage très éloigné de celui de poète officiel de la cour du roi. L’heure n’est plus pour lui
aux jeux de société. Le banni assume sa stature de symbole.
De retour à Paris après la chute de Napoléon III, il décidera de défendre ses idées librement, sans se soucier du camp auquel on peut le rattacher.
Il défend le suffrage universel, « la plus admirable formule de paix publique », lutte contre la peine de mort, considère la propriété matérielle comme un droit et la propriété
intellectuelle comme un trésor inestimable pour rendre les auteurs féconds. Il a vu l’instruction devenir gratuite et obligatoire peu avant sa mort et espère que les générations futures y
gagneront en sagesse. Opposé à la violence en politique, il use pourtant de son influence pour tenter de faire amnistier les communards, en déroutant encore une fois son public, et il écrit
:
« À terre, je ne suis qu’une barre de fer ; prenez-moi dans vos mains, et je serai un levier. »
Victor Hugo (Besançon, 26 février1802– Paris, 22 mai1885), le plus célèbre écrivain français du XIXe siècle, a été aussi une figure politique de son temps. Ses idées ont fluctué et n’ont cessé également
d’être contradictoires. Aussi, par certains aspects, il est parfois proche du libéralisme.
Un parcours politique sinueux
Élevé par sa mère bretonne dans l'esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l'intérêt de la démocratie. Pendant la Restauration, il soutient Charles X. En cela, il s'inscrit dans la ligne politique de Chateaubriand.
Il devient confident de Louis-Philippe en 1844, puis pair de France en 1845. Son premier discours en 1846 est pour défendre le sort de la Pologneécartelée entre plusieurs pays, puis en
1847 il défend le droit au retour des bannis dont celui de Jérôme Napoleon Bonaparte. Lors de la Révolution de 1848, Victor Hugo, pair de France, prend d'abord la défense de la Monarchie de Juillet.
Au début de la Révolution de 1848, il est nommé maire du 8e arrondissement de Paris, puis député de la Seconde République et il siège parmi les conservateurs. Lors des émeutes ouvrières de juin 1848, Victor Hugo, lui-même, va participer à la répression, en commandant des troupes face aux barricades, dans l'arrondissement parisien dont il se
trouve être le maire. Il devait en regretter plus tard le caractère sanglant.
Il fonde, avec ses fils, le journal L'Événement en août 1848 qui mène une campagne contre
le président du conseil, le républicain Cavaignac, et soutient la candidature de Louis Napoléon Bonaparteà
l'élection présidentielle de 1848. Étant contre le principe de l'assemblée législative unique, il ne vote pas la Constitution du 4 novembre 1848.
Après la dissolution de l'assemblée nationale, il est élu en 1849à l'assemblée législative et
prononce son « Discours sur la misère ». Il rompt avec Louis-Napoléon Bonaparte lorsque celui-ci soutient le retour du pape à Rome et il se bat progressivement contre ses anciens amis
politiques dont il réprouve la politique réactionnaire. En janvier 1850, Victor Hugo combat la loi Falloux sur
l'enseignement ; en mai, il combat la loi qui restreint le suffrage universel et, en juillet, il
intervient contre la loi Rouher qui limite la liberté de la presse.
Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, Victor Hugo s'exile volontairement à Bruxelles, puis à
Jersey en condamnant vigoureusement pour des raisons morales, le coup d'État et son auteur Napoléon III dans
un pamphlet publié en 1852, Napoléon le petit, ainsi que dans Histoire d'un crime, écrit au lendemain du coup
d'État et publié 25 ans plus tard et dans Les Châtiments.
Chassé de Jersey en 1855 pour avoir critiqué la reine Victoria, il s'installe à Guernesey dans sa maison Hauteville House. Il fait partie des quelques proscrits qui refusent l'amnistie décidée
quelque temps après.
Victor Hugo retourne en France en septembre 1870 après la défaite de l'armée française à Sedan et la
chute du Second Empire. Il reçoit de la part des Parisiens un accueil triomphal. Il participe activement à la
défense de Paris assiégé. Mais il est à Bruxelles en mars 1871 pour régler la succession de son fils Charles lorsqu'éclate la Commune.
« Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n'en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des
choses odieuses, c'est lamentable » (Actes et paroles, depuis l’exil).
Il ne soutient ni la Commune ni sa répression par le gouvernement d'Adolphe
Thiers. Expulsé de Belgique, trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin–23 septembre). Il y achève le recueil L'Année terrible. Il retourne en France
fin 1871 puis à Guernesey où il écrit en 1872, le roman Quatre-vingt-treize. En 1873, il est à Paris : il reçoit
beaucoup, hommes politiques et littéraires, les Goncourt, Lockroy, Clemenceau, Léon Gambetta... Le 30 janvier 1876, il est élu sénateur et milite pour l'amnistie des communards. Il s'oppose à Mac
Mahon quand celui-ci dissout l'assemblée.
Les idées sociales de Victor Hugo
S'il justifie l'enrichissement, il dénonce violemment le système d'inégalité sociale. Il est contre les riches capitalisant leurs gains sans les réinjecter dans
la production. De même, il s'oppose à la violence si celle-ci s'exerce contre un pouvoir démocratique, mais il la justifie (conformément d'ailleurs à la Déclaration des droits de l'homme)
contre un pouvoir illégitime.
Dans son discours d'ouverture du congrès littéraire international de 1878, il se positionne pour le
respect de la propriété littéraire mais aussi pour le fondement du domaine public : « Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être
sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous » (Discours d’ouverture du
Congrès littéraire international, 7 juin 1878)
Hugo est un farouche adversaire de la peine de mort. Dans son enfance, il a assisté à des exécutions capitales et toute sa vie, il va lutter contre. Le
Dernier Jour d'un condamné (1829) et Claude Gueux (1834), deux romans de jeunesse, soulignent à la fois la cruauté, l'injustice et l'inefficacité du châtiment suprême. Chambre des Pairs, Assemblée,
Sénat : Victor Hugo va saisir toutes les tribunes pour défendre l'abolition comme dans son discours du 15 septembre 1848.
L’apothéose
Jusqu'à sa mort, en 1885, il reste une des figures tutélaires de la république retrouvée — en même temps qu'une référence littéraire incontestée
Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'a lieu la cérémonie. Il est d'abord question du Père Lachaise mais le
premier juin, suite au décret du 26 mai 1885, il est finalement conduit au Panthéon, la jeune Troisième République profitant de cet événement pour retransformer l'église Sainte-Geneviève en Panthéon. Avant son transfert,
son cercueil est exposé une nuit sous l'Arc de triomphe. On considère que plus d'un million de personnes et de nombreuses délégations se sont déplacées pour lui rendre un dernier hommage, le
cortège vers le Panthéon s'étire sur plusieurs kilomètres. Il est alors l'écrivain le plus populaire de son temps.
Image may be NSFW. Clik here to view.National Intelligence Council Global Trends The National Intelligence Council's (NIC) Global Trends Report engages expertise from outside government on
factors of such as globalization, demography and the environment, producing a forward-looking document to aid policymakers in their long term planning on key issues of worldwide importance.
Since the first report was released in 1997, the audience for each Global Trends report has expanded, generating more interest and reaching a broader audience that the one that preceded it. A
new Global Trends report is published every four years following the U.S. presidential election. Global Trends 2030: Alternative Worlds Global Trends 2030 is intended to stimulate thinking
about the rapid and vast geopolitical changes characterizing the world today and possible global trajectories over the next 15 years. As with the NIC’s previous Global Trends reports, we do not
seek to predict the future—which would be an impossible feat—but instead provide a framework for thinking about possible futures and their implications. In-depth research, detailed modeling and
a variety of analytical tools drawn from public, private and academic sources were employed in the production of Global Trends 2030. NIC leadership engaged with experts in nearly 20
countries—from think tanks, banks, government offices and business groups—to solicit reviews of the report.
This edition of Global Trends is most widely disseminated in its history. The report is available for the most popular content platforms and e-readers as well as
via PDF. Brief talking points are available here.
Pour vous, et pour moi aussi jusqu’ à récemment, la CIA (Central Intelligence Agency) était un organisme mystérieux fermé à toute publication ; eh
bien, détrompons-nous : non seulement la CIA a un site Internet, mais encore on peut y trouver des informations très intéressantes pour tous ceux qui veulent comprendre le monde d’aujourd’hui et
de demain ...
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Ainsi, cette vénérable institution vient de publier, sous le timbre de son « Conseil national de l’intelligence » (eh oui !) une étude passionnante
intitulée « Global trends 2030 », comme elle avait publié il y a 5 ans une autre étude ciblée sur 2025, et il ya dix ans sur 2020 ... et tout cela est disponible sur Internet, sauf la dernière
édition qu’on peut aborder grâce à une (mauvaise) traduction française. (« Le monde en 2030 vu par la CIA », éditions des équateurs, janvier 2013).
La méthode est toujours la même : la CIA désigne deux ou trois « chefs de projet » parmi les plus prestigieux des chercheurs du monde entier, ou du
moins des Etats Unis ; ces derniers s’entourent eux-mêmes des meilleurs « stratèges » mondiaux, et pas seulement américains ni occidentaux, concernant
les grands problèmes du monde actuel ; ils tiennent des journées de travail dans toutes les grandes régions du monde, depuis l’Inde et l’Afrique du
Sud jusqu’à la Hongrie et le Chili, et il en sort un rapport très argumenté, agrémenté d’un résumé très bien fait d’une dizaine de pages qui vous évitera de lire le texteentier si vous êtes pressé ou si vous lisez difficilement l’Anglais ;GLOBECOvous offre une autre solution : lire cet article, qui résume ces deux rapports.
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Quelles sont donc les grandes tendances (trends) qui marqueront le monde de 2020, de 2025 et de 2030
?
A – Examinons d’abord le rapport 2020.
1 - Première « mégatendance » (megatrend) : la mondialisation
• Sans aucun doute, c’est la mondialisation qui sera la marque principale du monde de 2020, dans la mesure où elle influencera tous les autres
aspects ; cette mondialisation est considérée comme inéluctable, sauf guerre ou crise économique majeure, et elle aura des conséquences bénéfiques : en particulier, la création mondiale de
richesses devrait être supérieure en 2020 de 80% par rapport ce qu’elle est aujourd’hui, mais elle ne sera pas uniformément répartie et des régions entières comme l’Afrique subsaharien ne
resteront à la traîne.
• Les auteurs du rapport considèrent que cette croissance supplémentaire et très importante pourra se faire sans que se posent des problèmes
insupportables de disponibilité en énergie ou d’environnement : les chercheurs et les industriels seront dans ces domaines plus efficaces que les gouvernements.
• Autre point fort du rapport : les pays qui profiteront le plus de la mondialisation seront ceux qui sauront mettre en œuvre et développer les
nouvelles technologies de l’information, mais plus encore les biotechnologies et les nanotechnologies.
• Les lecteurs de GLOBECO n’auront aucune peine à suivre les auteurs du rapport sur ce premier point : GLOBECO a été créé il y a près de 10 ans
en partant de l’idée que la mondialisation serait la tendance majeure du début du 21ème siècle.
2 – Deuxième grande tendance des années qui viennent: l’émergence de la Chine et de l’Inde.
• Le 21ème siècle sera celui de l’Asie, comme le 20ème a été celui des Etats Unis, et la mondialisation sera de moins en moins occidentale et de
plus en plus asiatique : telle est la conviction denos auteurs, non seulement pour des raisons démographiques, maisaussi parce que la Chine et
l’Inde auront acquis en2020 unepuissance économique, financière, technologique etmilitaire telleque ces deux pays surpasseront, par exemple, n’importe quel payseuropéen en influence et en
pouvoir.
• Le rapport indique également que le Brésil et l’Indonésie pourraient être les grands gagnants du bouleversement mondial des années à venir ;
par contre, l’Union européenne, la Russie et le Japon devraient perdre de l’influence dans le grand jeu mondial, notamment du fait de leur déclin démographique.
• Le résultat devrait être un bouleversement complet des notions qui sont aujourd’hui les nôtres concernant les rapports Nord-Sud, Est Ouest,
pays alignés et non alignés, pays développés et pays en développement : un nouveau monde est en train de naître sous nos yeux!
• Pourtant, en 2020, une réalité existera toujours : la prépondérance des Etats Unis, mais leur puissance pourrait et devrait être érodée par
les nouveaux acteurs mondiaux venus d’Asie.
3 – Troisième grande tendance : des « gouvernances » plus difficiles et une insécurité envahissante
• Les Etats continueront à être la base de la puissance et de la gouvernance mondiale, mais il leur sera de plus en plus difficile d’exercer
leur pouvoir: la mondialisation, notamment avec Internet, rendra plus ardu l’exercice du pouvoir national, pendant que les grandes entreprises mondiales et les ONG auront de plus en plus de
pouvoirs et de moyens, aux dépens des Etats condamnés par la démocratie à lorgner le court terme.
• L’autre grande difficulté viendra de l’émergence d’une contestation de la démocratie et des valeurs occidentales par l’Asie, par l’Islam et
par des mouvements religieux attachés à privilégier le choc des civilisations plutôt que l’avènement de la démocratie libérale ; encore heureux si ces mouvements contestataires
d’inspiration ethnique ou religieuse ne se procurent pas, d’ici à 2020, des armes de destruction massive, notamment chimiques ou biologiques plutôt que nucléaires. Le rapport évoque
ouvertement un risque de recul de la démocratie dans le monde, même s’il est assez confiant sur l’évolution de la Chine dans ce domaine.
• Plus difficile sera également la gouvernance au niveau international; visiblement, pour les auteurs du rapport, l’ONU etson immense machine, qualifiée d’obsolescente, nesont pascapables de faire face à tous ces dangers qui incluent la grandecriminalité internationale
!
• Du coup, le risque d’une insécurité envahissante existe bien, même si le monde sera plus riche grâce à la mondialisation ; le choc de
cette dernière et les bouleversements qu’elle implique seront tels en effet que même les classes moyennes des pays développés seront touchées par les délocalisations ; la conséquence sera
une grande instabilité, du fait que les gouvernements risquent d’être plus faibles, que les économies des pays développés croîtront moins vite, que les mouvements religieux exploiteront
ces situations et que les jeunes sans avenir des pays pauvres seront disponibles pour suivre n’importe quel extrémiste.
• Certes, il n’y a pas a priori de risque d’escalade vers un grand conflit mondial,
mais on ne peut exclure des conflits militaires régionaux, non seulement au Moyen Orient, mais aussi au Cachemire, entre les deux Corée et
dans le détroit de Formose entre la Chine et Taïwan.
• Face à cette situation, il appartiendra aux Etats Unis de tisser des relations plus confiantes avec l’Union européenne et plus fortes avec
les grandes nations asiatiques, mais il faut également savoir que, d’ici à 2020, les Etats Unis seront toujours les seuls à pouvoir s’opposer réellement aux mouvements terroristes et à
pouvoir maintenir ou rétablir la paix dans les endroits les plus dangereux de la planète ; pour les auteurs du rapport, cela requiert une profonde réflexion sur les moyens de mettre en
place un nouvel ordre international !
4 – Les 4 scénarios
• Le premier scénario est intitulé « Davos world » : c’est un monde où la croissance, le développement et la démocratie l’emportent sur tout
le reste et où la pauvreté, la misère et la violence ont de moins en moins de place ; c’est le scénario optimiste par excellence ;
• Le second scénario est intitulé : « Pax americana »: dans ce scénario, les Etats Unis accentuent leur rôle de gendarme du monde et
éteignent l’un après l’autre les incendies qui naissent ici et là ;
• Le troisième scénario est intitulé : « A new califate »: dans ce scénario, les musulmans constituent une vraie puissance mondiale
capable de rivaliser avec l’Occident considéré comme un ennemi ;
• Le quatrième scénario est intitulé : « Cycle for fear »; dans ce scénario, les mesures de sécurité sont poussées à un tel point dans le
monde qu chacun se demande s’il ne vit pas dans un monde digne d’Orwell !
• Le rapport indique que ces 4 scénarios ne sont pas exclusifs et qu’ils peuvent interférer les uns avec les autres.
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B - Le monde en 2025
1 - Quelles sont les nouveautés du rapport 2025 par rapport au précédent ?
• D’abord, il est de plus en plus clair qu’à l’avenir, la puissance américaine sera contrebalancée par de nouvelles puissances qui ne
seront pas seulement des Etats.
Certes, la Chine est à l’affût, avec l’Inde et la Russie, mais de nouveaux pouvoirs apparaissent : il s’agit des religions, des ONG, des
puissances financières et même des organisations criminelles ...
• Ensuite, le rapport 2025, beaucoup plus que le précédent, met l’accent sur les risques de rareté énergétique, et donc sur l’importance
des énergies alternatives et des innovations susceptibles d’abaisser leur coût pour généraliser leur usage.
• Enfin, le dernier rapport met l’accent, plus que le précédent, sur les risques de crise internationale, voire de conflits majeurs,
provenant soit de la compétition pour l’accès aux ressources rares (énergie, eau, nourriture), soit des facteurs mis en avant par Huntington (religions, identités, pauvreté).
2 - Quels sont les facteurs clés qui influenceront l’évolution du monde d’ici à 2025 ?
• 7 de ces facteurs clés sont « relativement certains » :
o Premier point: l’émergence d’un monde multilatéral dans lequel le poids de la Chine et de l’Inde ira croisant, de même que celui des
acteurs non étatiques (ethnies, religions, ONG, entreprises, mafias).
En conséquence, le pouvoir mondial sera plus dispersé et le modèle de développement chinois fera sans doute des émules.
o Deuxième facteur: le pouvoir économique et la richesse continueront à passer de l’Ouest à l’Est. En conséquence, la stabilité mondiale
pourrait être renforcée, mais des pays comme la Russie voudront sans doute rivaliser avec les pays occidentaux.
o Troisième point: les Etats-Unis resteront la seule puissance dominante, mais cela sera de moins en moins vrai, et ils auront donc du
mal à choisir entre les impératifs domestiques et les impératifs géopolitiques.
o Quatrième facteur: 2025, c’est 1,2 milliards d’habitants en plus, d’où une pression croissante sur les ressources rares (énergie, eau,
nourriture) et une nécessité : découvrir de nouveaux moyens de pallier ces raretés.
o Cinquième facteur: les pays à population jeune seront moins nombreux, mais l’instabilité continuera à être la règle dans des pays
comme l’Afghanistan, le Nigeria, le Pakistan et le Yémen.
o Sixième facteur: les possibilités de conflit augmenteront au Moyen Orient en même temps qu’augmentera le nombre de pays disposant
d’armes « léthales ». Les Etats Unis devront compter avec la Chine, l’Inde et la Russie pour tenter de régler ces problèmes.
o Septième point: le terrorisme continuera, à moins que le développement économique procure des emplois à la jeunesse des pays du Moyen
Orient, et les moyens utilisés par les terroristes pourront inclure des armes de plus en plus nocives.
• 8 autres facteurs clés sont plus incertains :
o Dans quelle mesure la transition énergétique, moins favorable aux pays producteurs d’énergies fossiles, sera-t-elle réalisée ?
o Dans quelle mesure le réchauffement climatique sera-t-il confirmé, et quelles seront les régions les plus affectées par ce
réchauffement ?
o Le libéralisme cédera-t-il du terrain en faveur du protectionnisme ?
o La Chine et la Russie auront-ils progressé vers la démocratie ?
o L’Iran réussira-t-il à se doter de l’arme nucléaire ?
o Le Moyen Orient sera-t-il stabilisé, notamment en Irak et concernant le conflit israélo-palestinien ?
o L’Europe et le Japon auront-ils surmonté leur décroissance démographique ?
o Comment évoluera la gouvernance mondiale pour tenir compte de pays émergents comme l’Inde ou le Brésil ?
3 – Les 4 scénarios du rapport 2025
• « A world without the West » : une alliance entre la Chine, l’Inde, l’Iran et la Russie fait basculer le pouvoir mondial de l’Ouest
vers l’Est : les Etats Unis et l’Union européenne sont marginalisés.
• « October surprise » : décidément le climat se dérègle beaucoup plus vite que prévu et le président américain élu en Octobre 2024
doit radicalement changer la politique de croissance économique et protéger les villes côtières envahies par les flots ...
• « Les pays émergents se battent entre eux », et notamment la Chine et la Russie qui se déchirent pour accéder aux ressources rares.
De malentendu en malentendu, les suspicions conduisent à une déflagration mondiale où tous les pays sont contraints de choisir leur camp.
• « La gouvernance mondiale progresse, mais en se transformant » : les Etats ne sont plus les seuls à élire le Secrétaire général des
Nations Unies : les ONG participent au vote et imposent un nouveau type de croissance et de développement, fondé sur le développement durable.
En résumé, plusieurs nouveautés apparaissent d’un rapport à l’autre : d’abord, le rapport 2025 indique que le changement
s’imposera plus que la continuité dans les prochaines années, concernant notamment les organisations internationales ; ensuite, sa tonalité générale est plus pessimiste qu’il y a 5
ans, à la fois sur le plan géopolitique, économique et environnemental. En particulier, deux des 4 scénarios sont cette fois franchementpessimistes, en évoquant ouvertement des risques deconflits armésmajeurs ;en outre, les problèmes d’environnement et de ressources rares(énergie, eau,
nourriture) sont évoqués avec beaucoup plusd’insistance que dans le rapport précédent ;
Enfin, le « déclin » progressif des Etats Unis et de l’Occident en faveur de l’Asie, qui n’était qu’évoqué dans le rapport 2020,
est clairement souligné dans le rapport 2025.
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C – Le monde en 2030
1 – Les critiques faites aux rapports précédents
• Il faut se concentrer davantage sur le rôle mondial des Etats-Unis et sur les réactions des autres puissances par rapport à
l’évolution de la puissance américaine ;
• Il faut mieux définir le rôle respectif des Etats et des autres acteurs non gouvernementaux sur la scène mondiale ;
• Il faut mieux appréhender le temps et la vitesse, s’interroger sur le rythme des changements et tenter d’identifier les risques
imminents ;
• Il faut évoquer davantage les crises et les discontinuités, surtout que le terme « trends » suggère davantage la continuité que le
changement ;
• Il faut accorder plus d’importance aux idéologies qui orientent les comportements.
2 – Les grandes tendances mondiales
• Tout indique que les années qui viennent permettront aux individus de s’émanciper davantage: en sortant de la pauvreté, en
accédant aux classes moyennes, en bénéficiant d’une meilleur santé et en utilisant de plus en plus les nouvelles technologies de l’information et de la communication, à la maison
et dans l’entreprise, les individus seront plus libres, ou du moins, ils aspireront de plus en plus à la liberté ;
• Le temps de l’hyper puissance hégémonique est terminé: un monde multipolaire est en train de naître, fait de puissances et de
réseaux multiples et entrelacés ;
• Les données démographiques sont bouleversées: croissance de l’Afrique, pays vieillissants, urbanisation croissante, migrations
difficiles à contrôler : c’est le nouveau monde !
• La croissance de la population mondiale donnera plus d’importance aux problèmes d’alimentation, d’eau et d’énergie.
3 – Les catalyseurs de changement
• Le monde réussira-t-il à surpasser les crises économiques et financières successives, grâce à l’émergence de nouveaux pays,
Afrique comprise, ou ira-t-il plutôt vers un effondrement que les banques centrales elles mêmes ne pourront contrer ?
• Les Etats et les institutions internationales réussiront-ils à maîtriser le changement et à instaurer une gouvernance mondiale
adaptée au nouveau monde ?
• Les conflits potentiels entre pays et à l’intérieur de nombreux pays vont-ils s’atténuer ou s’aggraver ? En particulier,
l’instabilité au Moyen Orient et en Asie du Sud conduira-t-elle à une insécurité mondiale croissante ?
• Les nouvelles technologies, catalyseurs de productivité ?
• Les Etats-Unis, catalyseurs d’une refondation internationale ?
4 – Les scénarios possibles
• Le scénario pessimiste le plus plausible: les conflits dégénèrent, la mondialisation s’arrête, la dépression générale s’i
nstalle et chacun, à commencer par les Etats-Unis, tente de sauver ses meubles en se repliant sur ses seuls intérêts ;
• Le scénario optimiste le plus plausible: la coopération interétatique et internationale l’emporte et, en particulier, les
Etats-Unis et la Chine tissent des liens de plus en plus étroits, qui conduisent les autres acteurs à privilégier l’intérêt général mondial.
• Les inégalités entre pays et à l’intérieur des pays explosent, les conflits ethniques et sociaux conduisent à des révolutions
violentes. Personne ne veut plus être le gendarme du monde.
• Les ONG les plus puissantes coopèrent pour s’attaquer aux grands problèmes du monde : alimentation, éducation, santé.
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5 – Les commentaires de GLOBECO
• Les éléments signalés plus haut sortent directement du rapport lui-même.
Il peut être intéressant de les compléter par des commentaires, par exemple en mettant l’accent sur les 10 points qui
paraissent les plus significatifs dans ce rapport.
• 10 points à signaler :
L’un des points qui caractérisent l’évolution récente, ainsi que notre avenir, c’est l’urbanisation croissante de notre
planète, aux dépens des populations et des zones rurales : la population urbaine mondiale s’accroît chaque année de 65 millions de personnes, soit presque autant que
l’augmentation de la population mondiale ! De ce fait, les nouvelles constructions de bureaux, de logements et de voies de transport dans les pays émergents seront aussi
importantes d’ici à 2030 que le stock actuel !
Second point : l’explosion des classes moyennes : 1 milliard de personnes aujourd’hui, 2 milliards au moins en
2030.
Troisième point : les puissances mondiales en 2030 selon le modèle international « futures », qui prend en considération
Internet, la R&D, le capital humain, le PIB, les IDE, la puissance militaire, les ressources énergétiques: Etats-Unis : 20 % ; Chine : 15 % ; Inde : 12 % ; Japon : 5 % ;
Royaume Uni : 4% ; France, Allemagne et Russie : 3% ...
Quatrième point : le vieillissement de la population est à l’œuvre partout sauf en Afrique subsaharienne.
Les Etats-Unis peuvent être autonomes en énergie en 2030, et l’Arabie saoudite pourrait être importatrice 10 ans plus tard
!
Point suivant : la croissance chinoise : 5 % par an en 2020, 3 % en 2030 ?
2030 : comment auront évolué les 50 pays qui, aujourd’hui, hésitent encore entre autocratie et démocratie (Chine,
Russie,pays arabes etc ...)
2030 : quelle carte des puissances nucléaires ?
Avec ou sans l’Iran et la Corée du Nord ?
2030 : les trois scénarios pour l’Union européenne: l’effondrement de la zone Euro, peu probable mais possible, le déclin
lent, évolution la plus probable, ou la renaissance miraculeuse ?
Dixième point : le talon d’Achille des Etats-Unis: comment garder un leadership technologique malgré une éducation primaire
et secondaire très défaillantes ?
Question : comment se fait-il que les Etats-Unis soient les seuls à publier de tels rapports ? L’Union européenne ne devrait
elle pas, elle aussi, être capable de mener des réflexions de ce genre ?
Les services de renseignement américains viennent de rendre public leur rapport sur les "Tendances globales"
("Global Trends" - ndlr) qui vont marquer le monde ces vingt prochaines années. C'est le National Intelligence Council (NIC), petit cousin analytique de la CIA,
qui a très sérieusement imaginé l'état du monde en 2030, à l'instar de son homologue russe un an plus tôt. Conclusion? Chacun prévoit le monde qu'il veut voir.
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"Nous ne cherchons pas à prévoir le futur - un objectif impossible - mais à fournir une grille de lecture qui permet de
penser les futurs possibles et leurs conséquences" prévient le National Intelligence Concil en introduction de son rapport. Penser les futurs possibles sans prévoir le
futur, donc, un exercice complexe qui a mobilisé de nombreux experts, y compris via la mise en place d'un blog participatif (lien en anglais) qui continue d'être alimenté.
Le rapport semble aussi honnête qu'il ne pose aucune certitude, mais "plusieurs scénarios de mondes en 2030, aucun n'est
inévitable. En réalité, le futur sera plus probablement constitué de divers éléments de tous les scenarios". Le NCI s'appuie précautionneusement sur différentes
tendances, plus ou moins stables, parcourues de facteurs de rupture, des "games-changers" ("changement de donne" - ndlr).
La grille de lecture la plus fiable est donc celle des "megatendances" ("megatrends" - ndlr). La première, et
la plus importante ("puisqu'elle influence la plupart des autres tendances") est la "puissance grandissante de l'individu" ("Individual enpowerment"
- ndlr). Sous-tendue par l'augmentation de la classe moyenne dans le monde, elle est garante, pour le NCI, d'une plus grande démocratisation à travers le globe ou encore d'un
accès plus large aux nouvelles technologies de communication. Ce qui permet finalement aux experts américains d'affirmer qu'à l'avenir, ce sont les initiatives individuelles
qui feront face aux défis mondiaux.
Une telle réflexion témoigne d'un procédé largement engagé depuis les années 1970 et la fin de l'Etat providence. Elle est le
résultat d'un désengagement plus large des institutions, qui laisse aux initiatives individuelles le soin de prendre en charge les problèmes dont l'Etat ne veut plus avoir la
responsabilité : questions sociales, environnementales… La responsabilisation de l'individu est un long procédé néolibéral. Mais alors le rapport du NCI fait-il état du
résultat de ce procédé ou en est-il partie prenante? En fait-il le constat, ou la promotion?
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Pure prophétie ou prophétie auto-réalisatrice?
A cet égard, la lecture du rapport similaire de l'IMEMO (Institut de l'économie mondiale et des relations
internationales qui forme les grands agents du KGB), l'équivalent russe du NCI est édifiante. Les Russes, comme les Américains, semblent prévoir pour 2030 le monde
qu'ils voudraient voir émerger. Les prévisions économiques, par exemple, en sont un exemple frappant. Si les deux pays s'accordent sur l'hégémonie économique chinoise
de 2030, leurs perspectives sont complètement différentes sur leur propre rôle dans l'économie globale. L'IMEMO soutient que "Les pays qui développeront le plus
leurs structures d'innovation et d'investissement seront la Chine, l'Inde et la Russie. Elles régresseront aux États-Unis, en Europe et au Japon." Côté américain,
on soutient que "les économies de l'Europe, du Japon et de la Russie continueront leur lent déclin", alors que celle des États-Unis, même surpassée par la
Chine, devrait pouvoir se maintenir.
On peut faire le même constat sur les tendances géopolitiques décrites par le rapport du NCI, qui apparaissent
extrêmement géocentriques. Le monde de 2030 y est décrit comme multipolaire, sans conflits majeurs entre les États, à l'instar de l'IMEMO qui prévoit que "leséchanges entre les leaders mondiaux pour le maintien de la paix dans le monde l'emporteront sur les tendances aux conflits". Mais le NCI fait l'économie des
autres "leaders mondiaux" et prévoit la multiplication des conflits régionaux si et seulement si "les États-Unis ne sont pas capables de conserver leur rôle de
garants de l'ordre mondial". Alors même que le rapport du NCI s'efforce en introduction de s'interroger sur l'hégémonie américaine "alors que les travaux
précédents présupposaient le rôle central des États-Unis", force est de constater que le présupposé reste.
Les Etats-Unis, garants de l'ordre mondial ou pompiers pyromanes?
Les USA ne sont pas les "gendarmes du monde" mais bel et bien les "garants de l'ordre mondial". Le
rapport du NCI n'interroge en aucun cas cette fonction, mais plutôt le défi de son maintien. Or, les États-Unis, ont été largement critiqués, et parmi ses plus hauts
représentants comme plutôt responsables de désordres globaux. Dans la vidéo suivante (en anglais) datant de 2009, Hillary Clinton, alors secrétaire d’État,
reconnaissait que les États-Unis étaient à l'origine du mouvement taliban, et qu'ils avaient plus largement contribué à créer le
"terrorisme".
C'est exactement dans la même logique que Ousama Ben Laden, feu l'ennemi public numéro 1 des États-Unis, avait été formé par la
CIA à partir de 1979. Les États-Unis l'avaient alors aidé à organiser la "guerre sainte" d'Afghanistan contre l'armée soviétique, en pleine guerre
froide, pour faire échapper ce pays à la main mise de l'URSS.
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Le paradoxe écologique
Des paradoxes, le rapport du NCI en est rempli. A sa sortie, Pierre Barthelemy, journaliste "passeur de science" pour LeMonde.fr, félicitait la prise de conscience écologique de l'institution américaine. En effet, le rapport reconnaît clairement que la planète se
dirige vers une hausse de la température moyenne "d'environ 2°C au milieu du siècle. Si les émissions [de gaz à effet de serre] continuent sur la tendance
actuelle, une hausse de 6°C à la fin du siècle est plus probable que 3°C, ce qui aura des conséquences encore plus importantes." Alors que le dernier sommet climatique en date, qui s'est tenu à Doha s'est soldé par un nouvel échec, le NCI appelle les décideurs politiques à
s'emparer de cette question. Sans tomber dans un discours alarmiste, ils préviennent : "On ne va pas nécessairement vers des pénuries mais les décideurs
politiques doivent impérativement prendre les choses en main pour éviter un tel futur".
Pourtant, le rapport stipule aussi que les intérêts environnementaux vont à l'encontre des intérêts économiques des États-Unis.
En effet, sous l'effet conjugué des "mégatendances" posées par les analystes américains : la diminution des ressources naturelles et la croissance
démographique (nous serons 8,3 milliards de terrien(ne)s en 2030 contre 7,1 fin 2012), le seul moyen pour les États-Unis de conserver un semblant d'hégémonie
serait de devenir auto-suffisants. Un objectif qui peut être atteint pour les experts du NCI, "à moins que des débats sur des problèmes environnementaux ne les
en empêchent". Si le rapport affirme donc que l'environnement doit être soigné, il affirme aussi que les question écologiques vont à l'encontre des intérêts
des États-Unis.
"Un futur confus : pourquoi les prédictions des experts sont fausses, et pourquoi nous les croyons tout de
même"
Le journaliste canadien Dan Gardner s'est appuyé
sur de nombreux travaux universitaires qu'il a réuni dans son livre : "Un futur confus : pourquoi les prédictions des experts sont fausses, et pourquoi
nous les croyons tout de même". Dan Gardner cite les travaux de Philip Tetlock, professeur de psychologie de l'université de Berkeley en Californie qui a
lancé en 1985 une vaste expérience consistant pendant 20 ans à valider les prévisions faites par près de 300 experts politiques et économiques. Conclusion:
Tetlock a trouvé que les experts dits optimistes prévoyaient dans 65% des cas des scénarios roses qui voyaient le jour 15% du temps et que les experts dits
pessimistes s'attendaient dans 70% des cas à des scénarios catastrophes qui se matérialisent seulement 12% du temps.
Ce que constate Dan Gardner, c'est que ces faux prophètes ne sont presque jamais dénoncés ou sanctionnés. Quand ils sont mis
face à leurs erreurs, ils expliquent qu'ils se sont trompés sur le calendrier ou que ce qu'ils attendaient s'est quasiment produit ou qu'un facteur exogène
inattendu a modifié le contexte. Tout le rapport du NCI semble se préparer à ses contradicteurs : aucune certitude, seulement des grandes tendances, des
changements de donne possibles et un exposé édifiant du monde que les États-Unis auraient intérêt à construire d'ici 2030…
Il n'a pas la clef de la porte principale extérieure, celle de la Liberté. Malheureusement il n'a qu'un passe pour l'intérieur, la clef égalité, encore
que des serrures lui fassent faux bond au sein des extrémités de son palais.
Incapable de représenter la France, d’empêcher son déclin économique et d’éviter son abaissement politique, François Hollande fait honte, y
compris à ses électeurs.
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Il est des anniversaires que l’on se passerait de célébrer. Mais il faut tout de même les marquer, ne serait-ce que d’une pierre noire, pour ne pas
oublier à quel point la démagogie est la pire maladie de nos démocraties. Voici donc un an, à peine plus de 51 % des Français (mais seulement 48 % des votants) ont décidé d’élire François
Hollande à la magistrature suprême. Un score sans adhésion, sans enthousiasme et sans enchantement. Un score si étriqué qu’il explique peut-être pourquoi, un an plus tard, l’élu n’a toujours pas
enfilé les habits de président de la République. Il n’en a toujours pas la stature, ni l’autorité et encore moins la volonté.
Ses amis disent de lui que François Hollande est resté « un simple conseiller général ». Cela peut paraître cruel, irrespectueux, voire
insolent. En fait, c’est triste, angoissant et même effrayant. Ce président n’est pas seulement englué dans ses contradictions, encalminé dans son indécision et paralysé dans son ambiguïté. Il a
montré qu’il est incapable de représenter la France à l’étranger. Il a fait la preuve de son inaptitude à jouer un rôle sur la scène européenne. Pire, il a prouvé son incompétence à rassembler
les Français, à décrisper la société et à apaiser le pays.
Non, il ne faut pas avoir peur de le dire. Ce président fait honte à une très grande majorité de nos concitoyens, y compris certains de ceux qui
l’ont élu et qui s’en mordent les doigts. Il leur fait honte lorsqu’il nomme, semaine après semaine, ses amis les plus proches aux postes essentiels de la République. Il fait honte lorsqu’il
délègue un ministre aux obsèques de Hugo Chávez en ignorant délibérément la disparition de Margaret Thatcher. Il fait honte lorsque, au dernier sommet européen, il fait tapisserie dans
l’antichambre, en attendant que David Cameron et Angela Merkel règlent les détails du budget de l’Union. Il fait honte lorsqu’il déploie sa maigre énergie à détricoter tout ce que Nicolas Sarkozy
a réussi, comme si son seul but était de régler un compte personnel avec son prédécesseur.
Bien sûr, François Hollande bénéficie de la légitimité du suffrage universel, que personne ne saurait lui contester. Mais il est désormais une sorte
de « roi nu » qui s’agite dans un théâtre d’ombres dirigeant avec sa clique un « pays légal » totalement coupé du « pays réel ». Au point qu’après moins d’un an
d’exercice du pouvoir, il est bunkerisé à l’Élysée. Il a annulé tous ses déplacements dans la France profonde. Il a oublié les ouvriers de Florange à qui il avait tant promis. Il n’a plus de
contact avec le monde paysan. Il est snobé par les entrepreneurs, qui ne supportent plus de ne pas être écoutés. Il vit reclus dans cette fastueuse résidence de la Pompadour, sans contact avec
les élus, les citoyens, les patrons et même les artistes, qui n’osent plus se compromettre avec lui. Et le voilà maintenant caricaturé, comme Louis XVI réparant ses serrures pendant que le peuple
gronde.
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A l’étranger, les jugements sont encore plus sévères. Une grande chaîne de télévision américaine l’a récemment décrit comme un « lapin ébloui
par les phares ». La presse britannique ou allemande ne sait plus si ce que qui se passe en France est encore une mauvaise farce ou une tragédie. Et même les médias russes n’en reviennent
pas de ce président qui est parvenu en quelques semaines à casser tous les liens que Nicolas Sarkozy avait recréés avec ce géant incontournable sur le plan géopolitique, énergétique et maintenant
industriel. Même la presse marocaine l’a cloué au pilori après les gaffes qu’il a faites pendant un récent voyage d’État. Il n’y a guère qu’à Tombouctou que François Hollande soit populaire. Du
moins pour le moment !
Oui, ce président nous fait décidément honte.
Lui qui veut moraliser la vie politique pour faire oublier l’incroyable scandale Cahuzac se refuse à faire une déclaration d’ISF
commune avec sa concubine.
Lui qui assurait, lors du débat télévisé qui l’a opposé à Nicolas Sarkozy, qu’il ferait en sorte que son comportement serait «
en chaque instant exemplaire », insulte un jour les catholiques, bafoue un autre jour l’héritage chrétien du pays avant de faire tabasser et gazer des opposants pacifiques au funeste texte
du mariage gay.
Lui qui prétendait être un président normal vit comme un monarque, protégé par un nombre record de gendarmes mobiles, entre le
pavillon de la Lanterne et le fort de Brégançon. Au point d’exaspérer ses propres amis de la gauche caviar, comme l’humoriste Gad Elmaleh qui a tweeté à ses fans, le 13 octobre
dernier, cette réflexion de bon aloi :
« Monsieur le président normal ! La France a mal et c’est pas normal. Alors devenez anormal ou faites moins mal. Parce que là vous faites tout
mal. »
Le débat récurrent sur l'enseignement de l'économie est important car il concerne le problème majeur de la définition de la science économique et du
rôle qu'elle peut jouer dans une société (voir "La crise économique est aussi une crise de l'enseignement de l'économie" dans Le Monde Eco& Entreprise du 3 avril et "Ma licence d'économie ne connaît pas la crise" dans Le
Monde du 18 avril).
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Or, ce débat s'est souvent focalisé sur un aspect du problème – la place qu'il convenait de donner aux mathématiques dans la
science économique – alors qu'un débat méthodologique plus fondamental est en réalité sous-jacent.
La réaction vigoureuse exprimée par nombre d'étudiants et de professeurs à l'encontre d'une formalisation mathématique excessive paraît
justifiée.
Mais il ne faudrait pas aller
jusqu'à condamner l'emploi des mathématiques en économie. Celui-ci a en effet permis des avancées significatives, aussi bien du point de vue purement théorique que du point de vue
de l'économie appliquée. Ce qui est en cause, ce n'est pas la formalisation mathématique, mais le caractère presque exclusif de celle-ci dans la formation et dans la recherche économiques.
En effet, le caractère scientifique d'une démarche intellectuelle ne réside pas dans l'emploi de certains instruments – par exemple les
mathématiques – mais dans l'aptitude à faire un raisonnement de manière
rigoureuse. Mais encore faudrait-il distinguer la rigueur logique et la
rigueur conceptuelle.
UN INSTRUMENT PUISSANT
La première permet de passer
d'une proposition à une autre sans risque d'incohérence, et les mathématiques sont de ce point de vue un instrument puissant. A condition de comprendre les concepts que l'on utilise, de savoir les définir, de les relier les uns aux autres.
En mettant l'accent uniquement sur l'instrument – les mathématiques –, on débouche sur une science purement formelle qui établit des relations entre
des concepts dénués de sens. De là vient l'impression justement ressentie par beaucoup d'étudiants, ou même d'enseignants, d'une science qui ne leur permet pas de comprendre le monde réel.
Mais ce refus d'une formalisation excessive ne doit pas conduireà un refus de la théorie économique, et c'est peut-être là que réside l'ambiguïté du débat sur
l'enseignement de l'économie.
On risque alors, en effet, soit d'abandonner la démarche spécifique de la science économique au profit d'autres sciences que, pour notre part, nous
considérons comme moins avancées (par exemple la sociologie ou l'histoire), soit de se réfugier dans un pragmatisme flou par refus de la théorie.
Toute action humaine, en effet, est théorique, en ce sens qu'elle repose sur l'exercice de la raison, et c'est pourquoi il est erroné d'opposer la théorie et la pratique. La vraie opposition est celle qui existe entre la
bonne et la mauvaise théorie.
PROBLÈME DE MÉTHODOLOGIE
C'est en ce point que s'insère le problème de la méthodologie. Une majorité d'économistes est fidèle à une méthodologie identique à celle des
sciences physiques et naturelles, à savoir "l'empirisme logique".
La démarche scientifique consisterait, à partir d'hypothèses théoriques non vérifiables, à aboutir par un
raisonnement logique à des propositions testables. Cette démarche conduit à réduire la science économique à l'étude de ce qui est mesurable.
Mais la vie des êtres humains a une bien autre dimension : une grande partie de leurs objectifs sont... subjectifs, incommunicables et changeants.
L'empirisme logique est donc réducteur par rapport à la réalité de la vie humaine et il ne permet pas de la comprendre véritablement. Une autre approche méthodologique est donc souhaitable.
C'est celle qu'utilisent en particulier les économistes de l'"école autrichienne" (Carl Menger, Ludwig von Mises, Friedrich Hayek, Murray Rothbard, etc.).
Cette méthodologie, dite de l'individualisme méthodologique, consiste à partir de propositions réalistes concernant le comportement des individus (en particulier l'hypothèse de
rationalité individuelle) et à en tirer de manière logique des propositions dont
le caractère testable est sans importance : si les hypothèses de départ sont correctes et les raisonnements cohérents, les conclusions sont "vraies", même si on ne peut pas les vérifier et les
mesurer.
MONOLITHISME DE LA PENSÉE
Ce qui est grave dans la situation française actuelle de l'enseignement et de la recherche en économie, ce n'est pas seulement l'usage excessif des
mathématiques, mais le monolithisme de la pensée.
Dans le débat sur l'enseignement de l'économie, on a raison de dénoncer la suprématie de l'approche néoclassique, mais on fait une confusion
phénoménale en prétendant que celle-ci est défendue par les libéraux. La défense du libéralisme ne passe pas par l'analyse
néoclassique, car celle-ci ignore les objectifs et les savoirs individuels et repose sur des concepts arbitraires mais mesurables.
Qu'il faille sortir de la
"pensée unique", c'est certain. Mais pour aller où ? Il semble que certains des
protagonistes du débat précité veuillent remplacer la théorie dominante par
des approches plus historiques, plus sociologiques, plus descriptives. Nous pensons qu'il y aurait là une formidable régression.
Mais il serait en revanche fructueux qu'une véritable concurrence puisse s'instaurer dans le domaine des idées et que
chacun puisse exprimer et recevoir ce qui lui paraît le plus utile et le plus vrai.
Il faut pour cela briser le
monolithisme institutionnel de l'université française. Car la liberté intellectuelle n'est peut-être plus qu'une fiction dans l'université française. Par exemple, il existe dans le monde, en
particulier aux Etats-Unis, une véritable explosion du courant "autrichien", mais celui-ci ne peut pratiquement pas trouver droit de cité dans l'université française.
En résumé, un certain nombre d'économistes – dont nous sommes – partagent avec d'autres le sentiment qu'il existe un monolithisme intellectuel
dangereux dans l'enseignement et la recherche économiques. La solution ne consiste cependant pas à remplacer un monolithisme par un autre, mais à rendre possible la coexistence d'idées différentes et l'émulation constructive qu'un vrai pluralisme fait
nécessairement naître.
Pascal Salin (professeur émérite à l'université Paris-Dauphine)
Pascal Salin (né le 16 mai 1939à Paris) est un économiste et philosophe français,
professeur à l'université de Paris IX Dauphine, spécialiste de la finance publique et ancien président de la Société du Mont-Pèlerin (1994-1996), succédant à Max Hartwell et cédant sa place à Edwin J. Feulner. Libéral et scientifique, il a également fait partie du bureau éditorial du Journal of Libertarian Studies.
Après des études à la faculté de droit de Bordeaux, il effectue un cursus en économie à Paris, en parallèle à l'Institut d'études politiques de Paris. Diplômé de
Sciences Po, il obtient un doctorat en économie ainsi qu'une licence de sociologie. Il passe parallèlement l'agrégation d'économie[1].
Il commence par être assistant universitaire à Paris entre 1961 à 1966, alors qu'il n'a que 22 ans. Puis il devient maitre de conférences à l'université de Poitiers
et Nantes. En 1970, il rejoint comme professeur d'université l'université de Paris IX Dauphine[1]. Il y enseigne encore aujourd'hui. Il dirige le Centre de Recherche en Théorie Economique Jean-Baptiste Say[2], auquel a collaboré avec Georges Lane ou Alain Wolfelsperger. Il a compté parmi
ses élèves François Guillaumat, alors doctorant, Philippe Lacoude, Bertrand Lemennicier,Cécile Philippe, Véronique de Rugy ou Frédéric
Sautet.
Il a depuis travaillé comme consultant, notamment, pour service d’études du Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement du Niger, l’Organisation des
Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), et le Harvard Institute for International Development.
Entre 1994 et 1996, il préside la Société du
Mont-Pèlerin, une organisation internationale fondée par Friedrich Hayek en 1947 et composée d'économistes,
d'intellectuels et d'hommes politiques réunis pour promouvoir le libéralisme. Il a également exercé des
responsabilités importantes au sein de l'Aleps.
Chevalier de la Légion d'honneur, il est également chevalier des Arts et des Lettres et officiers des Palmes académiques. Il a reçu le Prix renaissance de l'économie en 1986.
Travaux et prises de position
Il a effectué de nombreux travaux dans le champ de la finance publique ou sur les questions monétaires. Il défend en particulier le système de réserves fractionnaires.
D'inspiration libérale et libertarienne, son œuvre marche dans les traces de la tradition autrichienne : Frédéric
Bastiat, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek. Il défend généralement des positions minarchistes
ou anarcho-capitalistes. Ainsi, dans Libéralisme (2000), il écrit sur l'État :« L'État n'a aucune justification morale ni scientifique, mais (...) constitue le pur produit de l'émergence de la violence dans les sociétés humaines ». A propos de l'impôt il déclare : « Prélevé en fonction d'une norme décidée par les détenteurs du pouvoir étatique, sans respect de la personnalité
de chacun, l'impôt pénalise la prise de risque et est foncièrement esclavagiste, allant à l'encontre de son but recherché, bafouant les droits fondamentaux de l'être humain et la propriété de
l'individu »[3].
Il contribue régulièrement au Québécois Libre. Il
a pris position en faveur du projet de directive sur la libéralisation des services dans l'Union
européenne (directive Bolkestein) et en défaveur du Traité de Rome de 2004.
Le Lot sous une Ville neuve: La Liberté, votez GEYRES!
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Le communiqué de presse de Stéphane pour annoncer sa candidature :
Le Mouvement des Libertariens sera candidat à Villeneuve-sur-Lot en juin.
Partout dans le monde, les libertariens ambitionnent, pour tous, un monde de liberté, perdue depuis longtemps. Un monde dans lequel tous les individus libres sont responsables d'eux-mêmes. Un
monde où personne n’est forcé de sacrifier ses valeurs au bénéfice de quelques privilégiés, tout en plaçant la charité naturelle de l’être humain au cœur de la
vie sociale. Un monde de bon sens et de confiance.
La bureaucratie et l’état-providence ne sont pas le remède mais la cause de la misère et du pessimisme qui gangrènent ce pays depuis des décennies.
Nous avons pris l’initiative de créer le Mouvement des Libertariens pour venir surprendre le jeu politicien. Ouvertement. Nous allons montrer que les autres candidats ne sont pas à la hauteur
des enjeux, aucun. Qu'ils ne disent pas la vérité, qu'ils ne comprennent pas la crise et ses causes, que leurs solutions n'en sont pas.
Tous collectivistes, ils ne pensent qu'à s'engraisser honteusement par un faux capitalisme, celui de la connivence. Cahuzac n'est pas un cas isolé !
Nous serons heureux de vous rencontrer à Villeneuve-sur-Lot durant cette campagne, et nous sommes disponibles à tout instant pour développer avec vous nos idées.
Ni à droite, ni à gauche, ni au centre. Les Libertariens ne veulent pas prendre le pouvoir, mais le rendre à chacun.
Stéphane
GEYRES,
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Un candidat libertarien dans la circonscription de Jérôme Cahuzac
Stéphane Geyres, du Mouvement des Libertariens, a déclaré sa candidature dans l'élection législative partielle pour le siège de Jérôme Cahuzac.
Comme une profession de foi, la lettre de Stéphane:
La lettre de Stéphane aux électeurs de la circonscritption :
Chers Lot-et-Garonnais,
Notre circonscription, plus que toute autre en France, est révélatrice du climat d’incompétence et d’ignorance des réalités de notre pays qui règne à l’Assemblée Nationale.
Plus que jamais dans l’histoire de la République, la solution est à chercher hors de la classe politique en place, que ce soit le centre, la gauche ou la droite,
et même les extrêmes. Tous, aujourd’hui, ne savent qu’exiger des réglementations, proposer des limitations, imaginer des contrôles, ordonner des sanctions et imposer des taxes. Le problème de
la France, c’est sa liberté perdue. La liberté de créer, d’entreprendre, de travailler, de faire, de choisir sa vie, en individu de bon sens responsable !
Notre modèle social, politique et économique étouffe, depuis quarante ans, sous le poids des décisions que les politiciens prennent à notre place.
Je suis quant à moi quelqu’un comme vous tous. Simple salarié et autodidacte de la politique et de l’économie, jamais je n’ai compté sur l’état pour conduire ma vie que j’ai menée sans profiter
de quiconque. Je me bats pour mes filles et pour nous tous.
Je suis du voisinage, né et vivant dans ce grand Sud-Ouest que nous aimons tous. Je ne suis pas un « parachuté », cet éléphant d’un parti qui cherche à s’assurer une place en se présentant en
terrain conquis. Peu m’importe la place, je viens vous porter un message de liberté, de citoyen responsable qui a décidé, avec ses amis du Mouvement des Libertariens, de se lever en ces temps
difficiles pour envoyer un signal fort aux gouvernants et à toute la classe politique : nous ne sommes pas un troupeau à diriger, nous sommes un peuple instruit et lucide qui mérite et exige le
respect de ses droits fondamentaux.
Parce que la liberté est facteur de dynamisme économique, que le dynamisme économique est la meilleure des sécurités, de l'emploi notamment. Parce que la liberté d’échanger est la meilleure
garantie d’un lien social resserré. Parce que la liberté est nécessaire à l’épanouissement de chaque être humain, je présente ma candidature comme député de la 3ème circonscription du Lot et
Garonne pour porter le message de la Liberté.
Villeneuve-sur-Lot : les libertariens dans la campagne
Le jeune mouvement, très libéral, compte médiatiser ses idées à l'occasion de la législative partielle
Ils se disent héritiers du penseur libéral landais Frédéric Bastiat. Les libertariens
comptent en tous les cas profiter de l'élection législative partielle de la troisième circonscription de Villeneuve-sur-Lot pour populariser les idées de leur mouvement fondé il y a six
mois.
Stéphane Geyres, 51 ans, informaticien auditeur toulousain, natif de Bordeaux, se déclare donc
candidat. "Notre circonscription, plus que toute autre en France, est révélatrice du climat d’incompétence et d’ignorance des réalités de notre pays qui règne à l’Assemblée
nationale, estime-t-il. Plus que jamais dans l’histoire de la République, la solution est à chercher hors de la classe politique en place, que ce soit le centre, la gauche ou la droite, et même
les extrêmes. Tous, aujourd’hui, ne savent qu’exiger des réglementations, proposer des limitations, imaginer des contrôles, ordonner des sanctions et imposer des taxes. Le problème de la
France, c’est sa liberté perdue. La liberté de créer, d’entreprendre, de travailler, de faire, de choisir sa vie, en individu de bon sens responsable ! Notre modèle social, politique et
économique étouffe, depuis quarante ans, sous le poids des décisions que les politiciens prennent à notre place."
Moins d'économie administrée, moins d'impôt, et un Etat qui se cantonnerait stricto sensu à ses fonctions régaliennes, voilà le
message des libertariens.
Villeneuve-sur-Lot. Et de deux candidats qui font huit pour une législative
législatives partielles à Villeneuve
Deux candidatures de plus pour les élections législatives de juin prochain dans la troisième circonscription. La liste s'allonge et ce n'est sans
doute pas fini avant le 24 mai.
Dans deux semaines, vendredi 24 mai, à 18 heures, aucun candidat potentiel pour les élections législatives partielles des 16 et 23 juin prochain
ne pourra se déclarer. Hier, deux nouveaux noms se sont ajoutés à la liste des candidats à la succession de l'ancien député Cahuzac.
Stéphane Geyres, 51 ans, consultant senior, est candidat pour le Mouvement des libertariens
aux législatives. Son suppléant est Valentin Souny, 21 ans, étudiant en droit. «Notre circonscription, plus que toute autre en France, est révélatrice du climat d'incompétence et d'ignorance
des réalités de notre pays qui règne à l'Assemblée nationale, indique-t-il. La solution est à chercher hors de la classe politique en place, quelle qu'elle soit. Le problème de la France, c'est
sa liberté perdue : la liberté de créer, d'entreprendre, de travailler, de choisir sa vie… en individu de bon sens responsable.»
Et le Modem ?
La deuxième nouvelle candidature est celle de Benoît Frison-Roche, 62 ans, retraité, ancien officier de la marine nationale, investi depuis huit
ans dans les actions de gestion de l'enseignement catholique. Son suppléant est Pascal Célérier, 41 ans, professeur de lettres au collège Anatole-France de Villeneuve-sur-Lot. «Ma candidature
est indépendante. Je m'affiche clairement comme divers droite. Pourquoi je me lance dans les législatives ? Je ne suis pas dans une démarche d'opportunité mais dans une démarche de conviction.
Je me considère représentant une candidature de rassemblement. Je veux le rassemblement des gens qui veulent œuvrer au rétablissement de tous les équilibres économiques, sociétaux… ici et au
sein du Parlement».
Outre ces deux candidatures indépendantes, on retrouve à cinq semaines du premier tour l'ensemble ou presque des pièces pouvant figurer sur
l'échiquier politique : Jean-Louis Costes (UMP), Bernard Barral élu par les militants socialistes lundi soir, Lionel Feuillas (Europe Ecologie les Verts), Marie-Hélène Loiseau (Front de
gauche), Etienne Bousquet-Cassagne (Front national), sans oublier Joffrey Raphaël-Leygues - la classe biberon - 18 ans et lycéen, et Claude Leriche, qui entendait y aller aussi, «pour les plus
pauvres.»
Il manque encore une pièce sur l'échiquier de la 3e circonscription, une pièce de couleur orange comme la teinte du Modem. A l'issue d'une réunion
vendredi avec François Bayrou, Yamina Kichi, médecin à Sainte-Livrade, tient semble-t-il la corde. Le nom de son suppléant n'est pas encore connu. L'arrivée du mouvement centriste dans le jeu
bouclerait presque la boucle des candidats engagés dans la course à la succession de Jérôme Cahuzac.
Simple citoyen viscéralement optimiste, consultant informatique, 25 ans d'expérience, bilingue, ayant vécu dans 5 pays sur 3 continents et connu
l'aventure de la création d'entreprise - dans un pays ou c'est mal vu et très aléatoire. Libéral convaincu et même libertarien, venu au libéralisme après des années d'errance politique et une
grande déception de la droite traditionnelle, de ses présidents de la 5eme république et de la "rupture" de 2007. Autodidacte et curieux, découvre l'école autrichienne d'économie et engloutit
les opus magni de Mises, Rothbard et Hoppe en quelques mois, puis découvre le libéralisme en tant que doctrine et modèle social. La lecture de Salin, Ron Paul, Hazlitt, Ayn Rand et même
Mandelbrot finit de me convaincre du bien fondé de l'analyse libérale. Commence alors le projet de contribuer à mieux faire connaître et comprendre le libéralisme, pour que nos enfants vivent
dans un monde digne d'eux...
L'oeil Libre, une direction un seul chemin: La Liberté
Ils veulent « la liberté, sinon rien ». Leur devise ? « Vie, liberté, propriété ». Les Libertariens débarquent en France. Nouvelles de France a rencontré Stephane Geyres, leur
président.
Pourquoi avoir lancé Les Libertariens en janvier 2013 ? Selon vous, le libéralisme n’est pas représenté en politique, aujourd’hui en
France ?
Notre groupe des fondateurs a bien décidé fin 2012 de lancer Les Libertariens qui depuis ont été en effet enregistrés comme parti en janvier (notre nom
officiel est donc le Mouvement des libertariens). Nous considérons que le libéralisme authentique est totalement inconnu et incompris en France et que, c’est exact, aucune offre politique
cohérente n’existait à ce jour, alors que le libéralisme libertarien n’est pourtant rien de moins que l’avenir de l’Homme.
Pourquoi ne pas avoir tenté l’entrisme dans un grand parti (UMP, MoDem…) ?
L’entrisme ? Tout libertarien vous dira qu’il est inconcevable. Tous les partis se voulant libéraux l’ont démontré, il est vain de tenter d’influencer des
partis qui ne sont pas conçus pour le bonheur des peuples mais pour celui de leurs élites. À moins d’être déjà célèbre et connu du public, vouloir faire gagner la liberté ne peut se faire
que de l’extérieur du système.
Le PLD se veut un « gentil parti », mais il est et sera incapable de pousser les mesures profondes dont notre société a besoin et que nous
proposons. Déjà sur le fond, il s’affiche à la fois libéral et démocrate alors que ces deux concepts sont incompatibles, la société libre de demain n’ayant rien de démocratique. En effet,
qu’est-ce que la démocratie sinon l’oppression des minorités par la majorité ? Le PLD a l’avantage de faire un peu avancer les idées libérales dans le domaine économique, mais sinon il
s’inscrit dans la continuité du système actuel. Or c’est le système qui est en cause, pas seulement la politique économique.
Un parti de plus… diront certains. En quoi le Mouvement des libertariens n’est pas un parti comme les autres ?
Nous – et bien d’autres libertariens – avons longtemps hésité avant de créer ce parti. Car pour nous, un parti est synonyme de prise de pouvoir et c’est
justement du pouvoir que nous nous méfions. Nous ne voulons pas prendre le pouvoir, mais qu’il soit rendu aux citoyens. Incohérence apparente donc. Mais en France, rien ne se passe hors
du système. La preuve, vous vous intéressez à nous parce que nous entrons dans le jeu partisan. Notre objectif est donc de venir perturber ce jeu. Ouvertement. Nous serons le caillou dans
la chaussure – du PLD notamment, et de tous les autres.
Quels sont vos objectifs électoraux ? Vos projets à court et moyen terme ?
Nous préparons notre présence électorale. Mais elle est destinée à montrer que l’empereur est nu, que les autres candidats ne sont pas à la hauteur des
enjeux, qu’ils ne disent pas la vérité ou simplement qu’il ne comprennent pas la crise et ses causes.
Il est encore trop tôt pour dévoiler nos plans qui, pour être franc, sont encore en préparation. Mais disons que nous serons partout où les élections sont
peu coûteuses et partout où nous pensons pouvoir renverser les baronnies en place.
« Vouloir faire gagner la liberté ne peut se faire que de l’extérieur du système »
Comment expliquer le fait que le libéralisme a si mauvaise presse en France en 2013 ? Est-ce pour cela que vous avez pris l’appellation
« libertarien », moins connotée ?
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Je ne sais si vous avez lu Libres !, paru en septembre 2012 et écrit par 100 libéraux – votre rédaction en a un exemplaire
(Nouvelles de France de décembre 2012 a interrogé les auteurs de
Libres !, ndlr). Un de ses articles a pour titre : « 94% des journalistes de gauche ? » – je crois qu’il y a là une des causes évidentes.
Le libéralisme, qui est pourtant né en France avec les Lumières, subit depuis l’après-guerre un lent mais très efficace travail de sape, au point que plus
personne ou presque n’en connait les principes. Pourtant, c’est très simple : il n’y a pas de philosophie politique plus humaniste que le libéralisme authentique. Mais celui-ci suppose
une place minimale voire nulle laissée à l’État bureaucrate, et celui-ci ne l’entend pas de cette oreille. Alors il nous fait croire à une monstruosité.
Le terme de libertarien vient du terme anglo-saxon « libertarian ». C’est un moyen d’affirmer que nous ne sommes pas des libéraux au seul sens
économique, mais aussi et surtout au sens politique, c’est-à-dire que nous voulons un retour à l’état strictement régalien. Voire au-delà.
Si vous arriviez au pouvoir, quelles seraient vos 5 premières mesures ? La croissance sans fin de l’État providence n’est-elle pas,
partout, inéluctable ? Le refuser, n’est-ce pas aller contre le sens de l’Histoire ?
Le sens de l’histoire n’est pas celui annoncé par Marx, c’est celui qui va vers la liberté des peuples. L’État-nounou gargantuesque est en
train d’approcher l’apoplexie, il va tomber comme un fruit pourri de l’arbre et l’histoire reprendra sa marche lente mais sûre en laissant derrière elle ce « détail ».
Imaginez cinq mesures phares – mais qui vous dit que les nôtres se limiterons à celles-ci ? Suppression du statut de fonctionnaire ; suppression du code du
travail ; impôt unique et identique pour tous quelque part entre 10 et 15% des revenus (tout autre impôt étant supprimé) ; retrait de l’État de toutes ses participations dans des
entreprises, quelles qu’elles soient ; suppression de tous les monopoles publics.
La crise que nous vivons actuellement est-elle une opportunité pour faire connaître et comprendre le libertarianisme aux Français
?
La crise est en effet une lame qui va aller grandissant et qui portera nos idées, en France comme partout d’ailleurs. Déjà Ron Paul, auxÉtats-Unis, a fortement perturbé les dernières élections américaines, nous faisons le pari que ce sera aussi le cas en Europe.
Je fais, par exemple, le pari qu’Alain Madelin va tenter de revenir – et c’est très bien. Mais il ne va pas assez loin et surtout il est
trop teinté, il fait parti du système. Les citoyens ont besoin de sang neuf.
Finalement, quel intérêt auraient nos lecteurs à adhérer aux Libertariens ?
Adhérer aux Libertariens, c’est un acte simple. Pas besoin de chercher de raison bien compliquée : Si vos lecteurs croient que ce système les étouffe, s’ils
pensent que la crise n’est pas leur faute mais celle des politiques et des banquiers, s’ils pensent qu’ils se débrouilleraient bien mieux sans toute cette paperasse et ces bureaucrates,
s’ils pensent qu’ils paient trop d’impôts, ils trouveront chez nous un discours à leur mesure : Les Libertariens ne veulent pas prendre le pouvoir, mais vous le rendre.
Vous direz que c’est populiste ? Il est en effet temps de s’occuper du peuple. C’est notre seule ambition.
Stephane Geyres : «Les Libertariens ne veulent pas prendre le pouvoir, mais vous le rendre»
Stéphane Geyres (né le 3 mars 1962 à Caudéran (Bordeaux)) est consultant. Libertarien, il défend des positions pro-liberté et se revendique
de la pensée de Murray Rothbard et de ses héritiers, Hans-Hermann Hoppe en particulier. Il est avec Ulrich Genisson le co-éditeur du projet de livre Libres ! 100
idées, 100 auteurs.
Il a été un des premiers traducteurs bénévoles de l’Institut Coppet dont il est devenu et est encore le Trésorier et est aussi l’un des créateurs et
principal contributeur de Article IV ((fr)Article IV)
« L’étatisme (...) est cette croyance, mouvance, idéologie, appelons cela
comme on veut, qui voudrait nous faire croire que l’état (bureaucratie) serait légitime à intervenir dans de nombreux champs de la vie sociale, pour ne pas dire tous. »
La campagne a besoin de vous : plus nombreux nous serons, mieux ce sera. Si vous souhaitez participer de quelque manière que ce soit, faites vous connaître soit sur FB, soit par mail:
campagne.geyres@gmail.com
En prenant d'une part le clivage de ceux de la droite qui mettent au pilori ceux de la gauche et d'autre part le clivage gauche qui eux mettent ceux de droite à
l'identique, voici un juste milieu bien qu' exhaustif.
Une liste suggestive d'élus de droite, UMP, FN, Divers et j'en passe mis en cause, mis en examen ou condamnés.
Alain Agostini (UMP) 2008, condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée.
Alain Carignon (UMP) 1999, condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de
témoins.
Alain Ferrand (UMP) 2006, condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises
illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale.
Alain Juppé (UMP) 2007, condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et
prise illégale d’intérêt.
Alain Tuduri (UMP) 2009-2010, condamné pour discrimination raciale, pour avoir préempté les
biens immobiliers que voulait acheter des personnes d’origines étrangères dans sa commune.
Axel Poniatowski (UMP) 2010, condamné pour diffamation.
Brice Hortefeux (UMP) 2010, condamné pour atteinte à la présomption d’innocence. Il a
également été condamné pour injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine. Le Parquet Général a requis sa relaxe, la décision a été mise en délibéré au 15
septembre.
Brigitte Barèges (UMP) 2011, condamnée pour refus de mariage.
Bruno Sandras (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale
d’intérêts.
Charles Fabre (UMP) 2010, mis en examen pour favoritisme.
Charles Pasqua (UMP) 2009 à 2010, condamné pour trafic d’influence, pour favoritisme, pour
faux, financement illégal de campagne et abus de confiance. Il est cité dans l’affaire de recel d’abus de biens sociaux pour l’association France Afrique Orient. Il également mentionné dans
l’affaire du financement occulte du ministère de l’Intérieur et de l’Union des groupements d’achats publics.
Christian Vanneste (UMP) 2006 et 2007, condamné pour propos homophobes, condamnation confirmée
par la Cour d’Appel puis annulée par la Cour de Cassation. Il avait déclaré l’homosexualité inférieure à l’hétérosexualité et que l’homosexualité était une menace pour l’humanité.
Claude Polony (UMP) 2001-2009, reconnu coupable de prise illégale d’intérêt, favoritisme et
détournements de fonds.
Daniel Simonpieri (FN puis UMP), condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif.
Il avait déjà été condamné pour harcèlement moral.
Damien Meslot (UMP) 2010, condamné pour outrage à magistrat, mis en examen pour atteinte ou
tentative d´atteinte à la sincérité d´un scrutin.
Denis Gautier-Sauvagnac (UMP) 2008, mis en examen pour blanchiment d’argent.
Denis Jacquat (UMP) 2011, condamné pour abus de confiance et infraction à la législation sur
le financement des campagnes électorales.
Didier Schuller (RPR-UMP) 1994, il s’enfuit aux Bahamas après la révélation d’une tentative de
déstabilisation du juge Éric Halphen puis il continue sa cavale en Dominique Républicaine où il bénéficie d’une protection diplomatique, avant de revenir en France.> 2005, condamné pour
financement illégal de sa campagne.> 2007, condamné pour avoir fait financer de façon occulte des activités politiques.
Dominique Paillé (UMP) 2004, condamné pour abus de confiance.
Frédéric Chazal (UMP) 2010, condamné pour diffamation.
Gaston Flosse (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale
d’intérêts.
Georges Tron (UMP) 2011, mis en examen pour harcèlement sexuel, agression sexuelle et
viol.
Gérard Dezempte (UMP) 2006, condamné pour discrimination.
Gérard Larrat(UMP)2011, condamné pour constitution de partie civile abusive ou dilatoire dans le but de nuire à son adversaire socialiste.>
2011, mis en examen pour complicité d’atteinte à la sincérité du scrutin, complicité de faux administratif et usage et complicité de manoeuvre frauduleuse tendant à l’exercice irrégulier du vote
par procuration, son élection a été annulée.
Gilles Forray (UMP) 2006, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens
sociaux.
Guy Drut (UMP) 2005, condamné pour avoir bénéficié d’un emploi fictif.
Guy Wildenstein (UMP) 2011, mis en examen pour recel d’abus de confiance.
Henry Chabert (UMP) 2002, condamné pour recel d’abus de biens sociaux.
Jacques Blanc (UMP) 2009, mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale
d’intérêt.
Jacques Masdeu-Arus (UMP) 2006 à 2009, condamné pour corruption passive et recel d’abus de
biens sociaux.
Jacques Myard (UMP) 2009, condamné pour diffamation.Jean Reynaud (UMP) 2004, condamné pour
prise illégale d’intérêt. 2006, condamné pour harcèlement moral et dégradation des conditions de travail.
Jean Tiberi (UMP) 2009, condamné pour occupation illégale des locaux de sa permanence et
fraude aux électeurs.
Jean-Louis Garnier (UMP) 2011, condamné pour coups et blessures.
Jean-Louis Masson (UMP) 1997, condamné pour avoir financé la campagne d’un concurrent afin
d’affaiblir sa rivale à droite.
Jean-Paul Alduy (UMP) 2008, son élection est annulée pour fraude.
Jean-Paul Fournier (UMP) 2009 à 2010, condamné pour prise illégale d’intérêt.
Joëlle Ceccaldi-Raynaud condamnée (UMP) 2006, condamnée pour diffamation et complicité de
diffamation.
Joëlle Ferrand (UMP) 2010, condamnée pour prise illégale d’intérêt et malversations.
Laurence Spicher-Bernier (UMP) 2010 à 2011, condamnée pour exercice illégal de la profession
d’avocat et escroquerie.
Lionel Cressiot (UMP) 2011, mis en examen pour injures et diffamation.
Lucette Michaux-Chevry (UMP) 2002, condamnée pour favoritisme dans l’attribution de marchés
publics.
Manuel Aeschlimann (UMP) 2009, condamné pour favoritisme dans l’attribution d’un marché
public.
Marie-Jeanne Bozzi (UMP) 2002, condamnée pour proxénétisme aggravé, association de malfaiteurs
et dissimulation de travail clandestin.> 2007, condamnée pour soustraction au paiement de l’impôt, omission de déclaration et fraude fiscale.> 2009, mise en examen pour association de
malfaiteurs en vue de la commission d’un homicide en bande organisée.
Maurice Gutman (UMP) 2010, condamné pour proposition sexuelle à une mineure de 12 ans.
Michel Buillard (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale
d’intérêts.
Michel Habig (UMP) 2006, condamné pour avoir fait incendier 14 caravanes appartenant à des
Roms installées sur un terrain municipal.
Nicolas Bazire (UMP) 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.
Olivier Deleu (UMP) 2011, mis en examen pour injures et diffamation.
Olivier Rey (UMP) 2008, condamné pour violences, menaces et dégradation grave du bien d’autrui
à raison de la religion.
Pascal Buchet (UMP) 2007-2011, condamné pour harcèlement moral ayant mené au suicide.
Patrick Balkany (UMP) 2003, condamné pour injure publique et pour diffamation. 1999, condamné
pour avoir rémunéré aux frais du contribuable trois personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s’occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence
secondaire près de Giverny.
Philippe Brun (UMP) 2011, condamné pour fraudes et multiples abus de biens sociaux.
Pierre Bédier (UMP) 2009, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens
sociaux.
Philippe Pemezec (UMP) 2010, condamné pour injures. 2007, condamné pour irrégularités lors de
sa campagne, son élection sera annulée.
Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) 2004, condamné pour blanchiment d’argent.> 2011, mis en
examen dans le cadre de l’affaire Karachi.
René Vestri (UMP) 2009, condamné pour travail dissimulé.> 2010, mis en examen pour
blanchiment à titre habituel et en bande organisée, trafic d’influence et association de malfaiteurs.
Richard Cazenave (UMP) 1999, condamné pour abus de biens sociaux.> 2004, condamné pour
recel et complicité d’abus de biens sociaux.
Serge Dassault (UMP) 1998, condamné pour corruption. 2010, condamné pour procédure
abusive.> 2009, condamné pour avoir acheté des voix lors des municipales.
Thérèse Aillaud (UMP) 2002, condamnée pour détournement de fonds publics.
Thierry Gaubert (proche de l’UMP, collaborateur de Sarközy) 2008, mis en examen pour abus de
biens sociaux et escroquerie.> 2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.
Thierry Leprince (UMP) 2007, condamné pour viol sur une mineure de 12 ans.
Vincent Toni (UMP) 2008 et 2011, condamné pour corruption passive.
Xavier Dugoin (UMP) 1997, condamné pour trafic d’alcool, salaires fictifs et corruption.>
1999 à 2000, condamné pour abus de confiance, détournement de fonds publics, falsification de documents administratifs et prise illégale d’intérêt.> 2001, mis en examen dans le cadre de
l’affaire des emplois fictifs du conseil général de l’Essonne, cette procédure sera annulée pour vice de forme.2010, un cadre de l’UMP dont le nom n’a pas été diffusé a été mis en examen pour vol
de carte bancaire d’un ancien dirigeant et pour le piratage, lors de la guerre interne à l’UMP 31, de l’ordinateur de l’ex-présidente Christine de Veyrac.> Les policiers ont retrouvé des
objets acquis frauduleusement au domicile du jeune homme.L’UMP condamnée pour atteinte au droit à l’image avec son LipDub en diffusant pour le clore la photo d’une jeune femme n’y ayant pas
consenti.
L’UMP, à l’origine de la loi Hadopi, condamnée pour piratage d’une musique de MGMT utilisée
lors de leurs meetings et pour illustrer plusieurs vidéos diffusées sur Youtube.
André Santini avait été mis en examen le 30 mai 2006 pour «prise illégale d’intérêt», «faux et
usage de faux» et «détournement de fonds publics».
UMP Eric Woerth mis en examen jeudi 9 février 2012, cette fois pour « recel » dans
l’enquête sur l’héritière de L’Oréal Liliane Bettencourt, a déclaré son avocat.
NdA : (manquent, notamment les « affaires Chirac »)
FN
Voici la liste non-exhaustive des condamnations de membres du Front National.
Cette liste a été réalisée en effectuant des recherches sur internet et grâce au travail de certains internautes, Il est possible que
certains jugements aient évolués sans qu’ils n’en soient trouvés la trace.
Nous remercions toutes les personnes qui ont effectuées ce travail et relayons donc ces informations sur No Pasaran FM, comme nous l’avons fait pour
les membres UMP et PS.
Sur cette liste les condamnations sont très graves, voici donc approximativement ce pourquoi 18 % de français ont voté à l’élection présidentielle
de 2012 mais étaient t’il au courant de ces faits ? Pour certains oui, ils cautionnent donc de tels actes, pour tous les autres qui se sont fait embobiner, il est temps de vous réveiller et
de regarder la vérité en face.
La première date correspond à l’époque des faits, la deuxième correspond au moment de la condamnation. Si une seule date est inscrite, il s’agit de
celle de la condamnation.
N’hésitez pas à nous signaler toute erreur ou oubli et il doit y en avoir.
Le Front National 1992-1996, condamné pour avoir vendu une investiture.
Le Front National 2002, condamné pour avoir utilisé de manière dévalorisante l’image d’une personne.
Le Front National 2002, condamné pour avoir utilisé sur son site les clichés protégés de l’AFP.
Le Front National 2008, condamné pour avoir utilisé sans autorisation, en la détournant, la célèbre photo du « Che au béret et à
l’étoile ».
Le Front National 2007-2009, condamné à rembourser plus de 6,3 millions d’euros de dettes majorées de près de 600 000 euros
d’intérêts à Fernand Le Rachinel.
Le Front National 2009, condamné à détruire ses tracts.
Le Front National 2010, condamné à retirer ses affiches litigieuses.
1995, trois colleurs d’affiches du Front National ont été condamnés pour le meurtre d’Ibrahim Ali-Abdallah.
2004, un membre du Front National dont l’identité n’a pas été révélée a été mis en examen et écroué pour la profanation de 127
tombes du cimetière juif de Herrlisheim.
2007, un membre du Front National dont l’identité n’a pas été révélée a été mis en examen pour l’assassinat de Karim Zaiter, un
pilote de quad, la veille de Noël, puis incarcéré. Il affirme avoir tiré au hasard sur un des engins qui tournaient sur le square sans vouloir tuer.
2009, quatre membres du Front National dont les noms n’ont pas été révélés ont été condamnés pour coups et blessures après avoir
attaqué un homme noir une fois le repas patriotique organisé par le FN terminé.
Alexandre Gabriac (FN) 2007, mis en examen pour ses liens étroits avec un commando d’extrême-droite ayant tenté de cambrioler un
stand de tir à Saint-Andéol-le-Château, dont l’aventure s’est terminée par le meurtre du Gendarme Ambrosse.
2009, condamné pour apologie de crime contre l’humanité, injures à caractère raciste et violences volontaires ayant entraîné une incapacité de
travail supérieure à 8 jours
Alexandre Simonnot (FN) 2006-2010, condamné pour avoir détruit un préservatif géant à l’occasion de la journée mondiale contre le
Sida.
Antoinette Martinet (FN) 1997 à 1998, condamnée pour provocation à la haine, à la violence et à la discrimination.
Bruno Gollnisch (FN) 2004-2007, condamné en première instance et par le Conseil d’État pour contestation de l’existence de crime
contre l’humanité (négationnisme), la Cour de Cassation va pourtant casser sans renvoi l’arrêt de la cour d’appel. 2008-aujourd’hui, poursuivi en justice pour incitation à la haine
raciale.
Bruno Mégret (Fondateur du MNR et membre du FN) 1998, condamné pour avoir tenu des propos sur l’inégalité des races. 2002-2002,
condamné pour avoir envoyé aux frais de la commune de Vitrolles plusieurs milliers de lettres appelant à parrainer sa candidature pour l’élection présidentielle.
2006, condamné pour détournement de fonds.
Calude Jaffres (FN) 1997, condamné pour usurpation de fonction.
Catherine Mégret (FN) 1998 et sa Mairie de Vitrolles furent condamnés pour discrimination et incitation à la discrimination.
2002, condamnée pour avoir envoyé aux frais de la commune de Vitrolles plusieurs milliers de lettres appelant à parrainer la candidature de son
époux pour l’élection présidentielle.
2006, condamnée avec son mari pour détournement de fonds.
Cédric Bégin (FN) 1999-2002, condamné pour détention sans autorisation de munitions et d’armes, condamné pour incitation à la haine
raciale.
Christophe Klein (FN) 1999-2002, condamné pour provocation à la discrimination raciale
Claude Jaffrès (FN) 1997, condamné pour abus d’autorité et usurpation de fonction.
Daniel Simonpieri (FN puis UMP), condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif.
Condamné pour harcèlement moral.
Denis Monteillet (FN) 1995, condamné pour avoir inscrit plusieurs personnes de son voisinage sur la liste présentée par son parti
au municipales sans les avoir prévenues. Le Conseil d’Etat a annulé les élections des conseillers municipaux FN pour « liste irrégulière ».
Emilien Bonnal (FN) 1985, ex-candidat FN aux cantonales et municipales, a été reconnu coupable de meurtre, alors qu’il
collait des affiches pour le FN, pour avoir tué Abdallah Moktari, 23 ans ; qui l’avait insulté. 8 ans de prison.
Francis Watez (FN) 1995, condamné pour incitation à la discrimination raciale pour avoir collé des affiches proclamant :« Musulmans, Barbaresques, Algériens, terroristes ou non, tous dehors » et « Refuser l’intégration de ces sauvages est un devoir national ». (2 ans d’inéligibilité
et 50 000 F d’amende).
François Nicolas-Schmitt (FN) 1997, condamné pour détournement de fonds.
Gilles Lacroix (FN) 1997-1997, condamné pour complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation et pour complicité de
destruction de biens.
Georges Theil (FN) 2001, condamné pour contestation de crimes contre l’Humanité. 2004-2006, de nouveau condamné pour
contestation de crimes contre l’humanité.
Guy Cannie (FN) 2009-2011, condamné pour escroquerie en bande organisée.
Jacky Codvelle (FN) 1990, condamné pour avoir mis le feu à la voiture du député du Rhône et maire PS de la ville, Jean Jacques
Queyranne pour fêter le 14 juillet.
Jacques Bompard (FN) 2008-2010, mis en examen pour prise illégale d’intérêt.
Jacques Coutela (FN) 2011, mis en examen pour incitation à la haine raciale suite à son apologie d’Anders Behring Breivik, auteur
des attentats d’Oslo.
Jean Holtzer (FN) 1990, ex-candidat FN aux cantonales a été reconnu coupable de vol à main armé pour avoir braqué une banque
(8 ans fermes). Cet ancien avocat général avait un jour réclamé la peine de mort pour une histoire identique.
Jean-Claude Poulet (FN) 1992, condamné pour avoir battu sa femme pendant quinze ans pour « la stimuler au travail… Il fallait
que je la stimule assez fréquemment »
Jean-Marc Maurice (FN) 2004 à 2009- 2010 à 2011, 6 condamnations. Condamné pour outrage à agent dépositaire de l’autorité publique,
vol, escroquerie, banqueroute, travail dissimulé et non déclaré, abus de bien sociaux.
Jean-Marie Le Chevallier (FN), condamné pour subornation de témoin dans l’affaire du meurtre de son directeur de cabinet.
Jean-Yves Douissard (FN) 1999-2002, condamné pour incitation à la haine raciale.
Jean-Yves Le Gallou (FN) 1991-1998, condamné pour provocation à la haine raciale.
Joël Klein (FN) 1998, condamné pour coups et blessures sur un Nord-Africain.
Laurent Mirabeau (financier de JM LePen) 1994, condamné pour escroquerie et exercice illégal de la profession de banquier.
Louis Aliot (FN) 2008, condamné pour diffamation.
Louis de Noëll (FN) 1997, condamné pour détournement de fond. Il avait utilisé de l’argent de la société dont il est le gérant
pour s’acheter un appartement à Paris, un autre à Perpignan et une villa sur la mer. 1 an avec sursis et 50000F d’amende.
Marc Georges (FN) 1995, condamné pour avoir blessé par balle un jeune homme.
Marc Lyoen (FN) 1997, condamné pour avoir employé des clandestins.
2008 : Candidat régulier du F.N condamné cette fois pour fraude au RSA. L’ancien dirigeant départemental du FN devra payer une amende de 500 euros
et rembourser 15 000 euros au Conseil Général de Maine et Loire.
Marcel Mazières (FN) 1995, condamné pour avoir envoyé à un professeur de philosophie une lettre anonyme injurieuse. Extrait : «
Vous transformez nos classes en goulag politique, votre aspect physique est disgracieux et, apprenant que vous êtes homo, cela est risible ».
Marine Le Pen (FN) 2008, condamnée pour diffamation.
Pascal-Bernard de Leersnyder (FN) 1991, condamné pour actes de torture sur un enfant de cinq ans.
reconnu coupable de violence sur mineur pour avoir appris l’allemand au fils de sa compagne à coup de poing (jusqu’au sang) et pour lui avoir
plongé la tête dans les WC ( « Il n’était pas digne de la salle de bains » ). 13 mois de prison dont 10 fermes.
Patrick Bassot (FN) élu dans le Vaucluse 2012, a été condamné à 1.000 euros d’amende pour « incitation à la
discrimination, à la haine et à la violence à l’encontre des immigrés ».
Patrick Binder (FN) 2010-2011, condamné pour injure publique et provocation à la haine raciale. 2004-2005, condamné pour injures
racistes en public.
Philippe Bernard (FN) 2004-2008, mis en examen pour faux et falsification, abus de confiance et escroquerie.
Philippe Viard (FN) 1998, mis en examen et probablement condamné depuis pour discrimination en raison de l’origine, de
l’appartenance ou la non-appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation ou une religion non déterminée. Condamné pour injures et pour délit de fuite après avoir renversé un
enfant.
Pierre Van Dorpe (FN) 1989, condamné pour avoir tiré à l’aide de son fusil à pompe sur un groupe de jeunes d’origines maghrébine en
blessant au dos l’un d’eux parce qu’il faisait trop de bruit. Le FN lui paye ses 15 000F de caution. 15 mois avec sursis.
Raynald Liekens (FN) 1994, condamné pour le meurtre d’une juive. Il a déclaré : « Elle était plus gentille avec moi que personne ne
l’avait été jusque-là. Mais, quand j’ai appris qu’elle était juive, j’ai décidé de la tuer car les juifs sont les ennemis de la race blanche ».
Richard Jacob (FN) 2010-2011, condamné pour outrage et rébellion.
Roger Fabregues (FN) 1996, condamné pour trafic de drogues. Il avait profité d’un voyage au Maroc pour importer du haschisch (2 ans
de prison).
Sylvain Ferrua (FN) 1996, condamné pour proxénétisme 1 ans avec sursis et 50000 F d’amende.
Tanguy Deshayes (FN) 2008-2009, mis en examen pour menaces de mort, il a confirmé en être l’auteur. Quelques années auparavant il
avait été condamné pour bagarre ainsi que pour port d’arme.
Valls et André (FN), condamnés pour violence avec arme
Xavier Voute (FN) 1997, condamné pour avoir aspergé de gaz lacrymogène des militants de Ras l’Front (mouvement anti-FN).
Yannick Lecointre (FN) 2010-2011, condamné pour trafic de drogue (transport, détention, acquisition, cession et emploi non
autorisés de stupéfiants).
Jean-Marie Le Pen (FN): reconnu coupable par le tribunal administratif de fraude
fiscale
(Redressement de 1,4 Millions de Francs), reconnu coupable d’apologie de crime de guerre dont la déportation pour l’édition d’un disque sur lequel
on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler », reconnu coupable d’antisémitisme insidieux, reconnu coupable de banalisation d’actes jugés constitutifs de
crimes contre l’humanité (11/10/1989) pour avoir qualifié les chambres à gaz de « point de détail » de la 2ème guerre mondiale, reconnu coupable de captation d’héritage, 5000F à
verser, reconnu coupable d’agression d’un candidate socialiste, 3 mois avec sursis, 20 000F d’amende, 2 ans d’inéligibilité, reconnu coupable d’avoir tenu des propos sur l’inégalité des
races avec B.Megret. Condamné à verser 10 000F a L’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France) et à publier à ses frais le jugement dans 3 hebdomadaires (30 000F par publication).
Liste de ses condamnations :
1960, condamné pour menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de Police.
1964, condamné pour coups et blessures volontaires.
1969, condamné pour coups et blessures volontaires.
1971, condamné pour apologie de crime de guerre.
1986, condamné pour antisémitisme insidieux.
1986, condamné pour apologie de crimes de guerre dont la déportation.
1987, condamné pour provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciale.
1991, condamné pour trouble manifestement illicite à l’ordre public.
1991, condamné pour banalisation de crimes contre l’humanité et consentement à l’horrible.
1992, condamné pour diffamation.
1993, condamné pour injure publique.
1995, condamné pour oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer.
1996, condamné pour avoir tenu des propos ayant gravement porté atteinte au président du tribunal d’Auch.
1997, condamné pour avoir injurié l’association Ras l’front (mouvement anti-FN) de « mouvement de tueurs de flics ».
1997, condamné pour avoir injurié le président de SOS-Racisme.
1997, condamné pour banalisation de crimes contre l’humanité et consentement à l’horrible.
1998, condamné pour injures publiques et violences sur personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions.
1998, condamné pour avoir présenté une tête en carton à l’effigie de Catherine Trautmann.
1998, condamné pour avoir déclaré « Je crois à l’inégalité des races ».
1999, condamné pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre.
2002, condamné pour avoir reproduit sans autorisation un reportage de treize photographies prises par l’AFP.
2004, condamné pour provocation à la haine raciale.
2005, condamné pour incitation à la haine raciale.
2008, condamné pour complicité d’apologie de crimes de guerre et contestation de crime contre l’humanité.
Eddy TRIVULCE
Source: Par wikistrike.com
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Une liste suggestive d'élus de gauche, PS, PCF, EELV et j'en passe mis en cause, mis en examen ou condamnés.
Ancien Ministre sous Lionel Jospin de 1997 à 2002 et Secrétaire d'Etat à plusieurs reprises, il a été reconnu coupable d'abus de confiance mais dispensé de
peine en 2008.
Christian Bourquin (affilié PS):
Président de Région Languedoc Roussillon, successeur de Georges Frêche, condamné en 2012 pour délit de favoritisme.
Maire de Saint Louis à la Réunion, condamné en 1ère instance à 1 an d'inéligibilité et 4 mois de prison avec sursis pour complicité de prise illégale d'intérêt et achat de
voix. Le condamné a fait appel: jugement rendu en décembre 2012.
Ancien Maire, Conseiller Régional de Bretagne, actuel Président du Conseil général des Côtes d'Armor, il a été reconnu coupable de prise illégal d'intérêts mais
dispensé de peine en 2008.
Actuel Sénateur, condamné en 1999 pour manquement à une obligation de sécurité dans l'affaire du sang contaminé.
Élie Hoarau (PCR):
Ancien Député de la Réunion, condamné en 2000 à un an d'emprisonnement avec sursis et de cinquante mille francs d'amende ainsi qu'à l'interdiction
du droit de vote et à la privation du droit d'éligibilité pour une durée de trois ans suite à une affaire de fraudeélectorale.
Ex Président de la Communauté d'Agglomération de Montpellier et ex Président de Région Languedoc Roussillon condamné régulièrement en fin de
carrière pour de multiples dérapages verbaux.
Actuel Vice Président du Conseil Régional de la Réunion, condamné en première instance à 18 mois d'emprisonnement, 300 000 francs (plus de 46 000 euros) d'amende et 5 ans de privation des droits civiques, civils et de famille, puis en appel, à une peine de prison ferme couvrant sa peine de détention.
René Teulade (PS):
Ministre des Affaires sociales sous François Mitterrand (1992-1993), actuel Sénateur de Corrèze, condamné en juin 2011 pour abus de confiance.
Actuel Maire de la Possession sur l'Ile de la Réunion, mis en examen en 2004 pour corruption passive mais pour aucune suite ne semble avoir été donnée.
Sénateur et ancien Président de la Fédération Socialiste de l'Hérault, mais également proche de François Hollande, soupçonné d'abus de confiance en 2012.
Aucun mandat électif en cours mais déclaré inéligible à plusieurs reprises, condamné à deux mois de prison avec sursis et 3 000 € de dommages et intérêts pour avoir battu son ex concubine. En janvier 2012 il est
condamné pour abandon de famille mais a réglé sa dette depuis.
C’est dans le registre picaresque qu’il faut à présent trouver ses mots pour parler de politique industrielle.
Ainsi, le vaillant chevalier Montebourg a fait barrage de son corps pour empêcher les vils prédateurs anglo-saxons qui, avec l’aide des pleutres collaborateurs de France Telecom, entendaient
ravir clandestinement cette rare pépite technologique issue du génie national :Dailymotion.Voir post précédent ici:
Par la rumeur alertés, les preux chevaliers Guaino et Melenchon venus des flancs droit et gauche de la scène politique se rallièrent
bruyamment à la croisade montebourgeoise, tout en dénonçant la lâcheté social-libérale du triste sire Moscovici. Depuis tout un chacun, sollicité sur les étranges lucarnes,
devise savamment, dans les micros trottoirs, du rôle de l’état dans le devenir d’une start up de la galaxie numérique.
Au même moment, les commentateurs traitent du patriotisme industriel, des guerres intestines de Bercy et des derniers couacs de la communication de
la présidence Hollande.
Rêvons un peu ... Imaginons un instant que ce problème soit traité « normalement », abordé en termes industriels, financiers et
de gouvernance, par des personnes compétentes, puis éventuellement arbitré politiquement. Comment serait-il traité ?
La première réponse est que le rachat par Yahoo d’une plateforme vidéo créée en France, et financée sur le marché publicitaire, n’a aucune
raison de défrayer la chronique. Nul enjeu de souveraineté, nul enjeu d’intégrité des réseaux, nulle technologie duale à protéger... rien a priori ne vient justifier que ce sujet soit
même porté à la connaissance du gouvernement et a fortiori débattu dans l’espace public. Sait-on qu’au cours des dernières années nombre de sociétés de l’Internet sont passées sous
contrôle étranger dans l’indifférence générale ?
Qui, parmi tous ceux qui pérorent aujourd’hui, au nom du patriotisme numérique, s’est soucié de la prise de contrôle de PriceMinister par le
groupe japonais Rakuten, de Meetic par le groupe américain Match et de Aufeminin.com par l’Allemand Axel Springer ?
À cet argument, notre flamboyant ministre répond qu’il est en son pouvoir d’empêcher une prise de contrôle d’une pépite technologique
française, qu’il entend promouvoir un partenariat équilibré avec l’Américain Yahoo! et qu’il use de son rôle d’actionnaire de référence de France Telecom, le propriétaire de Dailymotion,
pour faire prévaloir ses orientations.
Le problème, comme le dit si bien Fleur Pellerin, est que
« l’économie numérique n’est pas un village gaulois ».
Le premier marché de Dailymotion est les États-Unis avec 35% du chiffre d’affaires, les marchés en développement sont en Asie, en Russie et dans
les Amériques. C’est sur ces marchés que Dailymotion a besoin de croître et que Yahoo! lui apporte le soutien commercial et financier nécessaire. Le problème, comme l’indique le patron de
Dailymotion, est que l’accord industriel négocié avec Yahoo! faisait de l’entreprise française la plateforme vidéo du groupe américain au niveau mondial, accélérant ainsi son
développement. Sans cet accélérateur de développement Dailymotion aura du mal à tenir sa place face à YouTube. Le problème, comme l’a déclaré le président de France Telecom, est que
l’accord négocié prévoyait le maintien et la croissance des effectifs de la nouvelle entité installés sur le territoire national.
Le seul effet de l’intervention du ministre est d’avoir fait fuir Yahoo! laissant à Dailymotion le soin de reprendre à zéro ces négociations
pour trouver un partenaire pour son développement.
Depuis, des vocations françaises se font jour : Vivendi, Xavier Niel et d’autres encore disent vouloir s’intéresser au dossier. Voir ce post
précédent:
On ne peut que saluer ce réveil tardif, même si on a quelques raisons d’être sceptique. On peut s’étonner d’abord qu’un authentique entrepreneur
comme Xavier Niel se saisisse d’un tel dossier à la suite d’une intervention publique. Quant à Vivendi, bien téméraire est celui qui pourrait dire ce qu’est la stratégie d’un tel groupe,
tant il paraît ballotté entre les orientations contradictoires de ses dirigeants achetant un jour la majorité de SFR pour annoncer sa cession le lendemain, se passionnant un jour pour les
mobiles au Brésil, pour s’en désintéresser quelques mois après.
L’expérience ratée dans l’Internet de France Telecom est encore plus éclairante. Pour un grand groupe, il y a trois manières de tuer les jeunes
pousses de l’Internet après les avoir crées ou acquises.
La première consiste à développer dans ses laboratoires une pépite technologique, qu’on transforme en projet de développement, qu’on apporte
ensuite à une entité opérationnelle existante, et qu’on finit par lancer sur le marché. L’expérience enseigne que, dans ce cas, l’entreprise n’a pas l’agilité, la mobilité et la souplesse
pour promouvoir de nouvelles solutions et s’implanter sur un nouveau marché face à de vraies jeunes pousses tendues vers un seul objectif, le succès.
La seconde, expérimentée par France Telecom avec la constitution du groupe Wanadoo, est d’intégrer des petites entreprises innovantes dans un
groupe régi par des procédures organisationnelles, budgétaires et sociales étouffantes : la jeune pousse acquise s’étiole rapidement, décline, l’entrepreneur fondateur la quitte,
l’entreprise finit par disparaître.
La troisième consiste à agir en investisseur développeur cherchant à prendre position sur des technologies d’avenir, à accompagner la jeune
pousse dans l’ouverture de nouveaux marchés, à lui apporter les financements nécessaires, sans chercher une quelconque synergie avec les activités existantes, ce fut la stratégie de France
Telecom avec Dailymotion.
Mais pour un groupe dont le cœur de métier décline, qui doit affecter ses ressources à financer le social, et préserver son cœur de métier par
des acquisitions sur les marchés en développement du mobile, la tentation de céder les participations périphériques est grande. C’est pourquoi l’idée d’un partenariat 50/50 entre un France
Telecom, sur le retrait, et un Yahoo! « pure player » de l’Internet est absurde. Comment imaginer que Yahoo pourrait offrir 50% de sa base de clientèle mondiale à France Telecom pour déployer
une solution technique développée par Dailymotion pour le plus grand profit de France Telecom ?
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On l’a peu noté, mais cette intervention de l’État constitue une pure régression dans la gouvernance des entreprises publiques.
On avait pu croire après les différents scandales qui avaient conduit à la mise en place de l’APE que les choses étaient claires : à l’État actionnaire quand il est majoritaire, la
nomination du PDG et la rédaction d’une feuille de route définissant les principales orientations que l’État fixe à l’entreprise qu’il entend contrôler ; à l’APE, le soin de se comporter en
actionnaire avisé, surtout si l’État est minoritaire, en agissant au sein du Conseil d’administration ; au management, la responsabilité exclusive de la gestion de l’entreprise. Or dans le cas
Dailymotion, un ministre se substitue au PDG, à l’APE, au CA pour décider de bloquer un projet alors que l’Etat est actionnaire majoritaire. La démarche est d’autant plus surprenante que
l’Etat, dans le cadre de la procédure de contrôle des investissements étrangers, aurait pu empêcher cette cession en toute légalité. Une fois de plus et au mépris des efforts faits par
tout un gouvernement pour corriger les effets du choc fiscal, effacer l’effet calamiteux des saillies contre l’indésirable Mittal, et renouer avec les entrepreneurs après l’épisode des
Pigeons, le ministre Montebourg préfère l’affrontement théâtral au traitement des dossiers, les vitupérations à l’intelligence pratique, le viol des procédures et le micro management à la
fidélité à l’esprit et à la lettre des textes.
L’étrange est que les Français apprécient un comportement, une attitude et au total une politique qui ne connaissent que des échecs,
comment le comprendre.
Aurions-nous un goût immodéré pour le panache ?
Préfère-t-on perdre avec Montebourg que gagner avec Hollande ?
Faut-il incriminer un anti-américanisme toujours présent ?
La crise ferait-elle à ce point douter les Français d’eux-mêmes qu’ils préféreraient dire non sans s’interroger sur les coûts et les
conséquences ?
Les fanfaronnades en position de faiblesse comme la revendication du 50/50 exprimeraient-ils le malaise français ?
En tout cas plus le temps passe, plus les échecs de son action sont avérés et plus Arnaud Montebourg prend du poids politique. N’a-t-on pas
vu Mélenchon appeler à le mettre à la tête d’un gouvernement rouge-rose-vert ?
GEOPOLITIQUE DE LA CULTURE :
Dailymotion ou le patriotismenumérique
Source, journal ou site Internet: télos via IHEDN dont je suis.
Département d’État des États-Unis Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail
- Avril 2013 -
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Rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de l’homme en 2012
Introduction
Ce rapport évalue la situation des droits de l’homme dans le monde en 2012. Deux ans après les manifestations en Tunisie et en Égypte à l’origine
du réveil arabe, il reste, dans la région et ailleurs, des pays encore aux prises avec des changements troublants et imprévisibles. La dynamique politique et sociale interne diffère d’un pays à
l’autre, mais la quête de la dignité, de meilleures perspectives économiques et d’une participation à l’avenir politique de leur pays constituent toujours des forces motrices puissantes pour
les hommes et les femmes de toute la région.
Nous avons été témoins tout au long de l’année dernière d’exemples encourageants de changements démocratiques, motivés par l’idéalisme et le
courage de dirigeants et de citoyens. Le président de la Tunisie et le ministre libyen de la justice se sont montrés des défenseurs chevronnés des droits de l’homme. La Géorgie a tenu des
élections parlementaires qui ont mené à un transfert pacifique du pouvoir, un fait rare au sein des anciennes républiques soviétiques. L’année 2012 a, de plus, vu des progrès spectaculaires, le
gouvernement de Birmanie ayant commencé à tourner la page après des décennies de régime autoritaire.
Les espoirs suscités par les débuts du réveil arabe se sont heurtés aux dures réalités de transitions inachevées et contestées : la brutalité de
Bachar Al-Assad contre son propre peuple en Syrie, les tensions intercommunales et la violence politique au Yémen, au Bahreïn et en Irak, sans oublier les obstacles importants à la démocratie
durable en Égypte et en Libye. Le monde doit faire face à de nouveaux défis, alors que les revendications de la rue en faveur d’un changement démocratique ne cessent d’augmenter, en réaction
aux structures économiques et politiques dépassées dans nombre de ces pays.
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La publication de ce 36e rapport annuel reflète l’attachement et le soutien des États-Unis à la promotion des droits de l’homme partout
dans le monde.
Notre propre force et notre prospérité sont plus sûres dans un monde en paix où les gouvernements protègent les droits et les libertés
inaliénables de tous les individus. Le président Obama l’a déclaré dans sa deuxième allocution d’investiture :
« Notre liberté individuelle est inextricablement liée à la liberté de chaque âme sur Terre. »
En considérant rétrospectivement les droits de l’homme dans le monde en 2012, nous constatons cinq phénomènes particulièrement frappants :
– Une réduction de l’espace public laissé à l’activisme de la société civile dans le monde ;
– La lutte continue des peuples du Moyen-Orient pour un changement démocratique ;
– Des mesures orientées vers une démocratie émergente et une tentative d’ouverture à la société civile en Birmanie ;
– La nature même des technologies de l’information et de la communication, qui change les règles du jeu, avec en toile de fond la répression
croissante des médias traditionnels et de la liberté d’expression ; et
– La poursuite de la marginalisation des membres de groupes vulnérables et de la violence à leur encontre.
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Réduction de l’espace public laissé à l’activisme au sein de la société civile dans le monde
La société civile est le cœur même d’une société démocratique. Les pays réussissent ou échouent en fonction des choix de leur peuple et de leurs
dirigeants, qu’ils siègent dans un ministère, une salle de réunion d’entreprise, un syndicat indépendant ou le petit bureau d’une ONG. Lorsque les individus ont la possibilité de se réunir,
d’exprimer leurs opinions et de formuler leurs propres propositions, ils mettent leur gouvernement au défi de relever les normes de progrès et de prospérité et ils leur apportent leur appui
dans cette voie. Les pays sont plus forts lorsque les différentes composantes de la société travaillent ensemble pour le bien commun et qu’un débat animé et critique contribue à la prise de
décisions du gouvernement. Les gouvernements qui acceptent et favorisent l’activisme de la société civile se montrent plus stables et résilients, et ces sociétés prospèrent. La répression de la
société civile par un gouvernement est révélatrice de l’état de faiblesse et de fragilité de ceux qui sont au pouvoir. Elle caractérise les sociétés où les gouvernements répriment le
développement économique et social. Certains gouvernements, malheureusement, semblent s’inspirer des tactiques restrictives des autres et, dans certains cas, des puissances régionales montrent
un exemple négatif, mais convaincant, aux gouvernements voisins.
La société civile a été de plus en plus souvent prise dans la tourmente en 2012, à mesure que les gouvernements ont continué à réfréner ou à
attaquer les moyens par lesquels les individus peuvent s’organiser, se réunir ou exiger de meilleurs résultats de leurs dirigeants. De l’Iran au Venezuela, les mesures de répression contre la
société civile ont pris la forme de nouvelles lois visant à freiner ou à empêcher la liberté d’expression, de réunion, d’association et de religion. On a également observé le durcissement des
restrictions frappant les organismes qui reçoivent des fonds de l’étranger, ainsi que le meurtre, le harcèlement et l’arrestation de militants des droits de l’homme, politiques et du
travail.
La Russie a adopté une série de mesures qui ont restreint les activités des ONG et les libertés civiles. Ces mesures comprenaient des lois
restrictives pour les ONG – en particulier celles qui reçoivent des financements internationaux – et de fortes augmentations du montant des amendes en cas de protestations non autorisées, une
loi criminalisant à nouveau la diffamation, une loi qui limite l’accès à Internet en permettant aux autorités de bloquer certains sites web sans décision de justice, sans oublier des
amendements au code pénal qui élargissent considérablement la définition de trahison.
Fin 2011, le gouvernement égyptien a pris des mesures contre des ONG nationales et internationales, des descentes de police ayant été effectuées
dans un certain nombre de groupes de défense de la démocratie et des droits de l’homme, notamment les bureaux du National Democratic Institute (NDI) et de l’International Republican Institute
(IRI), organismes dont le siège se trouve à Washington. Le gouvernement a accusé les citoyens et le personnel étranger de « diriger des organismes non autorisés » et de « recevoir des fonds
étrangers sans permission ». Il a imposé pendant plusieurs mois une interdiction de déplacement aux employés expatriés des ONG. Quarante-trois personnes ont été poursuivies en justice tout au
long de l’année 2012, dans un processus caractérisé par des retards. Le gouvernement a également continué à utiliser une procédure d’inscription onéreuse pour empêcher les ONG nationales et
étrangères de travailler dans le pays.
Au Bangladesh, les syndicats indépendants ont continué à se heurter à des obstacles majeurs lorsqu’ils tentaient de s’enregistrer et de mener des
activités organisées. De surcroît, le manque d’attention accordée par le gouvernement aux normes de sécurité sur le lieu de travail a partiellement contribué à de nombreux incendies mortels
dans des usines textiles, notamment l’incendie tragique de Tazreen, en décembre 2012, dans lequel 114 ouvriers ont trouvé la mort.
En Chine, le gouvernement a imposé des formalités d’enregistrement pesantes qui ont eu pour effet d’empêcher la formation d’organisations
indépendantes politiques, des droits de l’homme, religieuses, spirituelles, syndicales et autres qu’il soupçonnait de vouloir contester son autorité. Afin d’empêcher l’expression publique de
points de vue indépendants, le gouvernement a intensifié ses efforts visant à réduire au silence les militants politiques et les avocats d’intérêt public et il a utilisé des mesures
extrajudiciaires, dont la disparition forcée, la « détention douce » et l’assignation à résidence sous stricte surveillance.
Il existe cependant quelques signes d’espoir. En Afghanistan, la révision de la loi sur les organisations sociales a été adoptée par la chambre
basse du parlement en décembre. Parmi les modifications, la nouvelle loi propose de supprimer les obstacles actuels à l’obtention de financements étrangers par les organisations sociales. En
Mongolie, le projet de loi sur les activités d’utilité publique prévoit une fondation gouvernementale pour soutenir la société civile. En outre, le gouvernement procède à l’élaboration d’une
loi sur les contrats de sous-traitance avec des organisations de la société civile. Si elles sont adoptées, ces lois rendront possibles de nouvelles sources de financement national pour la
société civile tout en garantissant la transparence et la responsabilité en matière de distribution des fonds publics.
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Une lutte continue pour le changement démocratique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
Le Moyen-Orient vit des transformations aussi profondes et substantielles que les changements qui ont balayé l’Amérique latine, l’Europe et
l’Eurasie, voilà deux décennies. Les progrès dans la région sont inégaux et les défis à relever – deux ans déjà de ce qui sera probablement une évolution longue et difficile – sont immenses.
Les débats et les divisions réprimés pendant des décennies refont surface. Pour la première fois, les institutions sont tenues de rendre des comptes. Les jeunes attendent avec impatience des
réformes et des résultats. Les citoyens et les gouvernements négocient des règles de conduite démocratiques.
Dans les pays du réveil arabe, on a assisté en 2012 à une transition chaotique de la phase des protestations à celle de la politique ainsi qu’à la
répression brutale exercée par des régimes déterminés à écraser la volonté populaire et aux inévitables défis associés à la transformation des aspirations démocratiques en réalité. Si certains
pays ont été le théâtre de percées démocratiques, d’autres en revanche ont vu une érosion des protections de la société civile, des violences sexuelles contre les femmes, des violences contre
des membres de minorités religieuses et le renforcement de leur marginalisation, et une escalade des violations des droits de l’homme, en particulier en Syrie. Chaque pays de la région tracera
sa voie, mais les gouvernements qui ne répondent pas aux aspirations de leur peuple auront des difficultés à maintenir le statu quo.
En Syrie, le régime de Bachar Al-Assad a continué de brutaliser son peuple. Le gouvernement a mené de fréquentes opérations policières et
militaires contre des civils pacifiques, notamment dans des attaques contre des cortèges funèbres, des files d’attente pour recevoir des vivres gratuits, des écoles, des lieux de culte et des
hôpitaux. Il a continué à soumettre par la contrainte la population syrienne, en usant de terreur par une force aveugle, disproportionnée et meurtrière. Les violences sexuelles ont été
largement répandues. Selon l’ONU, jusqu’à 70.000 personnes sont mortes depuis le début de la crise syrienne, et le nombre des morts est passé d’environ 1.000 par mois lors de l’été 2011 à une
moyenne de plus de 5.000 par mois en juillet 2012.
Non content de soutenir le régime de Bachar Al-Assad et les organisations terroristes au-delà de ses frontières, le gouvernement iranien n’a cessé
de restreindre les droits de ses propres citoyens. Les autorités iraniennes ont commis des actes de violence et de répression politiquement motivés, ciblant journalistes, étudiants, avocats,
artistes, femmes, militants ethniques et religieux, ainsi que des membres de leur famille. Selon des rapports d’ONG, le gouvernement a exécuté 523 personnes en 2012, souvent suite à des procès
secrets ou sans respect de la procédure légale. Les personnes arrêtées pour activités politiques et liées aux droits de l’homme ont souvent été accusées de moharebeh, « inimitié à
l’égard de Dieu », par les procureurs, un chef d’accusation vague et excessivement général, passible de la peine de mort. Le gouvernement a promulgué de nouvelles et importantes restrictions
concernant les activités des femmes, leur éducation et leur emploi.
Le Bahreïn était toujours à la croisée des chemins à la fin 2012. Le gouvernement a adopté des mesures pour mettre en application les
recommandations du rapport de la Commission d’enquête indépendante du Bahreïn (BICI). Cependant, les recommandations les plus importantes, visant à corriger les inégalités fondamentales dans la
société bahreïnienne, n’étaient toujours pas en place à la fin de l’année, et les tensions sectaires ont continué à augmenter.
L’Égypte de 2012 a vu, outre la répression contre les ONG, une montée des violences sexuelles contre les femmes, la non-protection des chrétiens
coptes par les forces de sécurité dans plusieurs scènes de violence sociétale, l’impunité dont ont joui plusieurs des auteurs de ces violences et une polarisation politique croissante. Cette
polarisation a entraîné des manifestations massives de soutien et d’opposition aux efforts déployés par le président en vue de placer temporairement ses actions au-dessus du contrôle judiciaire
et d’accélérer la promulgation d’une nouvelle constitution controversée, adoptée en décembre à l’issue d’un référendum organisé à la hâte.
Fait encourageant, pour la première fois depuis des décennies, les Libyens et les Égyptiens ont participé en 2012 à des élections crédibles et qui
leur proposaient un choix entre plusieurs candidats. La Tunisie a conservé nombre des acquis historiques réalisés en 2011 dans la voie d’une démocratie durable. L’Assemblée nationale
constituante a procédé à la rédaction d’une nouvelle constitution dans le cadre d’un processus ouvert et inclusif. De son côté, le gouvernement nouvellement élu de la Libye a eu du mal à
imposer son autorité sur les milices locales et à juguler la violence extrémiste, qui a coûté la vie à quatre Américains, dont l’ambassadeur des États-Unis, en septembre à Benghazi.
Le changement radical déclenché par les frustrations d’un seul marchand de quatre saisons tunisien, fin 2010, revêtira diverses formes au cours
des prochaines décennies. La transition vers la démocratie dans la région ne sera pas linéaire et connaîtra sans aucun doute des revers.
Il est néanmoins important d’analyser ces changements dans une optique à plus long terme et de s’engager sans répit à travailler à la construction
de sociétés libres, démocratiques, inclusives et stables, avec les populations de cette région.
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Une transition démocratique émergente en Birmanie
En 2012, avec l’engagement diplomatique soutenu des États-Unis culminant par une visite du président, la Birmanie a continué de prendre des
mesures significatives dans la voie d’une transition historique vers la démocratie, à commencer par la libération, en janvier, de plus de 300 prisonniers politiques. Depuis 2011, le
gouvernement birman a libéré plus de 700 prisonniers politiques, dont beaucoup étaient détenus depuis plus de dix ans. En avril, le pays a tenu des élections législatives partielles largement
transparentes et inclusives. La Ligue nationale pour la démocratie, présidée par Aung San Suu Kyi, a enlevé 43 des 45 sièges disputés et Aung San Suu Kyi a été élue au Parlement. Outre les
élections, le gouvernement birman a assoupli la censure de la presse et permis la création et l’enregistrement de syndicats, ouvrant ainsi un nouvel espace à la participation de la société
civile.
La transition de la Birmanie n’est cependant pas encore achevée. Nombre d’éléments de la structure autoritaire du pays – lois répressives,
appareil de sécurité généralisé, système judiciaire corrompu, restrictions à la liberté de religion et prédominance de l’armée – demeurent majoritairement intacts. Un travail considérable est
indispensable pour garantir que les élections nationales de 2015 seront libres et équitables. La violence interethnique a fait au moins 100 victimes et des dizaines de milliers de personnes
déplacées dans l’État de Rakhine, en juin et octobre, tandis que le conflit armé se poursuivait dans l’État de Kachin. Le besoin de surmonter les divisions profondes encouragées par des
décennies de régime tyrannique manipulateur et d’établir une société démocratique pluraliste, capable de résoudre paisiblement les différences, est pressant. Le gouvernement devra intervenir
pour protéger les droits humains de tout un chacun en Birmanie, et les personnalités religieuses, politiques et communautaires influentes devront faire preuve de leadership. La traite des êtres
humains a persisté, en particulier celle des femmes et des jeunes filles, tout comme la discrimination contre les minorités ethniques et les apatrides. Le recrutement d’enfants soldats s’est
poursuivi, bien que le gouvernement ait signé un plan d’action, sous l’égide de l’ONU, pour résoudre ce problème. Le travail forcé, y compris celui des enfants, a encore été pratiqué.
Les défis à relever sont encore là, mais les progrès de la Birmanie résultent d’années de dur labeur du peuple birman et de pressions soutenues de
la part des États-Unis et de la communauté internationale en faveur de réformes. Ces progrès soulignent l’impact de l’engagement de principe des Birmans en soutien aux revendications de droits
universels réprimées depuis longtemps. Au final, le peuple birman sera l’artisan de l’avenir de la Birmanie, mais sa transition démocratique, si elle est réussie et pleinement réalisée,
pourrait servir d’exemple à d’autres sociétés fermées.
Liberté d’expression, y compris par les médias et sur Internet
La démocratie durable ne se limite pas à la tenue d’élections. Comme le déclarait le président Obama aux Nations Unies, en septembre, la vraie
démocratie « dépend de la liberté des citoyens d’exprimer leurs opinions et de se réunir sans crainte ainsi que de l’État de droit et de l’application régulière de la loi qui garantit les
droits de tous les citoyens ». Ces composantes de la démocratie, en particulier la liberté d’expression, ont été gravement menacées en 2012 dans différents pays du monde.
Dans le même temps, l’accès accru à l’information et les nouveaux moyens de communication ont changé les règles du jeu, en particulier dans les
sociétés fermées où les individus font face à des restrictions de leurs libertés fondamentales d’assemblée et d’association pacifiques. En Corée du Nord, par exemple, le gouvernement s’est
employé à contrôler toutes les sources d’informations. Les Nord-Coréens se sont exposés à des sanctions afin d’obtenir radios, téléphones portables et autres dispositifs multimédia illégaux
susceptibles d’augmenter leur capacité de communiquer les uns avec les autres et, dans une mesure limitée, avec le monde extérieur.
Les médias sociaux, quand ils sont accessibles, amplifient les opinions individuelles et permettent aux citoyens ordinaires de dénoncer des actes
répréhensibles, d’organiser une action collective, d’exiger la reddition de comptes ou de lutter pour le respect et la tolérance. Aux Philippines, par exemple, les militants se sont réunis par
le biais de médias sociaux et d’autres forums pour protester contre une loi sur la cybercriminalité. Cette loi stipulait que les personnes reconnues coupables de commentaires diffamatoires en
ligne, notamment des commentaires publiés sur des réseaux sociaux, pouvaient être condamnées à payer des amendes ou emprisonnées. La Cour suprême, suite aux protestations, en a suspendu
l’application. Ce type d’engagement mène à une discussion libre et ouverte sur des questions qui préoccupent les individus au sein de leurs communautés et offre aux gouvernements des
possibilités et des idées de réforme. L’absence d’entraves à la couverture médiatique, sous toutes ses formes émergentes, n’a jamais été plus vitale pour le fonctionnement des sociétés
démocratiques.
2012 a été une année très difficile pour les médias traditionnels. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a déclaré qu’il y avait 53
journalistes en prison de plus qu’en 2011, soit en tout 232 personnes, un record depuis que le CPJ a commencé à recueillir ces données, en 1990. Les ONG internationales de défense des droits de
l’homme ont désigné la Turquie comme étant le pays qui détient le plus grand nombre de journalistes, 49 d’entre eux au moins étant derrière les barreaux en raison de leurs activités
professionnelles. L’International Press Institute (IPI) a dénombré 133 journalistes qui ont été tués en faisant leur travail ou à cause de leurs reportages en 2012, l’année la plus meurtrière
pour cette catégorie de professionnels depuis que l’IPI recueille ces données, soit 1997. De plus, de nombreux gouvernements ont adopté des lois ou manipulé l’environnement juridique pour
étouffer les critiques et les opinions divergentes et également imposé des impôts et redevances lourdes aux médias indépendants.
En Équateur, par exemple, le président Correa a appelé la presse son « plus grand ennemi » et a utilisé ses interventions en public pour se livrer
à des attaques personnelles contre certains journalistes. Lors de son allocution télévisée et radiophonique hebdomadaire, M. Correa a encouragé les fonctionnaires et les particuliers à porter
plainte contre les médias, ce qui a entraîné une autocensure plus forte de la part des médias. De nouvelles lois, notamment l’interdiction de toute couverture susceptible de favoriser
directement ou indirectement un candidat, une philosophie ou une théorie politique, ont limité la capacité de couverture de l’élection par les médias. Le gouvernement aurait également procédé à
des inspections fiscales et du travail afin de fermer plusieurs organes de presse et de harceler des entreprises qui avaient publié des rapports critiques à son égard.
D’autres gouvernements ont utilisé comme prétexte les efforts de lutte contre le terrorisme ou l’extrémisme pour réprimer la liberté d’expression.
Le gouvernement éthiopien a ainsi utilisé la législation antiterroriste comme fondement pour poursuivre en justice des journalistes. Par exemple, dans des affaires distinctes, les tribunaux ont
déclaré coupables les journalistes Woubishet Taye, Reyot Alemu et Eskinder Nega, arrêtés en 2011, ainsi que six journalistes/blogueurs jugés par contumace, en vertu de la proclamation contre le
terrorisme. Au cours de l’année, les tribunaux ont condamné en tout 31 personnes, notamment des journalistes, des membres de l’opposition et des militants, en vertu de cette proclamation. Fin
2012, les tribunaux kazakhs ont appliqué une loi vague contre « l’incitation à la discorde sociale » pour interdire plusieurs groupes de médias.
Dans certains pays, les gouvernements ont pris des mesures pour restreindre la liberté d’expression sur Internet au moyen de nouvelles mesures
législatives, harcelé des blogueurs et des militants en ligne et arrêté des personnes ayant exprimé, d’une manière pacifique, leurs points de vue dans un simple message affiché sur Twitter ou
transmis par SMS. Au Vietnam, les autorités ont eu de plus en plus recours à la détention et à l’emprisonnement à l’encontre des dissidents qui ont utilisé Internet pour critiquer le
gouvernement et publier des idées sur les droits de l’homme et le pluralisme politique. En 2012, au moins 14 militants ont été déclarés coupables et condamnés à de lourdes peines de prison. Au
Koweït, les autorités ont enquêté sur une douzaine de cas concernant des citoyens accusés de diffamer l’émir sur leurs comptes Twitter. Un accusé, déclaré coupable en juin, a été condamné à
cinq ans de prison. Aux Émirats Arabes Unis, une nouvelle loi sur la cybercriminalité a inclus des dispositions venant renforcer le fait que les restrictions déjà excessives de la liberté
d’expression s’étendaient à la communication en ligne, y compris aux médias sociaux.
Marginalisation des membres de groupes vulnérables
La démocratie exige que tous les individus jouissent de droits et de protections universels afin d’avoir la possibilité de participer à la vie
économique et politique de leurs communautés. Le commerce s’épanouit, l’instabilité diminue, et les nations prospèrent lorsqu’elles font appel aux contributions de l’ensemble de la société.
Pourtant, dans trop de régions, les gouvernements continuent de persécuter les membres de minorités religieuses et ethniques, les femmes, les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et
transgenres (GLBT), les handicapés, les migrants et les membres d’autres populations vulnérables, notamment les communautés tribales, ou ils ne font rien pour empêcher leur persécution.
La Chine a continué à appliquer des politiques répressives – y compris des restrictions officielles aux libertés d’expression, de religion,
d’association et de déplacement – contre les communautés ethniques ouïgoures et tibétaines. Les membres de ces deux communautés ont rencontré de grandes difficultés pour obtenir des passeports,
limitant ainsi dans la pratique la capacité de bon nombre d’entre eux de se rendre à l’étranger. De plus, la surveillance et la perturbation par les autorités des communications téléphoniques
et sur Internet ont été particulièrement répandues dans les zones tibétaine et ouïgoure. Les violations des droits de l’homme se sont intensifiées à l’occasion d’événements hautement
médiatisés, tels que la visite de fonctionnaires étrangers et les commémorations sensibles, ainsi que dans la période précédant le 18e Congrès du parti communiste chinois, en
novembre.
En 2012, l’antisémitisme est resté un problème de taille dans de nombreux pays, y compris au Moyen-Orient, en Europe et en Amérique latine. Dans
tout le Moyen-Orient, des personnalités religieuses et politiques en vue ont tenu en public des propos antisémites. En Égypte, le président Morsi a été critiqué pour avoir dit « Amen », à
Mansoura, lors de la prière, après les phrases « Ô Allah, donne-nous la victoire sur les infidèles. Ô Allah, détruis les Juifs et leurs partisans », prononcées par un imam. Des partis
politiques ouvertement antisémites et xénophobes ont conservé des sièges au parlement en Hongrie et en Grèce. Des représentants de ces partis ont tenu des propos antisémites en public ; citons
par l’exemple l’appel lancé devant le parlement hongrois à l’établissement d’une liste de fonctionnaires juifs (appel promptement condamné par le gouvernement), la lecture d’extraits des «
Protocoles des sages de Sion » devant le parlement grec et, en Ukraine, lors de la période pré-électorale en octobre, des remarques antisémites et extrémistes par des partis politiques.
Plusieurs de ces mêmes partis politiques se sont également fait remarquer dans des attaques politiques contre les communautés roms et contre les immigrés, particulièrement ceux originaires de
pays musulmans. Au Venezuela, de nombreuses déclarations antisémites ont été associées aux autorités gouvernementales. De plus, la presse d’État contenait parfois des déclarations antisémites,
dont certaines étaient adressées à des adversaires politiques.
De nombreux pays, dans le monde entier, continuent à criminaliser les relations sexuelles entre personnes consentantes de même sexe. Les personnes
LGBT ont continué d’être des cibles de discrimination et de violences généralisées. En Ouganda, le projet de législation anti-homosexualité a cherché à infliger des peines allant de
l’emprisonnement pour homosexualité, soit certains actes ou « délits connexes », jusqu’à la mort pour ceux reconnus coupables « d’homosexualité » à deux reprises. Fin 2012, le projet de loi
était en instance devant le parlement, et certains chefs religieux locaux exhortaient ce dernier à l’adopter.
Les handicapés ont eux aussi dû faire face à des défis en 2012, notamment l’absence de législation, dans de nombreux pays, contre la
discrimination. Ces personnes restent exclues des écoles, de certains postes de travail, des transports publics, des élections, des soins de santé et des bâtiments publics. Là où des lois
étaient en place, elles étaient souvent inadéquates ou non appliquées, le résultat étant le même.
Les travailleurs migrants du monde entier se sont heurtés à la discrimination de la société et en matière d’emploi, au manque de protection
juridique adéquate, au harcèlement sur le lieu de travail et, dans certains cas, ont été extrêmement vulnérables à l’exploitation au travail, notamment sous la forme de travail forcé. Plus
particulièrement, les travailleurs domestiques migrants ont rarement bénéficié des droits du travail internationalement reconnus et ont souvent été incapables de se soustraire à des situations
dangereuses, d’obtenir une assistance juridique ou de demander réparation.
En 2012, les femmes et les jeunes filles ont été victimes de violences et de discrimination continues, parrainées parfois par les États eux-mêmes.
Les forces de sécurité de l’État, ainsi que des groupes de rebelles ou des milices, ont commis des viols généralisés, parfois même des viols en masse, de femmes et de jeunes filles dans l’est
de la République démocratique du Congo, plus particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et Orientale. Les violences sexuelles ont été une question d’une extrême gravité dans
le conflit syrien. Bien que la situation en Afghanistan se soit légèrement améliorée au cours de l’année, le pays est resté très dangereux pour les femmes, de même que pour les membres d’autres
groupes vulnérables. La violence a continué à compromettre les acquis de ces dix dernières années en matière de sécurisation des droits de l’homme et d’un espace public pour la société civile.
En Afghanistan et au Pakistan, des femmes actives dans la vie publique ont été prises pour cibles par les talibans et d’autres groupes d’insurgés, parmi lesquelles, notamment, Malala Yousafzai,
une adolescente de 14 ans, grièvement blessée par balle à la tête, en octobre, alors qu’elle défendait le droit des jeunes Pakistanaises d’aller à l’école.
Le rapport 2012 sur les pratiques des pays en matière de droits de l’homme documente ces cas et des centaines d’autres dans 199 rapports
spécifiques. Les pages qui suivent présentent des esquisses de pays, organisées par région, marquant l’évolution de la situation en matière de droits de l’homme dans les pays qui revêtent un
intérêt particulier sur la scène mondiale.
Hu Jintao avait exigé qu'Hong Kong ne soit pas mentionné dans la liste grise des paradis fiscaux. Ex-colonie britannique, Hong Kong est
devenu l'une des principales places financières offshore de la planète. Mais les dirigeants de la République populaire se gardent bien de le crier sur les toits !
A Hong Kong, ce ne sont plus les banquiers qui font la loi. Cesont les avocats.
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À Central District, le quartier des affaires, les cabinets de conseil financier, les fonds d'investissement et les avocats d'affaires sont
désormais plus nombreux que les banques traditionnelles. Dans ce minuscule territoire aux portes de la Chine, ces derniers sont désormais plus de trois mille. « Chaque jour, nous traitons
plusieurs centaines de demandes d'investisseurs étrangers qui souhaitent profiter d'avantages fiscaux », explique l'un d'eux. L'économie de l'ex-colonie britannique est en effet la plus
libérale au monde. C'est un paradis fiscal à un jet de pierre de la Chine communiste. Un coffre-fort à l'usage des plus grandes fortunes de la région. Selon le Boston Consulting Group,
quelque 1 000 milliards de dollars (766 milliards d'euros) de fonds étrangers auraient trouvé refuge à Hong Kong et à Singapour - l'autre paradis fiscal asiatique. À ce rythme, les deux
villes auront dans quinze ans supplanté la Suisse en tant que plus grand centre financier offshore de la planète.
Secret bancaire
Lors du G20 de Londres, en avril 2009, le président chinois Hu Jintao avait exigé que Hong Kong, ce royaume du secret bancaire, ne soit
pas mentionné dans la liste grise des paradis fiscaux. De fait, son nom n'apparaît que dans un discret entrefilet de bas de page... Quatre ans plus tard, rien n'a changé : le G20
flanque à Hong Kong une paix royale. Et ce n'est pas François Hollande, le président français, qui lui en a soufflé mot lors de sa première visite en Chine, les 25 et 26 avril. «
Les pressions internationales sont à peu près nulles, confirme un diplomate. On a l'impression que, quoi qu'il arrive et grâce à la tutelle chinoise, le gouvernement de Hong Kong peut
dormir tranquille. » La très grande majorité des quelque 900 000 sociétés enregistrées ici appartient à des étrangers et n'a aucune activité réelle sur le territoire. Créer une
limited company ne prend que quelques jours et coûte moins de 1 000 euros. On peut tout faire à distance grâce à des packages clés en main proposés par tel ou tel intermédiaire -
ils sont ici des centaines. Il est également possible d'acheter une société « sur l'étagère », c'est-à-dire toute prête, avec ses statuts, ses certifications d'actions et même le
nom de son administrateur. Il ne reste plus alors qu'à ouvrir un compte au nom de cette société dans l'une des deux cents banques représentées sur le territoire.
Place financière
« Hong Kong est une place financière intéressante tant pour les sociétés cotées que pour les investisseurs, explique Ronald Arculli, le
président de la Bourse locale. Il n'y a aucune restriction sur les mouvements de capitaux et les taxes sont très simplifiées. Il n'y en a par exemple ni sur les dividendes, ni sur les
gains financiers, ni sur l'impôt sur les successions. La devise est convertible, et les titres peuvent circuler librement. Mais le cadre législatif est bien défini. Et le secteur
bancaire et boursier est stable. » La forme la plus prisée est ici la BVI, sigle désignant une société offshore enregistrée aux British Virgin Islands (les îles Vierges
britanniques). Les BVI seraient ainsi la deuxième source d'investissements étrangers en Chine. Et la première destination choisie par les exilés fiscaux chinois. On estime que 40 %
des sociétés offshore enregistrées dans le monde sont des BVI. Une grande partie d'entre elles ont un pied à Hong Kong. Les îles Vierges ont donc ouvert cette année dans
l'ex-colonie britannique davantage qu'une simple représentation : un véritable consulat habilité à délivrer des visas aux exilés fiscaux. Les scandales récents ont tous débuté de
la même manière : par la découverte d'avoirs dans des paradis fiscaux.
Opacité totale
Selon Hill & Associates, un cabinet de consultants, la majorité des BVI appartient à des Chinois, ce qui « représente beaucoup
d'argent ». Les capitaux chinois échappant à l'impôt transitent par Hong Kong avant de prendre le chemin des îles Vierges. Là-bas, aucune comptabilité n'est demandée, les
formalités sont très simples et l'opacité totale. Le représentant des îles Vierges à Hong Kong jure que « l'anonymat de ses clients chinois ou hong-kongais » sera toujours
respecté. « En Chine, la monnaie n'est pas convertible, nous explique un homme d'affaires européen. Les impôts y étant très élevés, la plupart de nos partenaires ne tiennent pas
à y conserver leurs liquidités. Ils craignent d'être emprisonnés pour corruption, ou d'être plus lourdement imposés. Alors ils veulent tous créer une société écran dans un
paradis fiscal ! » C'est la mésaventure survenue à Jean-Jacques Augier, l'ancien trésorier de la campagne présidentielle de François Hollande, qui possède en Chine plusieurs
boucheries et un réseau de librairies (International Bookstores), conjointement avec un partenaire local, Xi Shu, éminent membre du Parti communiste et de la Conférence consultative
politique du peuple chinois, et cependant fervent adepte des paradis fiscaux.
Inculpations
Les scandales dont la République populaire a été récemment le théâtre ont tous débuté de la même manière : par la découverte
d'avoirs dans des paradis fiscaux. Ce fut le cas pour Bo Xilai, ancien ministre du Commerce et chef du Parti à Chongqing, aujourd'hui inculpé pour corruption. Lui et sa famille
posséderaient à Hong Kong plusieurs dizaines d'entreprises, des appartements et de nombreux comptes en banque. Bo Xiyong, autre parlementaire et frère du précédent, était pour sa
part le patron de HKC Holdings, une société spécialisée dans l'énergie et les infrastructures montée avec un milliardaire indonésien. Bien à l'abri à Hong Kong, les deux hommes
avaient en 2010 réussi à lever 25 millions de dollars auprès d'une société d'investissement américaine. Même la famille de Xi Jinping, l'actuel président, ne serait pas, s'il
faut en croire l'agence de presse Bloomberg, exempte de tout reproche : elle posséderait à Hong Kong au moins six propriétés, le plus souvent gérées par des sociétés écrans. Au
total, on estime que plus du tiers des appartements de luxe dans l'ancienne colonie appartiennent à des Chinois. Pékin refuse pourtant de faire le ménage. C'est que, membre du Parti
ou homme d'affaires, chacun trouve son compte à la situation. Le mois dernier, le gouvernement de Hong Kong a tenté d'imposer en catimini le secret le plus absolu sur l'organigramme
des entreprises enregistrées dans l'ex-colonie. Le public n'aurait plus eu accès à l'identité ni à l'adresse des présidents et des directeurs de limited company, qui n'auraient
plus été désignés que par un code secret. Le tollé fut tel que les autorités on fait machine arrière. Mais pour combien de temps ?
Chine:au pays de l’or rouge
Source, journal ou site Internet : Jeune Afrique
Date : 10 mai 2013
Auteur Sébastien Le Belzic
La redistribution des revenus en France est l’une des plus élevée dans la zone OCDE. La France est aussi l’un des rares pays de
l’OCDE où les inégalités de revenu après impôts et transferts sont restées globalement inchangées entre 1985 et 2008, et même en légère hausse depuis une
décennie.
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Le système de transferts est en effet la clé de voûte du système de redistribution des revenus en France puisqu’environ 70 % des revenus
redistribués transitent par ce canal. Les dépenses sociales - y compris les dépenses publiques consacrées à la famille, les aides au logement et les prestations de chômage, les
pensions de réversion et d’invalidité et les politiques actives du marché du travail - représentent 10 % du PIB (hors niches fiscales et sociales), ce qui place la France au septième
rang des pays de l’OCDE.
L’efficacité du système pourrait être améliorée à bien des égards, par exemple pour atteindre le même degré de redistribution à
moindre coût. Le système est complexe puisqu’il existe environ 60 programmes de dépenses (sans compter les quelques 90 régimes de retraite et de pensions de réversion). Une telle
complexité accroît les coûts administratifs, et le manque de transparence qui en résulte freine le recours aux prestations. Se pose en outre un problème général de cohérence globale
du système car certains transferts se chevauchent et les programmes ne sont pas toujours élaborés conjointement, faute de coordination entre les différents échelons de
gouvernement.
On observe un manque d’harmonisation en ce qui concerne tant les revenus pris en compte pour le calcul des transferts sous condition de
ressources que les plafonds appliqués et les périodes de référence retenues. Par exemple, pour le calcul du RSA activité, c’est par exemple le revenu perçu au titre du trimestre
précédent qui est pris en compte tandis que pour la prime pour l’emploi, c’est le revenu perçu au titre de l’année N-1 (antérieure à l’exercice) qui sert de référence, et que pour
l’attribution des aides au logement, c’est le revenu de l’année N-2.
Une meilleure efficacité du système pourrait passer par unrenforcement du
volet incitatif des prestations sociales et de chômage, sans amplifier ex post les
inégalités de revenu. L’adoption en 2009 du revenu de solidarité active (RSA), pierre angulaire du vaste système d’aide sociale, a contribué à rationaliser le réseau complexe de
prestations sociales qui existaient auparavant. L’une des ambitions de la réforme était d’obliger les bénéficiaires à rechercher activement un emploi et à participer à des programmes de
formation. L’application du volet incitatif reste cependant limitée: certains bénéficiaires du RSA socle ne sont nullement conseillés et le suivi est insuffisant. Au lieu d’être pris en
main par un conseiller unique de Pôle emploi, les bénéficiaires du RSA socle sont également conseillés par d’autres organismes, dont la sécurité sociale et les collectivités
locales.
Début 2012, les sanctions pour le non-respect des obligations de recherche d’emploi des bénéficiaires du RSA socle ont été durcies. Cette
mesure est bienvenue, mais son application systématique reste à vérifier. S’agissant des prestations de chômage, la durée maximale de deux ans va de pair avec un taux de remplacement
uniforme pendant cette période. Depuis 2008, le refus d’une deuxième offre d’emploi jugée « raisonnable » est en théorie sanctionné par la suspension de l’indemnisation pendant deux mois.
Cependant, l’absence de données disponibles ne permet pas de lever les doutes sur le fait que la suppression des prestations serait rarement appliquée en cas de refus d’offres d’emploi.
Lorsque la croissance sera de retour, les incitations au retour à l’emploi pourraient être renforcées en appliquant aux prestations un taux de dégressivité, comme en Belgique ou en Suède,
et/ou en en imposant plus strictement l’obligation d’accepter toute offre d’emploi jugée « raisonnable ».
En même temps, l’efficacité de l’offre de service de formation devrait être augmentée. Le système de prestations intègre encore des
dispositions pouvant réduire l’offre de travail des seniors. D’abord, les travailleurs de 50 ans et plus qui ont acquis suffisamment de droits peuvent bénéficier des allocations de chômage
pendant trois ans au lieu de deux en général.
Deuxièmement, les chômeurs qui n’ont plus droit aux allocations de chômage ont accès, sous certaines conditions d’activité passée et de
ressources, à l’allocation de solidarité spécifique (ASS), plus élevée dans certains cas que le RSA et qui permet d’accumuler des droits à la retraite. Enfin, les chômeurs de plus de 61
ans en fin de droits peuvent prolonger leurs indemnisations jusqu’à ce qu’ils puissent bénéficier de la retraite à taux plein. Pour relever le taux d’emploi des séniors et améliorer les
incitations, il conviendrait d’aligner d’une part la durée d’indemnisation maximale de chômage des travailleurs âgés sur le régime général et d’autre part les indemnités de chômage
longue durée (ASS et allocation équivalent retraite, AER), qui bénéficient en grande partie aux travailleurs âgés, sur le dispositif général de revenu minimum (RSA).
Néanmoins, le renforcement de l’activation pour les bénéficiaires de l’aide sociale pourraient encourager, sur la base d’observations dans
d’autres pays, le recours aux pensions d’invalidité, qui sont plus élevées que l’aide sociale et qui présentent de moindres obligations. Pour empêcher ceci, il convient de veiller à ce
que les politiques d’activation adéquates soient aussi mises en œuvre pour les bénéficiaires de ces pensions. Les prestations familiales visent à encourager les couples à avoir davantage
d’enfants et à préserver le niveau de vie des familles avec enfants conformément au principe de l’équité horizontale. On entend souvent dire qu’une telle politique est régressive sous
l’angle de l’équité verticale car elle conduit à favoriser davantage les familles aisées avec enfants. Cependant, l’équité horizontale peut être atteinte sans amplifier les inégalités
globales de revenus en appliquant un taux d’imposition marginal plus élevé aux foyers sans enfant qu’aux foyers avec enfants.
Les études empiriques suggèrent que ces incitations financières, qui combinées à d’autres politiques familiales qui diminuent le coût
d’élever des enfants, ont un effet tangible sur les taux de fécondité. En effet, on observe en France une concomitance entre un niveau élevé de dépenses consacrées aux politiques
familiales, exprimées en pourcentage du PIB, et un fort taux de fécondité. Cependant, les femmes sont confrontées à des désincitations à travailler, surtout quand elles sont jeunes et
peu qualifiées. L’allocation de
congé parental (congé de libre choix d’activité) telle qu’elle est conçue peut faire glisser les mères peu qualifiées dans une trappe à
inactivité. Cette indemnité forfaitaire représente un taux de remplacement relativement élevé pour les salarié(e)s disposant de faibles revenus (cela peut durer jusqu’à six années
consécutives pour le cas de ceux (celles) ayant trois enfants en six ans, après quoi il peut s’avérer très difficile de reprendre le travail). Il conviendrait donc de raccourcir la durée de
cette allocation. En outre, la mutualisation des coûts des pensions de réversion peut aussi dissuader les seconds apporteurs de revenus de travailler plus longtemps. De telles pensions
n’existent pas dans les pays comme le Danemark et les Pays-Bas, tandis qu’en Suède, on peut choisir soit de recevoir une retraite moins élevée mais transférable en cas de décès, soit une
retraite plus élevée mais non réversible. Enfin, l’imposition commune entre conjoints soumet les seconds apporteurs de revenus à des taux marginaux élevés lorsque les écarts de revenus
entre conjoints sont importants.
C’est pourquoi le gouvernement devrait adopter un système d’imposition individuelle, comme de nombreux pays de l’OCDE l’ont fait, afin d’encourager
davantage l’activité des femmes peu qualifiées. Parmi les pays de l’OCDE, la France consacre une part relativement élevée de son PIB aux aides directes au logement. Les transferts concernés
sont l’aide personnalisée au logement (APL), l’allocation de logement social (ALS) et l’allocation de logement familial (ALF). Ce système est non seulement très compliqué, ce qui empêche les
bénéficiaires potentiels d’en avoir une vue globale, mais il accroît en outre les lourdeurs administratives. Une simplification importante permettrait d’améliorer la transparence du système
et de supprimer les incohérences. L’une des pistes à explorer dans cette optique consisterait à fusionner toutes les prestations soumises, ou non, à des conditions de ressources (cette
solution étant déjà actuellement en phase d’expérimentation au Royaume-Uni) en une seule prestation, de façon budgétairement neutre.
France : comment dépenser mieux
?
Source, journal ou site Internet : Telos
Date 11 mai 2013
Auteurs : Balazs Egert
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Pour info:
La France n’est pas un pays inégalitaire
Les inégalités de revenus en France, après impôts et transferts sociaux, sont inférieures à la moyenne des pays comparables et ont
beaucoup moins augmenté au cours des vingt dernières années. L’ampleur de la redistribution y est plus importante.
Il existe de multiples manières de mesurer les inégalités de revenus. En particulier, on peut classer les ménages par quartiles, déciles,
centiles… et comparer les revenus, moyens ou médians, des quantiles extrêmes au revenu, moyen ou médian, de l’ensemble de la population ou comparer les revenus des quantiles extrêmes
eux-mêmes (le premier et le dixième décile par exemple). Selon l’indicateur retenu, les conclusions peuvent être totalement différentes.
Il existe un indicateur synthétique de mesure de ces inégalités, le plus fréquemment utilisé dans les comparaisons internationales : le
coefficient de Gini. Celui-ci est construit en partant d’un graphique représentant la distribution des revenus dit « courbe de Lorenz» et en mesurant la distance qui sépare la courbe de Lorenz du pays considéré de celle qui correspond à
une distribution parfaitement égalitaire (tous les ménages ont le même revenu). Le coefficient de Gini va de 0 (distribution égalitaire) à 1 (inégalité totale : un seul ménage accapare le
revenu total).
Les coefficients de Gini relatifs aux revenus de l’ensemble des ménages, corrigés pour tenir compte de leur taille, sont calculés par l’OCDE, avant et après
impôts et transferts sociaux. L’OCDE vient d’ailleurs de publier une intéressante étude sur les inégalités.
Coefficients de Gini après impôts et transferts sociaux
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La France est moins inégalitaire que, en moyenne, les pays de la zone euro et de l’OCDE. Elle a un coefficient de Gini identique à celui de
l’Allemagne, supérieur à ceux de l’Europe du nord et inférieur à ceux de l’Europe du sud, du Royaume-Uni et des pays non européens du G7.
Les inégalités n’ont pas augmenté en France au cours des vingt dernières années, contrairement à la plupart des autres grands
pays de l’OCDE, notamment l’Allemagne et la Suède. Elles se sont réduites dans seulement un petit nombre de pays (comme le Royaume-Uni, très légèrement, et l’Espagne), qui étaient souvent
très inégalitaires en 1990 et qui sont restés plus inégalitaires que la moyenne.
L’ampleur de la redistribution opérée dans chaque pays par l’Etat et les régimes de sécurité sociale peut être mesurée en comparant les
coefficients de Gini avant et après impôts et transferts sociaux.
L’ampleur de la redistribution en 2010 (mesurée par l’écart entre les coefficients de Gini avant et après impôts et transferts
sociaux)
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La France figure, avec l’Allemagne et l’Italie, parmi les pays où la redistribution est la plus importante. Elle est
généralement plus limitée dans les autres pays européens, y compris en Suède mais le coefficient de Gini avant redistribution y est très faible. La redistribution est encore plus faible
dans les pays non européens de l’OCDE, d’où un grand écart entre la France et la moyenne de l’OCDE.
Le coefficient de Gini a l’avantage d’être synthétique, mais il en a aussi l’inconvénient. Un pays peut avoir un coefficient de Gini faible
tout en ayant un fort taux de pauvreté et une petite minorité très riche. Il doit donc être complété par d’autres indicateurs, notamment ceux qui décrivent les extrêmes de la distribution
des revenus (taux de pauvreté, concentration des revenus sur le dernier centile…). Mais, comme les débats actuels portent beaucoup plus souvent sur ces indicateurs partiels, il faut de
temps en temps mettre en avant des résultats plus généraux.
La justice distributive prétend aboutir à une répartition des biens "socialement juste" dans une société. Elle cherche à combattre les inégalités en instaurant une égalité de résultats.
Selon cette conception de la justice, les ressources devraient être distribuées de
façon à ce que tout le monde possède la même quantité. Cette conception de la justice nie donc la subjectivité de la valeur. Elle a besoin d’imposer une échelle de valeur commune à tous. Cette conception de la
justice est donc essentiellement matérialiste et ramène tout à des mesures quantitatives
arbitraires. C'est le supplice antique du "lit de Procuste", du nom de ce brigand qui
raccourcissait les grands et allongeait les petits.
L’égalitarisme a aussi tendance à être un égalitarisme relatif. Il vaut mieux que deux personnes ne gagnent rien qu’une des deux gagne un peu
plus.
L’égalitarisme doit aussi spécifier l’aspect temporel. L’égalité des ressources matérielles est valable pendant quelles périodes de temps ? Juste
au début et on laisse ensuite la distribution de ressources se répartir selon les choix faits par les individus (starting-gate théorie) ou doit-elle être imposée constamment ?
C’est en général cette dernière solution qui est proposée par les défenseurs de l’égalitarisme strict.
Cette conception de la justice a de nombreux défauts:
elle réduit la liberté des gens puisqu’on leur impose ce qu’ils peuvent posséder ;
elle ne prend pas en compte le mérite des gens : celui qui travaille plus n’a pas forcément plus ;
selon les théories du bien-être social, d’autres distributions de ressources interdites par cette conception de la justice permettraient néanmoins
aux gens d’être plus heureux.
La notion de justice sociale, fondée sur un égalitarisme implicite, fournit l'alibi de toute politique démagogique de redistribution
et devient le paravent le plus cynique de l'égoïsme : pour ceux qui parlent de "justice sociale",
il n'est pas question de partager avec les moins riches qu'eux, mais bien d'accroître leur propre revenu aux dépens des autres.
Par ailleurs, comme le souligne Friedrich Hayek dans La Présomption fatale, la justice sociale est auto-contradictoire : elle redistribue
une richesse qui n'aurait jamais été créée dans un système égalitariste, car cette création de richesse est
motivée par la quête du profit.
Justice libertarienne
Toutes les conceptions de la justice précédentes se placent hors de la société. La plupart (sauf peut-être Rawls bien que le second principe parle
d’organiser les inégalités) se préoccupent de situations initiales ou finales plus que des actions.
La justice libertarienne est totalement différente en cela qu’elle
s’intéresse aux actions. Ce ne sont pas les situations de départ ou d’arrivée qui sont justes (et selon quels critères ? ils sont tous plus ou moins arbitraires) : ce sont
les actes. Le droit de chacun est fondé sur le droit naturel. Par un contrat, le droit de l'un se définit comme étant l'obligation de l'autre. Le tribunal arbitral est l'exécution d'une clause du contrat
qui oblige les parties. La décision du Tribunal arbitral oblige ainsi les parties au même titre que le contrat lui-même.
La justice libertarienne ne cherche pas l’omniscience. Elle ne cherche pas à définir a priori ce qu’est une distribution de départ ou d’arrivée juste.
Elle ne cherche pas à organiser la société pour établir cette distribution.
La justice libertarienne fournit des moyens. Ce n’est pas une justice de buts mais de moyens. Elle définit ce qu’il est juste ou injuste de faire
sachant très bien que ce n’est que progressivement que l’Humanité pourra définir ce qu’est une situation juste et y parvenir (ou s’en rapprocher suffisamment) si on lui en donne les
moyens.
D'abord, mettons-nous d'accord ce dont nous parlons. Une religion est un ensemble de croyances et pratiques injustifiées et injustifiables,
accepté d'autorité et par mimétisme; ce qui caractérise la religion, c'est la revendication de la foi, i.e. de l'acceptation de la croyance en l'absence de justification. Une religion n'a de
stabilité que parce que cette foi s'impose aux dissidents sous peine d'exclusion du groupe, de vexations, voire de mort violente (i.e. il y a quelques siècles dans la chrétienté encore, dans
l'islam toujours, et dans le socialisme, partout où il règne en maître).
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Notons que le mot "dieu" n'a rien de sacré et n'est pas nécessaire pour faire une
religion. On notera d'abord qu'il n'existe qu'en français, que ne parlent qu'une toute petite minorité de croyants; et même en français, on peut faire une religion sans le mot
"dieu": les fondateurs du socialisme moderne, par exemple, de Rousseau à Pierre Leroux en passant par Auguste Comte ou Charles Fourier, en revendiquaient bien le caractère religieux ou
para-religieux, d'ailleurs. Religion athée, donc.
Les religions sont des mèmes auto-propagateurs (Dawkins), qui infectent les esprits
susceptibles de l'être. Ils occupent un "potentiel psychologique à l'exploitation" (pour reprendre le concept de Raymond Ruyer), inhérent à la faiblesse des esprits humains. Ce qu'elles font
des esprits infectés dépend des religions. Toutes les religions ne sont pas équivalentes: certaines sont plus bénignes que d'autres, et la concurrence entre religions favorise les unes,
cependant que le monopole favorise les autres.
Des religions en concurrence peuvent coévoluer avec leur population hôte vers une
co-adaptation mutuellement bénéfique, où les religions qui véhiculent avec elles des tabous, habitudes et disciplines relativement bénéfiques ont plus de succès que celles qui mènent plus
directement leurs hôtes à l'échec. Mais même avec de tels compagnons mémétiques, une religion est un infection parasite: l'appel à la foi est une neutralisation du système immunitaire mental,
le filtre à connerie par lequel un esprit sain rejette les idées injustifiées. Cette neutralisation fait qu'une religion ouvre nécessairement la porte à des superstitions néfastes qui
pourront se transmettre avec elle. Il n'y a pas de symbiose possible.
Comme de nombreux agents infectieux, la même religion peut prendre plusieurs formes, l'une
plus virulente que l'autre, selon le degré d'hygiène de la victime. Ainsi, le même parasite sera ver solitaire, un inconvénient mineur asymptomatique chez qui mange de la viande infectée,
mais cysticercose, une maladie mortelle atteignant le cerveau chez qui ingère des selles infectées. D'où l'importance d'une bonne ségrégation des entrées et des sorties du système digestif.
La religion, parasite du système cognitif, agit de même: chez qui se contente d'ingérer comme tout le monde de la nourriture infectée, elle n'est qu'un inconvénient mineur, qui peut être
asymptomatique, n'ayant pas d'effet sur le comportement, sauf l'émission d'idées infectées en sortie du système cognitif; mais chez qui prend pour argent comptant les idées infectées que la
religion produit chez les autres ou chez lui-même, le résultat peut être une maladie mortelle atteignant le cerveau, et causant un comportement violent de fanatique.
Toute religion, une fois au pouvoir, est ipso facto criminelle— mais cela tient juste à
ce que le crime soit l'essence du Pouvoir, plus qu'à la religion elle-même qui peut fort bien ne nuire qu'à ceux qui l'acceptent volontairement. Cependant, certaines religions mettent la
conquête du pouvoir dans leur dogme (le judaïsme originel, l'islam, la religion aztèque, le socialisme, etc.), alors que d'autres au contraire acceptent un pouvoir étranger dans leur dogme
(le judaïsme d'après la conquête babylonienne, le christianisme, l'hindouïsme, le bouddhisme) et sont donc plus directement compatible avec une société tolérante paisible. Bien sûr, otez le
pouvoir aux unes, ou donnez le pouvoir aux autres, et vous les verrez évoluer s'adapter sans ou avec. Mais il y a beaucoup d'inertie, et il faut de nombreux siècles et une nouvelle génération
de prophètes et de textes sacrés pour circonvenir le message originel de la religion. Il n'est donc pas du tout innocent qu'une religion soit écrite par des vainqueurs et prône la violence,
plutôt qu'écrite par des vaincus et prônant la liberté de conscience.
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En conclusion, les religions sont des maladies mentales. Leurs effets varient, mais elles
sont toujours néfastes et potentiellement dangereuses.
Malheureusement, on ne connaît ni vaccin, ni remède fiable, même si le progrès de l'hygiène et des conditions de vie a permis l'élimination des
variétés grossières du passé, qui ont été remplacées par des versions plus élaborées; et nous ne sommes pas en train de gagner cette course aux armements mémétiques.
par François-René Đặng-Vũ Bân Rideau
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L'ILLUSION DU LIBÉRALISME RELIGIEUX
1. QU'EST-CE QUE LE LIBERALISME
Une théorie faisant de la liberté un absolu
- Libéralisme dans l'ordre de la pensée
Chacun est libre de penser ce qu'il veut --- subjectivisme, nominalisme La notion de doctrine disparaît --- à chacun sa vérité
- Libéralisme dans l'ordre économique
Théorie établissant une cloison étanche entre la morale et l'économie L'économie doit être libre, sans règle, sans contraintes morales; La loi du libre marché suffit à tout équilibrer --- capitalisme libéral
- Libéralisme dans l'ordre politique
a.) Pas de règle morale s'imposant à l'Etat Pas d'ordre moral transcendant que l'Etat aurait le devoir de respecter et de faire
respecter --- séparation de l'Eglise et de l'Etat
b.) L'autorité, puisqu'il en faut bien une, ne vient pas de Dieu mais dupeuple, autrement
dit de l'homme considéré collectivementsouveraineté populaire.
Résultats • soit un Etat soumis à la volonté de puissance des plus forts • soit l'anarchie résultant de la lutte entre féodalités ou groupes depression • et de toute façon : la société permissive
Nota : les points a.) et b.) se retrouvent dans la déclaration des droits de l'homme de 1789.
Aussi, peut-on faire l'équivalence entre les principes de 89 et les idées libérales (au sens du libéralisme politique).
2. LE LIBÉRALISME A PÉNÉTRÉ NOTRE SOCIÉTÉ
- En particulier sous l'influence
du Protestantisme : qui est "étranger à tout dogme fixé, à toutemorale immuable et
surtout à toute règledéfinitive".
de la franc-maçonnerie : qui refuse qu'il puisse y avoir des véritésuniverselles.
D'où le tour d'esprit général qui règne aujourd'hui : à chacun savérité, sa morale; droit
à la différence (quelle que soit la différence);apologie du pluralisme considéré comme élément de civilisation.
3. QU'EST-CE QUE LE LIBÉRALISME RELIGIEUX (ou libéralisme
catholique?)
• Théorie qui résulte de la pénétration en milieu catholique dulibéralisme politique,
autrement dit des principes de 89.C'est un mariage de l'Église et de la Révolution qu'on a pu symboliser parles images suivantes - 93 faisant ses pâques - un bonnet phrygien surmonté d'une croix.
• Le libéralisme catholique est marqué par une contradictionfondamentale, puisqu'il y a
opposition, sur le plan de l'ordre politique,entre l'Église et la Révolution
""Deux puissances vivent et sont en lutte dans le monde : laRévélation et la Révolution". Tout tient dans cette constatation liminaireou bien
l'homme a reçu de Dieu ce que Bonald appelait "la Constitutionessentielle de l'humanité", et c'est le Décalogue qui
doit servir de régie àla Société; ou bien l'homme n'a reçu aucune loi divine et il s'invente sapropre loi" (J. Ploncard d'Assac).
Le libéralisme catholique est en somme caractérisé par un effort deconciliation contre
nature... et qui ne peut aboutir qu'à semer le désordredans les idées et dans la société. A quoi cela conduit-il dans la pratique?
• Rappel de la position catholique La doctrine catholique enseigne et l'expérience montre - quel'humanité, affaiblie par le
péché, penche naturellement vers l'erreur.Comme il faut garder les hommes de leur propre faiblesse, l'Etat a ledroit - et le devoir - de protéger les citoyens contre l'erreur, donc de lacombattre (en restant dans
son domaine de compétence)
"La main séculière doit faire passage à la vérité" (Louis Veuillot)
Conséquence : union (sans confusion) de l'Eglise et de l'Etat dans ladéfense de la
vérité.
• Position catholique libérale Faisant de la liberté un absolu, le catholique libéral a horreur de lacontrainte. Il
professe la nécessité de ne pas employer la force au profit dela vérité.
- 1ere conséquence : la liberté de l'erreur.Tout le monde doit être libre d'exprimer ses
opinions, sesconvictions, ses doctrines religieuses et philosophiques : c'est le conceptlibéral de la liberté religieuse.
- 2eme conséquence : on laisse la vérité se défendre toute seule (elle estsuffisamment
attrayante pour le faire, dira-t-on).
- 3eme conséquence : on confie à la seule liberté le soin de régler tous leslitiges.
- 4eme conséquence : séparation de l'Eglise et de I'Etat "L'Église libredans l'Etat
libre" (Montalembert).
Insistons sur ce point l'idée-clef du libéralisme catholique est qu'il nefaut pas
employer la force au profit de la vérité.
• Appréciation Cette conception erronée s'explique par un souci de se conformer auxidées libérales de
notre société et par l'oubli de l'une des principalesconséquences du péché originel ( l'homme penche naturellement versl'erreur).
Son résultat a été ainsi jugé par saint Augustin: -------------------------------------------------------------------------------------- "Qui peut mieux donner la mort à l'âme que la liberté de l'erreur ?" --------------------------------------------------------------------------------------
4- MANIFESTATIONS DU LIBÉRALISME CATHOLIQUE
1805 - Chateaubriand : pour lui, ni la vérité ni l'Eglise n'auraient besoinde tutelles
temporelles.
1814 - La charte : introduisant le libéralisme dans les principes d'unEtat catholique
(l'Etat français).
1830 - Lammenais : pour lui, le salut résiderait dans un immense développement de la
liberté individuelle.Défend le libéralisme; condamné par Rome (encyclique "Mirari vos")"On tremble devant le libéralisme; catholicisez-le et la sociétérenaîtra", avait-il affirmé (lettre
du 30 janv. 1829).
1863 - Montalembert "Nous acceptons, nous invoquons les principes etles libertés
proclamés en 89" (discours de Malines).Réponse de Rome : l'encyclique "Quanta cura" et le "Syllabus" (1864),dont voici la dernière proposition (condamnée) : "Le pontife romain peutet doit se réconcilier avec
le progrès, le libéralisme et la civilisationmoderne".
1871 - Pie IX réitère sa condamnation du libéralisme catholique"Ce qui afflige votre pays
et l'empêche de mériter les bénédictions deDieu, c'est ce mélange de principes... Ce que je crains, c'est cettemalheureuse politique, ce libéralisme catholique qui est le véritablefléau... Ce jeu de bascule qui
détruirait la Religion. Il faut sans doutepratiquer la charité, faire ce qui est possible pour ramener ceux quisont égarés; il n'est cependant pas besoin pour cela de partager leursopinions...".(Aux pèlerins de Nevers, juin 1871)
1871-1878 : Les députés catholiques libéraux de la Chambre préparent lesvoies à la 3ème
République maçonnique.
1866-1900 : Développement de l'américanisme aux Etats-Unis."Lentement, à travers
souffrances et révolutions, l'humanité serapproche du règne des droits de l'homme"(Mgr lreland, archevêque de Saint-Paul, Minnesota, 1894).
"Tout comme je crois que Dieu gouverne les hommes et les nations, jecrois qu'une mission
divine a été assignée à la République des Etats-Unis.Cette mission est de préparer le monde, par l'exemple et par l'influencemorale, au règne universel de la liberté humaine et des droits de l'homme".(Mgr lreland,
1901).
Mises au points romaines par l'encyclique "Longinqua oceani" (1895)et la lettre au
cardinal Gibbons Testem benevolentiae (1899). L'américanisme est condamné comme une hérésie; mais la condamnation non suiviede mesures disciplinaires n'a que peu d'effets.
1900-1910 : Développement en France du Sillon de Marc Sangnier, dont lathéorie
démocratique était une déformation de l'Evangile dansl'idéologie révolutionnaire (Toujours le rapprochement entre Eglise etRévolution).Mouvement condamné en 1910 par saint Pie X (Lettre sur le Sillon).
1906 Encyclique "Vehementer" de saint Pie X, rappelant le caractère inadmissible de la
séparation de l'Eglise et de l'Etat (thèse chère auxcatholiques libéraux).
1908 Nouvelle offensive maçonnique en vue de la propagande libérale enmilieu
catholique."Cette propagande ne doit pas avoir pour but de substituer unecroyanceà une autre. Ce que nous devons proposer, c'est la convictionque chacun doit faire soi-même ses opinions, il doit respecter cettemême liberté chez autrui.Ce serait là l'enseignement de la pure doctrine
maçonnique".(Pogramme maçonnique, 1908)
1930-1960 J. Maritain, philosophe passé de l'Action française au libéralisme politique et
qui bénéficia d'un prestige considérable."La nation ne sera vraiment unie que lorsqu'un idéal assez puissantl'entraînera vers une grande œuvre commune où les deux traditions dela France de Jeanne d'Arc et de
la France des Droits de l'Homme serontréconciliés..." (Figaro, 7 décembre 1944). Toujours l'utopie de marier l'Eglise et la Révolution!
1965 - Vatican Il Décret conciliaire sur la liberté religieuse. Selon ladoctrine
conciliaire
- Toutes les religions doivent bénéficier de la liberté de culte et depropagande (l'ordre
public juste étant sauf);
- L'Etat ne doit pas intervenir en matière religieuse dès lors quel'ordre public juste
n'est Pas transgressé;
- L'Etat ne doit établir aucune discrimination pour motif religieux.
Est présente, dans cette doctrine conciliaire, l'idée-clef dulibéralisme catholique il ne
faut pas que la force (ici celle de l'Etat) soitemployée au profit de la vérité.
On ne peut que souscrire à l'opinion émise en 1969 par M. Prélot,sénateur du Doubs et
catholique libéral"Nous avons lutté pendant un siècle et demi pour faire prévaloir nosopinions à l'intérieur de l'Eglise et nous n'y avons pas réussi. Enfin est venuVatican Il et nous
avons triomphé. Désormais les thèses et les principes ducatholicisme libéral sont définitivement acceptés et officiellement par
lasainte Eglise".
1992 Catéchisme de l'Eglise catholique - Son article 2137 réaffirme en larésumant la
doctrine conciliaire sur la liberté religieuse "L'homme doitpouvoir professer librement la religion en privé et en public".
De cette ébauche d'histoire du catholicisme libéral de Chateaubriand ànos jours, retenons
deux idées
- la qualité humaine d'un assez grand nombre de chefs et adeptes dumouvement catholique
libéral. Des hommes comme Chateaubriand,Lamennais, Montalembert, Ozanam, Mgr Dupanloup, Denys Cochin, JacquesMaritain étaient de classe exceptionnelle et pour la plupart trèscertainement honnêtes. Or, rien
n'est dangereux comme l'erreur deshonnêtes gens, surtout Si ceux-ci sont par ailleurs brillants!
- deuxième idée : la continuité avec laquelle les idées libérales(toujours les mêmes)
(l'idée-clef, rappelons-le, étant qu'il ne convient pasd'employer la force au service de la vérité... d'où est issue la liberté
del'erreur), la continuité avec laquelle ces idées ont été proposées en milieucatholique, sur une période de près de deux siècles, au point de finir parêtre avalisées par le
Magistère lui-même.
5- LE CARACTERE ILLUSOIRE DU LIBÉRALISME CATHOLIQUE
Propagé par des esprits brillants, bénéficiant d'une continuité d'effortremarquable
depuis près de deux siècles, le libéralisme catholique n'aabouti qu'à un seul résultat : affaiblir les positions catholiques. Il était d'ailleurs impossible qu'il aboutisse à autre chose qu'unedestruction car il
constitue, à proprement parler une illusion, c'est-à-dire"une croyance erronée que forme l'esprit et qui l'abuse par sa
séduction"(Le Robert). Une erreur qui séduit... voici quelques traits du Catholicisme libérai quirendent compte
de ces deux caractéristiques.
• Une incohérence foncièreIl est incohérent de vouloir concilier à toute force - l'ordre social chrétien fondé sur le décalogue (commandements deDieu) - l'ordre social révolutionnaire basé sur cet anti-décalogue qu'estla déclaration des
droits de l'homme de 1789.
Rappelons les expressions déjà données et qui rendent bien compte decette
incohérence - 93 faisant ses pâques - un bonnet phrygien surmonté d'une croix.
• Un faux esprit de conciliation Le libéralisme catholique séduit les esprits favorables partempérament à la conciliation;
et il les trompe car il les engage dans uneconciliation impossible (il ne peut pas y avoir de conciliation dans ledomaine de la doctrine).
• Un espoir vain de se faire bien voir des vrais libéraux au pouvoiret de les
influencer Le catholicisme libéral séduit parce qu'il se présente comme unesolution de facilité pour
approcher les hommes au pouvoir etéventuellement les influencer. Espoir vain, car comme le remarquait Louis Veuillot en 1866("L 'illusion libérale", p.
73)"S'il est une chose évidente, c'est que les libéraux non chrétiens, tousrévolutionnaires, ne veulent pas plus des catholiques libéraux que desautres catholiques. Ils le
disent formellement, sans cesse, sur tous les tons (...). Plus de christianisme, qu'il n'en soit plus question! Voilà le cri dela
Révolution partout où elle domine. Et où ne domine-t-elle pas en Europe?
Aucun groupe, aucun notable révolutionnaire n'a encore été converti parles programmes,
les avances, les tendresses, et il faut le dire, hélas! lesfaiblesses des catholiques libéraux. Ils ont en vain renié leurs
frères,méprisé les bulles, expliqué ou dédaigné les encycliques : ces excès leuront valu de chiches éloges, d'humiliants encouragements, point d'adhésion. Jusqu'ici la chapelle libérale n'a point d'entrée, et semble n'être qu'uneporte de sortie
de la grande Eglise".
Le diagnostic de Louis Veuillot vaut pour aujourd'hui"La chapelle libérale n'est qu'une
porte de sortie de la grande Église".
CONCLUSION
• Illusion... mais illusion tenace puisqu'elle renaît constamment depuisdeux siècles tel
se présente le libéralisme catholique. De cette illusionsont issus les résultats qui viennent d'être évoqués, et principalement
lasécularisation complète de la société, autrement dit la destruction de cequi
reste de l'ordre social chrétien.
• Les laïcs, étant les premiers à être pénalisés par une telle défaillancedoctrinale et
par ses conséquences, devraient être les premiers à réagir,comme le pressentait déjà le cardinal Pie au siècle dernier"Un jour viendra où la société, la famille, la propriété repousserontplus énergiquement
que nous-mêmes, certains axiomes de sécularisationexclusive et systématique qui leur auront été plus funestes qu'à l'Église".
• D'où la nécessité de connaître la doctrine qui sert de support à l'ordresocial chrétien
et les erreurs qui s'y opposent (les deux vont ensemble car"l'amour de la vérité ne peut exister sans la haine de l'erreur").
A cette fin, il faut lire, étudier, travailler en petit groupe quelqueslivres
fondamentaux. Nous en mentionnerons trois - Pour qu'il règne, de Jean Ousset; - La royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ d'après lecardinal Pie, du père
Théotime de Saint-Just; - Ils L'ont découronné, de Mgr Lefebvre.
• D'abord connaître... puis transmettre; transmettre à nos enfants, auxjeunes
générations. On sait l'importance d'une "tradition orale" dansl'enseignement de la doctrine. Nous devons être des chaînons de la
traditionorale, transmettant la doctrine sociale catholique, montrer la beauté et lacohérence de cette doctrine, expliquer que, sans elle, tout redressementsocial et politique ne peutêtre que fragmentaire et transitoire. "On veut laguérison sociale sans la profession de foi sociale, observait le cardinalPie. Or, à ce prix, Jésus-Christ, tout puissant qu'il est, ne peut pas opérernotre
délivrance; tout miséricordieux qu'il est, Il ne peut pas exercer samiséricorde".
• Il faut aussi comprendre la faiblesse des arguments invoqués pouréliminer la doctrine
catholique en matière sociale et politique.Soit le principal d'entre eux : la doctrine en cause serait sans intérêt,inopportune, voire néfaste parce qu'inapplicable dans notre monde laïcisé;ce serait faire preuve
d'"absence de réalisme" que de la rappeler.
Un tel argument ne manifesterait-il pas un affaiblissement de la foichez ceux qui
l'utilisent, puisqu'il conduit à ne plus confesser Jèsus-Christdans l'une de ses principales prérogatives : sa royauté sur le monde?
Ilmanifeste, en tout cas, un pragmatisme de bas étage qui fait litière desdroits
de la vérité et rend impossible tout redressement ultérieur. Car,comme l'explique Mgr Freppel dans une exhortation souvent citée"Le plus grand malheur, pour un siècle ou un pays, c'est l'abandon oul'amoindrissement de
la vérité. On peut se relever de tout le reste; on ne serelève jamais du sacrifice des principes (...). Rien n'est perdu tant que
lesvraies doctrines restent debout dans leur intégrité. Avec elles, tout serefait
tôt ou tard, les hommes et les institutions, parce qu'on est toujourscapable de revenir au bien lorsqu'on n'a pas quitté le vrai. Ce qui
enlèveraitjusqu'à l'espoir même du salut serait la désertion des principes, en dehorsdesquels il ne se peut rien édifier de solide et durable"
Le vrai réalisme consiste, non pas à taire la vérité pour des motifsopportunistes -
surtout quand il s'agit d'un point essentiel de notre foi -mais à la professer contre vents et marées.
Arnaud de Lassus, du Québec
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Religion
De Wikiberal:
Une religion est un ensemble de croyances (dogmes, doctrines) d'ordre métaphysique, de pratiques (rites...) et d'attitudes morales, propres
en général à une communauté humaine, qui peuvent reposer sur des textes ou une transmission orale. Les croyances touchent à la place de l'homme dans le monde, sa nature, son origine ou sa
destinée, le comportement qu'il doit adopter dans sa vie.
D'autres définitions, beaucoup plus réductrices que la précédente, caractérisent la religion par :
la croyance au "sacré" (dualisme entre un domaine humain et un domaine suprahumain) ;
la croyance au "surnaturel" (dualisme entre la nature et un ordre supérieur à la nature : intervention divine, magie, esprits...) ;
la croyance en l'existence d'une vie après la mort.
Position libérale
Les libéraux, quelles que soient leurs tendances et leur école, sont partisans de la
tolérance religieuse et de la liberté
de conscience. Ils font leur le mot de Condorcet, pour qui "la religion ne doit pas plus être
l'objet des lois que la manière de s'habiller ou de se nourrir".
Une religion peut être examinée pour juger de sa plus ou moins grande conformité avec les principes du libéralisme, notamment sur les points
suivants :
tolérance de la libre pensée et du libre examen (cas extrême : fanatisme religieux, suppression de la liberté d'expression) ;
lien plus ou moins étroit entre la religion et la politique (cas extrême :
théocratie ou hiérocratie) ;
statut des femmes ou des minorités (cas extrême : oppression, statut inférieur) ;
conséquences de l'apostasie (cas extrême : mise à mort des apostats[1]).
article -11/11/07 - Initiation pour une démocratie libérale 10 (la religion) - La liberté de religion Tous
les citoyens devraient être libres de suivre leur conscience en ce qui concerne …
article -06/10/10 - l'Homme proclament que toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, y
compris la liberté de manifester sa religion ou sa conviction par le culte,…
article -05/03/11 - faite de l’intérieur, contrairement à ce qui se produit aujourd’hui. La deuxième religion de France
est totalement importée. Pour des raisons historiques, d’abord, du fait…
article -15/11/10 - réelle et l'amour de "l'étranger". Il entend que le Christianisme et l'Islam sont des religions
monothéistes et qu'il y a paganisme dans les idoles du coeur autant que dans le…
Les chiffres sont édifiants et font froid dans le dos. Peut-être est-ce pour cette raison que les médias traditionnels n’en ont pas fait
leurs grands titres ? Le Peuple vous révèle les résultats d’une vaste enquête menée par un institut américain sur les opinions partagées dans les pays musulmans.
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Et l’on apprend que dans certaines contrées, une vaste majorité souhaite l’instauration de la charia, soutient la lapidation des femmes et
se montre favorable à la peine de mort pour apostasie.
C’est un véritable pavé dans la mare qu’a lancé le Pew Research Center, institut américain
qui, à coups de sondages, établit une carte de l’opinion publique mondiale. (Voir après cette article)
L’enquête “The World’s Muslims : Religion, Politics and Society” (“Les musulmans de par le monde : religion, politique et société”) fut menée sur un
échantillon de 40.000 personnes dans des pays asiatiques, européens et africains. Les résultats détonnent et surtout inquiètent, dans l’indifférence quasi générale des médias.
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Indonésie
Dans la plupart des pays, les hommes et les femmes pensent majoritairement que les épouses doivent obéissance à leurs maris, avec des pics culminant
à 96 % (!) en Malaisie, 94 % en Afghanistan (pays où la chute des Talibans n’a visiblement pas amélioré la situation des femmes), 93 % en Indonésie et 93 %… en Tunisie, à la frontière européenne.
En Afghanistan et en Iraq, une majorité estime qu’une femme doit être exécutée si elle a porté atteinte à l’honneur familial. Dans le même temps, la polygamie est acceptée par 87 % des Nigériens
et 86 % des Sénégalais.
Bien que le rapport se réjouit qu’une majorité des musulmans rejette les attaques-suicides, ils ne sont pas moins de 40 % (!) à justifier de tels
actes dans les territoires palestiniens (certains préfèrent visiblement diaboliser Israël que de dévoiler ces chiffres), 39 % en Afghanistan, et 29 % en Egypte. 84 % des Pakistanais, 74 % des
Egyptiens et 72 % des Indonésiens musulmans sont en faveur de la peine de mort en cas d’apostasie. Une atteinte majeure à la liberté de conscience !
Quand on les questionne sur l’opportunité de faire de la charia la loi officielle des pays dans lesquelles ils vivent, 84 % des Pakistanais et à
peine moins de Marocains (83 %) sont en accord avec la proposition. Dans les deux pays, la supériorité de l’Islam sur les autres religions est déjà sacralisée par les textes de loi.
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Ce sont là quelques chiffres qui effraient. La consultation du rapport pose de nombreuses questions auxquelles les décideurs semblent peu
pressés de répondre. Eux qui choient la mondialisation heureuse et rejettent la théorie du choc des civilisations mise en lumière par Samuel Huttington en 1996, eux qui se réjouissent du
multiculturalisme, ne voyant pas qu’il pourrait signifier l’importation de ces conflits dans notre pays, eux qui diabolisent le monde occidental et ses alliés ne semblent pas voir qu’il règne
dans certains pays du monde musulman des valeurs incompatibles avec les nôtres.
Se voiler la face peut entraîner des conséquences assez graves pour la stabilité de nos démocraties.
GREGOIRE BRUEL
L’OPINION PUBLIQUE DANS LES PAYS MUSULMANS : DES CHIFFRES QUI EFFRAIENT
Le Pew Research Center est un organisme qui se présente comme politiquement neutre
The World’s Muslims: Religion, Politics and Society
by POLL
A new Pew Research Center survey of Muslims around the globe finds that most adherents of the world’s second-largest religion are deeply committed
to their faith and want its teachings to shape not only their personal lives but also their societies and politics. In all but a handful of the 39 countries surveyed, a majority of Muslims say
that Islam is the one true faith leading to eternal life in heaven and that belief in God is necessary to be a moral person. Many also think that their religious leaders should have at least some
influence over political matters. And many express a desire for sharia – traditional Islamic law – to be recognized as the official law of their country.
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The percentage of Muslims who say they want sharia to be “the official law of the land” varies widely around the world, from fewer than one-in-ten
in Azerbaijan (8%) to near unanimity in Afghanistan (99%). But solid majorities in most of the countries surveyed across the Middle East and North Africa, sub-Saharan Africa, South Asia and
Southeast Asia favor the establishment of sharia, including 71% of Muslims in Nigeria, 72% in Indonesia, 74% in Egypt and 89% in the Palestinian territories.
At the same time, the survey finds that even in many countries where there is strong backing for sharia, most Muslims favor religious freedom for
people of other faiths. In Pakistan, for example, three-quarters of Muslims say that non-Muslims are very free to practice their religion, and fully 96% of those who share this assessment say it
is “a good thing.” Yet 84% of Pakistani Muslims favor enshrining sharia as official law. These seemingly divergent views are possible partly because most supporters of sharia in Pakistan – as in
many other countries – think Islamic law should apply only to Muslims. Moreover, Muslims around the globe have differing understandings of what sharia means in practice.
The survey – which involved more than 38,000 face-to-face interviews in 80-plus languages with Muslims across Europe, Asia, the Middle East and
Africa – shows that Muslims tend to be most comfortable with using sharia in the domestic sphere, to settle family or property disputes. In most countries surveyed, there is considerably less
support for severe punishments, such as cutting off the hands of thieves or executing people who convert from Islam to another faith. And even in the domestic sphere, Muslims differ widely on
such questions as whether polygamy, divorce and family planning are morally acceptable and whether daughters should be able to receive the same inheritance as sons.
In most countries surveyed, majorities of Muslim women as well as men agree that a wife is always obliged to obey her husband. Indeed, more than
nine-in-ten Muslims in Iraq (92%), Morocco (92%), Tunisia (93%), Indonesia (93%), Afghanistan (94%) and Malaysia (96%) express this view. At the same time, majorities in many countries surveyed
say a woman should be able to decide for herself whether to wear a veil.
Overall, the survey finds that most Muslims see no inherent tension between being religiously devout and living in a modern society. Nor do they see
any conflict between religion and science. Many favor democracy over authoritarian rule, believe that humans and other living things have evolved over time and say they personally enjoy Western
movies, music and television – even though most think Western popular culture undermines public morality.
The new survey also allows some comparisons with prior Pew Research Center surveys of Muslims in the United States. Like most Muslims worldwide,
U.S. Muslims generally express strong commitment to their faith and tend not to see an inherent conflict between being devout and living in a modern society. But American Muslims are much more
likely than Muslims in other countries to have close friends who do not share their faith, and they are much more open to the idea that many religions – not only Islam – can lead to eternal life
in heaven. At the same time, U.S. Muslims are less inclined than their co-religionists around the globe to believe in evolution; on this subject, they are closer to U.S. Christians.
Few U.S. Muslims voice support for suicide bombing or other forms of violence against civilians in the name of Islam; 81% say such acts are never
justified, while fewer than one-in-ten say violence against civilians either is often justified (1%) or is sometimes justified (7%) to defend Islam. Around the world, most Muslims also reject
suicide bombing and other attacks against civilians. However, substantial minorities in several countries say such acts of violence are at least sometimes justified, including 26% of Muslims in
Bangladesh, 29% in Egypt, 39% in Afghanistan and 40% in the Palestinian territories.
These are among the key findings of a worldwide survey by the Pew Research Center’s Forum on Religion & Public Life. The survey was conducted in
two waves. Fifteen sub-Saharan African countries with substantial Muslim populations were surveyed in 2008-2009, and some of those results previously were analyzed in the Pew Research Center’s
2010 report “Tolerance and Tension: Islam and Christianity in Sub-Saharan Africa.” An additional 24 countries in Europe, Asia, the Middle East and Africa were surveyed in 2011-2012; results
regarding religious beliefs and practices were first published in the Pew Research Center’s 2012 report “The World’s Muslims: Unity and Diversity.” The current report focuses on Muslims’ social
and political attitudes, and it incorporates findings from both waves of the survey.
Other key findings include:
At least half of Muslims in most countries surveyed say they are concerned about religious extremist groups in their country, including two-thirds
or more of Muslims in Egypt (67%), Tunisia (67%), Iraq (68%), Guinea Bissau (72%) and Indonesia (78%). On balance, more are worried about Islamic extremists than about Christian
extremists.
Muslims around the world overwhelmingly view certain behaviors – including prostitution, homosexuality, suicide, abortion, euthanasia and
consumption of alcohol – as immoral. But attitudes toward polygamy, divorce and birth control are more varied. For example, polygamy is seen as morally acceptable by just 4% of Muslims in
Bosnia-Herzegovina and Azerbaijan; about half of Muslims in the Palestinian territories (48%) and Malaysia (49%); and the vast majority of Muslims in several countries in sub-Saharan Africa,
such as Senegal (86%) and Niger (87%).
In most countries where a question about so-called “honor” killings was asked, majorities of Muslims say such killings are never justified. Only
in two countries – Afghanistan and Iraq – do majorities condone extra-judicial executions of women who allegedly have shamed their families by engaging in premarital sex or adultery.
Relatively few Muslims say that tensions between more religiously observant and less observant Muslims are a very big problem in their country. In
most countries where the question was asked, Muslims also see little tension between members of Islam’s two major sects, Sunnis and Shias – though a third or more of Muslims in Pakistan (34%)
and Lebanon (38%) consider Sunni-Shia conflict to be a very big problem.
Muslims in sub-Saharan Africa are more likely than Muslims surveyed in other regions to say they attend interfaith meetings and are knowledgeable
about other faiths. But substantial percentages of Muslims in sub-Saharan Africa also perceive hostility between Muslims and Christians. In Guinea-Bissau, for example, 41% of Muslims say “most”
or “many” Christians are hostile toward Muslims, and 49% say “most” or “many” Muslims are hostile toward Christians.
In half of the countries where the question was asked, majorities of Muslims want religious leaders to have at least “some influence” in political
matters, and sizable minorities in Asia, the Middle East and North Africa think religious leaders should have a lot of political influence. For example, 37% of Muslims in Jordan, 41% in
Malaysia and 53% in Afghanistan say religious leaders should play a “large” role in politics.
Support for making sharia the official law of the land tends to be higher in countries like Pakistan (84%) and Morocco (83%) where the
constitution or basic laws favor Islam over other religions.
In many countries, Muslims who pray several times a day are more likely to support making sharia official law than are Muslims who pray less
frequently. In Russia, Lebanon, the Palestinian territories and Tunisia, for example, Muslims who pray several times a day are at least 25 percentage points more supportive of enshrining sharia
than are less observant Muslims. Generally, however, there is little difference in support for sharia by age, gender or education.
Pour Charles Consigny, 22 ans, la gauche au pouvoir étouffe la jeunesse, lui bouche l'horizon et asphyxie la France. Pire, elle a bloqué l'ascenseur social.
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Dans Le Monde du 11 mai 2013, le grand George Steiner (84 ans, critique, philosophe) répond à la dernière question du journaliste "Quel
sera, selon vous, l'avenir de la jeunesse estudiantine, avec laquelle vous êtes en contact ?" de la façon suivante : "Il m'effraie. Nous sommes en train de créer une apathie chez les jeunes, une
"acédie", grand mot médiéval, sur laquelle Dante et saint Thomas d'Aquin ont écrit des choses formidables. Cette forme de torpeur spirituelle me fait peur. Le philatéliste qui est prêt à tuer
pour un timbre, lui, a de la chance."
Wikipédia définit ainsi l'acédie : "Dans la religion catholique, l'acédie est
un mal de l'âme qui s'exprime par l'ennui, le dégoût pour la prière, la pénitence, la lecture spirituelle. L'acédie peut être une épreuve passagère, mais peut être aussi un état de l'âme qui
devient une véritable torpeur spirituelle et la replie sur elle-même. C'est alors une maladie spirituelle."
Une jeunesse plus abrutie que celle des générations précédentes
Je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir, ni de quoi est faite la jeunesse. L'avenir est noir et la jeunesse est paresseuse. Elle est assez peu
encline à sortir du cadre, assez soumise, obéissante (je parle de celle que je connais, la française), et donc obéissante à ce qui a noirci cet avenir. Idiote, finalement, incapable d'inverser le
mouvement. Certains jours, j'ai l'impression que les gens de mon âge sont tous plus bêtes et incapables les uns que les autres, d'autres, je leur trouve au contraire du talent, de la poésie, de
l'imagination et parfois du courage. Les progressistes estiment que la jeunesse est telle qu'elle a toujours été, je crois quand même qu'elle est un peu plus abrutie que celle des générations
précédentes. Globalement, elle est inculte, franchement inculte, dotée de connaissances plus que vagues dans tous les domaines, l'histoire en particulier. Elle est mondialisée et mondialiste, ne
comprend plus les discours vantant les mérites de l'existence même d'une nation, à l'intérieur de frontières, gouvernée par un pouvoir fort, etc. : tout ça la dépasse, Rio est tout proche et
tellement plus vivant.
Nous vivons la fin des nations. Elles ne meurent pas parce qu'elles sont inefficaces, elles meurent parce qu'elles sont conquises, avalées par la
globalisation. Les nouvelles générations se moquent absolument de toute idée patriote : pour eux, cet espace est trop étroit, il est synonyme de chômage et d'impôts, de gouvernants nuls et de
mauvais temps. Les jeunes Français n'aiment plus du tout la France : soit ils la quittent, soit ils en brûlent les emblèmes. À
cause de la nouvelle grande dépression provoquée par le socialisme, il est devenu impossible de réussir autrement que grâce à des parents ayant déjà eux-mêmes réussi. La gauche, avec ses taxes,
ses règles, son désastre scolaire, sa médiocrité jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir, son discours misérabiliste et bas du front, sa haine du patron, a tellement bloqué l'ascenseur social
qu'elle a fait la fortune des héritiers.
Le problème français, c'est la sécurité de l'emploi de ses dirigeants
Je crois que si la jeunesse française est acédique, c'est parce que la France ne croit plus en elle-même, et je crois que la raison à cela, c'est
qu'elle est trop normée. La législation sur le travail, sur le tabac, sur la drogue, sur la sécurité routière, sur l'urbanisme, se déploie comme une gigantesque toile d'araignée tissée de fils
barbelés à l'intérieur desquels le moindre mouvement est impossible à moins d'enfreindre la loi. Tout est fait pour tuer les individus par étouffement. Seul l'argent permet de sortir un peu de
ça, mais il est désormais interdit d'en gagner : les héritiers sont les derniers à s'amuser un peu, et beaucoup d'entre eux préfèrent danser ailleurs.
Le grand problème français, c'est la sécurité de l'emploi de ses dirigeants. La gauche au pouvoir, que ce soit le pouvoir politique ou celui de
l'administration, raisonne et gouverne comme si les entrepreneurs entreprenaient sans stress, avec le même état d'esprit que les fonctionnaires. François Hollande, qui est certain, depuis son entrée à l'Ena, d'avoir tous les mois, quoi qu'il advienne, un salaire confortable même s'il ne
fait rien pour cela, ne peut rien comprendre à la création. Les créateurs, qu'ils soient peintres ou boulangers, créent avec l'angoisse au ventre ; souvent, ils doivent avoir faim pendant des
années avant de pouvoir jouir des fruits de leur sueur et de leur talent. Or, ces gens sont le poumon de la collectivité. Cela ne les autorise certes pas à tous les abus, mais cela leur donne le
droit à tous les excès, l'excès étant la matrice même de leur action. Puisqu'on les étouffe, c'est tout le pays qui, avec eux, est asphyxié.
Le "choc de simplification" promis par notre président ne servira à rien s'il ne s'accompagne pas d'un choc de défiscalisation, de déflation
législative et réglementaire, et de créativité, d'art partout. La France a besoin d'un choc d'art partout.
est juriste, ancien éditeur du magazine Spring et auteur de "Le
soleil, l'herbe, et une vie à gagner", avec Thierry Consigny (JC Lattès). Il est membre de l'UMP et gay.
Je vais avoir 70 ans, l’âge où les ombres s’allongent sur le sol, et de temps en temps je me pose la question « Mais pourquoi est ce aussi
difficile d’être Libéral en France ? Qui peut aussi se traduire par « Mais qu’est que j’ai été faire dans cette galère ? » Voici ce qui pour moi est un début de réponse à ces étranges questions.
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Tout d’abord, le Libéralisme est une Philosophie du DROIT et non pas du tout une série de recettes
économiques. Des principes Juridiques ont émergé au cours du XVII et XVIII siècles, ont été appliqué aux Etats-Unis et en Grande Bretagne et à la stupéfaction générale ont amené d’abord
au décollage économique de ces deux pays, puis ensuite de tous les autres pays qui ont suivi leur exemple.
Le Libéralisme n’a donc rien à voir avec l’économie, tout à voir avec le Droit
L’application des principes juridiques du Libéralisme amènent à la croissance économique, mais c’est une conséquence heureuse et non
recherchée. Ces principes Juridiques définissent d’un coté les relations des individus entre eux et de l’autre la relation entre ceux ci et l’entité à qui ils ont
librement délégué le monopole de la violence légale, je veux dire l’Etat.
LE principe fondamental du Libéralisme est donc que le Droit régit TOUT et est supérieure à TOUT.
Dans un monde organisé selon une philosophie libérale, le DROIT est le cœur même du système ainsi qu’on le voit aux USA où le Président lors de
son intronisation jure de respecter la Constitution des Etats-Unis, cette Constitution étant, comme chacun le sait, la clef de voute de tout le système juridique, légal et économique aux
USA.
Et cette Constitution est inchangée depuis son origine, à l’exception de quelques amendements, dont le plus célèbre reste le premier « Le
Congrès des Etats-Unis ne fera pas de Loi pour limiter la Liberté d’expression« , ce qui bien sur interdit par exemple toutes les stupides lois mémorielles dont nous souffrons dans
notre pays. Or dans le subconscient des Français, RIEN ne peut être supérieure à l’Etat.
Et donc nous ne pouvons avoir aucune stabilité juridique puisque chaque changement dans l’Etat amène avec lui des changements dans le Droit.
Depuis que les Etats – Unis existent, nous avons eu le bonheur d’avoir cinq Constitutions Républicaines, deux ou trois Monarchies, un ou deux Empires, et quelques régimes indéterminés tels
le Consulat ou Vichy. Et tous les agents de l’Etat qui avaient jure fidélité à la Constitution précédente n’ont jamais eu aucun problème à continuer à servir quand bien même la
Constitution aurait changé puisque l’Etat et ses serviteurs restaient en place.
En France, l’Etat est pérenne, les Constitutions et donc le Droit tout à fait transitoires. Et
d’ailleurs, depuis Napoléon, l’Etat a même son droit à lui, ce qui est une monstruosité philosophique puisque cela veut dire que l’Etat et ses agents répondent à des règles différentes du
commun des mortels.
Dans un monde Liberal, le Droit est supérieur à l’Etat. En France l’Etat est supérieur au Droit. Et donc prendre le contrôle
de l’Etat en France, c’est se retrouver dans la position de Moïse
, en contrôle du Droit ET de l’Etat, c’est a dire être à la fois Roi et Prêtre, et non pas simplement Président (temporaire), ce qui est
quand même beaucoup plus intéressant que d’être brimé par des textes rédigés il y a deux cent ans.
Et donc pour moi, être Liberal, c’est vouloir ramener l’Etat sous le contrôle du Droit.
Et c’est là où les problèmes commencent, bien sur.
Car qui vais je trouver sur mon chemin dans cet effort ?
A peu prés tout le monde…
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D’abord et avant tout ceux que j’appelle les « Bonapartistes ».
Loin de vouloir un Etat neutre et soumis au Droit, ils veulent un Etat « fort », c’est à dire soumettant le Droit à la
volonté d’ un « chef » qui prendrait le contrôle de l’Etat et le dirigerait en fonction de l’Intérêt général qu’il serait bien sur seul à même de déterminer.
La Constitution de la V eme est organisé selon ces principes. On en voit les résultats heureux tous le jours.
Un libéral ne peut pas être d’accord avec de telles inepties et le vrai adversaire de tout Liberal est, et à toujours été les Bonapartistes,
Gaullistes, Chiraquiens et autres Sarkozystes.
Les Bonapartistes pensent qu’un Etat fort rendra la France forte et tant pis si les citoyens sont faibles et n’ont guère de droits…
Un libéral pense que des citoyens forts font une Nation forte, la contradiction est donc totale.
Cette forme d’Etat qui a eu (peut être) son utilité dans le passé, pour reconstruire la France après 1945 par exemple est aujourd’hui complètement
obsolète, compte tenu de l’évolution vers une économie de la connaissance.
Viennent ensuite les Socialistes, tout empêtrés dans leur rêve de justice sociale centrée non pas autour de la notion de Liberté, mais autour de
celle d’Egalité. Pour eux le but est de prendre le contrôle de l’appareil d’Etat pour assurer par la force une redistribution équitable (à leurs yeux), des ressources .Et si cela les amène
à violer le Droit, tant pis. On le changera (cf. Inconstitutionnalité récente de l’impôt confiscatoire au dessus de 75%).
Fondamentalement, ils pensent que le Droit est fonction de la majorité du moment comme l’inénarrable monsieur Laignel en 1981 et leur cri de
guerre reste « Vous avez juridiquement tort puisque vous êtes politiquement minoritaire« .
Voila qui revient à fonder le Droit sur la Loi Majoritaire du moment, ce qui est une incroyable erreur conceptuelle. Le Droit a son
fondement dans l’Individu et non pas dans la Majorité. Fonder le Droit sur une erreur intellectuelle amène TOUJOURS à un appauvrissement généralisé et c’est bien sur ce qui est en train
d’arriver en France en ce moment (voir la Parabole de Vignerons et du Maitre de la Vigne dans les Evangiles, pour plus d’explications)
Suivent les « intellectuels Français » et autres « oints du
Seigneur » locaux qui tous unanimement détestent le Libéralisme puisque dans un régime Liberal leurs voix ne vaudraient ni plus ni moins que celle d’un charpentier ou
plombier zingueur. Comme le disait le regretté
Raymond Boudon, « Les intellectuels en France détestent le Libéralisme parce que dans un régime Liberal, ils
seraient payés en fonction de leur valeur’
Je ne sais pas pourquoi, je pense immédiatement au CNRS…mais d’autres noms me viendraient assez facilement à l’esprit.
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Et puis, tout en bas, pas très nombreux mais faisant un bruit fou, une hérésie du Libéralisme, les Libertaires
ou Libertariens.
Comme en France l’Etat se sent et est de fait supérieur au Droit ce qui est la cause de tout
nos problèmes la solution pour eux est non pas de ramener l’Etat à sa place mais de supprimer l’Etat, ce qui parait un peu …excessif.
Un monde où la violence légitime serait privatisée, où les biens communs n’existeraient pas, ou l’affectio societatis disparaitrait,
où les faibles ne seraient pas protégés, aurait tendance à s’organiser selon des principes mafieux fondés sur la force et non plus sur le Droit, comme on le voit en Sicile tous les jours. Voila
qui n’est guère souhaitable.
Supprimer l’Etat, c’est de fait supprimer le Droit, puisque le rôle principal de l’Etat est d’assurer une application égale à tous
des règles essentielles et si nécessaire par la force.
Le but du Libéralisme est donc simplement de rétablir le contrôle de l’Etat par le Droit. Et ce rétablissement aurait des conséquences nombreuses et
heureuses.
Par exemple, la croissance économique ne se rétablira en France que lorsque nous aurons effectué ce véritable retournement intellectuel puisqu’il ne
peut y avoir croissance dans l’insécurité juridique et que la prééminence de l’Etat garantit que cette insécurité juridique va durer.
Hélas, je ne pense pas que les choses vont beaucoup bouger de mon vivant, ni que j’aurai une grande influence, mais cela ne n’importe guère.Ce
qui compte c’est de porter le flambeau, quelqu’un d’autre le relèvera un jour.
Apres tout, il n’est pas honteux d’échouer là où Montesquieu, Benjamin Constant, Tocqueville, Bastiat, Raymond Aron, Jouvenel, Revel et tant
d’autres ont échoué avant moi.
Et comme le disait un grand Français, Pierre de Coubertin « L’important dans la vie ce n’est pas le triomphe mais le combat »
Le droit est l'ensemble des règles reconnues par les êtres humains afin de régir les rapports sociaux, qui sont génératrices de prérogatives et
qui sont garanties par un pouvoir, qui peut être monopolistique ou non.
Les libéraux et libertariens ne rejettent absolument pas le pouvoir en tant
que tel (ce serait à peu près aussi intelligent que de rejeter la pluie ou le soleil), mais sa monopolisation, ce qui n'est
pas pareil.
Les libéraux sont partisans de l'état de droit. Les hommes sont gouvernés par des règles plutôt que par des volontés.
Cela signifie qu'un pouvoir n'est acceptable que pourvu qu'il respecte le droit, par ailleurs défini d'une manière « pré-moderne », c'est-à-dire comme
une donnée qu'on découvre et qui est essentiellement invariable. Pour certains il s'agit du droit naturel.
Le droit naturel est totalement différent. Il répond à la question : étant donnée la nature de l’Homme,
quel droit effectif assure son respect ? Ce droit naturel est objectif dans la mesure où il est le résultat d’un processus de déduction donc indépendant des préjugés de la personne qui se
livre à cette déduction. Mais ce droit découle d’un choix éthique concernant la nature de l’Homme. Un humain vient-il au
monde pour servir et être esclave d’autrui (partiellement ou totalement) ou un humain vient-il au monde pour vivre sa
propre vie ?
Si on fait le choix que l’humain vient au monde pour vivre sa propre vie alors le droit naturel est le seul droit effectif qui permette de respecter cette
hypothèse. Toute société dont le droit effectif s’éloigne du droit naturel est une société ou l’individu ne sera pas respecté : on ne respectera pas ses différences, sa vision du monde,
ses aspirations, le fruit de ses efforts, etc.
Une société ne respectant pas le droit naturel est donc une société où soit :
les individus ne sont pas respectés et deviennent de simples numéros, ou clones dans une collectivité qui seule compte. Les règles de résolution de conflits
sont alors écrites pour des entités abstraites (collectivité, groupe, fonction sociale) au lieu de s’appliquer à des êtres humains ;
les individus existent encore : leurs différences sont partiellement respectées et il y a des règles qui s’appliquent aux individus et pas seulement à des
abstractions. Mais les conflits ne peuvent que difficilement être évités car étant mal ou pas définis ils ne sont pas anticipables. Et, lorsqu’un conflit se produit, il est difficile à
résoudre car on ne sait pas définir quelle correction est légitime ou non.
Dans les sociétés archaïques, ou le droit effectif est défini par des rites de caractère magico-religieux qui ne respectent pas le droit naturel, le sacrifice est
une nécessité qui a pour fonction d’opérer une élimination de la violence au sein du groupe en la polarisant sur une
victime. Le non-respect absolu du droit naturel dans ces sociétés impose l’absolue nécessité d’éviter toute apparition de conflit et de violence au prix du non-respect absolu de
l’individualité. En effet, une fois un conflit apparu dans ces sociétés, il n'y a plus aucune possibilité de le résoudre puisque le droit naturel n'y existe pas.
On parle de droit naturel parce que ce droit se rapporte à des entités naturelles (les êtres humains) et pas à des fictions sociales abstraites (groupe, fonction
sociale etc…)
Le gouvernement, prompt à fustiger les manifestants de La Manif pour tous, refuse de désigner les vrais responsables pour la fête du PSG. Inexcusable !
Il était fatal que la lamentable "fête" du PSG, lundi soir au Trocadéro, prenne des dimensions dramatiques et rebondisse en termes politiques. D'abord, qui dit PSG dit en général violence, ou en
tout cas trouble de l'ordre public. Mais ce club, qui nourrit la chronique des faits divers scandaleux et du fric au moins autant que celle du sport, est intouchable. Il paraît qu'il fait la
fierté de Paris et l'honneur du football français. À quel prix ! Merci, le Qatar.
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Les complaisances de la Ville, de l'État et de la presse en faveur du PSG devaient bien un jour trouver leur sanction. C'est arrivé. Il existe assez de vastes lieux
à Paris et dans sa proche banlieue pour qu'on y trouve des espaces plus appropriés que la place du Trocadéro à célébrer la gloire dérisoire d'une équipe de football. Mais, aux yeux de la Ville,
le PSG a tous les droits. Va donc pour la place du Trocadéro. C'était une provocation. Tout naturellement, la racaille, trop heureuse, l'a saisie. On dit bien la racaille puisque depuis
mardi on a le droit de le dire. Le ministre de l'Intérieur en effet a employé le mot, ce même mot qui a valu à Sarkozy, du temps où il était au pouvoir, l'indignation de la gauche. Les
mots n'ont pas le même sens selon la bouche qui les prononce. La bouche de la gauche est pure. La gauche est pure, la droite pue.
De même la gauche n'est pas responsable. Responsable de rien. Le maire de Paris a prononcé mardi à propos des émeutes de lundi qui ont "animé voire gâché" (sic) la
fête du PSG cette parole historique : "Je ne rejette la responsabilité sur personne" (re-sic). Nous, si. Sur la racaille d'abord, que les dirigeants socialistes se sont évidemment empressés
d'identifier à l'extrême droite, trop heureux d'exploiter ce filon politique qui sert leurs intérêts depuis Mitterrand. Sur le préfet de police ensuite, qui offre à la racaille un théâtre de
rêve, qui ne mesure pas les risques qu'il court par là même, qui ne prend pas les dispositions propres à conjurer ces risques et qui à 20 h 30 ordonne à ses troupes de quitter les lieux, laissant
le champ libre au déchaînement de la violence. C'est non seulement irresponsable, c'est coupable. M. le préfet était sans doute trop occupé à gérer le rentable racket de la fourrière automobile
parisienne. Quant au ministre de l'Intérieur, il était lui-même trop occupé par la célébration de ses propres mérites au retour de Marseille où il venait de tracer un bilan "encourageant" de son
action sécuritaire. Patatras !
Perpétuelle défausse
Le ministre de l'Intérieur, parlons-en. On ne l'accablera pas directement à propos de cette affaire. Sa responsabilité n'est en l'occurrence que d'ordre
hiérarchique. L'opposition perd son temps en demandant sa démission, alors que chacun sait qu'il ne la présentera pas. Toutefois on peut lui reprocher d'avoir réduit ces émeutes à la dimension
d'une "bousculade". On peut à juste titre s'étonner de la modération de cette définition quand on se rappelle qu'il n'a pas eu de mots assez violents pour dénoncer les récentes manifestations des
adversaires du mariage homosexuel. Et s'étonner en même temps du zèle montré par les forces de l'ordre lors de ces manifestations, en regard de la mollesse des comportements policiers lundi au
Trocadéro. Le gouvernement socialiste estime sans doute qu'il est plus payant et moins dangereux de cogner les catholiques que les voyous. Cette faute politique, qui va entamer pour un temps le
crédit dont jouit dans certaines familles de la droite le ministre, devrait logiquement amener celui-ci à corriger l'arrogance dont il a tendance à user depuis quelque temps.
Mais on doute qu'il le fasse. La preuve est en effet une nouvelle fois apportée, à la lumière de ce qui s'est passé lundi, que ce gouvernement et ce président
vivent dans la totale inconscience de ce qu'ils sont, de ce qu'ils font, des erreurs qu'ils commettent. À cet aveuglement et à leur capacité à dominer les situations qu'ils créent ou qu'ils
affrontent s'ajoute une morgue insupportable. Le responsable, c'est l'autre. Cette perpétuelle défausse finira par leur coûter cher.
Philippe Tesson estime qu'un an après son élection le président se trouve dans une impasse avec un cap invisible dont le nom est hasard.
Jean-Luc Mélenchon défile et Marine Le Pen engrange. Telle est la conclusion, schématique, que l'on peut tirer de la concurrence entre les deux
stratégies communes de protestation que mènent chacun de son côté le leader de la gauche extrême et celui de la droite extrême. Il apparaît en effet que la présidente du Front national tire un meilleur avantage que le leader du Front de gauche du combat qu'ils livrent l'un et l'autre contre François Hollande, son gouvernement, sa majorité et sa politique. La raison majeure en est simple : Mélenchon vient de
la gauche et a voté Hollande quand Marine Le Pen hérite d'un long passé d'opposition au système, c'est-à-dire au bien commun de la gauche et de la droite. D'une certaine façon, le
discours que tient aujourd'hui Mélenchon légitime celui que tient la famille Le Pen depuis trente ans, même s'ils sont en désaccord sur le contenu idéologique de la révolution qu'ils
appellent tous deux de leurs voeux. Marine Le Pen a une longueur d'avance sur son concurrent et son balai ratisse plus large que celui de ce dernier.
Quoi qu'il en soit, aussi opposés l'un à l'autre soient-ils, l'addition de leurs voix (la voix au sens de la clameur, à défaut de l'être au
sens électoral) pose pour l'instant un sérieux problème à François Hollande. Ajoutons-y celui que lui pose l'opposition de droite. Il ne reste au président de la République qu'une maigre
réserve, ainsi que le traduisent enquêtes et sondages. Le roi est quasiment nu. Il va bien falloir qu'il se rhabille. Comment ? Les institutions heureusement lui laissent un cache-sexe.
Sous la IVe République, il serait déjà à la retraite. Mais il est là pour quatre ans encore, et c'est une force considérable. Il est le maître du jeu, d'un jeu pourri mais légitime. On le
voit mal en effet se démettre, c'est-à-dire ajuster le droit (ou le devoir) au fait. Ces suicides-là n'ont lieu que dans les rêves.
L'action de Hollande est contestée
Ne lui restent alors que trois solutions : dissoudre, remanier ou changer de politique. Dissoudre serait une autre forme de suicide. Plus
doux, mais non moins désagréable. Dissoudre amènerait en effet à l'Assemblée, selon toute vraisemblance, une majorité de droite et obligerait le président à cohabiter avec ses
adversaires. On dit qu'un grand nombre de Français ne répugneraient pas à cette forme perverse d'union nationale. On dit également ici et là que François Hollande lui-même s'y ferait
volontiers et qu'il trouverait dans cette formule un moyen commode de sortir de ses embarras et de durer, voire de nourrir l'espoir d'un second mandat. Il y a des précédents, non ? On
voit mal la droite entrer dans ce jeu.
Remanier ou changer de politique ne revient pas exactement au même, mais renvoie à la même question : quelle politique ? Question capitale
qui est au coeur de la crise que traverse la France depuis que l'action menée par le président de la République est de toutes parts contestée. Au moins le remaniement aurait-il la vertu
de contraindre Hollande à clarifier ses intentions, c'est-à-dire à se définir. La première année du quinquennat passerait au compte des pertes et profits, ou plutôt des seules pertes, on
effacerait tout, à cette réserve près que l'on repartirait considérablement affaibli. Et dans quelle direction et avec quelle majorité ?
Hollande condamné à gouverner à la godille
Il semble exclu que François Hollande donne à la gauche de la gauche les gages qu'elle exige. Depuis quelques mois déjà, il infléchit
mollement mais sûrement son action dans un sens plus libéral que dirigiste. Ce n'est pas toujours très net, mais c'est sensible. Dimanche soir encore, le Premier ministre a annoncé sur TF1 son intention de réduire la participation
de l'État dans certaines entreprises publiques. Le ton des avertissements, pour ne pas dire des menaces, lancés dimanche par Mélenchon, qui évoquait "une insurrection pour mettre fin
à l'austérité", ne laisse pas présager un assouplissement des dispositions des socialistes les plus radicaux vis-à-vis de la politique de Hollande, à plus forte raison si celle-ci prend
enfin en compte la réalité économique et l'affronte avec plus de rigueur.
Il semble tout aussi exclu que la droite apporte au président dans cette hypothèse l'appui qu'il lui faudrait. Le renversement de politique
devrait être total pour que la droite accepte de soutenir un gouvernement qui serait au demeurant désavoué par une large partie de la gauche. Aucune majorité ne serait envisageable. C'est
dire dans quelle impasse se trouve aujourd'hui François Hollande, qui semble donc condamné à continuer de gouverner à la godille, sauf aggravation des tempêtes populaires qui le menacent
et déjà le déstabilisent. Tenir en louvoyant. Tenir en atermoyant. Au jour le jour, un coup à gauche, un coup à droite, vers un cap invisible dont le nom est le hasard, jusqu'à l'échéance
de consultations électorales qui diront la vérité du pays, et cette vérité donnera au président la mesure exacte de sa légitimité.
Pour Philippe Tesson, nous couper de l'Allemagne au profit d'une alliance avec les pays de l'Europe du Sud porterait un coup fatal à l'Europe.
La crise ouverte par la France dans sa relation avec l'Allemagne confirme ce que nous savions déjà : François
Hollande est mauvais. Trois Français sur quatre sont là-dessus
d'accord avec nous. Les deux qualités premières qui font un homme d'État lui manquent : la lucidité et l'autorité. Trois facteurs au moins nous imposent non seulement de rester
fidèles à notre alliance avec l'Allemagne, mais de la consolider : l'histoire, c'est-à-dire les acquis politiques, économiques et stratégiques de la construction européenne fondée sur
l'axe franco-allemand ; la nouvelle donne mondiale qui nous interdit l'isolement ; l'extrême fragilité de la situation économique et financière de notre pays. Nous couper de l'Allemagne,
engager avec elle une "confrontation" au profit d'une hypothétique alliance avec les pays de l'Europe du Sud, c'est non seulement illusoire, mais ce serait porter un coup fatal à
l'Europe. "Un péril mortel", comme le dit Alain Juppé.
Certes, le rapport des forces qui à la fois unissent et opposent nos deux pays a évolué en notre défaveur. Mais à qui la faute ? En imputer
la responsabilité à l'Allemagne, et en particulier à l'actuelle chancelière et à son "égoïsme", est à la fois insultant, injuste et lâche. Même s'il est arrivé à l'Allemagne de défendre
avec trop d'intransigeance ses intérêts propres - mais l'Europe n'exige pas un abandon total de la souveraineté de ses pays membres -, elle n'est pas coupable des difficultés que
rencontre la France. Celles-ci tiennent à nous-mêmes, au laxisme de nos gouvernants, à leur impéritie, à leur refus de procéder aux réformes structurelles qui s'imposaient lorsqu'il en
était temps. Schröder et Merkel nous en donnaient l'exemple. Les socialistes français portent à ce sujet une lourde responsabilité. Le contester, c'est de la part de Hollande un déni de
la réalité.
À la fois pour des raisons idéologiques et pour affirmer sa personnalité politique - qui le sait, le sait-il lui-même, et qui peut vraiment
distinguer les réelles motivations de François Hollande ? -, le nouveau président choisit dès son élection de proposer une alternative à la politique de la chancelière. Sa stratégie de la
croissance fit rapidement chou blanc. Là encore, un déni de l'évidence. Depuis lors, depuis un an, il navigue dans l'imprécision. Et soudain, il décide aujourd'hui de porter l'attaque
contre Angela Merkel. Lui ou les siens ? Allez savoir ! Ici se posent non seulement le problème de la vérité et de la précision de ses choix mais aussi celui de son autorité.
Le mal est fait
L'autorité. Ce n'est pas la première fois que Hollande est pris en défaut sur ce chapitre. J'avance, je recule, je bombe le torse, je me
dégonfle, je fanfaronne, je capitule. En l'occurrence, ce tangage est caricatural. Mais le mal est fait. Une nouvelle fois, la preuve est administrée que Hollande ne tient pas en main non
seulement sa majorité mais son propre parti, qui, sur un sujet majeur, le double avec une stupéfiante arrogance. Mais qu'avait-il besoin d'évoquer publiquement il y a un mois la "tension"
qui l'oppose à Merkel ? Il ajoutait "amicale", pour la forme. Les siens, les Bartolone, les Hamon, les Désir, n'attendaient que ce prétexte pour affirmer leur différence. De nouveau, les
socialistes donnent le spectacle lamentable de leur désunion, ils l'offrent à l'Allemagne, ridiculisent le président français, le mettent en difficulté, le forcent à un exercice
d'équilibre impossible, affaiblissent non seulement l'image de la France mais sa position.
La France ? Si l'on était partisan comme ils le sont, on serait tenté de dire qu'elle a moins d'importance aux yeux des socialistes français
que leur cuisine interne, leurs rivalités, leurs ambitions. Moins d'importance que leurs fantasmes idéologiques. Moins d'importance que la gauche. S'ils avaient un minimum de décence, ils
régleraient leurs problèmes familiaux dans le secret de leurs cabinets. Ils s'étonnent après cela que trois Français sur quatre aujourd'hui les désavouent !
Evidemment il suffit de se reporter à l’actualité pour voir les dégâts que le socialisme est capable de faire dans une société et dans une économie.
Mais il en est ainsi à cause des racines profondes de la philosophie socialiste, et non par hasard ou parce que l’on est en période de crise.
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L’oubli voire le mépris de l’individu et la préférence donnée au collectif, la volonté de bâtir rationnellement une société parfaite, la
condamnation de la propriété privée et de la libre entreprise, le mirage de la « justice sociale » : autant d’éléments du socialisme qui expliquent qu’il mène à la ruine, à
l’arbitraire et à la haine.
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Maintenant, la question est celle-ci : dans des peuples comme le nôtre immergé dans le socialisme depuis des décennies, ne finit-on pas par
faire du socialisme sans le savoir ?
Je voudrais répondre à cette question en relevant certains traits de la vie française au cours de ces quelques dernières décennies.
Disposition ou législation
Socialisme inhérent
Résultat
a) dans le domaine économique
Progressivité de l’impôt
Atteinte au droit de propriété
Pénalisation de la réussite
Egalitarisme, redistribution
Exil fiscal, chômage
Code du travail
La loi substituée au contrat
Rigidité, chômage
Négociations collectives
Privilèges syndicaux
Politique conjoncturelle
Sous-consommation ouvrière
Inflation et chômage
Justice sociale
Déficits publics
Planification, banque publique d’investissement
Le marché est myope
L’Etat prévoit à long terme
Gaspillage des ressources
Bureaucratie envahissante
Logement social (loi SRU)
Exploitation des locataires
Crise du logement
Habitat collectif
Ghettos
Services publics
Défaillance du marché
Irresponsabilité, grèves
Egalité et gratuité
Déficits publics
Concentration, pôles d’excellence
Concurrence sauvage
Innovation bloquée
Organisation centralisée
Bureaucratie
b) dans le domaine juridique
Positivisme juridique
La loi, produit du législateur
Arbitraire et incertitude du droit
Harcèlement textuel
Nécessaire régulation du marché
Paralysie de l’activité
Organiser la vie quotidienne
Totalitarisme
Juridictions d’exception
Les magistrats complices du pouvoir justice sociale
Inégalités et privilèges
Justice de classe
Le principe de précaution (Grenelle, etc.)
Le capitalisme détruit la planète
Fiscalité verte
Le socialisme élimine le risque
Paralysie de l’initiative
Rétroactivité des lois
Immoralité de l’enrichissement
Instabilité et arbitraire
Taxation des plus values
Retour à l’égalité
Exil fiscal
Délinquance
Sous produit de la société
Criminalité accrue
c) dans le domaine sociétal
L’école unique
Egalité, justice sociale
Inadaptation de l’école à l’enfant
On fabrique l’homme nouveau
L’école privée contrôlée
La culture subventionnée
L’argent privé dénature l’art
Gaspillage et népotisme
Plus de conformisme
Mépris du public
La famille détruite
Le gender, un choix social
Mariages « pour tous »
Egalité de toutes les familles
Familles uni parentales
Bien entendu, l’exercice auquel je viens de me livrer n’a prétention ni à l’exhaustivité ni à la précision. Mais il appelle un commentaire :
ces dispositions, ces lois, qui pour l’essentiel sont postérieures à 1945, ne sont-elles pas entrées dans les mœurs ? Sans aucun doute les hommes politiques de droite comme de gauche ont
réellement fait du socialisme avec persévérance, avec inconscience.
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Dans son article « The intellectuals and socialism », Friedrich Hayek explique très bien quelle fascination les idées socialistes exercent
sur les penseurs et, à travers eux, sur les dirigeants puis sur l’opinion publique. Il distingue avec soin ceux qui ont des idées et ceux qui les diffusent. Les « intellectuels »,
tels qu’il les définit, sont des penseurs de seconde main, des « revendeurs d’idées », suivant son expression : journalistes, publicistes, enseignants, ministres, artistes, gens
des médias. Ils maîtrisent les moyens de communication, mais ils communiquent sur des idées qui ne sont pas les leurs et par la force des choses ils déforment la pensée. Mais pourquoi cette
déformation se fait-elle dans le sens du socialisme ?
La première raison est que les idées socialistes sont toujours présentées comme novatrices, elles ont le parfum du progrès et de la
perfection : bien plus stimulant que de rendre compte de la réalité de tous les jours, avec les succès et les échecs. La deuxième raison est que le socialisme offre une réponse globale à
tous les problèmes de la société : c’est un système de pensée simple, et finalement simpliste puisqu’il élimine la complexité de l’agir humain. La troisième raison est que les recettes
socialistes sont, du moins le croit-on, d’une application immédiate, elles permettent de régler les problèmes du jour et de demain
(« Après moi le déluge a toujours été la doctrine des socialistes », disait Mises).
Je résumerai ces arguments en disant que le socialisme est « facile ». Il est facilement assimilé par des personnes qui n’ont pas de
connaissances très étendues, mais dont l’expertise dans leur propre domaine (restreint) les autorise à s’exprimer sur ce qu’ils ne connaissent pas. Au XIXème siècle, et Bastiat l’a souvent
rappelé, on opposait les « économistes » et les « socialistes » : un économiste ne pouvait être socialiste, parce qu’un homme de science ne pouvait tenir des propos
utopiques. Aujourd’hui il y a peu d’économistes qui échappent au socialisme, simplement parce qu’ils ne sont plus des hommes de science, mais des brasseurs de généralités et des
répétiteurs.
Il est difficile de contenir la vague qui pousse les intellectuels vers le socialisme. Il faut davantage de courage, d’indépendance, pour fuir le
« socialistement correct ». Il existe pourtant un noyau de vrais maîtres, créateurs d’idées, et j’évoquais la semaine dernière James Buchanan ; mais Mises, Hayek, Becker,
Friedman et quelques autres ont eu le courage et l’indépendance de démontrer les errements du socialisme et les perspectives d’une société de libertés.
La seule façon de se délivrer du socialisme est de ne pas entendre les discours des « intellectuels » , de faire preuve de
courage, et de convaincre les autres.
Le socialisme est un système économique et politique qui repose sur la propriété collective, à divers degrés et sous diverses formes, des moyens de production. Sous sa forme étatique, il implique nationalisations et planisme ; sous sa forme utopique, il préconise coopération et mutualisme.
Des énarques, certes, mais on sait moins que tous ou presque, à l'UMP comme au PS, sont membres de deux clubs sulfureux, le
Siècle et la French American Foundation, deux clubs parmi les plus discrets mais les plus influents de France.
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Le Siècle est une filiale du club de Bilderberg, la French American Foundation est de son côté une filiale du Council on Foreign
Relations, dont le programme 2008-2013 est connu sous le nom de "Nouvel Ordre Mondial".
La French American Foundation a réussi à placer cinq de ses membres dans le gouvernement Hollande, et Hollande lui-même à la
présidence de la République. Joli coup !
Le club Bilderberg a maintenant deux yeux au sein du gouvernement, dont Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur.
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Le club Le Siècle existe depuis 1945, il a été fondé par un franc-maçon, Georges
Bérard-Quelin, mais seulement de 20 à 30 % des membres sont actuellement connus comme étant francs-maçons. Il espérait rester anonyme, son existence a été révélée pour
la première fois en 1977 par un article de l'Humanité. La liste de ses membres a été publiée contre sa volonté en 2011.
L'adhésion coûte 150 €/an. Il y a 15 administrateurs et environ 800 membres, appelés "invités" ce qui leur permet de mentir effrontément en niant
leur appartenance au club comme membres à part entière puisqu'ils y sont seulement "invités". Seulement pour devenir "invité", il faut faire acte de candidature et être
recruté par cooptation au sein du conseil d'administration, sur proposition d'un membre (invité) plus l'un des quinze administrateurs.
Le Siècle se réunit une fois par mois, dix fois par an, le dernier mercredi du mois, pour un souper au Crillon place de la Concorde,
Un dîner a eu lieu le mercredi 25 avril 2011 entre les deux tours de la présidentielle, c'est là qu'il aurait été décidé que la
présidence devait passer de Sarkozy à Hollande, ce qui expliquerait la petite phrase de Sarko sur son retour dans le civil et le peu de vitalité manifesté par l'état-major de
l'UMP pour le soutenir à partir de ce jour-là.
Plusieurs des membres du Siècle sont, comme Valls et Jospin, également membres du club de Bilderberg. Ce sont ceux-là qui auraient
fait passer le message qu'il était nécessaire de pousser Hollande à la présidence, un Hollande plus docile aux suggestions de Bilderberg que Sarkozy, trop "électron libre" et
trop proche d'Angela Merkel.
Or, Bilderberg ne veut pas d'une co-gestion franco-allemande de l'Europe, mais d'une co-gestion américano-européenne de monde
occidental. Sur ce point il rejoint l'objectif de la French American Foundation.
Jospin, à la fois Bilderberg et Siècle, et qui avait déclaré ne plus vouloir faire de politique fut si présent pendant la
campagne présidentielle car il était là pour surveiller que les instructions du directoire de Bilderberg serait bien respectée par tous.
Le Siècle a aussi un objectif plus concret : placer le maximum de ses membres au gouvernement, peu importe qu'ils soient PS ou
UMP.
C'est la raison pour laquelle Sarkozy qui en est membre avait fait "l'ouverture"
avec d'autres membres du club comme Attali.
Vous comprendrez mieux la collusion des énarques de tous bords politiques en voyant la liste des "invités" ci-dessous :
Président actuel depuis janvier 2011 : Nicole Notat, l'ancienne syndicaliste CFDT ;
Vice-présidents : Olivier Duhamel, journaliste politologue qui écrit, entre autres, dans Valeurs Actuelles (et le frère d'Alain) et
Henry Loirette, président du musée du Louvre ;
Trésorier : Marc Tessier, ancien président de France Télévision Secrétaire général : Etienne Lacour, directeur de la rédaction
de la
Société Générale de Presse.
Quelques "invités", membres du Siècle, sont issus de la finance et des affaires. Presque tous les Inspecteurs généraux des
finances (énarques) en activité (114 sur 120 en 2009) appartiennent au Club...
Thiery Breton (ancien ministre des Finances) Alain Lamassoure (ancien ministre du Budget)
Pascal Lamy (ancien inspecteur général des finances, directeur de l'Organisation Mondiale du Commerce)
Alain Minc (ancien inspecteur général des finances, essayiste, président de SANEF)
Christian Noyer (ancien directeur du Trésor, Gouverneur de la Banque de France)
Dominique Strauss-Kahn (ancien directeur général du FMI, ex-Bilderberg) Jean-Claude Trichet (ancien directeur du Trésor, ancien
Gouverneur de la
Banque de France, ancien président de la Banque Centrale Européenne) Jacques Attali (conseiller d'Etat, président de PlaNet
Finance)
Claude Bébéar (ancien président d'AXA, président de l'Institut Montaigne) Antoine Bernheim (dirigeant associé de la banque
Lazard)
Daniel Bouton (ancien directeur du Budget, ancien président de la Société Générale)
Jean-Yves Haberer (ancien PDG du Crédit Lyonnais) Michel Pébereau (ancien président de la BNP Paribas) Jean Peyrelevade (dirigeant des banques Suez, Stern, Crédit Lyonnais)
Édouard de Rothschild (banquier et homme d'affaires, Bilderberg) Jean-Paul Agon (directeur général de L'Oréal) Delphine Arnault (administratrice de sociétés et fille de Bernard Arnault) Bernard Bigot (patron du CEA)
Bernard Boulito (Heinz et Asics)
Stéphane Courbit Serge Dassault Étienne Davignon Louis Gallois Guillaume Pepy
Antoine Guichard (ancien PDG du Groupe Casino) Philippe Jaffré (ELF Aquitaine, Zebank, Alstom)
Louis Schweitzer (ancien président de Renault, ancien président de la HALDE)
(La liste n'est pas limitative, et ne comporte que les plus connus)
On y compte aussi évidemment bon nombre de journalistes et
éditeurs de presse...
Arlette Chabot Jean-Marie Colombani (journaliste, ancien président de Le Monde) Anne-Marie Couderc (Groupe Hachette Filipacchi Médias) Michèle Cotta (journaliste, ancienne directrice de France 2) Teresa Cremisi (présidente des éditions Flammarion) Alain Duhamel (politologue, chroniqueur à RTL)
Michel Field (journaliste sur Europe 1) Franz-Olivier Giesbert
Claude Imbert (journaliste au Point) Odile Jacob (éditrice) Denis Jeambar (ancien directeur des éditions du Seuil)
Laurent Mouchard-Joffrin (journaliste et directeur de publication du Nouvel Observateur)
Serge July (ancien PDG de Libération) Julien Kouchner (directeur général de l'Agence CAPA) Étienne Lacour (secrétaire général du Siècle) Maurice Lévy (PDG de
Publicis) Serge Moati (journaliste sur France 5)
Denis Olivennes (directeur d'Europe 1) Sylvie Pierre-Brossolette Bernard Pivot
Patrick Poivre d'Arvor (journaliste et ancien présentateur télévisé à TF1)
Alain de Pouzilhac (ancien PDG du groupe Havas) David Pujadas (journaliste et présentateur télévisé, France 2)
Alain-Gérard Slama (journaliste au Figaro et à France Culture)
Anne Sinclair
Marc Tessier (ancien président de France Télévisions) Sans oublier les personnalités politiques...
Martine Aubry PS Michel Barnier UMP Jacques Barrot Centriste-UMP
François Bayrou Modem Éric Besson PS - UMP
Jeannette Bougrab UMP
Hervé de Charette Centriste
Jean-Pierre Chevènement PS
Jean-François Copé UMP
Laurent Fabius PS Luc Ferry UMP Aurélie Filipetti PS François Fillon UMP
Élisabeth Guigou PS Adeline Hazan PS
Martin Hirsch PS François Hollande PS Nicolas Sarkozy UMP Jean-Paul Huchon PS
Anne-Marie Idrac PS Lionel Jospin PS et Bilderberg
Alain Juppé UMP
Bernard Kouchner PS Jack Lang PS Noëlle Lenoir ? Corinne Lepage centriste
Et enfin, la liste ne serait pas complète sans les syndicalistes...
Jean-Christophe Le Duigou (ancien dirigeant de la CGT du corps des finances, puis receveur général des hypothèques)
Nicole Notat (présidente de Le Siècle, ex-CFDT, puis présidente de Vigeo)
Laurence Parisot (présidente du MEDEF) Ernest-Antoine Seillière (ancien président du MEDEF)
Si vous doutez encore qu'il y ait une formidable collusion entre presse, finance, banques, affaires, syndicats et politiques, lisez et
regardez :
Au cœur du pouvoir : enquête sur le club le plus puissant de France
Emmanuel Ratier
Les Nouveaux Chiens de garde, film sorti en 2012 de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat dans lequel ils dénoncent le Siècle comme un
lieu de collusion entre politiques et journalistes.
Depuis novembre 2010, des moyens considérables de sécurité sont mis à disposition tous les dernier mercredi du mois le soir, sur
la place de la Concorde et dans le quartier alentour, sur ordre de Michel Gaudin, préfet de police de Paris, également membre du club afin d'assurer la protection de tous ces
joyeux drilles, majoritairement énarques et Sciences Po, qui soupent ensemble et préparent les mauvais coups qu'ils nous destinent tout en faisant semblant de se battre au
petitécran et dans la presse.
L'important dans une bande de copains n'est-il pas de se repasser les bons coups et les affaires juteuses pour que tout le monde y
gagne ? Enfin, sauf les cochons de payants.
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La French American Foundation (FAF) a été fondée en 1976 par trois membres
du Council on Foreign Relations (CFR) américain et, dans sa version française, conjointement par les présidents Ford et Giscard d’Estaing pour cornaquer les plus éminents des
jeunes dirigeantsfrançais.
Le Council on Foreign Relations est un think tank (club de réflexion ou "laboratoire d'idées") non partisan, américain, ayant pour
but officiel d'analyser la politique étrangère américaine et la situation politique mondiale.
Le CFR souhaite que ses membres reflètent la diversité de la société américaine et entend développer l'expérience de la
génération montante de leaders en proposant des programmes qui incluent des rencontres et des discussions avec les officiels du gouvernement, des leaders mondiaux et des membres
éminents de la communauté desaffaires étrangères.
Le cœur de son think tank est le David Rockefeller Studies Program, composé d'environ cinquante "adjoints" (pendants des "invités"
du Siècle), tant démocrates que républicains.
Cette noble assemblée se méfie des partis politiques, qu'elle range en bloc aux côtés des "factions" de tout acabit et
considère comme un grave danger pour la République américaine.
Pensant que l'architecture de gouvernance mondiale reflétait trop le monde tel qu'il existait en 1945 et n'était plus adapté au
monde actuel, le CFR a lancé en 2008 un programme de cinq ans intitulé "International Institutions and Global Governance, World Order in the 21st Century". Connu en France sous
le nom "Nouvel Ordre Mondial".
Le programme du CFR se focalise sur quatre grands défis :
Contrer les menaces transnationales parmi lesquelles le terrorisme,
Promouvoir la sécurité énergétique,
Gérer l'économie mondiale,
Prévenir et répondre à des conflits violents.
Quand on parle de la French American Foundation, filiale du CFR, évoquer le principe d’un "club cultivant l’amitié entre les
peuples américain et français" comme le prétendent ses statuts est une
aimable plaisanterie.
À la lecture des noms composant le groupe des généreux donateurs et dirigeants, on peut se dire que des raisons bien matérielles
et idéologiques doivent agiter les esprits de la FAF.
En effet sans tous les nommer, on y trouve Franck Carlucci du groupe Carlyle ; David Rockfeller, ancien président du CFR et fondateur
de la Trilatérale ou encore Ernest-Antoine Sellière, ancien président du patronat français et européen et président du groupe de Wendel.
À ce niveau, la philanthropie n’existe pas.
L’objectif de la FAF est d’intégrer des personnes appartenant à l’élite politique, économique, militaire et journalistique afin de
véritablement quadriller le terrain.
C’est le professeur de science politique et membre du CFR, Ezra Suleiman, qui fut pendant des années le seul habilité à accepter
les recrues françaises de la FAF désignées par le terme de "Young Leaders".
"Depuis son lancement (en France) en 1981, le programme des Young Leaders aspire à sélectionner chaque année les candidats
français susceptibles d’occuper des postes à haute responsabilité."
Côté américain, nous pouvons relever le président Bill Clinton ; Hillary Clinton ministre des affaires étrangères d'Obama et
l’ex- patron de l’OTAN en Europe, le général Wesley Clark.
Côté français, nous trouvons de nombreux journalistes comme Christine Ockrent, Jean-Marie Colombani (Le Monde), Emmanuel Chain,
Jérôme Clément (président d’ARTE) ; mais aussi de nombreux élus socialistes, François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, etc. ; et de l’UMP, Alain Juppé, Valérie
Pécresse, Jacques Toubon, Eric Raoult, etc. et aussi Nicolas Dupont-Aignan.
L'énarchie française s’est ralliée depuis longtemps au dogme du mondialisme.
Cependant, il est utile pour le système de maintenir une opposition artificielle entre UMP et PS alors qu’en fait, nous vivons dans
le régimedu parti unique.
En jouant l’alternance droite-gauche, on fait croire au peuple qu’il y a une autre politique possible.
En fait, les dirigeants énarques de l'UMP et du PS mènent le pays vers la même direction : l’intégration à un bloc
euro-atlantique, à direction unique.
Pourquoi pas, si cela se traduisait par une gouvernance vraiment efficace et l'amélioration des conditions de vie de la population
dans la liberté, notamment celle de penser ?
L'ennui, c'est que ce n'est pas le cas, on va plutôt vers Le meilleur des mondes ou 1984 d'Orwell.
Le cas de Nicolas Dupont-Aignan est intéressant. Officiellement, il défend avec passion la souveraineté française mâtinée de
gaullisme. En fait, c’est un leurre. Son appartenance à la FAF, depuis 2001, le prouve.
Si Dupont-Aignan a été accepté au sein de la French American
Foundation, cela signifie qu’il a dû présenter obligatoirement des gages prouvant sa bonne foi. On ne trompe pas facilement les
élites mondialistes de la FAF. Ce politicien est utile au système parce qu’il est un dérivatif.
Dans le cas de Dupont-Aignan, il s’agit de contrôler un mouvement en faveur de la cause nationale, défendue par le FN, pour ensuite
arrondir les angles et empêcher que les "patriotes" puissent diffuser de véritables informations sur les origines du mondialisme.
"Quand on ne peut pas arrêter une tendance, en particulier la rébellion de nombreux Français en faveur du retour à la
souveraineté, il est préférable d’accompagner le mouvement pour l’étouffer par la suite. C’est la mission de NDA. Ce dernier ne doit pas jouer la comédie de l’homme qui n’est
pas au courant des objectifs de la French American Foundation compte tenu des conditions de sélection pour y adhérer. Quant on fait partie de la FAF dont le but ultime est de
réaliser un bloc euro-atlantique complet, on ne peut pas en même temps être gaulliste et se présenter comme un ardent défenseur d’une France souveraine.
Dans le cadre de la course à la présidentielle NDA a mobilisé des espoirs
pour récolter cinq cents signatures. Comme par hasard, il a ensuite échoué au grand dam des Français fidèles à la cause gaulliste. N’est-ce pas là un bon exemple de
stérilisation des bonnes énergies ?
C’est le cas de François Hollande, le patron du PS. Il suffit aussi de voir la longue liste des politiques membres du Parti
socialiste et de l’UMP appartenant à la FAF. Peu importe l’équipe au pouvoir, la FAF aura ses hommes et ses femmes au pouvoir en France au service de l’Atlantisme. Il ne faut pas
oublier aussi la présence de nombreux membres de la FAF au sein des grandes entreprises et du milieu journalistique. D’une certaine manière, tout est verrouillé."
(Pierre Hilliard, Revue-républicaine.fr)
Sur les huit socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, six sont dans son gouvernement.
François Hollande et Pierre Moscovici sont FAF depuis 1996, Marisol Touraine et Aquilino Morelle depuis 1998, Arnaud Montebourg
depuis 2000 et Najat Vallaud-Belkacem depuis 2006, sont tous des « Young Leaders ».
Tous ont été minutieusement sélectionnés et "formés" par ce très élitiste réseau, une forme de secte politique inconnue du
grand public, sponsorisée entre autres, et ce n'est pas par hasard, par la banque franco-américaine Lazard dont le directeur est le très socialiste Mathieu Pigasse qui leur ouvre
des comptes protégés à Lazard Frères Gestion à Genève.
En d’autres termes, ils ont tous postulé et se sont fait parrainer pour être admis à suivre le programme phare mis en place par la
FAF, la French American Fondation.
La FAF est elle-même un organisme à cheval sur Paris et New York. À noter qu’entre 1997 et 2001, c'est John Negroponte qui présida
la FAF, avant de devenir entre 2005 et 2007, sous Georges Bush, le premier directeur coordonnant tous les services secrets américains (Direction of National Intelligence), et
dirigeant l’US States Intelligence Community qui regroupe une quinzaine de membres, dont le FBI et la CIA.
Un président et cinq ministres en France : beau tir groupé, comme s’en enorgueillit à juste titre le site américain de la FAF :
"The French- American Foundation is proud to have five Young Leader in the cabinet of President François Hollande, himself a Young Leader in 1996", tandis que son site français
n'en dit pas un mot. C'est beau la discrétion, la transparence et la morale républicaine !
"Pourquoi est-ce que les journalistes ne nous parlent pas de ça, à propos de François Hollande, au lieu de nous parler de son
séjour d’étudiant et de son goût pour les cheese-burgers dont on n’a rien à faire ?". Qu’ils demandent donc la réponse aux journalistes qui ont l’art de nous servir ces
hamburgers, préparés par les communicants, en prenantleurs lecteurs pour des cornichons !
Qu’ils la demandent en particulier aux Young Leaders des médias, aujourd’hui actionnaires ou directeurs des principales rédactions,
ces copains de promo de certains de nos nouveaux ministres pour certains d’entre eux : de Laurent Mouchard-Joffrin (Nouvel Observateur) à Denis Olivennes (Europe 1, Paris Match et
JDD), en passant par Matthieu Pigasse (Banque Lazard et Inrockuptibles), Louis Dreyfus et Erik Izraelewicz (Le Monde)... Et la liste des hommes de médias Young
Leaders est longue, comme on peut la lire plus intégralement dans l’enquête « Ils ont acheté la presse ». (Benjamin Dormann, cité
par Atlantico).
À New York, la venue de François Hollande et de sa nouvelle équipe était attendue sereinement. Vu de la FAF, "Welcome à la Hollande
team" ; on reste en terrain connu, tout est sous contrôle, on est même fier d’avoir autant de ses poulains dans la place, nous l’avons vu.
Que les angoissés se rassurent : « le changement, ce n’est pas pour maintenant », n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon qui
croit tout savoir !
Pendant qu'en cet anniversaire mes concitoyens d'Amérique manifestent leur joie par des toasts, je joins une rasade solidaire aux heureux
souvenirs et aux voeux patriotiques qui se présentent en foule à nous. Entouré, comme je le suis, de fossés, de remparts, de gardes, de doubles sentinelles et de palissades; enfermé dans un
cachot à quadruple porte, garni de barres, de chaînes, de serrures, grinçant, étroit, humide, souterrain; condamné aux souffrances morales et physiques que la vengeance des tyrans accumule sur
moi, je me permets aujourd'hui cette récréation de tromper la bande couronnée et ses vils agents en trouvant le moyen de griffonner d'abord et ensuite d'expédier cet hommage d'un coeur en
sympathie avec vous.
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Washington et La Fayette à valley Forge
Quoiqu'une lettre que j'avais commencée pour le général Washington m'ait été saisie, je ne doute pas que les événements d'août en France n'aient
été pleinement connus en Amérique. Que les circonstances ont été différentes dans les deux pays! En France l'ignorance politique, les habitudes serviles, l'inégalité des fortunes, ont
rendu la population, dès qu'elle eut noblement proclamé ses droits, impatiente de toute contrainte légitime, et cependant prête pour toute oppression à la mode, et l'ont bouleversée par les
factions et les émeutes. Par bonheur, quoique j'aie été pour cela blâmé, la Révolution a eu pour préface une Déclaration des Droits qui, au milieu des ténèbres et des tempêtes, a maintenu sinon
toujours la pratique, au moins la connaissance de la Liberté; de plus, la masse des citoyens a été régulièrement armée, ce qui non seulement les mettait à l'abri d'une conquête de dehors, mais
encore faisait obstacle à une usurpation à l'intérieur, éventualité contre laquelle, lorsque je l'envisageais, j'ai souvent mis en garde mes concitoyens. Néanmoins, malgré le despotisme,
l'aristocratie, la superstition, les factions et les intrigues de l'étranger, avec une Assemblée de douze cents membres en partie ennemis, dont un petit nombre de théoriciens et pas un praticien,
la France a été entièrement réorganisée sous une constitution libre. A la vérité, sans parler de ses effets électoraux, il y manquait l'indépendance dans le judiciaire, la maturité dans
le législatif réduit à une seule Chambre, les moyens d'action dans l'éxécutif, dont la présidence était héréditaire; cependant, si l'Assemblée législative, comme cela était possible par de
simples décrets, eût seulement étendu la juridiction communale, dégagé quelques rouages administratifs, amendé les tribunaux supérieurs (le tribunal de conciliation étant excellent), redu
personnels tous les casuels ecclésiastiques, développé le plan d'éducation, il est évident que la République française aurait pu jouir de tous les bienfaits de la Liberté, jusqu'à ce que, par
l'instruction et l'expérience, elle eût été mûre pour une révision opportune, calme et progressive. Pour moi, dans la hâte vers les nouveautés, je n'ai jamais découvert, avec mes yeux de
républicain, qu'un marché pour un changement de dynastie ou une intention d'annihiler tous les pouvoirs éxécutifs, ou encore une telle conspiration que j'ai considéré non seulement comme un
devoir sacré envers la souveraineté nationale, mais encore comme le meilleur signe de ralliement pour tous les amis de la Liberté contre ses ennemis, de s'attacher fidèlement et impartialement à
l'acte constitutionnel.
Quant aux événements publics ou personnels antérieurs ou postérieurs à mon départ, je n'ai pas besoin de m'y étendre. Je ne parlerai pas non
plus de ce club, inutile à sa naissance, puisque l'ancien gouvernement n'existait plus, ruineux dans ses progrès, puisqu'il confisqua toutes les institutions nationales et, après avoir fait main
basse sur elles, aboutit à la tyrannie; encore moins entrerai-je avec vous, qui êtes un ami de la Liberté, véritable, muni de principes et bien informé, dans des explications qui seraient
complètement superflues. Permettez-moi seulement de noter qu'une résistance avait été bien préparée, que tant de dilapidations, de trahisons, de folies et de dégoûts ne l'ont pas encore épuisée,
et que le patriotisme et le courage des Français, en combattant pour ces droits qui, chez eux, sont opprimés, montrent qu'ils manquent plutôt d'habitudes civiques que d'ardeur pour les
affirmer.
Cependant c'est de ce grand conflit que dépend la Liberté de l'Europe, et je bénis Charles FOX et ses amis qui, en dépit d'impressions
momentanées, ont senti le devoir de s'opposer à la coalition. Il faut que la Grande-Bretagne obtienne une représentation; que les volontaires d'Irlande demandent leur dû ou le saisissent; la lie
de France doit disparaître; la tyrannie sur la rive gauche du Rhin ne peut durer, et quant à ses trônes de fer dans tous les Etats de l'Europe, ils peuvent, avec le temps, tomber en poussière. A
cette prophétie, quoique je ne puisse vraisemblablement la confirmer que par les voeux d'un mourant dans un cachot ou mon sang fécond sur un échafaud, toujours, de plus en plus, je dirai amen de
bon coeur;
Non que l'Europe doive être comparée mieux qu'à un corps vicié qui, par le frottement des générations améliorées, pourra atteindre un bon état
de santé, tandis que dans notre florissante Amérique le progrès de l'humanité peut être amené jusqu'au plus haut point. Puissent toutes les qualités vraiment républicaines, liberté, égalité,
travail honorable, modération et pureté dans les moeurs, candeur et libéralité de l'âme, obéïssance aux lois, fermeté contre toute usurpation, continuer à prouver que l'indépendance américaine a
sa racine non seulement dans l'esprit, mais au fond du coeur; puisse la prospérité publique, le bonheur des particuliers, la concorde fédérale, être toujours pour les Etats-Unis une récompense,
et pour les autres nations un exemple.
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Qu'elle a été, pendant les douze derniers mois, la politique de l'Amérique, voilà ce que, naturellement, je suis très anxieux de savoir. La
propagation des connaissances, l'esprit d'émancipation, ne peuvent qu'y être avantageux. Les forts et le Mississipi sont-ils à nous? Tous deux sont indispensables non seulement au point de vue du
commerce, mais aussi pour empêcher l'Angleterre et l'Espagne d'exciter les Indiens à la guerre.
Grâce à votre aimable intervention, cher Monsieur, les geôliers couronnés ont consenti, après huit mois de silence, à me laisser savoir que ma
femme et mes enfants sont vivants. Soyez assez bon pour les informer que ma santé est assez bonne. Mes affectueux respects à mon vénéré général et paternel ami.
Rappelez-moi à nos amis d'Amérique. Transmettez ceci par mains sûres à M. SHORT: il doit savoir que je suis certain que la liste des patriotes
hollandais a été livrée par Dumouriez au prince de Cobourg. Quant aux dix mille florins très bienvenus qui ont été placés pour moi dans la banque d'ici, je les ai laissés au compte des
Etats-Unis, prélevant à l'occasion pour mes besoins, afin que si je meurs avant qu'ils ne soient épuisés, ou si par une heureuse chance à laquelle, entre nous, je pense toujours je puis
m'échapper avant que cet argent soit dépensé, Sa Majesté Prussienne soit responsable de ce qui restera.
Adieu, mon cher Monsieur; avec une considération affectueuse et reconnaissante, j'ai l'honneur d'être votre.
LA FAYETTE
P.S. Je recommande à votre bonté mes aides de camp de la Révolution et mes amis qui sont, dit-on, maintenant à Londres.